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 Anyday you are near me is a day for which I care [Alyly + qui veut ♥]

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MessageSujet: Anyday you are near me is a day for which I care [Alyly + qui veut ♥]   Mar 23 Déc - 19:05



Ready or not
You're all that I've got
You're all that I want to be
Free.


J'avais regardé les symptômes liés au manque chez les drogués. Nausées, insomnie, agitation, anxiété importante, tremblements, irritabilité, angoisse très marquée, nervosité. Super. J'étais donc un drogué en manque. Et ma drogue s'appelait Aly.

Il fallait dire que depuis qu'elle avait débarqué dans ma vie comme une petite tempête -même si techniquement je m'étais un peu imposé dans la sienne ce soir là- elle y avait pris une place considérable en très peu de temps. Je ne l'avais pas vu venir, personne n'aurait pu le voir venir, et pourtant, dès les premiers instants, je m'étais senti bien avec elle, comme si j'avais trouvé un bout de moi pour me compléter. Pas de sentiment ambigu, juste un sentiment fort d'appartenance. Ça avait commencé légèrement entre nous : des paris, des jeux, des déguisements, des rires à nous en saouler. Et puis, sans même que je ne m'en rende compte, elle était devenue ma peluche, mon quotidien, mon éclat de rire le matin et de rêve le soir. Moi l'homme si prudent avec ses sentiments, je lui avais ouvert mon coeur avec presque plus de sincérité qu'avec n'importe qui d'autre. Et je commençais à me demander si c'était une si bonne idée.

Mes yeux perdus dans le vide balayèrent une nouvelle fois le rayon des peluches. On ne m'avait pas laissé la voir jusque là, alors j'avais demandé à l'hôpital si je pouvais envoyer un cadeau. Un ourson en peluche aussi blanc que neige et un petit carton sans fioritures où je m'étais contenté de marquer "j'arrive". Je n'avais pas la moindre envie de m'étaler en mots vides de sens sur un bout de papier, je voulais lui parler. Et cette fois-ci, c'était la bonne. On nous autorisait les visites.

Je repartis de la boutique avec un sachet contenant 3 peluches. Je n'avais  pas réussi à me décider entre le bébé tigre, l'ourson avec un chapeau de cowboy et le singe déguisé en chevalier. J'étais dans un état léthargique qui ne me laissait pas le loisir de réfléchir, de décider. J'avais passé les derniers jours à me ronger les sangs. "Problèmes de santé", voilà ce qu'on nous servait à nous, étudiants grignotés par l'inquiétude. Mon esprit avait gambergé, longtemps. Quels problèmes ? Comment avais-je pu ne pas le voir ? Pourquoi ne m'avait-elle rien dit ? La colère se mêlait à l'incompréhension et l'inquiétude. J'avais bu ces derniers jours plus que durant le reste du mois. Silver m'avait accompagné, et je la bénissais de ne pas avoir disparu elle aussi. Othello et mon cousin avaient fait les frais de mon irritabilité et avaient subi mes sautes d'humeur. J'avais besoin de la voir.

A l'hôpital, je n'étais pas très loquace. Les infirmières me guidèrent jusqu'à sa chambre, rembarrèrent mes questions sur la nature de problème de santé en invoquant le secret médical, me précisèrent qu'elle dormait beaucoup -les perfusions ne devaient pas y être pour rien- et qu'il ne fallait pas la réveiller si elle était assoupie à mon arrivée. Et elle l'était. L'infirmière me demanda si je voulais repasser plus tard où attendre dans la salle de pause où il y avait de quoi se sustenter et un peu de lecture. Je refusai poliment, préférant attendre ici, et elle finit par me laisser seul dans la chambre, mais pas pour aller bien loin. Elle me surveillait, mais je ne comprenais pas exactement pourquoi.

Ce ne fut qu'à ce moment que je m'autorisai à poser mes yeux sur elle. Je sentis mon coeur se serrer alors que je découvrais son teint cadavérique. Si blanche qu'elle en devenait translucide. Poupée de porcelaine dont on aurait oublié de peindre les joues en rose. Bon sang Aly...  Qu'est-ce qui t'arrive ? Je la scrutai un instant, cherchant un signe, une explication, quelque chose qui m'indiquerait le mal qui te ronge. Il n'y avait rien d'autre d'apparent à part cette pâleur terrifiante. Tu ressembles à ces naufragés du Titanic dont les couleurs s'évanouissent alors que l'océan glacé engloutit leur vitalité. Les yeux fermés tu as l'air morte. La vue est insoutenable et pourtant mes yeux ne te quittent plus maintenant qu'ils ont pu se poser sur toi. Ils ne le font que le temps de me rendre dans un coin de la pièce pour attraper. Mon regard tomba au passage sur un petit carton plié et laissé sur le rebord de la fenêtre. Le papier granulé n'a pas d'image, juste une phrase à laquelle je ne comprends pas grand chose.

T'as complètement craqué, Black Mamba. Tu pourrais me prévenir.
Jessie James


Je ne cherchai pas plus loin à trouver une signification à ce mot, me contentant de le rapatrier avec les autres sur la table de nuit où elle pourra les lire à son réveil, ramenant la chaise en même temps pour la disposer près de ton lit. Je m'y installai, posant le sachet rempli de peluches sur la table de nuit où trônait déjà l'ourson blanc. J'observai tes mains, aussi blanches que le reste, mourrant d'envie de les serrer dans les miennes. J'hésitais. Je ne voulais pas te réveiller. Je ne devais pas. Ma main tremblait un peu alors que les doigts se faufilaient dans les tiens. Contrairement à ce que leur blancheur laissait croire, ils n'étaient pas froids, et même considérablement plus chauds que les miens. Le contact ne sembla pas te tirer de ton sommeil, et je laissai ma main là, blottie dans la tienne. Tu avais l'air si paisible dans ton sommeil que j'espérais presque que tu ne te réveilles pas tout de suite, même si une partie de moi avait besoin de te parler. Nos mains toujours liées, je finis par poser mon bras sur ton matelas et ma joue sur mon bras. Les nuits d'insomnie commençaient à avoir raison de moi, mais je luttais pour ne pas m'endormir moi aussi, au cas où tu te réveillerais.
L'avantage, c'était que mon cerveau était dans un tel état de fatigue que je ne pouvais pas trop le torturer à essayer de conjecturer la raison de ton séjour ici. C'était le bon moment pour etre bête et discipliné. La colère d'avoir été laissé dans le flou s'était évaporée des que les yeux avaient caressé ton visage de cadavre exquis.

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Dernière édition par Jacob A. Jugson le Mer 24 Déc - 12:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Anyday you are near me is a day for which I care [Alyly + qui veut ♥]   Mer 24 Déc - 2:53

Silou & Son Panda
J'ai peur. Que tu partes. Que tu disparaisses. Que tu me laisses. C'est comme perdre une part de moi. Voir disparaître tour à tour les personnes les plus importantes de ma vie.. Pourquoi t'as fais ça ? Pourquoi t'as été si faible ? T'avais pas le droit...




Le noir total. C'est à peu près ma réaction après l'annonce, et malgré ce bruit de couloir qui s'était amplifié au fil des heures, qui avait grossis comme mon horreur et ma peine. Je ne voulais pas y croire, c'était trop horrible, trop absurde. Un mensonge voilà ce que c'était. Et pourtant Audric ne me ferait jamais une blague pareille n'est-ce pas ? Il n'inventerait pas de telle sornette, me tirant d'un sommeil réparateur alors que je dormais près de lui... Non il a dit vrai. Malgré le fait que je me suis éveillé bien trop vite, la réalité me giflant bien trop sèchement aux premières lueurs de l'aurore. Il a n'a pas mentis. Je l'insultais de menteur, mes yeux brouillaient par les larmes le sommaient de me dire la vérité. Mais celle ci, celle que j'aurais aimé entendre, celle d'une autre vision, celle de toi riante, pleine de vie, dansant follement avec moi après quelques verres. Et pourtant c'est tout sauf ça. Tu es froide, glacé, pleine de sang, allongé sur un lit d’hôpital qui ne reflété en rien ta personnalité. Trop froid, trop neutre, si peu joyeux. Et je m'effondre, je tombe dans les bras d'Audric, totalement choqué, totalement secoué. Moi qui m'étais promis de ne plus jamais pleuré face à lui, je n'arrive pas à faire autrement. C'est tellement dur... Et voir Eren livide, semblable à un mort, allongé dans un lit vide près du tiens, couvert de sang, les yeux rougis, ne bougeant pas, fixant seulement le plafond. Cette vision ne fait qu'accentuer ma peine et mon horreur. Je fuis. Je fuis ses bras chaleureux, je cours pied nus, à peine habillé, mes yeux brouillé par ces perles salées dévastatrices. Mes mains frappes rageusement contre les portes de l'infirmerie, je veux te voir, je veux te sentir respirer, entendre ton cœur battre, qu'on m'ouvre putain. Mais tu n'es déjà plus là, déjà si loin.

J'attends, je ne compte plus le temps qui s'écoule, tellement long, bien trop long. J'avais enfin retrouvé le sourire après mon agression, l'envie de rire, de m'amuser, de profiter. Mais cette envie a rapidement disparus quand j'ai sus. Je ne peux pas ! Je ne veux pas ! J'ai juste envie de rester figé avec cet air brisé, ce sourire fané, ses yeux rougis, ces joues pleins de sillons causé par les larmes. Chaque fois je me dis que je n'ai pas le droit de pleurer, que je dois être forte pour toi, tu ne mérites pas que je faiblisse. Et pourtant chaque fois, je me cache, je m’éclipse pour déverser un peu plus mon chagrin. Je sais que tu vis encore, et proutant tu ne te réveilles pas. Pourquoi tu le fais pas Aly ? Fais le putain ! Ouvre les yeux ! Bas toi !! Je t'interdis de mourir... T'as pas le droit, pas toi, pas si tôt, la jeune femme exceptionnelle que tu es ne peux pas... Des images de toi me hantes, des moments que l'on a passé toutes les deux n'ont cesse de revenir. Notre rencontre. Dans cette soirée, après l'un de tes concert, où après la première vodka nous éclations déjà de rire ensemble. Puis notre lien s'est tissé, renforcé, jamais défaits. Bien trop fort, bien trop cher à on cœur. Même lorsque j'ai jugé que tu avais gâché mon anniversaire, je ne t'en ai pas réellement voulus. J'en ai même ris avec toi, autour d'une boite de macaron que moi même a dévoré. Puis notre soirée, notre fête, une nuit de folies s'en fut une... Tant d'instant, que l'on a partagé, où l'on s'est aimé, adoré, sauté dessus et chamaillé comme des sœurs, comme si on se connaissait depuis des siècles. Et maintenant tu es entre la vie et la mort... Par ton propre choix... T'as voulus partir... Tu as voulus rejoindre les anges, qui t'aurais sûrement accueillis à bras ouvert...

Je me sens tellement coupable si tu savais... C'est de ma faute, tout ça est à cause de moi... T'aurais pas tenté de fuir, de disparaître si j'avais été plus présente, si je ne t'avais pas abandonné... Parce que c'est l'impression que j'ai... C'est la sale et nette impression que je me suis faite. Je t'ai laissé. Bien trop obnubilé par ma souffrance personnelle après l'agression, par mon petit ilot de bonheur avec Audric pour penser à toi et à ta peine. Bien sur je suis venu, bien sur j'ai essayé de te parler. Mais j'aurais du faire PLUS ! J'aurais du persévérer ! J'aurais du t'en empêcher ! T'aider à aller mieux ! C'est ce que je tente de faire d'habitude, j'aide, conseille, câline, console, réconforte, aiguille... Je pense à mes proches, avant ma propre personne, à ceux qui compte, avant moi... Et là j'ai pas fais assez, j'ai pas tenté assez pour ma propre meilleure amie. Échec cuisant. Souffrance insupportable, intenable, larmes qui brûlent encore plus ma peau. Ma propre meilleure amie... Mon Aly à moi, ma Hell adoré... J'ai pas réussis.. J'ai échoué... J'ai perdu, je t'ai perdu.. Résultat tu lutte sur un lit d’hôpital.. Horreur, terreur, douleur, malheur.

Mais je t'en veux à toi aussi. Tu es venu me voir à l'infirmerie. Tu m'a vu strié de coups, de blessure. Tu as vu mes proches là, présent, mal pour moi. Alors que j'étais en vie, que j'étais encore là... Tu m'as réconforté, aidé à sourire de nouveau. J'ai serré ta peluche si fort chaque soir, pour ne plus faire de cauchemar, pour ne pas que mes songes prennent la forme de cette femme. Et pourtant tu as décidé de t’ôter la vie, de nous abandonner... Tu l'as fais parce que tu souffrais trop sûrement.. Mais ta souffrance tu nous l'as envoyé dans le ventre de plein fouet.. J'aurais tellement voulus t'aider, te relever... Je veux pas à avoir à vivre sans toi, sans tes rires, tes blagues, les futilités qui nous amusaient tant, nos danses, nos chants, nos soirées... Ça sera trop dur. Avec qui vais-je tirer Jacob dans des bars ? Avec qui vais-je parier sur les choses les plus idiotes qui existent ? Qui va me lancer des défis ridicules espérant que je les réalise ? Quel lit vais-je venir squatter quand je déprime un peu ? Personne. T'es la seule que je veux voir faire ça... T'es la seule avec qui j'ai envie de le partager.

On me refuse l'entrée à ta chambre lors de ton réveil. J'ai beau m'énerver, râler, manquer de me transformer en vélane en furie armée de son bec crochus et sa tête à faire fuir tout l’hôpital rien n'y fais.. La famille en priorité.. Pourtant je vois Eren se glisser dans ta chambre avant tous.. Et ça me met dans une rage pas possible.. « Pourquoi est-ce que ce crétin qui l'a sûrement foutus dans ce putain de lit peut y aller lui ? Il vous a payé c'est ça ? Espèce d'infirmière sous payé ! Un battement de cil et quelque gallions et on vous a !! Elle est belle la relève des infirmières de St Mangouste ! » Et je finis éjecté de l’hôpital assez rapidement. Après cela je ronge mon frein, j'attends, je t’envoie une énorme peluche en forme de panda. Tout un symbole, une petite boutade que je t'ai si souvent sortit, disant que tu y ressemblais avec le maquillage que tu mettais sur cette scène. Et j'ai même fais ajouté des tatouages sur ton pelage noir et blanc. Celui ci accompagné d'une carte. Et de quelques mots. « A ma chanteuse préférée, je t’envoie aujourd'hui la plus belle des mélodie et un panda à ton image, puisse-t-ils égayer ta chambre, ta vie, ton cœur. Je serais bientôt là, toi dans mes bras. Ta Silou qui t'aime. »

Puis je tourne en rond, je m'énerve, m'agace, me calme dans les bras d'Audric, pour qu'enfin je puisse venir. Je cours presque dans les couloirs de l’hôpital, fusillant du regard l'infirmière de la dernière fois. Je cherche ta chambre avant d'enfin la trouver. Je reste un moment figé devant. J'ose à peine entrer. Je ne sais pas si tu es seule.. Si tu veux me voir.. Dans quel état je vais te trouver... Comment tu es.. Je me pose bien trop de question, mais je n'arrive pas à faire sans. Un sac dans la main, contenant deux choses. Une boite de macarons, mon petit délice, que j'ai amené, pour te remonter un peu le moral. Je t'ai si souvent répété qu'une dose de sucre pouvait balayer le moindre des soucis... Et un autre sachet en papier, dégageant celui ci une forte odeur de nourriture, pris dans ton fast food préférée dans le monde moldus... Et oui pour toi je suis capable de me fondre dans ce monde que je hais... Où je ne comprends absolument rien, rien que pour t'emmener cette nourriture dont tu me rabâchais et me parlais tant en revenant de tournée...

Après une grande inspiration je finis par entrer, glissant timidement ma tête dans la chambre. Il n'y a que toi et mon Jake... Mais ma détermination faillit un peu alors que je m'approche, posant mon sac près du tas de présents, gage d'amours, amour des tiens... C'est encore plus dur à voir, qu'à imaginer. Allongée, si pâle, endormis... Comme morte. Nouveau cauchemar qui balaie et secoue mon sommeil. Toi morte ! Toi disparus ! Non non non jamais !! Comme pour m'en assuré mes doigts trouvent les tiens, se glissant contre ceux de Jacob. Trouvant ta peau chaude. Tu es là, bien vivante, parmi nous. Je soupire, essuyant mes jours d'un revers de la main, après l'avoir retiré. J'arrive à peine à parler, les mots se coincent dans ma gorge. Je finis par embrasser la joue de Jacob, pour lui donner le courage qui me quitte, pour qu'il réussisse là où j'échoue.

« Elle est là, elle est encore là, elle nous a pas quitté... »

Je bredouille, je me convaincs, je me rassure, j'oublie cette peine et cette terreur accumulée. Tu es là.


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MessageSujet: Re: Anyday you are near me is a day for which I care [Alyly + qui veut ♥]   Mer 24 Déc - 15:59

Allons Enfants de la Fratrie.

Le jour de Gloire est arrivé.

Le médecin nous a appelés.

Et le voile des "raisons médicales" levé.

Suicide. Hey, toubib. Je préférais ta formule politiquement correcte. Mon visage reste froid, et le miroir affiche le visage tiré par la fatigue et l'effroi, là-bas, à Sword. Mon visage reste mort. Mon visage ne reçoit plus aucune information. Tout ce qui me passe par la tête semble s'évaporer avant de toucher mes nerfs.

Ça parle. Cain s'inquiète. Je le sais, je le sens. Je le vis. Et moi ? Qu'est- ce que je ressens ?

Je dois bien ressentir quelque chose, non ?

Sans doute. C'est juste que j'ai coupé mes nerfs, entre mon cœur et ma tête, entre mes souvenirs et ma raison. Tout ce qui part du plus profond de mon être s'évapore sans trouver de forme, ni d'accroche pour s'exprimer. J'ai les yeux qui dérivent. La bouche fermée. Les bras croisés. Un truc m'embête, pleins de trucs l'embêtent, mais j'ai pas le courage de chercher quoi. Le médecin commence son laïus sur les condoléances alors qu'elle n'est pas encore morte. Le discourt qui vous dit qu'il faudra être courageux. Je sors avant qu'il n'ai fini son deuxième mot, et ma mère m'appelle, dans son miroir, apostrophée par mon attitude.

Moi j'en ai juste marre du retour de l'enfant prodige. Moi je dis juste que je transplanterai le week- End qui suit pour apporter des papiers à Père. Je donne l'air de n'en avoir jamais eu rien à foutre. Et c'est ce qui doit être. J'ai abandonné.



J'ai entendu avec toi, Caïn. Tu m'as confirmé que ce n'était pas un rêve. Père et Mère ont parlé en pensant qu'on était endormi. Sauf qu'à 22 ans, on dort rarement avant deux heures du matin.

J'ai pas tout compris. Mais je sais faire deux et deux font quatre, même avec des inconnus.

Parce contre, ce que je ne sais pas, c'est quoi penser de tout ce bordel dont ils ont fait ma vie.



Alors je suis venu le lundi. Puis le mardi. Sans rien dire, sinon mon nom et mon prénom. Parfois avec Caïn. Seul de temps en temps. Un peu seul tout le temps. Cain se débrouillait à ce rythme. Et moi j'avais pas de rythme. Je n'arrive pas à me concentrer sur mon cours d'étude de la législation Gobeline ; je sèche le cours suivant, et je sors de Poudlard sur un de mes balais. Je m'éloigne assez pour transplanner. Je me retrouve à Ste-Mangouste dans la demi-heure, avec les dossiers de Père. Un bouquin. Une pochette à dessin. Des cours. Des études de cas. N'importe quoi. Je dis mon nom, et on me laisse m'assoir à côté de toi. Je te regarde, plus maigre à chaque jour de sommeil. Je ne te parle pas, je ne te dis rien. Je m'assois. Je griffonne, je travaille. Je dors parfois. Je reste, parfois juste 5 minutes, parfois autant de temps que mon nom me permet de faire valoir ce droit de visite, censé t'encourager. Mais je parle mal aux gens qui me répondent, comment parlerais-je à un amas de chair assoupi ?

Jour après jour, une nouvelle rose bleue. Jour après jour, un nouveau cadeau, un nouveau mot. La table de chevet se rempli, et moi j'ignore tous ces petits objets, ces petites attentions, ces preuves physique de pensées. Je n'ai pas envie de te prouver que j'ai pensé à toi. Je n'ai pas envie de penser à toi. Je n'ai rien à te prouver, ni même rien à te dire. Mais je suis là, encore, assis, à travailler, avec cette odeur de rose blanche toujours plus entêtante. Avec cette couleur bleue qui témoigne d'une obsession au moins égale à la mienne. En partant un jour je l'ai croisé lui aussi. Une rose bleue à la main. J'ai juste baissé la tête pour le saluer, mais je ne lui ai pas parlé.

Je n'avais pas envie de savoir à quel point tu avais décidé de ruiner la vie des êtres qui me sont chers avant de te décider à disparaître. Alors ton homme aux roses bleu, le roitelet Bogart, je m’en contrecarre. Je serais là pour Eugenia quand elle aura besoin de moi. Je prendrais la faute sur moi, parce que tu portes mon nom, quand tu auras enfin clamsé. Je prendrais toutes tes fautes, tout ton égoïsme, et je me prendrais les insultes qu’elle t’adressera à la gueule. Mais je serais là. Là, parce que je dois l’être. Parce que je suis un McMillan, et que je suis une vipère.

Et lundi, mardi, mercredi. Et mercredi, jeudi vendredi. Je suis venu presque tous les jours, en ne rentrant que pour manquer de peu le couvre-feu. Je devrais pas. Audric ne peux plus me couvrir. Mais le Gryffondor a fini par s'y faire, lui aussi.

Un jour, l'hôpital a appelé pour nous signifier qu'elle était en train de se réveiller. Tu vois, Caïn. Ça s'arrange. Elle se réveille. C'est tout comme tu veux, comme je veux vraiment. Mais quand ils nous ont dit qu'on pouvait passer la voir, j'ai passé mon tour. Quand t’as voulu qu’on en parle, je t’ai fait cette grimace pour t’en dissuader, celle qui veut vraiment dire, pour toi et pour toi seul, que j’ai vraiment pas envie d’en parler. Que j’ai même pas envie de t’en parler. J'ai attendu que les jours passent. Et j'ai eu le droit à Silver qui me fait sa petite morale. Que si j'avais été capable d'aller la voir pendant tout ce temps mais que je n'y allais pas maintenant ça ne servait à rien.

Je fais pas ça parce que ça sert à quelque chose. Personne en a besoin, de ces visites. Ni elle. Ni moi.


Je suis venu. On m'a indiqué sa chambre, on m'a prévenu. "Elle dort. Il y a quelqu'un déjà." Il y a Silver, en larme, et un jeune homme qui s'est endormi en tenant ta main. Avec des peluches complètement délirantes. C'est lui, alors, qui t'offre des peluches ? Je ne sais pas pourquoi je prends pitié de lui et de son amour enfantin. Son affection innocente, ses cadeaux qui donnent l'impression que tout ça n'est qu'un jeu. C'est vrai. La vie c'est un jeu. J'ai pitié de toi, Jacob. Cette fille fait de l'anti-jeu.

Et puisqu'ils sont occupés à espérer qu'elle émerge, je me cale en face du lit, sur un canapé noir, aussi éloigné que je peux. Tant mieux que tu dormes. Autrement je serais resté à l’extérieur. Autrement je serais peut-être reparti. Je n'ai pas envie de te parler, ni d'affronter ton regard. Je me pose, prend mes lunettes, et je travaille. Saluant à peine, sans un regard, Silver qui a perdu une sœur à ma place. Ignorant l’ignorant, celui qui a encore une belle image de toi. Je l’envie. Je le plains. Je m’en fous.

Je n'ai pas l'intention d'être riche initiateur de conversation. Je suis juste là, tant qu'elle dort. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne sais pas. Et si je sais, je ne sais pas si ça a un nom assez court pour qu’on ne me sorte pas de la chambre avant. Ce que je sais Silver, et ne me le reproche pas, c’est que je préfère être le plus loin possible de ça. Mais que je suis quand même là, dans cette chambre close.

Parce que depuis le jour de sa tentative de suicide, c’est le seul endroit où je ne ressens pas mon Agoraphobie.

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MessageSujet: Re: Anyday you are near me is a day for which I care [Alyly + qui veut ♥]   Sam 27 Déc - 21:26




     




« L'éveil du Phénix »
Mes piliers, mes faiblesses.
Dans vos bras je trouverais la force pour me relever.  

Elle est là, la Princesse Alyssandra, allongée dans ses draps. Cette peau laiteuse, refaite à la craie qui est bien trop livide aujourd'hui pour présager quelque chose de bon. Mais pourtant ses cheveux d'or encadre le visage fatigué et endormi de la Belle. Elle est là, la Princesse, emmitouflée dans ses draps, immobilisé avec un ourson blanc dans les bras. Presque enfantine, presque belle dans sa faiblesse, comme si elle n'a fait que grandir, revenue quelques années en arrière lorsqu'elle crachait encore de l'eau salée. Elle n'est pas en paix avec elle-même, elle respire encore un peu la mort. Cette tenue trop grande qui lui tombe, ses manches trop longues qu'elle tiendrait presque entre ses doigts. Elle est là, immobile et elle respire lentement, chacun de ses battements de cœur ponctué par un bruit doux et régulier qui affirme qu'elle est bel et bien encore là. Parmi vous. Parmi les vivants. Ceux qu'elle a désirait quitté de son propre chef, mais tous ne sont pas au courant. Pourtant il suffirait de tendre l'oreille et d'écouter les murmures à Poudlard. Ces tableaux qui ont tiré de leur sommeil les McMillan, ces cris, ces insultes qui ont déchiré le silence du château.

Sur la table de chevet il y a quelques cartes dont très peu ont été ouverte. Demeure sur la table de chevet une unique rose bleue, à côté de ce gros panda si doux. La Princesse avait prit un allé simple vers les Enfers. Elle s'y est plongée corps et âme. Elle s'embrase à l'aide de ses songes, elle s'est entaillée de sa force pour rejoindre cet autre monde. Cette conviction qui cramait en elle. L'on pourrait croire à une pièce de théâtre et son final, une pièce dramatique qui ne peut jamais se terminer sur une note joyeuse. Mais le dramaturge en a décidé autrement. Hell n'a pas condamné Alyssandra. Pas encore. L'on en a décidé autrement. Elle n'aura fait que marquer sa chaire de cicatrices bien plus profonde que cette marque sous sa poitrine. Elle a marqué son corps à jamais d'un choix, d'une décision qui lui appartenait mais qu'on lui a dérobé. Elle vivra encore, chaque jour de son existence avec ces nouveaux bracelets qu'elle verra, touchera chaque instant de sa vie.

Observons encore cette poupée. Son corps hydraté, ce sang chaud qui coule dans ses veines, mais qui ne lui appartient pas. Il y a cette cathéter dans sa chair qui la nourris puisqu'elle n'avale rien. L'a-t-on vu marcher ? Non. Jusqu'au jour où elle a tenu ce carton granulé entre ses doigts. Pourtant elle se levait à peine pour faire ses besoins, dépendantes des aides soignantes. Mais pourtant depuis peu elle est redevenue calme. Elle a arrêté de rejeter la vie, peut-être. Pourquoi, on ne sait pas. Peut-être parce qu'elle a réalisé qu'on ne lui laisserait pas le choix. Peut-être qu'elle a réalisé d'autres choses. Mais personne ne sait ce qui se trame dans son crâne. Elle fixait juste l'extérieur. Elle ne veut plus qu'une chose : sortir de cette chambre.


Je bouge à peine. Je resserre mon étreinte sur Monsieur Doudou Tout Blanc et mes doigts sur cette chaleur inconnue contre la mienne. Je les sers ces doigts alors que j'ouvre lentement les yeux. Ces yeux toujours aussi glacé, dont aucune glace ne font. Il n'y a rien, juste le vide, et ces quelques éclats qui n'est pas de l'espoir. C'est quelque chose d'autre. De bien plus brute. Je pourrais lever la main pour caresser tes cheveux, mais c'était comme si je ne voulais pas relâcher cette peluche, et encore moins tes doigts. Tu es là et j'ai la sensation d'avoir trahis notre serment, notre relation. Je n'ai rien dis, ni à toi, ni à personne. Pas même à moi.

J'inspire à peine, fermant les yeux à nouveau. Quelques longues secondes, minutes, heures peut-être. Jusqu'à ce que mon être me tire de cette léthargie bien trop paisible. Droguée, totalement inerte, je tourne à peine la tête. Mon regard se perd un instant sur les lumières de la chambre, peut-être est-ce la lumière au bout de mon tunnel ? Trop tard, j'ai déjà raté la gare. Magnifique lumière qui absorbe toute mon attention avant de grimacer un peu détendant mes doigts autour de l'ours. Mon regard tombe lorsque ma tête roule. Et je te vois toi, au côté de Jake et je ne dis rien, je ne bouge pas. Ai-je pensé à toi lorsque j'ai dessiné sur mes poignets ? Je ne sais plus et je ne préfère pas y penser. Je ne veux pas me ressasser toutes ces raisons qui m'ont traîné à faire une chose pareille. Et puis il y a cette odeur entêtante de mal bouffe dans la chambre qui me donne la nausée, cette chose que j'adorais tant. J'aimerais tellement vomir, vomir à en crever. J'espère parfois être tellement fragile et faible, que l'un de vous me fasse attraper la grippe et que je crève ici.

Ma Princesse à moi, cette sœur que je n'ai jamais eût. Moi qui si vide et inerte lentement mes yeux se mettent à briller. C'est bien trop dur d'affronter ton regard. Ne pouvais-tu pas dormir comme Jake ? J'ai l'impression qu'il me veille, qu'il me guide pour ne pas sombrer encore. Mais toi, je vois ton regard. Cette peur qui brille dans tes yeux, cette colère qui m'est peut-être destinée. Je n'avais pas envie de faire de mal. Ou peut-être que si. Ce choix c'était pour moi, c'était pas pour vous. Parce que je me suis coupé de tout, je me suis coupée moi. Je souffle tout bas : « M'en veux pas… » Parce que je n'ai pas envie que tu me juges. Je n'ai pas envie que tu pleures pour moi. Je ne mérite pas ta faiblesse. Je te préfère lorsque tu souris, vile demoiselle. Ma muse, ma sirène, ma meilleure amie, ma sœur.
Je la lève cette main pour essuyer ces larmes qui ne couleront pas plus, dévoilant ces bandages autour de mes poignets. Propres et immaculés, porteur de bonnes nouvelles. Mais c'est dans ce mouvement là que mon regard s'arrête sur cette forme floue. Cette tête blonde. Cette attitude trop raide. Je n'ai pas besoin de voir clair pour deviner lequel de mes frères est ici. Parce que Caïn ne se tiendrait pas si loin. Caïn sera là à mes côtés, ou ferrait les cents pas dans la chambre, énervé, agacé de ne pouvoir rien faire, rien accélérer. Je te fixe et souffle : « Cela aurait été un beau cadeau de Noël, n'est-ce pas ? … » Si vide, si inerte. Toi que je ne veux plus voir. J'inspire plus profondément encore, et malgré les calmants, malgré les antidépresseurs il y a cette rage qui se soulève. Cette rage qui fait écho à ma force et à ma vie. Je lâche la main de Jake, j'ai envie de tout arracher encore, je m'agite, et je gémis comme un animal en cage qui ne désire que sa liberté. Même pas voix qui gronde, qui hausse est bien plus faible que d'habitude. « Tu m'insultes à être là… Dégage. Dégage… Dégage ! … Toi et tes mensonges… ! » Mais je n'arrive qu'à me faire mal, serrant mes doigts autour d'un de mes poignets, faisant tomber sans le vouloir Monsieur Doudou Tout Blanc. J'inspire encore, et siffle, tellement désireuse de te faire si mal, alors que mon cœur accélère, que je souffle trop fatiguée : « Vas-t-en… Et sois heureux, c'est la dernière fois que tu me vois. » Je ne veux pas revenir à Poudlard, et si je le fais, cela ne sera pas pour toi. Tu as vu mes efforts pour rejoindre la famille ? Oublie ça.

Je tremble. De peur. De fatigue. De rage. Et je tourne la tête. Vers eux. Mes piliers. Mais pas vers toi. C'est Silver que je veux avoir à mes côtés. C'est Jake que je veux avoir à mes côtés. Mais pas toi. Alors vas-t-en. Personne ne te veux ici. Et rien ni personne n'ira contre ma volonté aujourd'hui. Pas même ton amie, pas même mon amie, parce que vous êtes sur mon lit de mort. De presque-mort. Et le cadavre il crache une rage que tu viens de faire renaître. Soit satisfait, tu assistes à la renaissance d'un phénix. Mais ce ne sont ni de tes mots, ni de ta présence que je puise ma puissance.


     
WILD BIRD
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MessageSujet: http://www.trackmusik.fr/media/s/shaka-ponk/the-black-pixel-ape/lucky-boy-shaka-ponk   Sam 27 Déc - 22:45

J’entends ta voix faiblarde qui s’adresse dans un murmure à Silver. J’ai le cœur qui bat, mais mon visage reste le même. J’essaye de nier, parcqu’avec un peu de chance, je serais alors invisible. Mon cœur bat vite, et il me faut un moment, avant de comprendre que c’est parce que je suis soulagé. C’est bien ta voix. Tu es bien vivante. Et dans peu de temps, tu sortiras de cette pièce, et tu pourras avancer. Parce que tu n’es pas seule. Silver est là. Jake et là. Eren est là. Caïn sera là.

Tu es réveillée. Tu peux parler. Tu pourras même chanter, si le cœur t’en dit.

Tu pourras te taire, si tu en a envie.

Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, apparemment. Je n’ai pas besoin de relever la tête pour savoir que c’est à moi que tu adresses ces mots cynique. Mais je relève quand même la tête, retire mes lunettes. Ton visage est aussi affreux qu’il y a quelques jours. Tu n’as pas repris énormément de poids. Et pourtant, tu as meilleure mine qu’au pire de ta maigreur. Est-ce que j’imagine ? Ou est-ce que le fait de te voir bouger te retire tes airs de poupées ? Dans tes yeux, je vois ce que j’ai toujours vu. De la haine. De la Rage. Et j’ose espérer que c’est de la rage de vivre.

Je reste immobile en te regardant te débattre. Je ne me donne pas le droit d’essayer de faire autre chose dans ta vie à présent. Je t’ai toujours écouté gémir, regarder souffrir et t’emmêler dans les fils qui te maintenaient en vie. Une part de moi veut juste se lever et se jeter dans tes bras. Je te regarde avec une terrible indifférence. Qui m’effraie et me rassure. C’est terminé. L’insulte que je te fais, l’accusation que tu me fais, les supposés mensonges, ça me passe au-dessus. Ta colère m’indiffère. Ton agitation. Ta Haine affichée pour moi, devant Silver, que je n’ai pas besoin de regarder pour qu’elle comprenne en regardant cette scène.

Tu ne m’as jamais aimé. Ce n’est pas moi que tu as aimé. C’est cette copie espérée de Caleb, le modèle illusoire du frère que je ne pourrais jamais être pour toi. Tu hais mon vrai visage, tu hais ma dignité. Tu me hais, un point c’est tout, et je le savais depuis le début. Je ne peux pas te harceler de mon amour inconditionnel. Pas essayer de te persuader que je t’aime. Et même si un jour tu pouvais voir tout ce que je ressens, le ressentir, tu ne feras que te moquer de mes sentiments. Elle a cru à ton manque. À ta solitude. À ton désir de nous retrouver. Tu y as cru aussi. Et j’avais raison de ne pas y croire.

Et tu sais quoi, Aly ? Je m’en fous. Je m’en fous totalement. Parce que je t’aime, et que c’est très bien comme ça. Alors oui, je dégage. Je dégage de ta vie, avec le plus gros mensonge que j’ai jamais porté à mes lèvres. Celui de ne t’avoir jamais aimé. Celui de toujours avoir voulu te pousser dehors. Celui de n’avoir rien ressenti.

Mon plus gros mensonge, c’est ce visage-là, que tu vois, et qui est ma seule barrière, avant que je ne devienne totalement borderline, et que je finisse par étouffer nos deux vies qui ont à peines commencées. Et ce mensonge, il ne prendra jamais fin, je te le promets. Parce que je t’aime, à l’infinie. Et qu’il n’y a rien de plus. Que c’est très bien comme ça.


« Pour qui ? »

Je ne réponds pas à ta rage. J’en suis incapable. Il n’y a plus rien en moi. Plus rien que ce bloc noir et figé, à l’intérieur du corps. La tempête s’est arrêtée, en un coup de poing de la part de Caïn, et elle ne repartira sans doute jamais. J’ai asséché tout en moi, et il n’y a plus de glace pour cesser d’avancer, plus d’eau pour se noyer. Je crois que j’ai épuisé tous mes visages en l’espace de quatre mois. Il ne reste que celui-là, et il est inépuisable.

« Qui aurait trouvé ce cadeau ‘beau’ ? »

Je te regarde bien en face. Je ne m’attends guerre à ce que tu me répondes. Parce que tu dois le voir. Peux-tu le voir ? Je n’ai pas apprécié ton cadeau. Ni l'odeur du sang, ni ta couleur de cadavre. Encore moins l'idée de perde tout ce qui a jamais compté. Et j’ai très peu d’humour. En soutenant ton regard, sans un sourire ni une larme, je me prouve à moi-même que rien n’a d’importance. Je ferme les yeux. Je range mes affaires, me lève. Je reboutonne mon manteau, adressant un bref salut à Silver, et je fais trois pas vers la porte.

« Caïn passera te voir. »

Je m’en vais, tu vois ? Je m’en vais de cette pièce, mais aussi de ta vie. Si c’est ce que tu veux, Aly, ça me suffit. Je quitterais les locaux de Poudlard, et je commencerai ma vie sans toi. Si c’est la dernière fois…

Je m’arrête un instant. Il faudra me tenir très occuper pour ne pas revenir. Tu es à peine deux mètres, mais ton visage me manque déjà. Je me retourne, toujours mon masque mensonge sur le visage. C’est con de te trouver belle, même au pire de ta santé physique. Mais tu l’es, Aly. Tu n’y peux probablement rien. Je grave ton visage, en me demandant si je vais réussir à t’obéir. Ne plus te voir. Ne plus venir, te faire confiance pour ne pas te laisser pourrir ici. Non, j’aimerais revenir. J’aimerais revenir tellement encore, juste quand tu dors, juste pour savoir si tu manges bien. Si tu as toujours la rage. Si tu es prête à te battre. C’est dur de te faire confiance, Aly, c’est tellement dur.

Mais je vais essayer. Je m’en vais. Je dégage. Et toi, tu meures après moi, d’accord ?

Même si je ne vois plus jamais ton visage…

Silver est la seule qui peut voir mon poing serrer mon cartable en le brûlant légèrement. Parce que l’autre abrutit dort encore à moitié et te fat face, et te cache ma main, là où je suis. J’aurais aimé te sourire, et te dire Adieu. Mais je sais que si j’essaye, je vais juste fondre en larme. Alors je grave juste ton visage au fond de mes yeux, et je t’embrasse en pensé.

Adieu, alors. Parce que je ne compte pas me battre contre ce dont tu as besoin pour être heureuse.

Adieu alors. Parce que je veux te faire confiance et croire en toi.

Adieu, ma toute petite sœur qui fait tomber ses peluches. Je ne toucherai plus jamais à ta vie.

Adieu.

Je ferme les yeux et me retourne. J’ouvre calmement la porte, et referme derrière moi avec une douceur sinistre.

J’avance dans les couloirs, jusqu’à la porte de l’hôpital. Un passant fume, je lui demande poliment une cigarette. Il m’en sort une, et cherche son briquet. D’un geste, je lui fais signe que ce n’est pas la peine. Je le remercie. Il s’éloigne. Je regarde vers le ciel. Du bout du doigt, je l’allume et m’assoit sur les marches, en la posant à côté de moi à la verticale.

Je prie pour toi, et j’accepte qu’il n’y ait que Caleb pour veiller sur toi.

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MessageSujet: Re: Anyday you are near me is a day for which I care [Alyly + qui veut ♥]   Dim 28 Déc - 20:18

Silou & Son Panda
J'ai peur. Que tu partes. Que tu disparaisses. Que tu me laisses. C'est comme perdre une part de moi. Voir disparaître tour à tour les personnes les plus importantes de ma vie.. Pourquoi t'as fais ça ? Pourquoi t'as été si faible ? T'avais pas le droit...




Le temps s'écoule à une lenteur affolante, les secondes me paraissent être des heures. Mais je ne flanche pas, je reste là, nos trois mains liées comme le plus beau des serments. Je veille sur ces deux âmes endormis comme un ange gardien. Seules les quelques perles salées qui roulent sur mes joues brisant cette impression de statue que je donne en étant si figé. Le silence règne en maître dans la pièce, je me fais violence pour ne pas repenser aux moment passé avec toi. Parce que justement c'est à ceux qui sont à venir que je dois penser, je dois commencer à les former dans mon esprit. Tu n'es pas morte, tu es là bien vivant, tu appartiens autant au présent qu'au futur, tu ne vas pas me lâcher de sitôt. Tu seras là pour m'aider à choisir la plus belle des robes pour ce fameux bal, et puis je te verrais à Noël pour t'offrir mes cadeaux de cette année, ou encore au nouvel an quand tu seras à nos côtés pour entamer comme il se doit cette nouvelle année qui t'ouvrira ses portes. Je n'ai plus la force de t'en vouloir, ou de m'en vouloir à moi même, à tes côtés je me repose enfin. J'espère de nouveau croiser ton regard assure, et voir l'un de ces sourires malicieux dont tu as le secret, fendre de nouveau ton visage.

Je me perds dans la contemplation des peluches qui t'ont été offerte, le panda couvert de tatouages donné par moi trônant en plein milieu de cet amoncellement. Les infirmières doivent nous prendre pour des fous, ou peut-être qu'elles sourient à l'idée qu’autant de personne t'aiment et pensent à toi. Il suffit de voir les autres présent, les autres symbole déposé au fil des jours près de ton chevet. Je suis arraché à ma contemplation qui suffisait presque à calmer mon état par une arriver plutôt inattendus. Abel. Mon meilleur ami, ton frère. Je suis contente qu'il est franchis ce pas, qu'il se soit déplacé pour toi. Il tient à toi, si tu savais combien il t'aime Aly... Même si je lui fais un peu la morale parfois, comme une mère qui rabroue son enfant, parce sa manière de te le montrer est vraiment sincère... Mais je suis persuadé au fond de moi de la véracité de ses sentiments pour toi, et ça même si toi tu n'y crois pas un instant... Je lui fais un fin sourire, encourageant et presque soulagé. Ça veut dire qu'il va de l'avant et que peut-être il t’emmènera avec toi, si tu le laisse faire. Il est là, tout aussi silencieux que moi, me berçant avec lui dans ce calme qui est d'ordre, comme s'il était sacré et que personne n'osait le briser. Je caresse parfois tes cheveux ou ceux de Jake. C'est si différent de vous retrouver avec eux deux d'une telle manière, sans qu'il n'y ait de rire, de paris idiots et débiles, de blagues vaseuses et de mauvais goûts, ni de taquineries...

Et puis doucement tu t'éveilles, la princesse endormis reviens à la vie. Un sourire traverse mon visage, alors que tu balaies mes larmes. J'embrasse le dos de ta main secourable qui efface ma faiblesse dans un moment où je ne serais le faire. Je laisse un baiser sur ta joue, tellement soulagé, submergée par le bonheur de te ravoir parmi nous. Comme tu m'as manqué mon amour de sœur, mon âme sœur au féminin, ma meilleure amie, mon Aly à moi. Je souffle doucement, d'une voix douce.

« Je ne t'en veux pas. »

Parce que dans un moment pareil je serais bien incapable de t'accabler. Et que ton souffle encore présent vaut bien toutes les remontrances du monde. Je ne suis pas un monstre non plus, je suis juste soulagée et enfin je peux me permettre de croire que tu ne me lâcheras pas tout de suite. Tes yeux dérivent vers cette tête blonde, ton jumeau, et je serre un peu plus fort tes doigts et ceux de Jacob. Tu commences à t'énerver, à lui crier dessus, mes sourcils se fronçant même si rien ne sors de ma bouche et pourtant j'en pense des choses. Là je serais bien capable de te dire que j'en veux. Il est là pour toi après que toi tu es tenté de tous nous abandonner, de tous nous fuir. Parce que même si je ne te le dis pas, je ne comprendrais jamais ton geste et je t'en voudrais toujours un peu au fond de moi. Je suppose qu'avec le temps j'apprendrais à te pardonner. Je reste là, je glisse ma main sur ton visage pour que tu t'apaises.

«Aly calme toi c'est pas bon que tu t'énerves... »

Je crève d'envie de retenir ton frère, lui qui est venu, et souvent en plus de ça. Je sais qu'Audric le couvre il me l'a dit. Mais je suppose que c'est pas le jour opportun pour te contredire... Mais je crève d'envie de le faire.. Je suis tiraillé, avec l'envie de défendre les deux, ne sachant qui choisir, parce que vous avez tout les deux vos raisons et vos tords. Mais je reste, alors d'une certaine manière ça veut dire que je te choisis... Bon dieu Aly ressaisit toi ! Ta renaissance ne peut pas te servir à déverser ta rage, mais à accomplir d'autre chose au contraire ! Je fais un sourire triste à Abel, le laissa filer, soufflant dans sa direction avant qu'il ne quitte la chambre.

« Je passerais te voir après. »

Parce que oui Aly ça peut t'énerver, mais il reste mon meilleur ami au même ordre que toi. Et je ne soutiendrais pas l'un, en ne faisant pas la même chose pour l'autre. Je serais là pour lui, il le mérite. Je sais qu'il est quelqu'un de bien autant que toi. Vous êtes aussi attachant, qu'agaçant vous autres les McMillan. Je vais finir par vous attraper et à vous forcer à parler, vous enfermant je ne sais où pour renouer le dialogue. Bon une pièce sans fenêtre, sans objet, sans rien qui pourrait servir d'arme... Je le laisse partir en lâchant un soupir, aujourd'hui n'est pas le jour de votre réconciliation... Il arrivera, mais pas maintenant.

Je glisse mes doigts dans ta crinière dorée, avant de ramasser ta peluche que je met dans tes bras. Mes yeux cherchent les tiens alors que je t'apaise doucement, te faisant redescendre de ton nuage de rage. Je regarde Jacob, avant de le secouer légèrement, embrassant sa joue pour le faire s'éveiller doucement. Je suppose qu'il ne voudrait pas dormir alors que tu t’éveilles enfin. Puis je repose mes yeux sur toi avant de souffler d'une voix un peu cassée.

« Tu m'as fais tellement peur Aly... Me refais plus jamais une telle frayeur.. Et je voulais...te présenter mes excuses pour avoir été si peu présente ces derniers temps... J'aurais du voir que tu n'allais pas bien.. M'en veux pas.. »

Ça n'arrivera plus... Alors m'en veux pas parce que je le supporterais pas.

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MessageSujet: Re: Anyday you are near me is a day for which I care [Alyly + qui veut ♥]   Mar 6 Jan - 9:27



Ma raison veut somnoler , ma conscience me conseiller, mon subconscient m'déconseiller mais mon esprit veut s'envoler.


J’avais probablement sous-estimé ma fatigue et le pouvoir de mes insomnies à répétition. Etrangement, malgré l’endroit –la maison des malades et des potentiels futurs morts- et la contexte –ma meilleure amie qui se transformait en fantôme sans même que je ne sache pourquoi ou comment- mon sommeil, de courte durée certes, fut dénué de tout cauchemar.  Incroyable, improbable, et pourtant véridique. A ce stade, j’aurais pu continuer ainsi des heures sûrement.  J’étais tellement épuisé, le sommeil était tellement précieux…

Une caresse sur ma joue, une chatouille, voilà ce qui me tira de ma léthargie. La belle à l’hôpital dormant ne pouvait pas non plus rester éternellement assoupi. Je regagnai peu à peu conscience et pied dans la réalité. Je voulus refermer mes doigts sur ceux d’Aly, que j’avais saisi avant de m’endormir lamentablement, ils se resserrèrent sur du vide. Un froncement de sourcil avant d’ouvrir les yeux : mes doigts étaient posés sur le drap blanc, délaissés. Il me fallut plusieurs minutes pour réaliser ce qui se passait autour de moi. Un coup d’œil à ma gauche, Silver était là. J’esquissai un sourire, rassuré de la savoir présente, elle aussi. Je ne savais pas à quoi m’attendre en entrant ici, j’avais besoin d’une amie à mes côtés pour affronter la vérité, je le sentais. Elle prit la parole, et je réalisai alors seulement qu’elle devait être éveillée. Aly était réveillée.

J’écoutai Silver d’une oreille un peu distraite. Je ne pouvais qu’approuver tout ce qu’elle disait : moi aussi j’avais été aveugle. Moi aussi je n’avais pas été assez présent, assez à l’écoute, pour elle. Moi aussi j’avais merdé. Je ne savais pas exactement quand et comment, mais si tu avais atterri là, c’était en partie par ma faute, j’en étais persuadé. Une infime petite contribution sans doute, mais cela ne soulagerait pas ma conscience. Mais toute mon attention était présentement focalisée sur ma droite. Je m’étais redressé, lentement, un peu maladroitement, la paupière encore un peu tombante de mon sommeil récent, l’œil paresseux, la marque de la manche de mon pull sur ma joue.

Aly était là. Vivante, malgré son teint de cachet d’aspirine,  et réveillée. Vive.

« Aly… »

Murmurai-je, n’en revenant presque pas moi-même. Le soulagement était immense. Certes, tu avais l’air fatiguée. Certes, tu avais l’air essorée. Mais tu étais là, et ta présence était mieux que tout ce que j’avais pu avoir ces derniers jours.

De poupée de porcelaine tu es passée à pantin. Tu bouges, tu remues. Tu as tellement remué que ton parfait attirail s'est un peu défait. Tes manches si soigneusement remontées sur tes bras ont un peu rebroussé chemin, dévoilant tes poignets, et leurs bandages. Mes yeux tombent sur eux par inadvertance et s'agrandissent alors que j'ai peur de comprendre. Tu n'es pas malade Aly. Tu n'as pas de "problèmes de santé", comme ils disent. Je reste figé un instant alors que la réalité s'installe et me fouette. Aveugle. Je n'ai rien vu. Rien du tout. Je me déteste tellement sur l'instant, et je me déteste encore plus de ramener cela à moi alors que l'important, c'est toi. Je me demande un instant si Silver se sent comme moi. Impuissant. Indigne. Si elle aussi elle se demande si tu veux bien de nous à tes côtés alors que nous avons failli. Mais quand je la regarde, elle a l'air sûre. J'ignore d'où elle puise cette puissance, j'aimerais avoir la même.

Je ravale mes questions et mes doutes, je ne veux pas te harceler avec ma propre crise existentielle que tu viens de réveiller. Je réalise que je n'ai rien dit depuis que mon regard s'est figé sur ta blessure de guerre, de ta guerre. Je vais finir par plomber l'ambiance avec ma gueule d'enterrement. Cette remarque que je me fais à moi-même me tire un sourire : l'ambiance est déjà électrique, quelque chose a du se passer pendant que je roupillais comme un bienheureux torturé.

Je n'ose pas reprendre ta main alors que tu as lâché la mienne, alors je la laisse là, sagement posée sur le drap. Mon autre main vient saisir celle encore libre de Silver. J'ai besoin d'un pilier mais j'ai peur de te casser si je m'appuie trop sur toi alors que tu te reconstruis tout juste. Et je n'ai toujours rien dit. Mon mutisme commence à me faire peur moi-même, alors je m'humecte un peu les lèvres, m'apprêtant à le briser.

« Tu sais que je suis là, qu'on est là, si tu veux parler »

Cela sonne comme une affirmation, mais c'est en vérité une question. Tu le sais, n'est-ce pas Aly ? Dis-moi que je ne suis pas parfaitement inutile comme ami. Dis-moi que je peux encore faire quelque chose pour t'aider. Même si tu ne veux peut être de pas notre aide.

« On s'est trompés d'histoire toi et moi. Je ne suis pas un cowboy, plutôt une belle au bois dormant »

J’esquisse un sourire maladroit.
C'est ma façon de m'excuser pour avoir loupé ton réveil. Et tout le reste aussi. J'ai besoin de légèreté si je ne veux pas m'enfoncer. L'ironie ne me frappe pas tout de suite : l'insomniaque de Poudlard dans le rôle de la Belle au bois dormant, c'est risible. J'espère que même si j’abandonne le chapeau du cowboy, tu resteras malgré tout ma petite indienne, Lyly la tigresse, et que tu revêtiras bientôt à nouveau tes peintures de guerre, pour une autre guerre cette fois, pas celle contre toi-même.

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Gryffondor
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MessageSujet: Re: Anyday you are near me is a day for which I care [Alyly + qui veut ♥]   Mar 3 Fév - 11:08




     




« L'éveil du Phénix »
Mes piliers, mes faiblesses.
Dans vos bras je trouverais la force pour me relever.  

C'est cette rage qui s'emmêle, lui écorche les doigts encore. Elle ne comprends pas, elle ne sait plus. Elle a essayé de te tendre la main, elle a essayé de te faire comprendre qu'elle te désirait plus que tout dans sa vie… Elle t'a toujours attendu, toi et ton frère, ton frère et toi. La nuit lorsque ses démons la dévoraient elle s'imaginait dans vos bras, bercée par vos odeurs. Elle s'est toujours imaginée avec vous. Vous êtes son sang et sa chair, vous êtes son âme et son amour. Pour elle , vous avez toujours été des fragments complémentaires… Mais vous avez appris sans elle. Alors elle a essayé de remplacer, de combler ce vide en elle. Elle n'a jamais su y parvenir, malgré ses efforts, malgré ses sacrifices, malgré les mensonges et les artifices. Alors elle vous a pris et vous a enfermé dans une jolie boîte qu'elle garde précieusement.

Ce cadeau était magnifique. Il était poétique. Le rouge contre le blanc. L'amour contre l'innocence. La rage contre la pureté. Son sang contre sa peau. Son sang contre la neige. Son sang pour l'éternité. Elle se donnait au monde entier, elle n'abandonnait pas : elle avait fait un choix. Alors elle reste là, l'enfant, la belle enfant, figée dans ses draps, grelottant d'une rage inhumaine. Ses doigts se serrent contre les draps et elle se calme lentement. Tu lui dis que ton jumeau viendra, elle ne réagit pas non plus. Tu n'as jamais rien compris, et elle ne comprendra jamais rien. Mais le peu qu'elle a compris l'effraie. Condamnée à n'être qu'une poupée de désir, poupée de chair, poupée parfaite et enchanteresse.

Et tu t'en vas. C'est certainement mieux ainsi, qui sait. Peut-être que Princesse Alyssandra aurait été différente si elle n'avait pas suivis son aîné. Certainement aurait-elle grandie dans l'ombre de ses frères, recluses dans son envie de les connaître, souffrante de mots silencieux, de maux familiaux. Elle en avait certainement besoin de cette liberté pour se trouver elle-même, sous les tas de tissus, sous les apparences et les masques…

Et nul ne sait si l'enfant se calme grâce aux paroles de la vélane ou pas, si elle l'entend afficher ou pas cette amitié qui l'a lit à ce frère qui vient de passer la porte. Alyssandra ne sait pas si elle leur en veut, si elle en veut à l'un ou à l'autre. Elle ignore que ce qu'elle sent en elle, ce n'est que de la jalousie maladie, cette sensation de peine capable de lui écorcher encore son cœur mort. Elle aurait aimé l'entendre se confier à elle, elle aurait aimé les entendre se confier à elle, sortir avec eux, rire avec eux, comme elle le voyait si souvent. Elle aurait aimé certainement être quelqu'un d'autre. De plus simple, de plus idiot, de moins pudique. Elle n'aurait jamais reposé son regard sur le Prince Bogart, elle n'aurait jamais entaillé le cœur de Billie. Peut-être qu'elles seraient encore ensemble… Elle l'ignore, mais elle reste silencieuse, le regard perdu sur Jake, sur tes traits et ses yeux parfait.

Et pourtant Silver glisse sur doigts dans sa crinière, lui rend sa peluche et Alyssandra accepte tout ça, sans rechigner. Elle se sent tellement enfant capricieuse, enfant qui se refuse de grandir. Pourtant elle a grandit. Elle est d'une maturité effrayante, d'une force incroyable. Elle est réaliste, elle a les pieds sur terre et la tête dans les nuages. La vie l'a souvent écorché, mais elle s'est oublié elle dans toutes ces péripéties. Elle a oublié de vivre pour elle, et voyez comme elle culpabilise de souffler, de vivre, de ressentir ce qu'elle a toujours ressentis.

Mais Alyssandra reste silencieuse. Silver s'excuse. Mais elle n'a rien à répondre, rien à dire. Comment pourrait-elle t'en vouloir ? Tu as ta vie, tu as tes problèmes. Ceux qu'elle écoutait avec plaisir, alors que taisait certains des siens, par honte, par pudeur. Parce qu'elle ne voulait pas se disputer avec toi, parce qu'elle n'avait pas le courage de te dire qu'Abel l'avait embrassé, qu'elle avait fait pareil. Pas le courage d'assumer que si elle a continué avec Billie ce n'était pour ne pas la décevoir, parce qu'elle ne s'était jamais sentis aussi importante et unique dans les yeux de quelqu'un. Elle avait honte d'elle pour ne savoir dire non, toujours à donner, donner à qui voudra. Elle ne t'en veux pas, mais pour elle, c'est toi que tu veux rassurer. Tu veux apaiser cette honte, cette culpabilité. Tu veux poser le problème ailleurs. Elle. C'est elle le problème. Parce qu'elle n'a rien dit. Parce qu'elle n'a pas parlé. Alors elle ne dit rien… Parce que le monstre, c'est elle.

Mais la question, la phrase, la vérité que souffle Jake, lui noue la gorge et elle baisse le regard. Elle vous fait de la peine, elle en prends conscience et s'en veut un peu plus encore. Vous aviez vos vies, vos problèmes, comment aurait-elle pu vous imposer la sienne ? … Elle rit un peu, tout bas aux dernières paroles du jeune homme, un léger rire qui fait couler ces quelques larmes qui étaient retenues otages. Elle les essuie simplement. Son regard passe sur toi, passe sur sa sœur de cœur. Elle vous a caché tant de chose.. Mais elle souffle tout bas :
« Vous m'avez manqué… »  Elle avale sa salive, elle déglutit difficilement, mais son sourire s'étire un peu, si nerveux, si triste. Elle a peur, elle est tétanisée de vous dire la vérité. Elle ne sait même pas si elle aurait préféré mourir ou être là encore. « Tu fais une superbe belle aux bois dormant… Et moi un piètre chevalier… » Elle pose son regard sur la peluche, qu'elle touche encore, si nerveuse puis souffle : « Y a tellement de chose que je… J'ai réalisé, ou jamais compris… Vous allez croire que je fais ma crise de l'adolescence… Ou que je l'ai jamais terminé, mais… Je… Non… Les gens sont… Mauvais… Egoïstes… Et je… J'en ai marre… C'est pas pour moi. Et j'ai l'impression que la vie se fou de moi… C'est Bogart qui m'a trouvé. » Mais lui vous saviez. Leur histoire à Durmstrang, la manière dont il s'est débarrassé d'elle. Le baiser qu'il lui a donné durant la fête Action ou Vérité. Cette envie de se venger, de lui faire payer, de le rabaisser, ces plan rocambolesque qu'elle pouvait construire avec Silver lorsqu'elle désirait rendre jaloux sa moitié. Tant de chose. Elle le déteste, elle l'aime, mais c'est lui qui lui a volé son choix. Elle souffle tout bas, elle déballe tout, tout ce qu'elle vous a tut : « Je voulais trop de chose… Je voulais me rapprocher de mes jumeaux… »  Et vous l'avez tellement rassuré sur ça, poussé vers eux, pour qu'elle bouge… Et elle pose son regard sur Silver. « Abel est jaloux que je puisse parler à Caïn. Et Abel me veut plus qu'une sœur… Il m'aime comme… Comme tu aimais Arya, comme tu aimes Audric… » Et ca l'a tue de le dire à voir haute. C'est effrayant. J'en tremble un peu et souffle : « Et Eugenia m'a toujours poussé vers ça… Elle m'a poussé que vers ce qui servait ses intérêts personnels… Je n'arrive pas à comprendre comment l'on peut laisser une personne aussi mauvaise et torve être apprentie… » Ton amie encore. Alors elle se tait. Elle ne t'aurait jamais de ton côté et elle le réalise certainement trop tard. Je souffle tout bas :  « Je suis désolée de dire ça… Mais je le pense sincèrement… Cette personne est profondément mauvaise… Je… Elle est flippante… Et Haimon aussi à sa manière… Ils sont tous tarés dans cette famille… La consanguinité ca leur réussit vraiment pas… Et je… Billie… Non, elle a eût raison de me… Larguer. C'est pas une personne comme ça qui lui faut. » Elle pose à peine les choses à plat, mais elle commence à accepter… Elle pose son regard sur ses poignets. « Je suis désolée. Je n'ai pas pensé au reste…. A tout… Je ne serais jamais celle que l'on désire, celle que l'on veut…. Et ce monde n'est pas pour moi. » Elle avale sa salive… Elle effleure le bandage, tente de se rassurer. Alors elle demande son regard se reposant sur vous. « Je devrais peut-être partir. Et tout arrêter. » Tout lâcher. Tout abandonner. Et ne pas se battre.


     
WILD BIRD
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Anyday you are near me is a day for which I care [Alyly + qui veut ♥]

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