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 Let it go, can't hold it back anymore [Eug']

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Haimon J. Bogart
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MessageSujet: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyVen 18 Avr - 16:13


Let it go, can't hold it back anymore
★ Eugenia & Haimon





Je possédais mon lot de vices, mais l’alcool n’en faisait généralement pas partie. Oh certes, un verre de vin lors d’un dîner, une bièraubeurre partagé avec un ami, mais c’était à peu près tout. Personne ne me verrait jamais aux grosses soirées d’étudiants où certains finissaient plutôt mal. Je n’avais pas la moindre envie de m’infliger ce genre de choses –autant  le déshonneur le moment venu que la fameuse gueule de bois le lendemain. Et pourtant, aujourd’hui, j’avais décidé à l’appel de l’alcool, le tout avec des étudiants que je connaissais peu, et appréciais tout autant. La compagnie n’importait pas, seul le résultat comptait, et le résultat escompté était atteint : j’étais sacrément ivre.

Transporté par les effets de l’alcool, je n’étais pas 100% sûr de comment j’avais effectué le chemin retour jusqu’à la salle commune mais enfin…  L’essentiel était d’y être parvenu après tout. Le souci survint lorsque, arrivé devant notre grille, j’eus comme un… trou de mémoire. Mon doigt s’était levé, s’apprêtant à composer le fameux code me donnant accès à ma maison, mais rien ne vint. J’avais pourtant fait ce code des centaines, peut être même des milliers de fois, mais là, rien. L’alcool attaquait donc véritablement le cerveau, et tout particulièrement la mémoire.

Frustré et impuissant, je décidai d’attendre un peu qu’un compatriote Serpent pointe le bout  de ses crochets pour me glisser derrière lui –et s’il refusait, je le provoquerais en duel, nom d’un petit Orvée ! Pas de chance pour moi, l’heure ne semblait pas propice aux retours dans les pénates. Techniquement je ne savais même pas l’heure qu’il était, impossible de savoir s’ils dormaient tous ou faisaient tous la fiesta. Sans doute un peu des deux.

Fatigué de faire le piquet je finis par m’adosser au mur froid des cachots pour me laisser glisser au sol, les jambes recroquevillées contre moi. Un jour ou l’autre, quelqu’un finirait par rentrer ou sortir. A moins que ma mémoire ne décide de coopérer de nouveau, ce qui serait nettement moins humiliant mine de rien. Alors que j’avais posé ma joue sur mon genou, commençant presque à m’assoupir dans cette position pourtant TRES inconfortable, j’entendis des bruits de pas sur le pavé. Je relevai la tête, les yeux pleins d’espoir… mais mes épaules s’affaissèrent dès que le nouvel arrivant entra dans mon champ de vision. Fantastique, phénoménal, sensationnel :  Eugenia en personne se tenait devant moi. Il était dur de dire dans quel état elle était –ivre, sobre, fatiguée, énervée, heureuse- car ma vision était remarquablement floue.

▬   Oh, ma cousine préférée ! Enfin… en quelque sorte !


Fut la première chose que je lui lançai à la figure, la voix trop forte et guillerette pour que je sois dans mon état normal. Si on ajoutait à cela ma coiffure en pétard –moi qui m’appliquait toujours à dompter mes cheveux en quelque chose de présentable- et mes vêtements négligés…. Il ne fallait pas sortir de la cuisse de Jupiter pour comprendre que je n’avais laissé de côté mon self control habituel. Adieu les cravates, les pantalons bien droits et biens repassés, la cravate toujours nouée au plus près du cou : ce soir c’était t-shirt et blouson. J’avais emprunté le t-shirt à quelqu’un, je ne savais plus trop qui… Il était noir avec une choppe de bière au beurre et marquée « Tall, gold and Hogsmeade has some », bref, tout dans la finesse.

▬   J’ai comme un petit trou de mémoire…. Impossible de retrouver le code de cette fichue grille, je suis coincé ici depuis… en fait j’en sais rien, mais peu importe, mon lit m’attend, depuis le temps il doit même m’appeler désespérément


Et voilà un autre indice : Haimon Bogart, pipelette ? Pas dans cet univers. Sauf avec, bien sur, un petit coup de pouce. Et pour sûr le whisky pur feu était un sacré coup de pouce –à ce stade c’était même un coup de poing. L’alcool désinhibant, me voilà aussi bavard que… un truc bavard. Le tout pour dire des choses inintéressantes et donc la grande majorité des gens –encore plus des Serpentards, et encore plus eugenia- se contrefichait parfaitement.
Mais au fond qu’importe : Eugenia étant là, et étant Serpentard, elle saurait se rappeler du fameux code… à moins qu’elle ne soit elle aussi bonne à rouler sous les tables en chantant des chansons paillardes ?

▬   Je suis sûr que tu vas pouvoir m’aider


Déclarai-je avec bien plus de certitude que je n’en avais probablement jamais mis dans une phrase.

▬   Ca changera de d’habitude tiens


Ajoutai-je, un grand sourire aux lèvres. J’avais, à ce moment précis, un air assez proche d’un bisounours. Et pourtant, mes pensées et sentiments à l’égard d’Eugenia étaient à des kilomètres des bisous ou des nounours. L’alcool rendait certes joyeux et désinhibait nos peurs de la honte nous faisant agir plus sous l’impulsion que la réflexion, mais il désinhibait aussi nos côtés les plus sombres, les peurs et l’amertume qui nous rongeaient secrètement. Je ne savais pas si c’était les effets du whisky qui commençaient à s’effacer ou si c’était tout ce que j’avais gardé sur le cœur sans jamais m’épancher qui se manifestait…. Mais je sentais de la colère montait en moi. En quelques minutes à peine, j’étais passé de « hahahaha je suis bloqué comme un boulet…. Haha heureusement Eugenia va me laisser rentrer » à une tempête tumultueuse qui s’apprêtait à venir secouer ma tête et mon cœur sans distinction. Mon regard s’était d’ailleurs assombri, comme l’aurait fait un ciel estival à l’approche d’un orage.

▬   Oh et en fait tu sais quoi ? Nan, je veux pas de ton aide


Renchéris-je presque immédiatement. Alors certes, elle ne m’avait pas offert son aide… Mais ce n’était pas grave, c’était une question de dignité –j’avais les neurones encore trop noyés dans l’alcool pour réaliser que niveau dignité c’était déjà bien bien rapé.

▬  Tu jubiles tellement à chaque fois que tu peux m’enfoncer que je suis sûr que tu trouverais un moyen sournois d’encore une fois m’en mettre plein la gueule pour ton bon plaisir ! On a jamais vu peste pareille ! J’aurais mieux fait d’me fiancer à Serena, tiens, elle au moins elle s’occupe de moi !


Les filtres avaient tous été levés, et je balançai vraiment tout ce qui me passait par la tête, que ce soit intelligent ou non, malin ou non, construit ou non. Globalement c’était essentiellement con, lourd et brouillon. J’avais, en sus du reste, élevé la voix, m’emportant comme le type colérique je j’étais mais que je me refusais ordinairement d’être. Je venais de vider ma valise, et pas de la manière la plus diplomatique qui soit. En fait ce que je risquais surtout de gagner, c’était Eugenia tournant les talons, m’ignorant, et rentrant dans la salle commune en dissimulant le code d’entrée à mes yeux. Ca aurait été amplement mérité, soit dit en passant. J’avais mes yeux toujours troublés par l’alcool fixés sur elle, comme la défiant de me snobber –je l’en savais pourtant bien capable.


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Eugenia H. Bogart
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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptySam 19 Avr - 13:48


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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyVen 25 Avr - 21:04


Let it go, can't hold it back anymore
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Est-ce que j’avais volontairement cherché à provoquer et énerver Eugenia ? Peut être. Quand on me le demanderait, dans quelques jours, je répondrais probablement par un sourire énigmatique. Peut être, oui. J’avais, alors, eu envie de le dire, et je n’avais donc pas retenu mes mots. L’effet fut immédiat. La simple évocation de notre cousine commune, Serena, fit exploser Eugenia comme un feu d’artifice. Enervée et furieuse, elle était aussi jolie que ce dernier. Aussi colorée aussi, alors que la colère rosissait ses joues –à moins que ce ne soit l’alcool ?

Dans un haussement d’épaule lascif, je fis une petite moue. Saoul, j’étais toujours plus expressif, l’immobilité de mon masque de Bogart bien sage s’évanouissant soudainement.

▬ Rien à voir ! Je dis juste que quand je suis malade, même elle s’occupe de moi alors que toi… toi je sais même pas où t’étais. Mais ça t’aurait fait marer, j’suis sûr !


C’était d’ailleurs la prière muette que j’avais énoncé à ce moment là : pitié, qu’Eugenia ne me voit pas ainsi. J’étais alors persuadé qu’elle m’aurait soit ignoré, soit raillé, et je n’étais, dans mon état pitoyable –quoique différemment pitoyable de celui d’aujourd’hui !- pas prêt à encaisser cela. Aujourd’hui, avec le recul, j’étais toujours persuadé qu’Eugenia n’aurait pas passé 1 heure, peut être 2, à mon chevet.

Ses mots commençaient à m’irriter moi aussi, et je commençai à agiter mes mains en l’air pour faire signe qu’elle brassait du vent, parlait en l’air. Ce n’était pas le cas, et chaque mot s’incrustait dans mes oreilles et mon cerveau comme gravé dans la roche. Malgré l’ivresse, j’étais furieusement attentif et frustré, mais je refusais de le montrer. Pas de bol, mes sourcils froncés, ma moue digne d’un enfant de 6 ans boudeur et même mes paroles devaient trahir le véritable fond de mes pensées….

▬ « Ouais, super, épouse Eren. T’as toujours eu un faible pour les dégénérés t’façon, vous ferez un merveilleux petit couple, chacun planquera un poignard sous son oreiller, et ça sera à qui l’utilisera le premier… Ca va être funky funky votre petit ménage !


Ok. Pour que je me mette à utiliser une expression comme «funky-funky » il fallait VRAIMENT que l’alcool ait pris possession de mon cerveau. Sur le moment, l’expression m’avait paru… funky justement. Demain, j’aurais sûrement la furieuse envie de me coller des baffes. Mais demain était pour le moment très, trèèèès loin. Et la contre-attaque de ma future promise ne me laissait que peu de temps pour me projeter dans le futur.

J’ouvris la bouche, prêt à répliquer. Moi et Mikaela ? Techniquement, rien ne s’était passé entre nous… pour l’instant. Et je ne savais pas si quoique ce soit se passerait d’ailleurs. Je ne m’étais honnêtement jamais posé la question. La seule chose que je savais c’était que Mika était une des rares personnes qui me comprenaient ET avec qui je passais beaucoup de bon temps. J’étais bien avec elle, je n’avais pas l’impression d’être jugé à la moindre parole ou action, et je n’avais pas non plus éternellement l’impression d’être dans un duel. C’était reposant, agréable même. Mais de là à dire que nous avions une aventure… Oui, cela ne m’étonnait pas que les ragots aient déformé notre relation de la sorte. Cela ne voulait pas dire que c’était vrai. Je n’avais cependant pas envie de contredire Eugenia. D’une part parce que, l’alcool aidant, j’étais trop occupé à jubiler avec toute l’immaturité possible à l’idée qu’elle soit jalouse –parfois on pouvait se demander si j’avais véritablement 18 ans…- et d’autre part parce que nier me demanderait bien trop d’effort et d’énergie. Et de l’énergie, j’en avais peu, pour le moment.

A la place, je me contentais de rouler les yeux de manière exagérément théatrale, levant les bras en l’air. Un vrai clown à moi tout seul, dommage qu’Eugenia ne soit la seule spectatrice de mon numéro époustouflant –dommage… ou heureusement !

▬ Et alors ? Le jour où tu tu barreras avec Thornquill ou professeur-Mickael-Jackson sur un hypogriffe blanc tu seras bien contente que je sois occupé avec Mikaela plutôt que de vous foutre des batons dans rou…. Dans les pattes


Ok, je délirais sérieusement là, mais l’idée était là. L’idée était d’ailleurs basique : il s’agissait de lui renvoyer dans la figure ce qu’elle m’avait reproché. Un genre de « c’est pas moi, c’est toi ! » ou « c’est toi qui a commencé ! ». La dernière fois que j’y avais joué, je devais avoir 5 ans, c’était dire la haute volée de nos propos en cette merveilleuse soirée placée sous le signe de la maturité et de la sagesse. Nos parents seraient probablement diablement fiers de nous : nous vous présentons la future générale de Bogarts… Imaginez leur progéniture !

Ouais. L’idée de finir avec sa petite Maitika alors que sa chère et tendre promise se barrait avec le professeur le plus flippant de Poudlard ou n’importe quel Serpentard tordu –cela incluait donc Thornquill OU Eren- était le meilleur des scenarii possibles. A ceci prêt qu’il n’avait pas envie de céder Eugenia à quique ce soit. Encore moins à Eren. En fait, depuis qu’Eugenia avait prononcé ce prénom maudit, Haimon sentait son sang bouillonner. En temps normal, il feignait à merveille l’ignorance vis-à-vis de son cousin qu’il lui savait particulièrement hostile –disons pour faire simple que ce dernier essayait de se débarrasser de lui. Mais avec un petit coup de pouce du whisky, sa colère et sa peur dépassait son masque remarquable d’indifférence. Eren lui faisait peur, Eren le dégoutait. Et plus que tout, il détestait le fait qu’Eugenia puisse s’allier à lui pour lui faire du mal.

▬ Tu vois ? Depuis le début, j’étais sûr que l’idée de ma déchéance était ce qui te réjouissait plus que tout ! Ton association avec Eren en est la preuve ! S’allier avec celui qui complote comme un fourbe chacal dans l’ombre pour me faire chuter et disparaître…. HA ! Il n’y avait que toi pour faire ça hein ?


Allez, adieu les filtres, adieu la retenue. C’était ce qu’on appelait vider son sac, non ? Je n’aimais pas déballer mes faiblesses au grand jour, encore moins à Eugenia qui les soupçonnait déjà et qui s’en délectait probablement mais… quand la fureur prenait le contrôle, je ne pouvais plus faire grand-chose. J’étais quelqu’un de vif, de passionné. Un type au sang chaud. Quelque chose qu’on n’aimait pas bien chez les Bogarts. Retiens toi, qu’on me disait. Contrôle toi, qu’on me répétait. Apprends à cacher et faire taire tes émotions. Au diable les bon conseils ! Si le whisky me disait : vas, crie, lâche toi ! Alors…c’était ce que j’allais faire. Et demain je regretterai. Qu’importe, au fond, n’était-ce pas le lot de tous les Bogarts que de vivre avec le poids des regrets ?


To be continued ...


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Dernière édition par Haimon J. Bogart le Sam 3 Mai - 10:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyMer 30 Avr - 14:41


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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyMar 6 Mai - 18:25


Let it go, can't hold it back anymore
★ Eugenia & Haimon




▬ Je suis pas parano …


Grommelai-je avec la tête d’un enfant vexé à qui on dirait « sois sage pour changer ! ». Je n’avais pas envie qu’elle sache à quel point je cogitai –inutilement- dès que ça la concernait. Je voyais le mal et le menace partout et en tout le monde. Je la voyais discuter avec intel, et lui imaginer déjà des histoires rocambolesques. Ca m’en rendait malade… J’étais clairement paranoïaque, mais il était hors de question qu’elle le sache, je nierai tant que je le pouvais.

L’air boudeur se fit de toute façon rapidement la malle, laissant place à l’énervement brute et cru alors qu’elle me ressortait les arguments avec lesquels notre famille nous avait tant bassinée –au moins on pouvait dire que le message s’était bien imprégné !

▬ Justement ! Peut être que j'en ai marre des "Haimon s'est fait piétiner par un Hypogriffe... Orff, il s'en remettra !" "Haimon s'est pris un Avada Kedavra ... Boarf, rien qu'il ne peut surmonter !" Merde quoi ! C'est pas parce que vous voulez que je sois sans faille que miraculeusement je le serai ! Y a pas marqué Génie de la lampe, j'exauce pas des souhaits sur commande !


Ce que je pouvais détester qu'on ne porte de trop grands espoirs sur moi... Qu'on décrète que je suis le cheval gagnant et qu'on attende ma victoire à la course comme un du. Qu'on accueille mes victoires, mes avancées, comme la moindre des choses, et non comme le résultat de nombreux efforts. Je ne pouvais finalement que décevoir. Je ne me plaignais habituellement pas de cette situation, car j'avais été élevé ainsi : à toujours me surpasser et surpasser les autres. Je ne savais pas pourquoi entendre Eugenia me dire que j'étais supposé être un super héros me mettait dans une telle colère.
J'eus un petit rictus à son commentaire sur mon rhume et Mikaela. Je ne savais pas quelle partie de la phrase me faisait le plus ricaner, mais je décidai de ne pas mêler d'avantage Mika à tout cela. Elle n'avait pas grand chose à voir avec le fond du problème à part peut être que c'était entre autre chez elle qu'il allait chercher le soutien qu'Eugenia refusait de lui apporter.

▬ Ouais c'est ça, un petit rhume


Répétai-je, sourire désabusé au coin des lèvres, levant les yeux au ciel alors que je repensais à cette fichue soirée où la fièvre m'avait dévoré jusqu'aux hallucinations. Je me demandai un instant ce qu'aurait fait Eugenia à ma place, mais chassai aussitôt cette pensée, la question impliquant de détailler mon état ce soir la, ce dont je n'avais pas la moindre idée.
En attendant la blondinette pouvait apprécier ce moment particulièrement rare où j'acquiesçais à ses dires plutôt que de la contredire ou la provoquer –même si c’était clairement une approbation de contradiction… un genre de « Oui oui t’as raison ».
Mais une Eugenia en colère allait plus vite que la musique, oubliant les microbes pour passer aux parasites –alias Rosier et Thornquill- allant même jusqu’à parler de les inviter à la demeure familiale. Bah voyons. Elle voulait pas non plus organiser une Rave Party et inviter des moldus à la maison non ?

▬ Parfait, fais moi parvenir une copie de l'invitation que je prévois de mon côté de m'exiler chez Mikaela ou Rosemary.


Répliquai-je sans chercher à cacher mon agacement sur le sujet. Cela me faisait bizarre d'appeler Rosy et Mika par leurs prénoms complets mais j'avais le sentiment que les petits surnoms n'avaient rien à faire la, et j'étais de toute façon trop occupé à imaginer avec horreur la scène de famille avec les deux intrus dans le paysage. Contrarié, je ne le restai cependant pas bien longtemps alors qu'un autre constat me sautait aux yeux : Heath n'aimait pas Simon. Je le savais pour en avoir personnellement discuter avec lui. Et l'image d'un Heath bondissant sur Simon pour lui refaire le portrait s'imposait soudainement à mon esprit, me déclenchant un fou rire. En temps normal je n'aurais pas ri de si peu mais... L'alcool favorisait l'hilarité, il fallait bien le dire. Il fallut attendre que mon rire se calme pour ajouter :

▬ Et pense à immortaliser le moment, Rosier et Thornquill qui se mettent sur la gueule ça promet d'être intéressant


Pas suffisamment intéressant pour que j'y assiste en direct, les récits de ma famille et les photos animées le seraient amplement suffisantes.

Cela dit, si j'étais moi même d'humeur plutôt rigolarde après avoir imaginé cette scène -il m'en fallait peu parfois sachant qu'il y a 5 minutes je m'énervais sur Eugenia- ma cousine semblait elle plutôt sujette à la fureur. Même à travers le filtre flou de l'alcool, je voyais ses beaux yeux s'assombrissent comme un ciel orageux. J'étais en train de me demander si j'allais être victime d'un ouragan ou d'une pluie torrentielle lorsqu'elle reprit la parole. Et ce qu'elle dit ne pouvait que me surprendre, pas tellement pour son contenu -quoique un peu quand même- mais parce qu'elle admettait ce contenu. Sauf erreur de ma part, tout l’intérêt d’une stratégie c’était de ne pas la révéler… Mais bon, ce soir j’étais un ivrogne de première, alors une erreur de ma part n’était pas la chose la plus improbable…

S’en suivit…. Une sacrée tirade.

On pouvait toujours compter sur Eugenia pour rabattre mon clapet. Je l’observais avec des yeux ronds –et troubles, merci le whisky pur feu- n’osant trop rien dire. Je la laissais prendre la mesure de tout ce qu’elle venait de dire tout en essayant de mon côté d’assimiler tous ces messages. Je n’étais pas certain qu’elle réalise vraiment qu’elle venait de déballer tout son sac. Moi-même, je ne le réalisais pas. Je fronçais d’ailleurs les sourcils, commençant à me demander si ce n’était pas l’alcool qui me jouait des tours. Ce n’était pas impossible…. Mais c’était tout de même une drôle d’hallucination si c’était le cas. Je sentais que ma respiration était plus bruyante que d’habitude, mais je ne savais pas si c’était l’effet de l’alcool ou bien le souffle court de la soufflante que je venais de me prendre.

Il y avait tellement d’informations, tellement de compliments mêlés de reproches mêlés de critiques que je ne savais plus quoi faire de quoi. Déjà en temps normal et en pleine possession de mes moyens, je n’étais pas franchement certain d’être capable de faire le tri des informations rapidement et efficacement, de sorte à pouvoir répondre quelque chose de pertinent.
Je plissai les yeux, comme essayant d’activer mes neurones noyés dans le whisky… c’était laborieux.
Je finis par lâcher un petit rire aux échos d’amertume.

▬ Tu me contrôles bien plus que tu ne le penses…


Ouais, bon. Ca non plus ce n’était pas quelque chose que j’étais censé dire. L’ennui avec l’alcool, c’était que l’option « filtrer ses pensées » ne semblait plus au menu du jour. Son regard était tellement insistant, tellement pesant, que j’étais obligé de détourner les yeux. Il n’y avait pas grand-chose à regarder dans le coin, alors c’est sur son ventre que mon regard s’était figé –j’étais encore suffisamment sobre pour savoir que lorgner sur sa poitrine était peu correct. Le temps de reprendre un peu de self control et je relevai mes yeux clairs vers elle, les plongeant dans les siens sans hésitation. J’y lisais toujours de la colère et une sorte de passion… manque de chance, cette passion ne m’était pas destinée, et elle ne le serait probablement jamais.

N’avais-je vraiment pas besoin d’elle ? Je n’en étais pas si sûre. Elle me voyait comme quelqu’un de fort et d’indépendant, mais j’en étais très loin. Les autres, ma famille, étaient mon huile de moteur. J’étais bien moins égoïste que quiconque n’aurait pu le deviner. Ce que je faisais, je ne le faisais pratiquement que pour ma famille. Certes, en leur rendant service, je me rendrais service, mais je voyais au-delà. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’étais altruiste, car honnêtement, à part ma famille, le sort de la plupart des gens m’était bien égal. Et j’avais besoin d’Eugenia. J’avais besoin qu’elle me challenge, qu’elle me pousse vers le haut à sa façon, qu’elle me soutienne, qu’elle m’accompagne. J’avais besoin d’Eugenia, mais notre relation actuelle me faisait plus de bien que de mal, je devais l’admettre.

Je finis par esquisser un sourire un peu triste, accompagné d’un lent hochement de tête.

▬ J’ai surtout l’impression que tu te fais une drôle d’image de moi


Si je devais résumer : j’étais un homme fort, talentueux, qui n’avait pas besoin d’elle et qu’elle ne pouvait pas contrôler. Bizarrement, ce n’était pas la définition que je donnerais de moi. Bourré comme un coin, saoul comme un cochon, titubant et incapable de se rappeler du code de la salle commune, je me sentais plus pathétique que fort. Quant au talent… notre dernier duel avait bien du la convaincre que je n’en possédais pas tant que ça, dumoins pas en sa présence. Le reste était discutable. Est-ce qu’elle pouvait me contrôler ? Ne me contrôlait-elle pas déjà à sa façon ? J’agissais, bien trop souvent, en fonction d’elle, c’était déjà beaucoup.

▬ Et putain… n’essaie pas de m’faire croire que tu n’agis pas contre moi alors que ça me rend malade ce que tu fais !


Ma voix avait perdu sa colère depuis bien longtemps déjà, je n’avais même plus la force de me mettre en colère. Eugenia et moi, nous ne parlions jamais de nous. Nous parlions de choses sérieuses concernant les autres, concernant nos plans, nos stratégies parfois, mais jamais de nous, de notre relation. Et ça me troublait plus que ça ne devrait, ce qui me laissait d’ailleurs croire que je devais commencer à désaouler. Mais pas assez pour me souvenir du code de la salle commune, naturellement, la fuite n’était pas pour tout de suite.


To be continued ...


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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyJeu 15 Mai - 11:54


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Je veux bien faire la belle mais pas dormir au bois,

Je veux bien être reine mais pas l'ombre du roi






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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyLun 2 Juin - 19:08


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Je voyais bien que ce que je disais l'énervait et j'en étais particulièrement fier ! Il n'y avait aucune raison qu'elle ait cet effet sur moi et non l'inverse. Il était juste dommage que je ne sache pas quelle partie de mes conneries l'agaçait, sinon j'aurais pu encore plus en jouer pour la faire enrager.

Je me doutais bien que la partie où je fuguais chez Mika ou Rosy ne lui plaisait pas bien, mais franchement, est-ce qu'elle croyait SINCÈREMENT que si elle invitait ses deux tarés d'amis j'allais rester là à supporter l'arrogance de l'un et les grandes leçons de morale de l'autre ? Non merci ! Encore, si elle avait invité Vincent... Elle ne savait probablement pas que j'étais moi aussi ami avec Monsieur 30 Millions d'amis Magiques et je ne comptais d'ailleurs pas le lui dire, mais au moins j'aurais bien ri.

Et puis du rire, je passai rapidement à un air plus sinistre. Avec l'alcool qui courait dans les veines j'avais perdu l'espoir de maintenir un masque d'indifférence, laissant la moindre émotion tordre mes traits. Ce qui me rassurait un peu, c'était que de toute évidence Eugenia était atteinte du même mal que moi.

J'étais à des années lumière de m'imaginer ce que ma cousine me réservait comme sort dans ses plans futurs. Sur ce point là, nous étions très différents, et mes désirs d'avenir étaient bien moins écrasants et dominateurs que les siens. J'étais ambitieux, certes, mais l'ambition n'était pas nécessairement synonyme de règne absolu selon moi. Ironiquement, j'avais toujours plus eu un profil plus protecteur que destructeur contrairement à ce que beaucoup de gens pensaient. Il l'était par exemple bien plus cher de protéger Mafalda que d'avoir l'ascendant sur Eugenia, si je devais choisir.

Et alors que j'exprimais tranquillement mon mécontentement sur ma situation actuelle, la voilà qui éclatait de rire, me jetant son mépris infini à la figure. Je ne pus d'ailleurs retenir un roulement de yeux agacés. À croire que c'était plus fort qu'elle.
Et ce fut à ce moment que le flot de paroles commença, inévitable et inarrêtable. J'avais des choses à lui dire, à lui répondre, tellement de choses, mais j'avais l'impression de vouloir arrêter un torrent avec une malheureuse brindille. J'attendais une brèche, une pause, et lorsqu'elle arriva, je la saisis avant qu'elle ne recommence.

▬  Et tu te crois plus forte à ne pas te plaindre et tout garder pour toi ? Pauvre cloche ! C'est pas comme si je ne savais pas déjà tout, c'est pas comme si j'ignorais ce que tu penses, et c'est certainement pas en fermant ta gueule que ça disparaîtra !


Est-ce que je venais vraiment de dire "pauvre cloche"? Je me découvrais un tout nouveau vocabulaire avec l'aide de l'alcool. Je m'en réjouirais nettement plus si je n'étais pas concentré sur mes tempes qui pulsaient furieusement au rythme de mes battements de cœur devenus fous.
A peine avais-je terminé que c’était reparti. Visiblement, j’avais réussi à vraiment la remonter, elle était pire qu’une cocotte minute en train de siffler. Et elle devenait toute rouge, comme si elle était sur le point d’exploser –à moins qu’elle ne SOIT en train d’exploser ? Les mots se perdaient tant ils affluaient, et je ne pus que bondir sur son prochain silence pour en caser une.

▬  Sinon quoi ?


Repris-je, un air de défi sur le visage, comme si je la mettais à l’épreuve de me menacer de quoique ce soir.

▬  Sinon t'as peur que je foute tout en l'air et que tu doives faire tes adieux au pouvoir ?


Enchaînai-je, un sourire mauvais sur les lèvres, me complaisant subitement à la réduire à un être avide de pouvoir et de contrôle. J’ignorais si c’était tout à fait vrai ou carrément faux, et j’étais de toute façon trop saoul pour faire des accusations pertinentes, il était plus simple de céder à la facilité.

▬  À moins que ça t'emmerde juste de ne plus avoir de bonne excuse pour être avec moi ? C'est sur qu'après ça ferait tâche de m'inviter à ton barbec avec tes deux prétendants


J’avais balancé ça avec l’arrogance qui me caractérisait bien souvent, avec une assurance certaine, comme si je croyais mordicus à chacun de mes mots. J’étais pourtant très loin d’être persuadé de mes dires, mais ça ne m’empêchait pas de me montrer très assertif. Tout était dans le paraître, et l’alcool me donnait des ailes de ce côté-là, je devais bien le dire.

Et voilà qu’Eugenia recommençait à pipléter !
La vache ! Je ne m’étais jamais rendu compte que ma cousine était SI bavarde auparavant ! Ah minute… peut être était-ce parce que nous n’échangions jamais plus que des piques d’ordinaire ? Oui, c’était sans doute ça. Avions nous déjà eu une discussion aussi longue auparavant ? Je n’en étais pas certain. C’aurait été nettement moins difficile à suivre si je n’avais pas autant d’alcool dans le sang… Cela dit sans cet alcool, nous n’en serions probablement pas là non plus. Quoiqu’il en soit, elle commençait à me perdre avec ses complots divers.

Mes yeux fixés sur ses lèvres, j’essayais de bloquer celles-ci par la pensée. Pouvait-on lancer un Petrificus Totalus SEULEMENT sur des lèvres ? Minute… il y avait un sortilège pour ça, pour faire taire les gens. Qu’est-ce que c’était déjà ? Impossible de retrouver son nom… ou même sa formule. Surtout sa formule en fait. Plissant les yeux et fronçant les sourcils, je continuais ma prouesse télépathique avec obstination, mais le résultat n’était pas probant. Pas du tout même.

Alors lorsque, la seconde suivante, je me penchai vers elle avec un mélange de douceur et de maladresse –mais ça c’était la faute du whisky pur feu, bien entendu-, posant mes lèvres sur lesquelles je sentais encore le goût de l’alcool sur celles trop agitées de cette furie qui me saoulait de paroles, cela me parut d’une logique imparable. Et pour cause, la demoiselle s’arrêta de déblatérer !

Je me sentais grisé mais je ne savais pas si c'était parce que j'étais saoul ou la proximité avec Eugenia.. Et honnêtement je n'avais pas envie de lancer le débat, préférant me laisser porter. Le temps de faire ce constat et mes mains s'étaient déjà échappées de leur position sage, le long de mon corps, pour venir se perdre dans les boucles folles de ma cousine. Le contact entre nos lèvres me sembla durer une éternité mais je savais que ça n'avait duré que quelques petites secondes en réalité. Ma promise ne s'était toujours pas dérobée à mon baiser, ce que je trouvais étonnant, mais je devais encore bénéficier de l'effet de surprise. Je n'allais pas en bénéficier longtemps ceci dit...  À contre cœur, je finis par briser le contact, me reculant suffisamment pour la voir.

Sentant qu'un genre de malaise s'était installé dans l'air, j'esquissai un sourire presque insolent :

▬  Tu ne t'arrêtais plus de parler


Ainsi justifiai-je ce que je venais de faire. J'ignorai si j'étais convaincant ou si j'avais essentiellement l'air d'un imbécile en train de se débattre avec sa timidité mais enfin... Ce qui était fait était fait. Et mon petit sourire satisfait sur mon visage laissait entendre que j’étais particulièrement fier de ma technique.


To be continued ...


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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyMar 17 Juin - 13:38


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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyMer 9 Juil - 20:57


Let it go, can't hold it back anymore
★ Eugenia & Haimon




Morne … morne ! C’était vite dit ! Je n’avais pas franchement l’impression de m’ennuyer dans la vie… Et si Eugenia y était probablement pour beaucoup, elle n’était pas la seule à me tourmenter. Entre Serena, Eren, Nora, Nemesis, Rosie, Anarchy et Rubens, les gens en liste pour bousculer ma tranquillité étaient aussi nombreux que motivés. Cela dit, je n’avais pas tellement envie d’argumenter, de peur de me ridiculiser en laissant ma langue fourcher … ça arrivait un peu trop souvent à mon goût quand l’alcool faisait des siennes.

A la place, j’optai pour l’option « embrasser la belle ». Je m’étais attendu à recevoir la claque de ma vie, un sortilège, ou juste à me faire repousser, et je dus admettre être particulièrement surpris qu’elle me laisse l’approcher. Sans doute l’alcool avait-il endormi sa vigilance. Quoiqu’en soit la raison, j’en profitai. J’aurais pu me soustraire à cet enchantement étrange au bout de quelques secondes, le but, celui de la faire taire, était déjà atteint.

Mais non. J’étais bien, tout contre elle, la chaleur irradiant de son corps venant caresser le mien, à moins que ce ne soit que moi qui commençai à avoir chaud. Ses lèvres étaient douces, parfumées aux divers alcools qu’elle avait pu ingurgiter, mais peut être était-ce les miennes ? Mes mains dépassaient déjà mes pensées, et je ne saurais dire si j’étais plus étonné par mon côté aventureux ou de ne toujours pas m’être fait rejeter. Alors lorsque ses mains s’agrippèrent à mon t-shirt, je faillis véritablement perdre pied dans la réalité, la plaquer contre le mur le plus proche –il n’était pas bien loin, juste derrière moi pour être précis- et partir un peu plus à l’exploration de son corps. Tout était dans le « faillis ». Difficile de dire si c’était un éclair de raison ou si j’étais juste trop ivre pour mettre mes pensées à exécution, quoiqu’il en soit, je mis un terme au baiser.

Embarrassé, ne sachant plus où me mettre ni quoi faire de mon corps qui me semblait soudainement étranger, je décidai de donner le change en justifiant mon geste parce ce qui était à la fois la vérité toute crue –après tout, j’avais bel et bien initié ce baiser pour la stopper dans sa courante verbale- et un mensonge éhonté. Car ce qui avait commencé dans une perspective pratique avait bien failli déraper en étreinte passionnelle. Ce n’était pas comme si mon attirance pour Eugenia était nouvelle, loin de là. Derrière nos disputes et notre défiance, je n’avais pas manqué de noter à quel point elle était devenue une femme forte particulièrement séduisante. Et au-delà de l’attirance physique, j’aurais été un parfait hypocrite de nier que j’avais des sentiments pour elle. Et pas franchement des sentiments familiaux…

Oh bon sang ! Fallait-il que je sois bien saoul pour admettre cela, ne serait-ce qu’à moi-même. A combien de personne avais-je réellement parlé de ma relation avec Eugenia ? Ca ne se comptait pas sur les doigts d’une main… à moins qu’on vous ait coupé tous les doigts puisque le chiffre s’élevait à un joli et rond zéro. Personne. Personne ne savait. Même Bella. Même Loki. Ce n’était pas que je ne me fiais pas à eux, j’avais en eux une confiance aveugle. Mais comment avouer à autrui ce qu’on n’arrive pas à s’avouer soi-même ?
Pour sûr, j’aurais préféré la détester ou bien n’en avoir rien à faire d’elle, mais la réalité était toute autre, et je devais composer avec. Je m’en serais bien volontiers passé, moi qui vivais en ce moment même une histoire passionnelle et secrète avec Ebony, me retrouvant tiraillé entre mes sentiments pour ma cousine, et ma relation épanouissante avec la Gryffondor pour qui j’éprouvais une tendresse certaine. De quoi devenir fou. Heureusement que l’alcool était là.

La voix d’Eugenia me ramena dans une réalité moins plaisante que celle dans laquelle je me noyais quelques minutes auparavant. C’était terrible, d’être lucide. Si on devait aller se coucher ? Oh oui, probablement, ça serait mieux pour tous. J’hochai péniblement la tête, incapable de formuler une réponse digne de ce nom. Son commentaire me fit lever le sourcil. Euh… Sympa de discuter avec moi ? Ah bon ? Je secouai la tête, incapable de raisonner. Avions nous véritablement discuté ? Plus que d’habitude pour sûr. Entendait-elle par là qu’elle voulait qu’on communique plus ? Au delà des échanges de moqueries habituels, au-delà des affrontements verbaux ou visuels ? Etions nous seulement capable de parler sans avoir un coup dans le nez ?
Trop de questions, si peu de réponses.


▬ Bonne nuit


Répétai-je, comme hanté, la voix lointaine.

Qu’importe le fond, l’essentiel, sur le moment, c’était qu’avec le rosissement de ses joues, elle était anormalement mignonne. Mignonne ? Quel drot de mot. Eugenia Bogart n’était pas mignonne. Elle était superbe. Par bien des manières.
Combien temps s’était passé ? Je n’en avais aucune idée, mais elle était toujours là. Et elle me souhaitait Bonne Nuit.  Si elle pensait que j’allais rester là, perdu et éperdu, recroquevillé sur moi-même, elle se mettait le doigt dans l’œil.

Profitant de son éclat de conscience, je me faufilai moi aussi dans la salle commune, mais je n’avais pas la moindre envie de regagner mon lit. Son pas était lent, probablement ralenti par le whisky. Le mien était incertain, guère mieux. Nous aurions pu nous quitter là, sur un silence précédé par un bonne nuit. Nous aurions pu ne rien ajouter, oublier que nous étions tous les deux ivres. L’alcool amplifiait-il l’existant ou bien construisait-il sur du néant ? Toute la nuance de cette soirée résidait dans cette question. L’alcool nous rapprochait-il trompeusement, ou ne soulignait-il que ce que nous renions obstinément ?

J’aurais pu la laisser filer, c’eut été la solution de facilité, mon option de prédilection dès qu’il s’agissait d’Eugenia. A la place, mes doigts tremblants mais néanmoins fermes se s’enroulèrent autour de son bras, l’empêchant d’aller plus loin, de s’échapper dans le dortoir des filles, loin de mon emprise.

▬ Tu peux m’attaquer, me piéger, et même me blesser


C’était dit avec passion, avec une franchise inhabituelle pour, quelqu’un comme moi, qui étais toujours dans la maîtrise de ce qu’il dit et ce qu’il fait. Mes barrières étaient tombées. Je ne savais pas si mon regard était fou, intense, ou juste parfaitement noyé dans l’alcool. Sans doute un astucieux  mélange des deux qui devait me donner un air particulièrement illuminé. Je m’en fichais. Il pourrait y avoir un témoin, deux témoins, une foule de paires d’yeux indiscrets braqués sur nous, que je ne me retiendrais pas.

▬ Mais si tu me trahis, je t’arracherai le cœur


Ma main se desserrai un peu, et ce ne fut qu’à cet instant que je réalisai que j’avais du presser assez fort, peut être même enfoncé mes ongles, pourtant juste naissant, dans sa peau de porcelaine. Je ne maîtrisais pas tout à fait mes gestes, j’en avais conscience. J’espérais ne pas l’avoir effrayé, mais avoir marqué mon message malgré tout. Mon visage était sérieux, pas de sourire en coin moqueur, comme à mon habitude. J’avais avant tout l’air déterminé, transporté. Je voulais qu’elle sache l’effet qu’elle avait sur moi. Je voulais qu’elle sache qu’à force de me pousser à bout, j’allais dépasser les bornes. Et si arracher son cœur était la dernière chose que je ferais, ça m’allait. Naturellement, avec un petit coup de sobriété dans les gencives, mon discours risquait d’évoluer un peu. Mais aujourd’hui, à ce moment précis, son visage de poupée de porcelaine criminelle sous mes yeux, rien ne me paraissait plus important que de la posséder.


To be continued ...


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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyDim 27 Juil - 21:38


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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyVen 1 Aoû - 16:19


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Elle s'empara de mon t-shirt et à ce moment là je n’avais qu’une envie : qu’elle en profite pour me voler un nouveau baiser. Pas de chance j’eus, à la place, droit à l’énumération de ses desiderata.
Je ne pus retenir un roulement d’yeux. Je lui parlais sentiments, je lui parlais tripes, je lui parlais passion et elle me répondait... Business, stratégie. C'était tellement Eugeniesque de faire cela. En temps normal, j'aurai glissé sur ce sujet de prédilection chez les Bogarts avec sérieux et dévotion. Mais là... J'étais encore suffisamment imprégné d'alcool pour laisser parler mon impulsivité et mon côté passionnel.

▬  Le nom. Le nom... Le nom ! Et le pouvoir ! Tu n'as que ça a la bouche ma parole


Rien de neuf sous le soleil en vérité. Ce qui était neuf, c'était Haimon Bogart remettant en cause le fondement même de ce qu'il était devenu. Ah que c'était ironique ! Avec un peu de recul je me serais moqué de moi-même, mais j’étais pour le moment trop occupé à me laisser emporter par la marée d’alcool.

▬  Et qu'est-ce que tu feras quand tu auras un joli nom, bien poli, bien brillant, du pouvoir à n'en plus savoir qu'en faire, et que tu ne seras pas plus heureuse, peut être même moins ?


Malgré la portée de mes mots, ma voix était calme, posée, comme si j’étais en parfaite maîtrise de moi-même ce qui clairement n’était pas le cas.
Avec l'alcool je devenais philosophe. Mais ces pensées amères ne sortaient pas de nul part, elles résultaient d'une longue remise en question. Des questions qui m'assaillaient un peu trop souvent dernièrement : et si on faisait fausse route ? Et si on s'était trompés des le départ ? Et si on finissait comme nos parents, nos oncles, nos tantes : malheureux et aigris ?

Elle rendit sa liberté à mon t-shirt et je me surpris à regretter qu’elle ne continue pas à s’accrocher à moi, dissimulant ma déception d’un air effronté que je maîtrisais à merveille.
J'esquissai un sourire indéchiffrable en réponse à sa menace. Oh, je la prenais parfaitement au sérieux. Eugenia Bogart était parfaitement capable de me rendre la vie misérable. Elle le faisait déjà parfois sans même que je l'ai trahie... Mais il n'était pas impossible qu'elle même se soit sentir trahie. La communication était si compliquée entre nous que nous devions sans cesse nous reposer sur des suppositions. C'était fatiguant et voué à l'échec, mais encore une fois, c'était tout ce que nous connaissions.

▬  J’y compte bien


Répondis-je, provocateur, comme souvent. Si je me laissais impressionner par la moindre de ses intimidations, j’aurais fini comme un petit enfant apeuré.

▬  Depuis quand est-ce qu'Eugenia Bogart a besoin d’autorisation ?


Répliquai-je du tac au tac, plus amusé qu’autre chose qu’elle ne se moque de moi. J’en avais l’habitude, et plus l’alcool s’évaporait, plus nos échanges se rapprochaient de ce qu’ils étaient d’habitude : une joute verbale, et c’était à qui écraserait le plus avec notre meilleure arme : nos mots. On sentait cependant que l’ivresse était encore dans l’air, nous rendant plus vulnérables, plus sensibles, plus fous et plus ardents.

La Eugenia qui tortillait ses cheveux dorés, soufflant plus que ne parlant, me fixant plus que ne me dévisageant, dégageait une fragilité certaine lui donnant un charme inédit. Mais lorsqu’elle m’assura qu’elle ne pouvait pas me trahir, je ne pus retenir un léger froncement de sourcils.

▬  Vraiment ?


Demandai-je, une touche de suspicion dans la voix, alors que je la dévisageais avec un sourire à peine perceptible. Le doute était constatable dans mon attitude, comme si je remettais sa parole en question –ce que je faisais, d’ailleurs.

▬  Même lorsque tes intérêts et ton ambition seront mieux servis par un autre ?


Car ne nous voilons pas la face : Eugenia était une jeune femme ambitieuse et avide de pouvoir. C'était ce qui plaisait d'ailleurs à beaucoup de ses prétendants. Personnellement, j'aimais sa force de caractère et admirais son ambition, le "côté "j'écrase tout le monde pour arriver à mes fins" me plaisaient nettement moins. Certains diraient sans doute que je n'étais guère mieux, mais ce n'était pas tout à fait vrai. J'étais têtu et déterminé, pour sur, mais incapable de faire totalement fi du sort des autres. C'était, je le savais, ce qui me perdrait probablement un jour. Et potentiellement face à Eugenia ou Eren... Ou les deux réunis, puisque tel était le désir de mon cher cousin.

Je savais qu'Eugenia ne faisait jamais rien sans rien. Elle ne traçait pas sa route alors qu'elle était déjà dessus : elle la traçait en avance sur une carte détaillée, et une fois sur la route elle suivait le plan qui, elle le savait, la mènerait exactement où elle le voulait. Dès lors où je perdrai mon capital "ascension vers le sommet", elle me tournerait probablement le dos. Et je savais que ça arriverait, car les hommes-pions comme moi finissent nécessairement par atteindre leur apogée et chuter. La question était en fait : préférais-je chuter maintenant, ou dans 20 ans, au sommet de ma gloire ?

Je n'avais pas encore répondu à cette question. Elle me hantait quasi en permanence depuis des mois déjà, et tous mes problèmes semblaient y revenir. Quel homme veux-tu devenir Haimon Bogart ? Et es-tu prêt à perdre Eugenia ?


To be continued ...


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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] EmptyJeu 28 Aoû - 23:47


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MessageSujet: Re: Let it go, can't hold it back anymore [Eug']   Let it go, can't hold it back anymore [Eug'] Empty

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