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 Lobotomie ou mort par cancer.

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MessageSujet: Lobotomie ou mort par cancer.   Jeu 18 Déc - 22:55

Précédement.

Eren a porté Hell dans l'infirmerie alors qu'elle avait les bras en sang et la couleur d'un cadavre. On l'envoie à l'hôpital.

C'est l'information simple qui s'est répandue en traînée de poudre dans tout Poudlard. À travers le murmura des tableaux et les voix cassées des élèves. À travers le silence pesant des professeurs.

Poudlard rongé par les vieilles peurs, comme une nation méfiante, qui regarde des deux poumons de couleurs différentes avec inquiétude, se demandant lequel est à jeter.

Rongé comme toute la Grande-Bretagne, et le monde des Sorciers. La vie n'est pas aussi rose que ceux qui se sont battus pour la garder l'ont rêvés. Il y a toujours les peurs et les rancœurs. Et tant qu'il y aura de l'Amour, ce qu'espère endormi dans son portrait un certain Albus Dumbledor, il y aura de la haine. De la haine profonde et passionnelle. Née par amour.

Par amour fou pour la vie.

J'étais dans tes bras Caïn. Dans un sommeil dont toi et un Vif d'Or étaient les gardiens. La rumeur à couru un temps avant que quelqu'un ne réalisent que nous étions-là, et que nous ne savions pas. Je ne sais plus qui est venu nous chercher. Je t'ai regardé dans les yeux, et mon cœur s'est mis à battre. Mes poumons à se contracter. J'ai manqué d'air. J'ai failli vomir. J'ai fermé les yeux. J'ai ressenti, malgré ta présence, le froid. Je l'ai cherché en moi, cette certitude. Que tout ça était faux, que ce n'était qu'un mauvais rêve, une blague de mauvais goût, un coup. Mais sa place est vide. La place que je gardais à côté de mon cœur pour elle, juste en dessous du renflement, à droite, et que j'ai gardé si longtemps concert après concert... C'était comme trouver une maison vide, et de paniquer, parce qu'on y trouve plus personne.

J'ai commencé une crise. L'envie de vomir. Le passage entre la glace et le froid. Entre le pôle Nord et l'équateur. De l'équateur au Désert. J'ai eu besoin de ton aide pour me relever. J'ai attrapé une de mes robes de sorciers, et une de tes robes de chambre rouge et or. Mes mains tremblent. Ma tête tourne. Tout flotte, irréel, et bizarrement stable. Bizarrement dénudé de toute réflexion, pensée subsidiaire. Soudain la table est une table, le lit est un lit, la chaise est une chaise et le placard est une penderie. Tout dans cette chambre est immobile, et je suis prisonnier de l'indifférence de cette chambre à ce qui arrive quelques étages plus bas. Ma crise ne va pas passer. Tant pis, je prends des chaussures que j'enfile en descendant les escaliers. Et avant que je ne le sache, je suis déjà en train de courir.

Non.

Non.

Plus j'avance, plus mes pas font ce son étrange. Moi qui avait toujours dit oui à tout. C'est ce que ressentent les gens quand ils voient mon visage glacé alors qu'ils sont en larme devant moi ? Je hais ce monde, indifférent et immobile qui toise ma panique, ma souffrance, la Souffrance, avec son air immortellement supérieur.

J'ai toujours dit oui. Mais je crois qu'aujourd'hui, j'ai crié "Non."


« ALY !! »

Un hurlement comme un coup de tonnerre, un coup de tonnerre par cri, par appel. À s'en déchirer les poumons. À en cracher du sang. Je te l'ai ordonné pourtant.


Don't you dare die.
Die my Life in Black.
[Teindre ma vie en noir]


C'est le soleil qui vient sur ma peau trop blanche et me la brûle pour me punir d'avoir voulu me brûler à la chaleur humaine. Des Aiguilles de feu, une par une, me traversent de part en part, n'oubliant pas de déformer mon visage entre la douleur et la rage pure. C'est la fatalité, éternelle, qui se rappelle à moi. Mes yeux écrasés implosent et m'inondent de douleur. Il n'y a pas de place pour le chagrin. Ces larmes sont pour mon sang. Ce sont des Larmes de Sang.

Ces mains vicieuses, visqueuses, et glacées m'enserrent la gorge. Ce sont ces mains que je connais par cœur. Celles qui se font la joie exclusive de me prouver qu'on peu se passer de respirer et rester en vie. Parfois dans la foule, parfois quand l'horizon est trop vaste malgré mes pieds collés au sol. Je ne peux pas m'enfuir. Ça ne sert en rien de s'enfuir. Il n'y a pas de mur, pas de porte. Pas de maison à ta dimension. À la taille de tes ambitions. C'est le monde ou rien Abel. Fais-le tiens ou ne sois rien.

Mais aujourd'hui je suis dans une chambre close, devant un corps au bord de la vie. Qui ne nous deux respire ? Je crois que c'est toi. Je savais bien que pendant tout ce temps, j'avais la tête sous l'eau. Je me noie, petite conne. Je me noie parce que j'ai plongé pour te tenir la main et te remonter à la surface, sur ma berge, pas celle que tu préfères, mais la plus sûre. Je me noie, petite conne. Je me noie parce que tu n'as pas envie de remonter.


« Putain de bordel de merde, qu'est-ce que tu comprends pas dans "Ne t'avises pas de mourir" !? »

Combien de personnes me tiennent bras et jambes pour m'empêcher de mettre l'infirmerie à sac, renverser son lit et en finir une bonne fois pour toute ?

Caïn est là, et je n'ai pas envie de peser sur ses épaules. Je sais. Je sais sans vraiment y penser. Je sais qu'il a au moins aussi mal que moi. Je ne peux pas m'accrocher à lui avec mon regard d'enfant perdu, mon désespoir. Je ne peux pas. Et je n'ai pas la force de porter sa peine. Je suis la principale cause de cette peine. Si j'avais mieux su, mieux fait, si j'avais été un peu plus à la hauteur... Non, je ne peux pas lui ordonner de me céder une épaule pour pleurer comme je le fais toujours. Et encore moins lui donner la mienne. C'est ma faute. J'ai tout foiré. J'ai vraiment tout foiré. J'ai tout fait, mais ce n'était pas assez. Je m'effondre sur l'encadrement de la porte, à genoux sur le carrelage. Et je crie, je crie en espérant que t'entendes, dans ton monde de morphine. Et si ces cris pouvaient t'arracher ce qu'il te reste d'âme pour que tu ne reviennes pas ici, en Enfer, et que tu passes dans un monde qui te corresponde mieux. Et le cri suivant, je t'ordonne de revenir. De revenir tout de suite, parce qu'il est là, le vide. Le vide que j'ai tant craint les pieds sur la berge, tétanisé sur la plage. Il est là, le vide à ma vie. Un monde sans toi, je n'en veux pas. Je ne peux pas. Je ne peux pas vivre sans toi. Je vais mourir de chagrin. Tant que tu vis, je peux, si tu meurs, je ne peux plus rien. Caïn, pourquoi ? C'est toi qui m'a gardé en vie plus que quiconque, et le jour où tu meurs, je mourrai aussi, d'une balle dans la tête, en fumant les cigarettes qu'on a toujours voulu fumer enfant. Je te suivrais immédiatement, en silence, sans en parler à personne, sans faire chier personne. Mais elle, tu vois, je peux pas. Je peux pas rester comme ça, entre deux mondes par sa faute. Ni renoncer à elle, ni la suivre sans un mot. Je peux pas Caïn, je peux pas tout ça. Je peux plus rien, j'en peux plus, j'en veux plus. Caïn, laisse-moi partir, laisse-moi la laisser partir. Les mains sur la gorge, le vide, la poussière de mon existence, cette salope, cet amour, cet ange en a fait un enfer vide de sens.

On se ressemble trop, tous les trois. Si ce soir je t'utilise, pour calmer ma rage, ma rage pure contre l'existence, contre cet Enfer... Je sais que c'est Elle que je verrai à travers tes yeux. Que j'aimerai à travers toi. Que j'appellerai à travers toi. Je ne veux pas. Je traînerai sans doute Annabeth dans la boue de nombreuse fois. Je mépriserai ta sympathie, ton sourire solaire bien plus encore. Mais il y a une insulte que je ne peux pas te faire. C'est de penser à quelqu'un d'autre quand tu m'aimes.

Parce que je t'aime, plus que tout au monde, mon frère. Plus que tout, tu es ma raison de vivre.

J'ai passé ces derniers mois à la traiter comme une sœur, malgré mon amour d'homme. J'ai jamais su trouvé les mots, ni appris à sourire. Parfois c'est parti, comme ça. Parfois des larmes aussi. J'ai réappris. Le calme, la joie silencieuse, les peines supportables, les attentions bénignes, le silence dans les soirs où il n'y a rien à faire, l'autre. J'ai réappris à respirer. J'ai réappris à vivre. J'ai pas été très bon élève. Je commençais tout juste à sortir la tête de l'eau. À me faire à l'idée, que ma vie, ce serait ça. Que j'allais briser mes fiançailles pour avoir la seule femme qui attends plus de moi que ce que je ne suis. La seule que je peux désirer passionnément sans me sentir un menteur. La seule qui punira ma tendresse. Et arrêter de rester bloquer sur vous, sur elle, sur toi, Aly, et tes dix ans de silence.

J'ai cru que j'allais enfin reprendre le train, enfin reprendre la vie. Mais j'avais raison. Mon cœur a recommencé à battre le jour où tu es arrivée. J'avais raison d'avoir peur : tu l'as fait exploser.

Mes tympans ont pété, alors j'ai pété ceux des autres. Je me suis noyé. Dans mon Sang.

J'ai porté mon Sang et il se meurt dans mes bras. Quelques soient mes efforts. À quoi ça sert, alors ? Ces putain d'études casses-couilles, ces putains de galas entre "gens convenables", ces putains d'arrangements entre cousins, la formation de juriste, les heures passer à plancher pour être le meilleur tout en étant loin d'être le plus talentueux, cette baguette en bois de laurier qui me brûle la peau à chaque fois que je la tiens ? Pourquoi ces heures à endurer cet amour parental froid et lointain, ces heures à rejeter les distractions, les moindres sources de confusions, à ne pas regarder le bonheur en face, ni même ses souffrances pour les affronter ? À quoi bon l'éternelle patience ? À quoi bon l'endurance ? Les regrets, la retenue, les sacrifices pour faire de son existence quelque chose d'utile à bien plus grand que soi ?

Supporte-le. Supporte-le comme toujours.

Non. Le bien plus grand a été amputé de moitié. Il ne reste qu'un bout de chair branlant sur l'arbre de famille. Qui sera le premier à mettre un coup de pied dedans parce que la baraque sanguinolente sent trop fort à la maison ? Cette entêtée qui n'a jamais rien voulu de nous, qui n'a jamais eu besoin de nous comme on avait besoin d'elle. Qui avait bien plus besoin de nous qu'on a jamais eu besoin d'elle. Elle qui a le chic pour se mettre dans les petits papiers des mecs qu'il faut pas. Qui de débrouille toujours pour embrasser le mauvais sur la bouche. Qui fait de leurs actes d'ordure des chansons, qui fait la gueule, la Grande, et puis qui d'un sourire rassemble tous les malades du monde, moi y compris, et les guéri. Cette fille qui rend humain les plus inhumains d'entre nous.

La seule qui savait vivre.

Ça ne sert à rien, si Elle n'est pas là. Ça sert à rien. J'aurais dû la baiser ce soir-là. Parce j'avais raison finalement. Ça ne sert à rien d'attendre. À force d'attendre, les choses qu'on désire meurent.

Et tout est mort sauf Caïn, dans ma vie.

Je ne sais pas combien j'ai crié. Ni ce que j'ai cassé, à qui j'ai dit de se la fermer. Je sais pas qui m'a ramené, ni quand je suis rentré. Combien de temps je suis resté, à regarder à travers la fenêtre une nuit qui n'en finissait pas. Ça aurait pu être deux jours, et ce n'était sans doute que deux minutes, et j'ai pensé, pensé, pensé, dans la vallée de mes cauchemars, à chaque image de ce corps au milieu des draps froissés et tachés de sang, entre les chaînes, entre les idées qui composent un monde où tu n'es plus, où je regrette. J'ai pensé, j'ai pensé, pensé, pensé encore. Pendant une éternité, à toute vitesse. J'ignore comment j'ai pu distordre le temps ainsi. Je ne sais pas où étais Caïn, à ce moment-là. Je sais juste que cette nuit-là, j'aurais dû demander à quelqu'un de me baiser jusqu'à l'oubli, comme toujours.

À la place, j'ai fermé la porte sans verrouiller dans la chambre de Caïn. J'ai pris un papier sur le bureau. J'ai griffonné deux lignes, entre les dessins des bagues d'Arya et Annabeth. J'ai eu une pensé pour Silver. J'ai demandé pardon à Eugenia dans ma tête. Je me suis assis sur le lit. J'ai posé ma baguette sur la tempe, le visage en larme.


"Merci Eren.

Je t'aime Caïn.
"


J'ai inspiré bien fort, comme pour mieux avaler une pilule qui me fait horreur. Comme le difficile remède en deux parties à dix ans de maladie.

I'm sick.
Of all.
Of you.
I'm sick. And maybe I'm just sick.

Je suis malade, complètement malade.


« Alegra. »
[Sortilège d’Allégresse]

Pas un sourire. Juste un infini soulagement. La première pilule es prise. Me revoilà en état de juger. D'accepter l'évidence. De ne pas m'enfermer dans mes tourments. Un sort pour se soulager de chaînes invisibles, de mes entraves imaginaires. Je veux aller de l'avant. Maintenant je le sais. Rien d'autre ne compte. Je vais bien. Je vois clair. Deuxième pilule. Deuxième sachet. Deuxième sachet de pilules. Au bout de la baguette sur ma tempe. Je fais le bon choix, je le sais.

Et un murmure, sagement aligné, comme un secret que l'on ne dis qu'à soi-même, ou qu'aux personnes qu'on aime. Qu'on aime tellement qu'on n’a pas besoin de leur parler pour les laisser lire en nous. Ou bien peut-être un Je t'aime qu'on n'adresse à personne, un pour soi. Les autres n'ont pas besoin d'entendre. Avec confiance. Pour se donner confiance.


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[Oublie...]

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Lobotomie ou mort par cancer.

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