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 It might be time for us to ... [Serena]

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Haimon J. Bogart
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MessageSujet: It might be time for us to ... [Serena]   It might be time for us to ... [Serena] EmptyJeu 13 Fév - 17:55


It might be time for us to…
★ Serena & Haimon




La période de la rentrée était toujours exceptionnellement agitée, et tout un chacun avait 1000 et une chose à faire. Je ne faisais d’ailleurs pas exception à la règle. Il fallait dire qu’avec mon idée –que certains trouveront débile- de me joindre au journal de Poudlard, je n’avais pas exactement allégé mon emploi du temps. Mais je plaçais mes pions, lentement, sournoisement, sûrement. Je ne remettais quasi jamais en question mes décisions, je laissais ce loisir aux autres. De toute façon mon emploi du temps, et encore plus mon temps libre, ne regardait que moi, et si j’avais envie de le gaver jusqu’à ras bord c’était avant tout mon problème.
De toute façon, au retour des grandes vacances, passées nécessairement en famille, j’avais toujours besoin de me surcharger en activité pour me changer les idées.

Oh n’allez pas interpréter cela de travers ! J’aime ma famille. Je la respecte et lui suis tout dévoué. Mais si vous saviez comme ils peuvent être fatigants parfois. Il faut laisser cela aux gens de Poudlard : avec eux, je n’ai pas à surveiller mes moindres gestes et paroles à tout instant. Naturellement, j’ai une image à préserver, je ne me laisse pas non plus aller à la première pulsion au détour du couloir… ou en tout cas pas en public. Mais ce n’est rien en comparaison des journées passées en famille. On se lève le matin en sachant qu’un petit air décoiffé ne sera pas toléré. On sort de la salle de bain en sachant qu’une chemise froissée dépassant du pantalon sera mal vue. On dîne en sachant que la moindre grimace trahissant un plat trop salé ou poivré sera prise de travers. C’était tout bonnement épuisant, et je devais admettre que j’étais, en un sens, soulagé de fouler à nouveau le territoire Poudlardien, où j’avais droit à mon intimité et à mes faux pas, tant qu’ils n’étaient pas rendus trop publics.

D’un autre côté, cela voulait aussi dire remettre son masque de fer, celui qui crie au monde entier qu’on n’en a rien à faire des regards en biais, des chuchotements dans son dos, des murmures réprobateurs. Qu’on est au-delà de tout ça. Ca aussi, c’est fatigant. Ce moment pénible où on réalise que, où que l’on aille, notre esprit n’est jamais au repos.
Je me surpris soudainement à me demander ce que serait ma vie future aux côtés d’Eugenia. Serait-ce la continuité de mon existence telle que je la connaissais aujourd’hui ? Passerai-je mon temps à réfléchir et préméditer le moindre de mes actes ? Je me plaisais à me dire que non. Oh bien sur Eugenia et moi, ça n’avait jamais été l’histoire de conte de fée. Pas de coup de foudre. Pas de grand amour. Pas d’idylle. Certainement pas de romantisme. Mais elle était l’une des personnes avec qui j’étais le plus naturel. Elle connaissait mes défauts, un peu trop bien, et ne s’en formalisait pas plus que cela même si elle ne les approuvait pas non plus. Est-ce qu’un statut marital viendrait changer tout cela ? Je n’en savais rien. J’espérais bien que la vie à deux ne nous conduirait pas à nous bouffer le nez. Dans tous les cas, nous n’y étions pas, et j’étais toujours coincé entre deux vies éreintantes. Mais je ne m’en plaignais pas : se plaindre, c’était vraiment le passe temps de ceux qui n’avaient rien d’intéressant à faire de leur vie, et ce n’était certainement pas mon cas.

Nous étions en début de soirée, moment de la journée particulièrement difficile pour trouver un peu de calme : les salles communes étaient envahies par les étudiants enfin libérés de leurs obligations scolaires, les salles d’études occupées par les plus studieux, impossible de trouver un endroit en calme dans ce maudit château. Heureusement, j’avais récemment découvert qu’un ou deux soirs par semaine, l’amphithéatre dans lequel avait lieu des cours universitaires était déserté et néanmoins accessible. C’était donc là que j’avais décidé d’installer mes clics et mes clacs ce soir là pour travailler en paix.
J’étais plongé dans mon livre de sortilèges, jonglant avec 4 pages marquées de post it tout en gribouillant des notes sur mon parchemin, lorsque le bruit de la porte arriva à mes oreilles, signe d’un intrus s’apprêtait à déranger ma concentration.
Je levai mes yeux bleus quelques secondes à peine du parchemin, le temps de poser mon regard froid vers la nouvelle arrivante – il s’agissait bel et bien d’une demoiselle- pour lui lâcher un :

▬ O-ccu-pé.

Catégorique, qui signifiait que je n’avais nullement l’intention de partager ce havre de silence avec quique ce soit. Je n’étais ni très partageur, ni très altruiste, et cette personne n’avait qu’à aller se chercher une autre bulle, la mienne était pleine. Certes, l’amphithéâtre était grand, mais « pas assez grand pour nous deux » comme aurait dit l’autre. J'espérais avoir eu l'air suffisamment solennel pour l'avoir convaincu, et j'étais à peu près sûr que ma coiffure bien rangée, ma tenue impeccable et  mon air chaleureux digne d'un réfrigérateur lui avaient envoyé l'image du type hyper travailleur et pas disposé à être perturbé que je m'efforçais de maintenir.

Mes yeux retombèrent sur mon parchemin, estimant que le message était limpide et non non-questionnable. Il fallut quelques secondes pour que l’information remonte à mon cerveau, et l’instant d’après mes yeux se relevaient vers Serena. Car oui, j’avais Serena sous les yeux.

Lentement, je me levai de mon strapontin –qui se rabattit dans un bruit fort- et entrepris de descendre les escaliers menant vers le centre de l’amphithéatre, le tout sans la quitter des yeux. Mon regard bleu qui en troublait plus d’un et plus d’une resta fixé sur elle jusqu’à ce que j’arrive à son niveau.

▬ Serena

Dis-je en guise de salutation. Il fallait savoir que ces temps-ci, le Serena était un animal rare que j’avais eu beaucoup de mal à approcher. A croire qu’elle m’évitait. M’évitait-elle ? Possible. Elle devait savoir que j’avais entendu parler de sa petite dispute avec Eugénia, mais je n’étais pas sûre que ça la chagrine plus que ça. Cela dit il m’avait tout de même semblé que la jeune femme n’avait pas beaucoup occupé mon champ de vision récemment.

Ma main se leva, et mes doigts allèrent attraper une boucle de ses cheveux, délicatement. Je l’observai un instant, comme s’il s’agissait de la chose la plus fascinante au monde en cet instant. Ca me prit quelques secondes, avant de finalement la lâcher, reportant mon attention sur la demoiselle.

▬ Ma chère cousine, j’aurais presque oublié ton visage tant le temps a passé depuis notre dernière rencontre

Ok. J’exagérais un peu. Je voulais simplement lui faire savoir mon ressenti sur le sujet délicat : son absence dans notre manoir durant l’été. Pas de Serena, et pas de nouvelle d’elle non plus. Naturellement, nous n’avions jamais été de grands amis elle et moi, et je ne m’attendais pas non plus à recevoir une lettre d’elle tous les jours mais…. Cette absence avait réveillé ma méfiance. Entre ça et son altercation avec Eugenia, j’avais de plus en plus l’impression que ma cousine dérivait lentement du groupe des alliés vers celui des potentielles menaces. Et ce qui me plaisait le moins là dedans, c’était ce qu’elle pouvait faire à Mafalda. Ca bien sur, je ne comptais pas le lui dire, ce serait lui servir sur un plateau d’argent mes faiblesses. Mais je souhaitais tout de même prendre la température, tâter le terrain, enfin bref, un peu importe l’expression : clarifier les intentions de Serena. Et voilà que l’opportunité se présentait comme un cadeau : elle, moi, seuls, et probablement pas prêts d’être dérangés de sitôt, car je ne pensais pas que beaucoup d’étudiants traînent ici après les cours. Je ne savais d’ailleurs même pas ce que elle faisait là…. Mais je n’allais probablement pas tarder à le savoir.


To be continued ...


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Dernière édition par Haimon J. Bogart le Sam 22 Fév - 12:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It might be time for us to ... [Serena]   It might be time for us to ... [Serena] EmptySam 15 Fév - 17:51


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★ Serena & Haimon





Dormir. Si seulement je pouvais rester là éternellement, dans cette chambre loin de mes camarades Serpentard, loin d'Audric, loin du monde. Rester là, seule, avec pour seule compagnie le silence qui a trop souvent déserté ma vie. Oh oui, je rêve de rester là, anonyme et stoïque, qu'on m'oublie. Moi, eux. Fermer les yeux. M'oublier moi-même à mon tour, mais déjà voilà que le réveil sonne, m'ordonnant de revenir à la vie pour une nouvelle journée de rires et de faux semblant. Ma tête me tourne comme si la fatigue ne pouvait plus me quitter malgré les heures passées dans les bras de Morphée. Je suis exténuée de tout, tout le temps, à fleur de peau. Heureusement que Lysander Parkinson a jugé bon de me trouver indirectement une excuse, aussi pitoyable soit-elle. Tout doucement je laisse bêtement croire à mon monde que Serena Pendragon a connu son premier chagrin d'amour, ce qui explique pourquoi elle sourit désormais si mal, pourquoi elle semble si tremblante et agitée. Tout le monde connaît ce mal, à plus ou moins forte dose alors ils comprennent, ils caressent et moi pendant ce temps, je n'ai qu'à tenter de reprendre contenance.

Et cela ne m'avait jamais paru si difficile. Par moment ma marque me brûle sans que je ne sache pourquoi. Par moment, mes yeux flou et m'empêche d'avancer. Mes haut-le-cœur sont pitoyables, j'ai le sentiment qu'ils me pompent ma force quand dans le même temps cette dernière n'a jamais été si vive. Amèrement, je garde en tête le souvenir de ma réaction face à Eugénia. Si ses propos étaient tout bonnement intolérable, si je ne les lui pardonneraient jamais, il va de fait que ma magie m'a échappé. Violemment échappé, jusqu'à la projeter droit contre un mur. Cela me fait peur. Mes émotions me font peur, comme si chacune d'elle pouvait à nouveau provoquer la pire des catastrophes. N'allez pas croire que je témoigne par ces regrets un certain attachement à ma cousine, cette dernière m'a toujours été profondément antipathique et je le lui ai toujours très bien rendu, cependant, il n'en reste pas moins que c'était la première fois que je blessais quelqu'un de mon propre chef, et de façon tout à fait surprenante, et bien que cela n'avait pas été foncièrement volontaire... ça ne me plaisait pas. Blesser, faire souffrir quelqu'un, contrairement à ce que je m'étais toujours imaginé, ce n'était pas quelque chose qui me laissait indifférente. Je me serai jetée à ses genoux pour implorer le pardon si je ne continuais pas de penser au fond de moi que cette chienne l'avait amplement mérité. Après tout, si j'avais tenu à l'encontre de son père de pareil propos, les Bogart ce seraient sans doute tous rués sur moi jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que des os. Enfin, pour l'heure je tente de chasser cela de mon esprit, l'heure est venue de revêtir le masque.


Et c'est avec lui que je passe ma journée jusqu'au soir venu, lors de mon dernier cours, je quitte l'amphithéâtre pour rejoindre mes camarades de la maison Serpentard dans la grande salle. Attrapant nonchalamment mon sac, et dans la cohue des élèves monstrueusement amassés dans un même lieu, je n'entend pas plus que personne ne voit la clé tombant de ma besace. Celle de mon havre de paix. Me voilà prête à dîner. Autour de moi on se plaint de la rentrée, on peste après ce froid glacial qui est d'autant plus vif dans les cachots et qui a déjà causé de bonnes grippes parmi les vert et argent. Faisant tourner mollement ma fourchette dans mon assiette, je tente tant bien que mal de suivre une conversation concernant la prochaine réunion au club de duel, celui que j'ai rejoins pour garder un œil protecteur sur Mafalda. Cela est étrange au fond, d'autant mépriser une cousine quand on a de cesse de protéger l'autre. Mais Mafalda me ressemble tellement... Elle est, avec moi, l'une des rares Bogart à arborer le cheveux brun malgré le fait qu'elle soit une héritière directe tout comme son frère. Je vois en elle, à la fois ce que j'aurai aimé être et ce que j'aurai été si je n'avais jamais eu l'audace de mon mensonge. Sans doute que comme elle, j'aurai été à maintes reprises moquée, humiliée, bousculée. Beaucoup profitent de son jeune âge pour l'intimider plus encore qu'elle ne l'est et cela m'est insupportable. J'ai mis un temps fou à ne plus pouvoir le supporter, à accepter en moi-même de mettre un tant soit peu en danger ma réputation pour protéger la sienne et disons que pour l'instant, les choses se passent plutôt bien. De toute façon, tant que Mafalda ne sait rien de mes agissements, le principal est qu'elle soit en sécurité. Voilà tout ce que j'en pense.

Le repas s'achève, je rejoins la salle commune. Je la quitterai à nouveau ce soir pour rejoindre ma nouvelle chambre, ne me sentant plus à l'aise entre les murs de la maison de Salazar Serpentard. Filer à l'anglaise devient petit à petit mon quotidien et ce dernier ne semble étonner personne. Grand bien me fasse. Cependant, alors que me voilà prête à partir, je réalise que ma clé a disparu. Je fouille, retourne mon sac. Rien. Pas la moindre trace de cette clé et voilà mon esprit qui tourne à mille à l'heure. Personne ne doit jamais voir cette chambre dans lequel un matelas porte les traces de mon sang. Personne ne doit jamais savoir que Serena Pendragon y a tenu logis durant toutes les vacances. Un secret de plus à garder, mais après tout je commence à avoir l'habitude. Faisant passer ma clé pour un livre, je prend congé des miens et file en direction de la Grande Salle désormais vide. Rien ni sur mes pas, ni sous la table, ni sous les bancs. Grognant dans un soupir des plus agacé, je remonte quatre à quatre, au gré des escaliers mouvant, le chemin que j'ai pris plus tôt dans la soirée pour partir de l'amphithéâtre. Après une course tumultueuse jusqu'au cinquième étage, j'arrive enfin devant les portes que je pousse lourdement.

Je n'ai pas eu le temps de lever les yeux vers les marches qu'une voix d'homme me fait sursauter d'un sec « occupé ». Je me fige et implore Merlin de bien vouloir un jour m'accorder sa clémence. Car cette voix je la connais par cœur malgré le fait que je l'entend qu'en de rares occasions. Je ferme les yeux, inspire puis expire le plus lentement possible. S'il y a bien une seule personne que je n'aurai pas souhaité croiser ce soir, c'était bel et bien le grand, beau et distingué héritier Bogart. J'hésitais. Valait-il mieux prend la fuite et m'obliger à dormir chez les Serpentard ce soir en espérant que demain matin, ma clé soit toujours là (pour peu qu'elle y soit d'ailleurs, car je n'en avais même pas la certitude...) ou simplement le saluer poliment, aller vérifier en haut de l'amphi' si ma clé ne se tenait pas à l'endroit où avait été ma place et repartir sans plus de cérémonie ? Je n'eus pas franchement le temps de réfléchir à la question que déjà, un bruit claquant, celui d'un strapontin allégé de son seigneur, se fit entendre dans le même temps où mon prénom s'intima dans la voix d'Haimon Bogart, me gelant sur place. Mon regard croisa le sien, incapable de s'en détourner. Un détail que ma mère m'avait toujours reproché, celui de ne pas savoir baisser les yeux devant les bonnes personnes.

Nous étions presque du même âge. Lui, n'était ni très grand, ni très athlétique. Il avait encore sur son visage les traits de l'enfance que son destin effacerait bien assez tôt et de ce fait, malgré toute sa hauteur, je me sentais comme incapable de considérer ce garçon comme m'étant supérieur. Pour peu, je lui aurait presque préféré Eugénia, trouvant que son uniforme trop bien attaché et ses cheveux trop bien soigné lui donnait plus l'air d'un parfait pingouin que d'un futur patriarche. Je ravisais cependant mon jugement dès lors qu'il se fut tenu debout, droit devant moi. Je ne me sentais toujours pas inférieure à lui comme on s'était tuer à me le répéter toute ma vie, mais enfin il fallait bien reconnaître que vue de près, Haimon Bogart dégageait une aura bien particulière. Je me demandais alors si Eugénia ne serait pas venu lui compter tout le mal que je lui avais fait, s'il avait remarqué mon absence durant les vacances d'hiver. Cela aurait été étonnant que parmi l'incroyablement longue tablée de nos Noël que formait notre repas, notre héritier se soit donné la peine de remarquer l'absence d'une cousine aussi futile que moi, mais sait-on jamais...

Je me tendis soudain, voyant sa main venir vers moi, et me trouva là d'autant plus surprise de le voir attraper entre ses doigts l'une de mes longues boucle brune. Avais-je peur ? Je m'y refusais, et pourtant sa trop grande proximité, son silence, sa façon de contempler ma chevelure entre ses doigts  m'avait coupé le souffle. M'avait fait baisser les yeux devant lui pour la première fois. Cependant, ces secondes qui me parurent une éternité finirent par prendre fin lorsque mon cousin me fit remarquer avoir presque oublié mon visage depuis le temps que nous ne nous étions vu. Je redressais aussitôt les yeux, les plantant dans les siens pour le regarder comme s'il m'avait annoncer la nouvelle la plus atterrante du monde.  Depuis quand s'en préoccupait-il ? Ravivée par ce que je considérait comme une bien étrange réflexion, je retrouvais alors contenance face à lui, et de mon ton le plus cérémonieux, celui que l'on obligeait à ceux de la branche secondaire pour ceux de la branche principale, je lui répondis avec douceur et dans un demi-sourire faussement tendre :

▬ C'est déjà trop d'honneur pour moi que l'héritier veuille bien se donner la peine de retenir un tel visage. 


C'était plus fort que moi, j'en avais fait de même avec Eugénia. Rappeler à mes très chers cousins de ma plus grande condescendance et de mon plus beau cynisme que nous avions été considérés de façon très différente me permettait de ranimer la flamme en moi qui me poussait à agir.

▬ Mais enfin... 


Ravivée, je pris sur moi à mon tour le parti d'essayer une mesure envers lui. Ainsi j'approchais mes mains de sa chemise et glissais mes doigts sur le nœud de sa cravate afin de désajuster cette dernière de façon plus décontractée, telle que la portait la plupart des élèves.


▬ Détendez-vous jeune maître, ici vous n'êtes qu'à Poudlard. 


Mon sourire était-il moqueur ou provocateur ? Moi même je ne calculais plus sa portée, trop occupée à me rappeler ma mission. C'est ainsi que je le contournais dans l'idée de remonter les marches et de m'en aller quérir ma clé. Une mission que je devrai sans doute reporter car tandis qu'insolente, j'avais été sur le point de prendre congé de lui, une poigne strict vint retenir mon poignet, me forçant à rester à la place qu'était la mienne tandis que mes yeux retrouvaient ceux parfaitement identiques aux miens d'Haimon Bogart.




To be continued ...


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MessageSujet: Re: It might be time for us to ... [Serena]   It might be time for us to ... [Serena] EmptySam 22 Fév - 19:06


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★ Serena & Haimon




Je dus retenir un lèvement de sourcil interrogative en constatant que Serena Bogart Pendragon baissait les yeux devant moi. J’intimidai beaucoup de gens à Poudlard, mais certainement pas Serena. Ou alors j’avais loupé un sacré chapitre dans notre vécu commun. Cela ne dura ceci dit pas bien longtemps, et déjà son regard, qui me rappelait toujours un ciel d’été dégagé, était remonté vers le mien, tout aussi bleu quoique tirant sur le gris.

▬ Je me souviens du visage de tous les Bogarts

Répondis-je simplement, ne relevant pas le ton faussement humble qu’elle avait employé. Je n’avais toujours pas réussi à savoir si Serena s’était volontairement écarté des Bogarts, ou si ceux-ci l’avaient mis de côté, la poussant à renier sa propre famille de la sorte. Les jeux de pouvoirs et de politique m’avaient très longtemps étaient étrangers, et ce n’était finalement qu’il y a quelques années que j’avais commencé moi aussi à placer mes pions. Il y avait donc encore des zones de flou dans les alliances de la famille Bogart, et Serena était pour moi une zone de flou majeure. D’autant plus maintenant qu’elle se permettait carrément des absences aux réunions de famille.

Je ne bougeai pas d’un millimètre en voyant ses mains s’approcher de mon cou, mais mes yeux ne la lâchèrent pas une seule seconde. Je n’aimais pas qu’on tripote mes habits mais je profitai qu’elle soit si proche pour l’observer. Je senti le tissu de la cravate coulisser contre le col de ma chemise. Je ne comprenais pas l’intérêt de porter une cravate lâche : à ce stade, autant ne pas en porter du tout. Et pourquoi pas des pantalons retroussés et des costars rentrés dans la ceinture tant qu’on y était ? Mais enfin, je comprenais bien où la demoiselle voulait en venir. Elle se délectait de se moquer de moi, de ma place. Se sentait-elle plus puissante en essayant de tourner ma rigueur en dérision ? Il fallait croire que oui, sinon je ne comprenais pas ce qu’elle cherchait à faire en agissant de la sorte.

Je n’avais toujours rien dit et pas bougé lorsqu’elle me contourna, s’apprêtant à vaquer à ses propres occupations en m’ignorant –quoique techniquement elle ne m’ignorait pas vraiment puisque je ne disais plus rien depuis quelques minutes déjà. Ca ne m’empêcha pas de réagir à la dernière seconde, ma main venant s’emparer avec fermeté de son poignet, l’empêchant ainsi de continuer plus loin. J’étais loin, très loin, d’avoir obtenu les réponses que je voulais. Je n’avais même pas encore posé les questions, pour tout dire, alors l’entrevue n’était selon moi pas cloturée.

▬ J’aurais juré que notre conversation n’était pas finie

Dis-je, un sourire sur les lèvres, mais la voix glaciale, et le ton sans appel. Je n’émettais pas un doute, je statuais un fait.

▬ Partir en plein milieu d’une conversation… Ne me dis pas qu’à force de déserter les réunions de famille tu en oublies même les bonnes manières ?

Enchaînai-je, le ton calme, le regard insistant. Elle allait bien finir par comprendre que son absence ce Noël m’avait contrarié. Je n’étais pas sûr qu’elle l’avait réalisé jusque là, songeant sans doute que je lui faisais des reproches pour le plaisir de lui faire des reproches. J’avais conscience qu’à la plupart des gens , je renvoyais une image de type odieux dont le loisir principal était de pourrir la vie des autres. Je ne faisais d’ailleurs rien pour corriger cette image, il n’était donc pas étonnant que Serena, qui passait de moins en moins de temps avec nous, les Bogarts, se soit rangé à l’avis général.

La vérité, c’était qu’en temps qu’héritier « officiel » des Bogarts, et personne sur qui on comptait pour redorer le Blason familial, l’unité de la famille me tenait à cœur. Je savais qu’on avait mis sur les épaules d’Eugenia et les miennes de sacrées ambitions, mais j’avais malgré tout conscience que nous ne parviendrons à rien sans le soutien de toute la famille. Alors nécessairement, lorsque je voyais des membres s’égarer, j’avais tendance à jouer les chiens de berger pour rassembler le troupeau. Je savais néanmoins que la tâche ne serait pas aisée avec Serena, qui nous vouait des sentiments plus hostiles que bienveillants, comme l’avait récemment prouvé son altercation plutôt violente avec Eugenia. A vrai dire, je ne savais plus par quel bout la prendre –non, pas comme ça, rangez cet esprit pervers tout de suite. Valait-il mieux crever l’abcès d’entrée de jeu en abordant le sujet qui fâche, ou creuser du côté de son absence ?

Mes doigts se desserrèrent, laissant s’échapper le poignet de la jolie brune, alors que je croisais les bras de mon côté, toujours planté droit comme un i devant elle. J’avais le port de tête haut, et on m’avait appris tout jeune à garder une posture droite, à tirer la tête vers le haut comme disait ma tante. L’homme de la famille se doit d’en imposer, et ce n’est pas en se ratatinant qu’on n’y arrive.

▬ Alors ces vacances ? Bonnes ? On ne t’a pas trop manqué ? Tu as eu du beau temps ?

D’un point de vue extérieur, on aurait presque pu croire que je demandais tout bêtement  une amie ce qu’elle avait fichu de ses vacances. Mais Serena savait tout aussi bien que moi quelle était ma véritable question. Et si elle jouait l’anguille avec moi, je n’hésiterai pas à aller droit au but. Certains pourraient me prendre pour un control freak, mais lorsqu’une potentielle menace commence à magouiller dans son coin, il n’y a rien d’étonnant à ce que l’alarme soit donnée. Ce n’était pas en faisant aveuglément confiance aux gens que nous, les Bogarts, arriverions à sortir de notre déchéance pour briller à nouveau.
.


To be continued ...


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Serena B. Pendragon
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MessageSujet: Re: It might be time for us to ... [Serena]   It might be time for us to ... [Serena] EmptyLun 3 Mar - 2:05


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Ainsi donc le jeune maître Bogart n'oubliais jamais le visage de l'un des membres de sa famille. La nouvelle fit doucement rire celle qui se faisait renommer Pendragon dans l'enceinte de Poudlard : il était donc bien différent de ce qu'avait été ses parents, ses oncles, ses tantes, son doyen et tous les autres avant lui car dans son souvenir, les seuls Bogart s'étant jamais donné la peine de retenir et son visage et son nom ne l'avait fait que pour se rappeler qu'elle était le jouet favoris de l'ancien héritier, aujourd'hui destitué. Oui, Eren Bogart avait un goût fort prononcé et une habileté toute aussi rayonnante pour savoir garder les chiots à leur juste place : mieux valait donc mémoriser lequel de ses jouets était le favoris de la pile. Mais enfin, cela n'empêcha pas la jeune femme d'ouvertement se moquer de son actuel héritier.

Elle en avait le droit, ici tout du moins. S'il fallait qu'on la réprimande de son comportement, elle ne le serait pas avant l'été prochain, une éternité qui laissait bien le temps de digérer la pilule. Par ailleurs, bien qu'elle eut en horreur l'idée de se voir faire la leçon par les aînés de son sang pour qui elle ne ressentait que haine et mépris, la jeune femme savait pertinemment que quelques beaux discours sur son rang qu'elle ne devait pas oublier ne ferait que renforcer son ressentiment, enterrant dans le même temps un peu plus le respect qu'elle n'avait jamais su ressentir pour ceux auxquels on l'obligeait. Par ailleurs, elle semblait bien déterminée à prendre congé de son digne cousin avant que ce dernier ne vienne l'interrompre dans son élan. Leur conversation n'était semble-t-il pas terminée, et de ce petit sourire hautain rivalisant parfaitement avec le sien, le noble Serpentard n'hésita pas un instant à la rappeler au sang qu'ils partageaient, demandant à sa cousine si à force de déserter les rangs familiaux, cette dernière n'en avait pas oublié les rudiments des bonnes manières.

Dans la seconde, tout refit alors surface. Ses yeux quittèrent ceux d'Haimon pour se poser sur son poignet. Pauvre sot... S'il pouvait seulement imaginer quel genre de tourment se trouvait un peu plus au-dessus de l'endroit où se tenait sa poigne, s'il avait seulement idée du malheur qui avait empêché la Bogart de rentrer pour les fêtes... Cela lui ferait sans doute les pieds ! Affichant un rictus de profond mépris accompagné d'un regard tout aussi évocateur, la jeune femme refusa de se justifier, préférant le silence pour toute réponse à cette provocation. Le port de tête haut et l'allure froide, il était hors de question de se laisser impressionner par les minces tentatives du jeune maître pour l'intimider. Après tout, elle commençait presque à avoir l'habitude de parler famille avec les éléments de la branche principale ces derniers temps, bien que la dernière à s'être prêtée au jeu en fit douloureusement les frais. Cela n'en restait pour autant pas moins harassant de voir les deux promis se donner le mot pour venir accaparer son temps libre. Pourquoi ne pouvaient-ils pas se contenter de rester loin d'elle, de l'ignorer aussi bien qu'elle le faisait ? Elle se pensait pourtant d'une clairvoyance absolue en ce qui concernait sa disponibilité à les fréquenter qui se trouvait totalement nulle, alors pourquoi cette insistance ? La Serpentard jugea bien vite la situation : Eugénia était sans doute venue pleurnicher auprès de son futur époux et maître de famille que la brebis galeuse avait chargé sa petite personne et elle vivait désormais là le prélude d'un interrogatoire qui aurait pour but de lui faire avouer ses crimes. Cela était pitoyable. Réellement pitoyable, tout autant que l'air faussement détaché d'Haimon Bogart lui demandant l'air de rien si ses vacances s'étaient passées pour le mieux.

Il aurait été judicieux d'entrer dans son jeu, de jouer à la plus maligne, mais bien loin de sa première humeur taquine, Serena Bogart n'avait désormais plus qu'une chose en tête : tourner cours à cette conversation dont elle n'avait ni le besoin, ni l'envie, et s'en retourner à ses propres affaires tout en priant pour que son cousin ait le bon sens d'en faire de même. C'est ainsi qu'arquant un sourcil et affichant son air le plus provoquant, la Pendragon fit fît de tout sourire pour préférer un ton arrogant à souhait :

▬ « Range cet air suffisant pour ceux que tu crois pouvoir impressionner Bogart, tu en paraîtras bien moins ridicule... quoi que le simple fait de te voir te préoccuper de la météo de ces derniers jours suffit entièrement à te discréditer.»


Le ton fut donné. Puisque le geste d'Haimon l'avait ramené à lui, alors soit, elle allait faire face. Quoi qu'on ait bien voulu lui faire entrer dans l'esprit, son sang n'était ni moins pur, ni moins noble que le sien et elle comptait bien faire entrer dans le crâne de l'impertinent que jeune maître ou non, elle ne lui laisserait pas le droit de gâcher ses entreprises, ni même de l'empêcher d'agir selon sa propre guise sous le couvert d'un titre ou d'un quelconque projet qui serait de toute évidence tout aussi futile. Si Eugénia Bogart osait entreprendre le sujet de son père, elle la remettrait à sa place. Si lui voulait se faire à la fois juge et avocat du diable, alors il effectuerait sa plaidoirie sans jamais trouver sa coupable en quête de rédemption. De par sa seule naissance, il était tout ce qu'elle détestait, le simple fait de respirer le même air que lui lui semblait insupportable. Et bien que leur proximité actuellement trop étroite eut ajouté comme un frisson d'excitation dans ce rapport de force, cela ne serai absolument pas suffisant pour permettre à la jeune femme d'adoucir le poids de ses mots.

▬ « Je suis ravie, quoi qu’étonnée, de voir que tu te prends soudain de passion pour ma vie, mais je suis au regret de t'avouer que pour ressentir le manque de quelqu'un, encore faut-il avoir un tantinet de considération à son égard. Et en ce qui me concerne, bien que je sois sûre de ne rien t'apprendre... »


Se levant légèrement sur la pointe de ses pieds, l'ambitieuse Serpentard laissa son visage s'approcher dangereusement de celui déjà peu éloigné d'Haimon, s'octroyant le déplaisir de se montrer assez proche pour pouvoir sentir la respiration de son cadet contre sa peau tandis que sa bouche formaient l'expression de ses plus sincères sentiments et que ses yeux n'en finissaient plus de se noyer dans les siens auxquelles elle tenait fermement tête.

▬ « Vous me donnez la nausée... Jeune maître ! Et c'est d'autant plus fort lorsque vous me prenez pour ce que je ne suis pas !»


Car oui, plus que jamais, Serena avait le sentiment que son cousin, au-delà du mépris la prenait vraiment pour la dernière des idiotes à vouloir tenter un subterfuge aussi grossier que celui de l'apparente sympathie qui l'avait poussé à lui demander si elle avait passé de bonne vacances. S'il voulait des réponses, elle les lui donnerait. Il voulait qu'elle avoue avoir blessé Eugénia ? Bien que cela fut un accident, et peu importe combien le remord la tourmentait, devant lui, elle l'avouerait fièrement et sans ciller. Il voulait savoir pourquoi elle avait déserté le manoir cet hiver ? Elle lui répondrait sans doute qu'elle n'avait pas eu l'envie nécessaire aux faux-semblant cette année là. Une demie-vérité dont il devrait se contenter car il était évidemment hors de question de révéler l’infâme marque lui barrant désormais le bras. Cela ne ferait que le contenter, lui et sa très chère future épouse ! Que l'un et l'autre aille au Diable ! De tous les fauves de cette école, ils étaient ceux qu'elle craignait le moins. Pour l'heure tout du moins.  




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MessageSujet: Re: It might be time for us to ... [Serena]   It might be time for us to ... [Serena] EmptyLun 10 Mar - 22:04


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▬ Je rangerai mon air suffisant quand tu rangeras ton air insolent, ma petite Serena.

Répliquai-je, un sourire froid, presque mauvais sur les lèvres.

▬ Tu te comportes comme si tu étais une adolescente cherchant à justifier son comportement. Arrête deux secondes de tout ramener à toi : je n’essaie pas de t’impressionner, comme tu dis, j’essaye de te rappeler à quel clan tu appartiens, malgré tous tes efforts pour le renier.

Oh, si elle savait comme ses faux semblants, ses « maître Bogart » et « jeune maître » tellement arrogants sous couvert de fausse soumission, et son comportement à mon égard en général pouvaient me fatiguer. C’était d’ailleurs probablement le but, elle espérait sûrement qu’en m’en usant à la longue, je lui lâcherais la grappe. Et si c’était ce qu’elle pensait, elle était bien naïve. J’étais têtu. Bien plus têtu que tous les Bogarts réunis, même que ce fichu Eren qui pourtant en tenait une couche.

La suite de ses dires ne m’étonna guère, et ne fit que confirmer ce que je venais de dire. Serena semblait se complaire dans le rôle de l’adolescente baffouée, mais je n’avais pas la moindre envie de rentrer dans son jeu. Ce n’était pas parce qu’elle se positionnait en victime que je jouerais le rôle du bourreau.
Je ne m’attardai pas d’avantage sur le sujet, car dans sa prose endiablée, la jeune dragonne venait tout juste de me jeter en pâture ce dont j’avais besoin : une transition pour aborder ce qui me tourmentait réellement.

▬ Te prendre pour ce que tu n’es pas hein…

Répétai-je, un sourire au coin des lèvres alors qu’elle abordait justement le sujet qui me tracassait. J’aimais quand les choses prenaient la direction que je souhaitais sans même avoir à faire un effort, même si je savais pertinemment que ce n’était absolument pas dans ce sens que Serena poussait la discussion. Qu’importe, l’art du passer du coq à l’âne avec minutie et agilité, c’était mon domaine.

▬ Puisqu’on est dans le sujet justement… J’ai eu la bêtise de croire un moment que étais une sorte de… d’allié.

Je prenais des pincettes, naturellement : une sorte d’allié. Je savais que nous n’avions jamais passé aucune alliance, écrite ou orale. Aucun accord. Mais, il était vrai, à un instant, j’avais cru que Serena était de mon côté. Pour ce qui était de protéger Mafalda, tout du moins, je ne m’avançais sur rien quant au reste. Mais depuis ce qu’elle avait fait à Eugenia, rien n’était moins sûr.

▬ Et voilà que dès que je tourne le dos, tu t’en prends à Eugenia…

Ce n’était même pas dit sur un ton de reproche. C’était une… constatation. Eugenia était une grande fille. Une grande fille qui fâchait beaucoup de monde, et était, la plupart du temps, capable de se défendre. Cela dit je n’aimais pas pour autant qu’on s’en prenne à elle. J’aimais croire que c’était mon privilège, en quelque sorte…

Le contexte était posté, et le message subliminal aussi : Je me sentais trahi. Pas que j’ai jamais placé de grands espoirs en Serena, naturellement, mais, je devais bien l’admettre, j’avais fini par faire taire ma vigilance. Lui faire presque confiance. Naturellement, je savais que je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même, et je ne lui faisais d’ailleurs aucun reproche. Non, la seule chose, c’était que je voulais clarifier un point.
Mon regard s’assombrit alors que je faisais un pas vers elle. Je n’essayais pas particulièrement de me donner l’air menaçant, mais on me disait souvent que lorsque j’étais en colère, mon air faussement angélique prenait des nuances infernales. Je n’étais pas franchement menaçant juste… déterminé.

▬ En revanche… si tu touches ne serait ce qu'à un cheveu de Mafalda ... Sache que je ferai de ta vie un enfer.

Et je me fichais bien de révéler ma faiblesse, puisqu’elle n’était de toute façon un secret pour personne. Toutes les personnes me connaissant un tant soit peu savaient  à quel point ma petite sœur était importante. Serena plus que d’autres sans doute.
Je ne savais pas si elle me pensait capable de le faire, mais j'étais moi certain que je mettrai ma menace à exécution. Honnêtement, et même si je n'étais pas censé laisser ce genre de pensée me parasiter, je me pensais même capable d'utiliser les sortilèges impardonnable pour protéger ou venger ma petite sœur. Mes yeux brillaient probablement d'un éclat de folie laissant à penser que je n'avais plus toute ma lucidité. Ce que je venais de lui dire, j’étais certain que la jolie brune le savait déjà. Il s’agissait juste d’un petit rappel, au cas où elle envisageait déjà de tels plans.

Me reculant un peu, j’écartais grand les bras, dans un geste théatrale qui me ressemblait peu, moi le Bogart qui se mouvait toujours avec retenu, avec des gestes contrôlés, mesurés. Dans mes yeux verts, on pouvait lire une petite touche de folie. A croire que j’étais en train de dérailler totalement, ce qui n’était pas impossible : dans la famille, on avait tous un petit grain…

▬ Allez ma petite pendragonne... Tu as devant toi la cristallisation de tout ce que tu hais chez les Bogarts, si tu veux régler tes comptes c'est maintenant

Je n'étais pas 100% certain de ce que j'avançais : cristallisais-je vraiment tout ce qu'elle détestait chez notre famille ? Ce que je savais, c'était que je l'agaçais. Tout en moi l'agaçait : mes vêtements et ma façon de les porter, ma manière de parler, de regarder, mon comportement, mes défauts et même mes qualités. C'était physique, quand elle
Ce que j'espérais qu'elle fasse ? Je n'en étais pas sur moi même. Peut être qu'elle dévoile ses motifs ultérieurs ? Pour sur, je préférais que sa rancœur s'exprime physiquement sur moi que sur Mafalda ou Eugenia. Ce n'était pas le sens du sacrifice, juste que je me sentais plus capable de me défendre moi-même qu'elles. Et puis, savait-on jamais : peut être que dans l’impulsion du moment, elle allait gentiment me dévoiler ses plans les plus machiavéliques…. Même si « gentiment » et « machiavéliques » cohabitaient plutôt mal dans une phrase.

Je lui adressai un grand sourire, presque commercial, comme si je venais de lui faire l’offre du siècle. Définitivement, mon image s’éloignait de plus en plus de celle d’un homme sain d’esprit.
.


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MessageSujet: Re: It might be time for us to ... [Serena]   It might be time for us to ... [Serena] EmptyLun 17 Mar - 16:28


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Petite Serena ? Adolescente ? Mais pour qui se prenait cet enfoiré sérieusement ? De sa vie, la jeune femme n'avait pas le souvenir d'avoir un jour était aussi crispée qu'elle ne l'était à présent, plus retenue qu'elle ne le pensait possible. Cette suffisance sur le visage de son cousin, cet air hautain, ses paroles vaines, ses petits sourires.. Tout chez lui la rappelait à la colère qu'avait provoqué Eugénia en son for intérieur quelques jours plus tôt. Une colère qui avait été puissante, mal soutenue et qui avait fini par échapper à son contrôle. Et contre toute attente, quel que fut le degré de mépris qu'elle pouvait ressentir à leur égard, la Serpentard n'avait aucune envie de réitérer l'expérience douloureuse qu'avait été l'expression de sa magie déployée sans consentement. Elle n'était pas Eren, ce qu'elle cherchait ne résidait pas dans la douleur mais dans la fuite. Une fuite que de toute évidence, les Bogart présents à Poudlard n'étaient plus prompt à lui permettre. Par ailleurs, en parlant d'Eugénia, voici que venait enfin le sujet que le jeune maître avait semble-t-il tant souhaité aborder. Celui de ce fameux jour où elle l'avait blessée.

Ainsi, aux yeux d'Haimon, elle était une alliée. La jeune femme hausse un sourcil, répétant en son for intérieur avec une certaine surprise « une alliée ? ». Comment avait-il pu avoir la bassesse d'esprit de prétendre à un tel lien entre eux ? L'héritier Bogart était-il tellement idiot qu'il considérait comme ami ceux qui n'étaient pas directement des ennemis ? Ou tout blanc, ou tout noir. Autant dire qu'il n'avait rien compris à la façon dont elle fonctionnait, bien qu'au fond, il fut certain qu'en d'autres circonstances l'un et l'autre auraient pu s'entendre. Mais il n'en restait pas moins l'héritier. Le prince, celui à qui on avait tout offert. Grand bien lui fasse, cette vie oisive et sans obstacle ne la concernait pas. Elle ne la concernait plus depuis bien longtemps. L'abjecte agression dont elle avait été l'objet avait au moins eu cet aspect bénéfique sur sa personne. Désormais, Serena avançait sans jamais oublier son objectif premier qu'était celui de s'imposer dans les sphères du pouvoir dès sa sortie de l'école. Que pouvait donc lui importer d'être mieux vu par ce clan que tout le monde avait en horreur, elle la première ? Une fois siégeant sur le trône le plus haut, qui pourrait encore l'atteindre en lui rappelant sa naissance ? Non, ces Bogart, tous autant qu'ils étaient n'avaient à ses yeux aucune valeur. Ni Eugénia, ni Haimon. Par ailleurs, lorsque ce dernier fit remarquer qu'elle « s'en prenait » à la jeune blonde dès qu'il avait le dos tourné, la brunette leva les yeux au ciel. Evidemment, Eugénia avait sans doute fait le rapport d'une agression cruelle et sauvage à son égard... Mais tout à coup, le blond s'en vînt évoquer un nom qui tira la jeune femme de son exaspération. Celui de la plus jeune enfant de la famille Bogart.

Un regard sombre, un pas en plus, et voici Haimon Bogart, aussi loup qu'elle n'était louve, jurant qu'il ferait de sa vie un enfer si par malheur, il venait à l'esprit de la renommée Pendragon de s'en prendre à sa cadette. Aussitôt, un rictus amer barra le visage de la brune qui secoua doucement la tête tout en plantant son regard couleur de ciel dans celui fort semblable de son parent qui déjà reculait en mimant de manière très théâtrale leur scène d'entrée. Ainsi donc il l'invitait à se défouler sur lui qui cristallisait tout ce qu'elle « haïssait » chez les Bogart, mais déjà elle n'écoutait plus et se contenta de répondre d'un ton devenu soudain très calme.

▬« T'ai-je jamais donné une seule bonne raison de croire que je m'en prendrais à elle ? Regarde-moi bien, et oses me dire que mon comportement envers elle soit celui de quelqu'un d'hostile.»


Qu'il la rabaisse ? La Pendragon en avait l'habitude depuis fort longtemps. Pas seulement de sa part, mais de celle du monde l'entourant en général, et pourtant, rien de tout cela ne l'avait jamais plus blessé que la menace que venait d'opérer le jeune homme. Car contre toute attente, si Serena n'avait aucun bon sentiment qui puisse être témoigné à l'égard de ceux de son âge, pour ce qui concernait les deux plus jeunes enfants de la famille Bogart, elle s'était toujours tuée à la lourde tâche qu'était celle de les protéger et voir soudain son jeune maître douter de cette dévotion maternelle était un pincement donc la Serpentard ce serait volontiers passé.

▬ « Jouer les bons grand-frères et user de beaux mots avec cette expression-là, je reconnais que ça te donne de grands airs mais il n'empêche que ce n'est ni à Eugénia et encore moins à Eren que tu dois la protection de ta sœur. »


Elle avança alors lentement, prudemment sous le regard scrutateur de celui qui partageait son sang, tentant tant bien que mal de garder la contenance qu'elle affichait à présent. Peu lui importait finalement le regard que pouvait poser Haimon sur elle et le titre qu'il lui conférait, elle n'avait jamais agit dans l'intérêt de gagner ses bonnes grâces, et ce n'était certainement pas maintenant que les choses allaient commencer.

▬ « Tu as dit tout à l'heure vouloir me rappeler à mon clan... Mais tu vois Haimon, malgré toute l'ignorance, malgré toute... l'indifférence que je me suis toujours tuée à vous porter, personne, et toi encore moins que quiconque n'auras jamais besoin de me le rappeler. Quoi qu'il puisse arriver, et peu importe à quel point je devrais redoubler de mensonge et d'indifférence pour rattraper le coup, je protégerais toujours Mafalda Bogart et Ernest Rosenwald. Alors tu peux dormir sur tes deux oreilles jeune prince, je ne serai jamais ton alliée, mais tu ne trouves pas en face d'une ennemie. »


Continuant d'avancer, grimpant sereinement les marches qu'elle avait tenté d'emprunter quelque temps auparavant, la jeune femme devança alors son parent, se retrouvant ainsi à la même taille que lui pendant un bref instant dont elle profita pour lui dire :

▬ « Et pour ce qui est de comptes à régler... Grâce au ciel tes parents ne sont déjà plus de ce monde. Il n'y a donc aucune dette qui ait besoin d'être réglée entre toi et moi. Maintenant, excuse-moi.»


Détachant son regard de celui d'Haimon, la préfète des vert et argent grimpa alors à son rythme les marches menant aux hauteurs de l'amphithéâtre dans lequel sa silhouette se mouva jusqu'à une place précise à laquelle elle sembla retrouver le fameux bien qu'elle était venue récupérer à l'origine de sa venue. Sa clé désormais logée au creux de sa main, Serena se sentie respirer à nouveau. Elle pourrait gagner son havre de paix ce soir en se félicitant d'un jour de plus sans que personne n'ait mit à nu et son secret et sa cicatrice. Du moins, pour peu que le Bogart présent dans la même pièce qu'elle se décide à en rester là.





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MessageSujet: Re: It might be time for us to ... [Serena]   It might be time for us to ... [Serena] EmptyLun 17 Mar - 19:50


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Je ne considérais pas Serena comme une "amie", contrairement à ce qu'elle pensait. Et lorsque je parlais d'alliance, je ne faisais finalement que référence à cet espèce de pacte tacite concernant la protection de Mafalda. J'étais effectivement un parfait imbécile d'avoir cru que cette entente pouvait s'étendre à d'autres comme Eugenia. Tout ce qui touchait de près ou de loin à ma petite sœur me rendait un peu mou du genou. Ça m'agaçait au plus haut point et en même temps ça me rappelait que j'étais plus humain que ce que le restant de l'école voulait bien croire.

Lorsqu'elle me demanda sur le ton de la provocation si son comportement envers Mafalda était hostile j'eus un rictus mal contenu. Envers elle, non. Envers moi, oui. Et il ne fallait pas sortir de la cuisse de Jupiter pour savoir que je serais beaucoup plus touché si on la blessait elle plutôt que moi. Je me gardai bien de donner de bonnes idées à Serena le contentant de laisser mon regard dur sur son visage, me murant dans un silence contemplatif.

Je ne pus retenir un roulement de yeux. Évidemment. Je "jouais les bons grand frères" et "j'usais de beaux mots". Il n'y avait pas moyen qu'Haimon Bogart se sente protecteur envers sa sœur, c'était nécessairement tout pour donner une bonne image. Ce qu'elle venait de dire m'irritait au plus haut point et j'avais subitement fortement envie de lui tordre le cou. Heureusement, le self control et moi on avait appris très jeunes à flirter l'un avec l'autre. Je me contentai donc de pincer les lèvres, décidant qu'il ne servait à rien d'essayer de défendre mon cas puisque son avis sur le sujet était déjà fait. Et puis au fond... Il valait peut être mieux que les gens pensent que j'agissais pour me faire une image ... Ça leur donnerait probablement moins envie de s'en prendre à Mafalda pour me toucher.

La suite de ses paroles m'arracha un soupir. Je ne faisais pas beaucoup d'effort pour cacher mon exaspération mais après le défilé des "jeunes maîtres" voilà que "jeune prince" faisait son entrée, autant de surnoms qui avaient le don de me fatiguer. Un petit ricanement s'échappa de mes lèvres.

▬Jeune prince hein...

Répétai-je, penchant la tête, un sourire sans joie au coin des lèvres.

▬Et Prince de quoi je te prie ? D'un empire en ruine ? D'une famille humiliée ? D'une lignée de pestiférés ?

Je crus bien que mon self control allait prendre un congé sans solde lorsqu'elle évoqua mes parents. Il y avait des sujets à ne pas aborder, des limites à ne pas dépasser. Je dus rassembler toute ma bonne volonté pour ne pas pointer la baguette sur elle et laisser échapper un sortilège que je pourrais regretter. Serrant les dents je pris une profonde inspiration tout en la regardant le tourner le dos pour vaquer à ses propres occupations.

Je savais reconnaître une personne sur la défensive lorsque j'en voyais une, et c'était clairement le cas de Serena. Je savais que la demoiselle ne me portait pas dans son cœur, mais j'avais découvert aujourd'hui à quel point elle ne pouvait pas me supporter. Peu importe ce que je pouvais dire, dans tous les cas, de son point de vue c'était soit par moquerie, soit par arrogance, soit par débilité, soit par cruauté. C'était sans doute ainsi qu'elle me voyait : moqueur, arrogant, débile et cruel. J'aurais pu lui dire que j'aimais bien ses boucles d'oreille ou que j'avais mangé du poulet à midi qu'elle l'aurait pris comme une offense. Je fus même tenté d'essayer, juste pour voir jusqu'où allait son mépris de ma personne. Dans un haussement d'épaule, je gravis les escaliers jusqu'à mon petit pôle d'études, et je commençai à rassembler mes affaires. Autant dire que je ne pourrai certainement pas me concentrer après cette entrevue. J'avais bien compris qu'elle n'avait qu'une seule idée, celle de fuire, et que je n'obtiendrai donc aucune information.

Mes livres et bloc notes soigneusement plaqués contre mon torse je fis demi-tour, redescendant les escaliers vers la sortie de l'amphi, passant pour la deuxième fois à côté d'elle. Cette fois-ci, je m'arrêtai une petite minute, un sourire venant creuser mes fossettes alors que je posais calmement mes yeux sur elle. Nulle trace de ma récente colère ne persistait dans mon regard, comme si rien ne s'était passé.

▬Pour info, ce soir il y a du canard laqué au menu

Ceci étant dit, je repris mon chemin vers la sortie, la laissant méditer sur cette information pour le moins... Cruciale. Je regrettais juste de ne pas être dans sa tête pour savoir ce qu'elle pouvait encore me prêter comme défaut. Que manquait-il à ma panoplie ? Colère : Check. Jalousie : check. Envie : check. Luxure : check. Orgueil : Check. Restaient la paresse, l'avarice et la gourmandise. Finalement l'idée de le coltiner toute la panoplie des péchés capitaux ne me déplaisait pas tant que ça. Comme d'irait l'autre : qu'il est bon d'être méchant !

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To be continued ...


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