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 Echec et Mat. <OS>

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Gryffondor
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MessageSujet: Echec et Mat. <OS>    Lun 15 Déc - 23:02




     



« Echec & Mat »
Une putain, une lame, un souffle, une larme.    

Forbidden Games, en route vers de nouvelles étoiles ! Nouveau single Big Bad Wolf promet un retour violent et psychédélique ! La jolie Hell est plongée dans une démence saccadée et sensuelle, qui nous rappelle la douceur effrayante du dernier clip qu'elle nous a offert avec son défunt frère, guitariste emblématique Eden (Caleb McMillan pour les intimes) au travers de Close Enough to Kill. Trois jours que le clip est dans les bacs et le voilà premier mondialement. Serait-elle en train de nous promettre une renaissance ahurissante ? L'enfant rockeuse, adorable petit chaperon rouge se transforme en femme sauvage, loup de vos nuits. Nous ne voyons toujours pas l'ombre d'un archer avec la jolie Elyn, future membre du groupe, violoniste qui plus est !
Forbidden Games a toujours filtré avec des sujets tabous, alimentant diverses controverses. Aujourd'hui le groupe semble être prêt à nous plonger dans un monde de douleur et de grandeur, un monde sombre et cruel, d'une esthétique terrifiante. Verdict ? On en veut encore !




Comment peuvent-ils tous oser… Tous. Tous autant qu'ils sont. Des monstres, des merdes. Tourner, tourner, encore et sans cesse. Ca cogne dans mon crâne. Ca gratte dans mon cœur. C'est le monstre de tes cauchemars, bonsoir. Salut, pétasse, il est de sortie ce soir. C'est par ici les terres maudites à souiller, pourrir et dégueulasser. C'est moi, toujours moi. Vomis-moi dessus. Pleures-moi dessus. Crache-moi dessus. Mens-moi autant de fois que tu voudras. C'est pareil. Ils le font tous. Un accessoire, une poupée. Une salope paraît-il. Une enfant capricieuse. Un déchet. Une connasse. Une erreur. Une honte. Celle qu'on manipule pour libérer un cœur, celle que l'on tire dans une direction pour elle comme elle n'est pas, la changer, l'adapter, la moduler. Une erreur bordel, juste une putain d'erreur. Même mes parents. Même mon propre frère. Il était condamné, mon frère, mon amour, mon idole. Il était voué à mourir, ce grand, ce connard de Caleb. Il était voué à mourir. Peut-être était-ce volontaire, peut-être s'est-il tué sous mes yeux, rendue responsable, détruite véritablement parce qu'il n'avait pas envie de se voir mourir. Il le savait. Mes parents le savent. Mais ils n'avaient pas prévu que je vogue avec lui. Caleb a renoncé à l'héritage, il savait que cela serait Abel. Il le savait. Ils prenaient mes lettres au manoir. Il devait veiller sur moi. Me préserver de l'amour sale de mes frères. De cette appétence ragoutante. Poupée de chiffon. Accessoire. Simple constante dans une équation. Celle qui s'efface lorsqu'elle part en dérive.

Je les aime. Je les hais. Je m'imagine n'être qu'une lame, dansante et sifflante, écorchant leurs visages, si beaux visages… Horreur. Putain ouais, je veux déformer ta chair, la transformer en peur, en horreur, un mélange dégueulasse de chair et de sang, de larmes et de haines. Je vous déteste. Tous autant que vous êtes. Tous ces visages hypocrites, tous ces sourires menteurs, tous vos regards qui me donnent la gerbe. Je vous déteste tous autant que vous êtes. Je vous briserai les uns après les autres. Votre monde, je vous le laisse. Votre pouvoir aussi. Putain, mais allez tous crever avec vos conneries, vos mensonges, vos robes et vos paillettes, vos costumes trop bien taillés, vos scénarios, vos textes, vos masques, tout. Je vous emmerde. Je ne suis pas faite pour ce monde que je ne respecte pas, qui ne vous respecte pas. Votre vie n'est que mascarade, apparence. Vous ne savez pas ce qu'est la vraie vie, vous ne savez pas ce que c'est de réellement ressentir, de vivre pour vous-même. Vous n'êtes que des marionnettes, des pantins. On vous a arraché vos cœurs. Vous êtes tous… Tous, sans la moindre exception, des monstres. Vous n'êtes que cruauté et intérêt.

Je voulais pas faire du mal, je voulais rien faire de mal, je voulais juste… Je voulais juste vous coller un sourire sur les lèvres un instant. J'ai désiré mes frères à mes côtés, comme des frères et pas des hommes qui lorgnaient sur mon fessier. Je voulais mes frères et pas des pervers. J'ai voulu de l'amour et j'ai donné de la peine. J'ai voulu y croire et j'ai tout brisé, trop obnubilé par autre chose. Y a tout qui m'explose à la gueule, l'on me reproche tous une chose. Je regrette tellement de ne pas m'être barrée dès que j'en ai eût l'occasion, ces études ne me servent à rien… Vous auriez tous, tous été bien plus heureux sans moi… Je voulais juste exister, je voulais juste vivre, je voulais pas… Je voulais pas être cette flaque de pétrole à vos pieds, je ne vous voulais aucun mal, bordel !

Mais lui, comment a-t-il pu faire une chose pareille… Prononcer ces mots… La toucher comme une femme. L'embrasser comme une amante. La regarder et souffler ses vœux. Je vous hais, tous les deux, amants des horreurs, union des ténèbres. Elle est aussi digne que lui. Vos sourires sont magnifiques, votre raideur aussi. Votre pouvoir m'écorche le cœur et la gorge. Je me noie dans mon propre sang. J'essai de me relever, de reprendre mon souffle, mais tout ce que je crache c'est mon propre sang. Il est noir. Putain, je suis pourrie. Pourrie par vous, par le temps, par toutes ces conneries. J'en peux plus, j'en veux plus de tout ça, c'est pas pour moi, je vous le laisse, je veux sortir de ce putain de cauchemar ! J'en veux pas de mon nom, de ces robes, de ces sourires, je vous laisse tout, tout, jusqu'à ma place, j'en veux pas ! Putain, mais stop !

Le courage ou la folie de tout arrêter. Ca tangue, ça tourne, ça claque, c'est affreux. J'ai la gerbe, mais allez ! Lâche mes poignets, laisse-moi partir, ca sert à rien que je sois ici, je voulais pas que tu passes à l'acte seul, je voulais pas que tu précipites tout, putain ! … Ca sert à quoi la vengeance lorsqu'on est devenue poussière ? Ca sert à quoi de s'accrocher à quelque chose qui vous a échappé depuis une éternité ? Pourquoi continuer à se battre lorsque l'on vous écorche sans cesse, vous repousse toujours plus violemment ? Poupée de poussière. Tout se brise. J'ai l'impression de me fracasser de l'extérieur. Et l'intérieur ca coule juste. Ca dégouline. C'est même pas mes larmes, c'est plus que ca. Mon essence même. Ca me brise putain, et j'ai l'impression qu'hurler ne servira à rien. N'exprimera pas cette douleur qui s'abat sur moi. Lorsque la réalité vous éclate à la gueule. Lorsque vous la voyez vraiment. Lorsque vous arrêtez de vous mentir. Lorsque tout s'éclaire, tout se démêle. Lorsque les mensonges, les non-dit, l'inconscient et le subconscient, lorsque tout s'étale devant vous. Formules complexes qui deviennent soudainement enfantines. Je comprends. Je vois. Je me vois moi. Moi, dans ma propre vie. Moi, dans l'immensité. Vous qui bougez, vous qui vous démenez. Et moi, juste là. Posée. Qui ne bouge pas dans ce monde de folie. Mais pourtant j'ai essayé de survivre. J'ai essayé d'être humaine à côté de vous. J'ai essayé, je le jure. Je n'ai jamais rien compris, je n'ai jamais voulu être comme vous, ni comme ca. J'ai pas fuis, j'ai fais un choix. Celui de ne pas être comme vous.

J'ai cru que rien avait changé. J'ai cru toutes tes paroles. J'ai cru que c'était la vérité. J'ai cru tous tes mensonges et ils étaient encore là, dans mon crâne à tournoyer et me caresser. Je l'ai vu la douleur dans tes yeux. Je l'ai vu la jalousie tirer tes traits. Je l'ai entendu et ressentit ta colère, ta haine, ton dégoût. Tout ça, je l'avais porté. J'étais prête à l'endurer. J'étais prête à assumer mes défauts et les tiens, à me taire pour toi, à me laisser embarquer dans ce tourbillon que je ne comprends pas.
J'ai cru que c'était encore vrai, même si tout avait changé. J'ai cru que cela se finirait comme dans ces histoires débiles. J'ai cru qu'on serait assez grand et assez fort. Mais je me mentais, encore et encore, j'étais juste aveugle. C'est ma faute, c'est moi qui suis faible. C'est moi qui suis encore une enfant. J'ai refusé de grandir. Refusé d'entendre la vérité, de comprendre ce qui m'entourait. J'ai toujours tout rejeté sur les autres, parce que c'était plus simple que de se remettre en cause. C'est plus simple d'être faible, de fermer les yeux, de tracer sa route et oublier. C'est toujours plus simple d'être méchant et de ne pas pardonner. Mais juste avoir toi. Parce qu'avec d'autre, j'ai essayé, je le jure. J'ai essayé de m'approcher de mes frères, j'ai essayé de leur tendre la main et d'oublier tout ce silence et ces choses qu'ils ont fais à mon égard. J'ai essayé je le jure, et ils m'ont fait peur. Peur de voir dans de chose salace au fond de leur prunelle. Peur de n'être qu'une femme, un bout de chair. J'ai essayé de redonner le sourire à une certaine personne, j'ai essayé d'être l'amie pour d'autre, j'ai pris le rôle de petite amie… Rien ne me va… Rien pour moi, ici. J'offre juste de la désolation, de la colère, de la tristesse, de la haine… Mais je voulais pas… !

J'ai cru qu'un jour c'était moi qui serait à sa place, à elle. C'est stupide n'est-ce pas ? Mais un jour, je pensais que cela arriverait. Que c'était moi que tu appellerais "Reine", comme tu l'as si souvent fait. Et moi, je le voulais. Je l'ai toujours voulu, j'imagine. Glisser mes doigts contre les tiens et sentir nos alliances se serrer, me briser les doigts. T'as toujours éveillé des choses étranges en moi. Trop fortes. Trop contradictoires. T'es tout ce que je déteste. T'es tout ce qui me fait le plus peur. C'est toi qui éveille le plus sombre en moi… Mais combien de chansons ai-je pu écrire alors que c'était ton visage qui s'imposait dans mon crâne ? Combien de fois ai-je écris avec ce que tu m'avais fais ressentir… Toute cette haine, cette colère qui s'exprimait sur scène, qui prenait vie pour me faire trembler et devenir belle et si puissante dans cet autre monde. J'ai tellement donné, j'ai tellement brulé sous ces projecteurs, je me vidais, vidais pour passer à autre chose. Pour devenir meilleure. J'ai tellement serré ses doigts et ris avec lui pour oublier. Pour grandir. Mais il est mort, me laissant seule.

C'est tellement injuste. Pourquoi me faire tout ça, pourquoi m'embrasser, pourquoi me serrer contre toi et me protéger si c'est pour faire ça ? On vit pas dans le même monde. Je le déteste ton monde et tes choix. Je te déteste, toi et tout ce que tu fais. Tes paroles, tes insultes, c'est que de la merde, de l'horreur. De l'égocentrisme démultiplié, tu pourris dans toi-même. C'est pas possible putain, d'être aussi infernal. Un véritable démon sur Terre. Revenu pour me fracasser le crâne. A la place, tu broies mon cœur encore. Tu l'écrases, tu l'étouffes, et je me noies. Je bois mon propre sang, j'hoquète, je vacille. J'en peux plus, si tu savais. T'as raison, je suis faible. Je suis pas faite pour ça, pour ton monde. Je suis pas faite pour être méchante et vengeresse. Je suis pas faite pour porter le costume de la démone, celle qui te fait perdre la tête, celle qui te fait dérailler, celle qui te détraque. Non. Je ne sais pas jouer avec ta vie, comme si tu n'étais qu'un jeu, comme si tu n'étais qu'objet et qu'il n'y a pas d'humain derrière. Je ne sais pas continuer à faire tout ça, j'ai même plus envie de l'arracher de tes bras, pourrir sa vie, pourrir la tienne, vous faire mal. J'ai pas envie de tout ça. C'est pas moi. C'est juste cette noirceur que t'as foutu dans mon cœur. Elle me fait peur, c'est trop en profondeur. Elle m'arrache de l'intérieur, je te jure, c'est juste une putain d'horreur.

J'suis qu'poussière. Rien d'autre. Un grain d'sable dans votre immensité. Celle de votre vie, celle du monde entier. Est-ce que ça fait mal de serrer ses doigts contre une lame de rasseoir ? Pas plus que de serrer sa baguette entre ses doigts. Est-ce que ça fait mal d'appuyer sa lame contre mes poignets ? Peut-être. Je sais pas. Je sais plus. J'en sais rien. Je vois plus rien et je sens absolument rien. C'est tellement rien face à cette douleur qui me broie le cœur. Mais putain que ça glisse. J'ai fouillé contre le sol, je me suis entaillé un peu plus les doigts pour la rattraper cette salope qui s'échappe. Même elle, tu vois. Pas assez digne pour elle. Une putain de honte. Alors je me venge. Maladroite. Je suis pas gauchère. Et j'ai plus d'force. Mais ca défonce. Attendre ou abandonner… Je crois que dans mon cas j'ai tout lâché. Je me suis juste laissé glisser, mon crâne posé contre le mur sombre. Cette auréole rouge qui colore ma peau porcelaine. Le sol qui s'assombrit. C'est presque beau. Presque poétique. Je ferme les yeux. Je me vide, c'est drôle. C'est bon. C'est presque rassurant. Je ne pleure plus, parce que c'est mon choix. Je ne pleure plus, parce que j'ai arrêté d'espérer. J'abandonne pas, je change juste de monde, je quitte vos règles infernales qui m'écorchent. J'en veux plus de votre monde, je vous le laisse. Tout, et tout le monde. J'ai mieux à faire, ailleurs, avec d'autres.

Il y avait cet ange si calme et si doux, dans mes songes. Je m'en souviens, il venait parfois glisser ses doigts dans mes cheveux… Mais aujourd'hui il dépose le rouge dans cette rivière d'or blanc. Véritable cascade carmine. Elle s'abat sur mes joues de porcelaine, salie l'humaine. Je ne suis rien si ce n'est poussière. Rien, si ce n'est un bout de chair. Un cœur qui bat lentement, qui respire trop lentement. Ca fait pas mal, c'est faux. C'est libérateur. Et c'est mon choix. Et puis vous l'avez tout désiré au moins une fois dans votre vie. Que je sois ailleurs. Que je sois avec Caleb. Que je sois morte. Et vous aviez raison. C'est mieux ainsi.

Le Roi a tué la Putain, pour sa magnifique Reine.
Chair à canon pour le Cerbère des Enfers.
Ne manque plus que le Traître à noyer dans le Styx.
Me réduire au néant, âme putride et vagabonde.
Corps à la dérive, esprit en peine.
Aucun avenir si ce n'est l'étreinte de la Mort.

A jamais, bande d'enfoiré.





     
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MessageSujet: Re: Echec et Mat. <OS>    Mar 16 Déc - 13:07

Hell & Hadès
Quand je panique la mécanique de mon cœur déraille au point que je me prends pour une locomotive à vapeur dont les roues décollent dans les virages. Je voyage sur les rails de ma propre peur. De quoi ai-je peur ? De toi, enfin de moi sans toi.





Prison maudite aux barreaux dégoulinant de venin. Je suis prisonnier de mes songes, je suis esclaves de cette chimère si cruelle, condamné à observer sans pouvoir agir. Je hurle, je m'agite, je deviens fou, véritable dingue qui tourne en rond et ne trouve comme seule compagnie que sa propre inconscience. Mes mains s'accrochent, s'enroulent comme des serpents, autour de ces barres de fer empoisonnées. Ma chair s'entame, brûle, pourris, s'enflamme, crame. Je ne desserre pourtant pas mon étreinte, je l'intensifie si c'est possible, ma peau en fondrait presque. Cependant je suis comme ankylosé, cette douleur me parait tellement subtile et faible par rapport à la rage et à la terrifiante souffrance que je ressens à cet instant. Je cris et pourtant personne ne m'entends. J'insulte, mais mes offenses ne transpercent pas les parois de ma cage. Elles rebondissent, m'éclatent au visage, me rendent toujours un peu plus dingue, chaque fois plus impuissante. Je ne suis plus roi, je ne suis plus rien. Je suis simplement spectateur de mon malheur, contemplateur de cette horreur. De cette blonde que j'ai aimé, que j'ai élevée puis écrasé, qui étreint cet insecte, cette pourriture. Je les vois, si proche, trop proche. Vue nauséabonde, qui me retourne les tripes, fait pulser mon cœur de colère si fort qu'il pourrait s'échapper de ma poitrine. Je voudrais pouvoir m'arracher les yeux, détourner le regard, me laminer le visage avec mes griffes pour ne pas voir ça. Mais je suis impuissant, je ne peux ni les faire cesser, ni me faire cesser de regarder. Tu as ce sourire que tu n'avais plus, tes yeux plus qu'ils n'ont jamais brillé lorsque tu le regardes lui. C'est moi que tu devrais regarder de la sorte, c'est moi l'homme que tu aimes à me haïr, celui que tu voudrais souffrir pour m'avoir trop idéalisé. Pas lui, pas cette erreur... Tu as trouvé ma punition, tu as trouvé une nouvelle manière de faire de moi un roi noir, un roi maudit. Tu m'arraches la dernière chose qui me rendait encore humain, toi. Tu me brises, pour faire renaître dans mon cadavre un fils de Satan, un envoyé du diable.

Mes paupières s'ouvrent avec vigueur, alors que je me sors avec difficulté de ce rêve bien trop réel. J'ai l'impression que ma rage a perduré, est restée dans mon corps malgré le fait que j'ai quitté le royaume de Morphée. Je te le ferais payé Hell, je le jure sur Salazar. Le paradis s'est transformé en un enfer que moi même Hadès je ne connais pas. Tu as franchis la limite, tu as éveillé mes pires démons, mes pires envies de vengeances. Te laisser toucher par ce... Je n'ai même plus assez d'insultes, tant j'en ai déversé sur vous deux ces derniers jours. Je me redresse lentement, passant une main sur mon visage fatigué, encore terrassé par la fatigue, mais je n'ai plus envie de dormir. Je veux oublier, t'oublier toi, à jamais. Je veux que tu sortes de ma tête, que tu te noies dans mes pensées, que tu meurs putain. Disparais, pour toujours, va crever dans les enfers. Machinalement, mes gestes presque guidé par automatisme sortit de je ne sais où, j'enfile un bas, glissant ma baguette dans ma poche avec mon paquet de cigarette sorcière. Je ne sais pas quelle heure il est, sûrement très tard, la nuit est noire, ce n'est sûrement pas une heure pour réveiller des gens. C'est pourquoi je fais le plus de bruit possible, frappant dans un lit au hasard certainement pour extérioriser la colère qui est maîtresse de mon âme, et je claque la porte en sortant.

Je marche, je cherche un endroit qui ne me rappellerait pas toi. Une allée où je ne t'aurais pas insulté, un couloir qui n'aurait pas entendus nos éclats de voix et nos disputes, un tableau qui n'aurait pas assisté à nos échanges de regards mauvais. Et je finis par trouver refuge dans la tour d'astronomie. Celle ci est baigné dans l'obscurité, un fin halo de lumière éclairant à peine un carré de la pièce provenant d'une fenêtre. J'ouvre d'ailleurs celle ci, m'asseyant sur le rebords et commençant à fumer. Mes pieds se balançant dans le vide, comme pour le narguer, il suffirait que j'avance encore de quelques centimètres pour chuter. Un rien et je tomberais, je chuterais pour de bon cette fois. Cela en contenterait plus d'un, même tout le monde. On ne me regretterait pas, on me maudirait de ne pas avoir tenu plus longtemps pour d'autre. La vie est finalement comme une cigarette. On ne peut rien contre sa fin, on finira tous par se consumer, on se transformera tous en un tas de centre. Nous partons chaque jours dans des bouffées que la vie expire, en tirant trop dessus on finit par raccourcir ce qui nous a été donné, mais on ne peut rien contre le temps que l'on perd, contre les minutes qui s'écoulent, contre les erreurs que le passé nous a vu faire. C'est fait, c'est ainsi, c'est irrémédiable. La vie ça pourrit de l'intérieur, c'est bon mais ça tue, c'est mauvais mais on s'y accroche. Parce que je ferais de la mienne un palais doré, un temple où l'on ventera mes mérites faisant grandir mon égocentrisme et mon narcissisme. Je finis par jeter mon mégot, espérant te jeter toi, qui empiète sur ma vie, mes rêves, mon idéal.

Alors que je repars, mes pieds foule un liquide froid, qui imbibe rapidement mes chaussettes. Je gronde guère d'humeur, dégainant ma baguette pour éclairer cela. C'est rouge, totalement rouge, une flaque, bien trop grande bien trop étrange, à l'odeur de rouille. Du sang, à n'en pas douter, ça ne peut être que cela.. Je remonte lentement le faisceau que retransmets ma baguette pour que mon effroi s'empare de mon corps, pour que ma rage se mue en profonde douleur, pour que mon envie de te voir disparaître soit réduite au silence. C'est toi qui gît ici, fin pathétique de la princesse déchue, disparition de la Perséphone de mes songes, de ma Lilith à moi. Véritable poupée de porcelaine sortant tout droit des enfers, nageant dans une marre vermeille, alors que le dorée de ta chevelure est strié de sang, de ton propre sang. Alors que ta peau albâtre que mes doigts ont si souvent caressé est par endroits abîmé, coupé, plaie béante qui t'empêche de vivre une seconde de plus. Tu es là face à moi, qui m'est transformé en véritable statue, figé sous l'horreur, mort à l'instant, cœur à peine vivant décapité par ta disparition. Je le sens revivre pour mieux exploser, pour mieux se taillader. Tu es cruelle, tu souhaites ma souffrance jusqu'à ta dernière seconde, tu veux partir en me donnant une bonne gifle en m’entraînant avec toi.

« Qu'est-ce que t'as fais Alyssandra, putain... ! »

Le méprisant, celui qui blesse, celui qui aime souffrir, tombe à genoux face à toi. J'entends presque la Mort me narguait. Je la laisserais pas te prendre, ma douce, personne ne te touchera plus à part à moi. Je me fiche du sang, je noies mes propres mains de dedans. Je suis terrifié, d'une peur que je n'ai encore jamais ressentis. Quel est cet effrois qui glace mon sang, qui fait battre mon cœur à une vitesse presque irréel, ce tremblement qui s'empare de mes mains alors que je cherche ton pouls. Il est là, mais tellement faible, bien trop faible. Je t'attrape, je m'en fiche que tu sois couverte de ton sang, qu'il s'appose sur mon torse, je me fiche de tout cela, je te serre contre moi, un bras contre ton dos, l'autre portant tes jambes alors que je m'enfuis avec toi dans mes bras de cette tour maudite. Je cours à en perdre la raison. Je te serre contre moi, comme si tu représentais bien plus que tout ce que j'ai pus faire croire pendant toutes ses longues années.

« Je te laisserais pas crever, tiens le coups, je t'en prie tiens le coup, sinon je te retrouverais dans les enfers et je te ferais payer de m'avoir abandonné. »

Qu'est-ce qu'il te prends de faire des choses pareils ? Pourquoi tu te fais du mal comme cela ? Depuis notre première rencontre, notre premier jeu de regard, notre premier baiser tu t'es condamné à souffrir. Tu as voué ta vie à la souffrance éternelle en m'aimant moi. Je suis mauvais, je suis l'essence même du mal, et je ne te l'ai jamais caché. Je t'ai vanté les mérites de ma froideur, de mes colère, de la terreur que j'inspire. Et tu es resté, deux longues années à mes côtés avant que je ne fracasse tout, que je fasse tout voler en éclat. J'ai fuis, je ne suis pas courageux, je ne suis qu'un démon fuyard. J'ai eu peur, de toi, de tout ce que tu représentais, de tout ce que tu me poussais à ressentir, de toute ces choses anormales qui se produisaient en moi quand tu étais là. De toutes ses pensées sortit de je ne sais où qui naissait dans mon esprit lorsque ton odeur embaumait mes sens. J'ai fuis, je t'ai abandonné, et là tu te venges, tu m'abandonnes, tu abandonnes la vie, tu m'es un point final à notre jeu malsain.

« Je te jure que si tu revis, je te tues de mes mains pour avoir osé te donner la mort ! T'as pas le droit !!!! »

Mais putain tu ne peux pas mourir, tu ne peux pas me laisser, je te l'interdis. TU N'AS PAS LE DROIT ! Je t'ordonne de vivre, je t'ordonne de respirer ! Je te l'ordonne !!! Comment je ferais sans toi ? Comment je pourrais continuer ne serais-ce qu'à respirer si toi tu le fais plus ? J'ai beau te haïr de toute mes forces, de toute mon âme, me persuader que tu n'es qu'une erreur de ma sainte existence, si tu n'es plus là mon monde s'effondre. Si tu disparais, mon monde à moi n'a plus lieu d'être, ne veut plus rien dire. Tes insultes, ton mépris, ta colère, c'est ce qui fait fonctionner le mien, c'est ce qui continue à faire pulser mon cœur presque mort. En disparaissant, en faisant preuve d'autant de faiblesses, tu nous condamnes tout les deux, tu ne donnes la mort et me pousse vers l’échafaud. T'as pas le droit putain ! Reste avec moi, je t'en prie ne pars pas ! Mes lèvres glissent sur sur ton crâne que j'embrasse avec force, pour prendre en toi le courage qui commence à naître en moi, que je n'ai semblerait-il jamais eu.

« Allez j'y suis presque, me lâche pas maintenant, pas après tout ce qu'on a vécu, et tout ce qu'il nous reste à vivre tout les deux. »

Tu m'entends là Mort ? Si tu m'entends je veux que tu saches que je te combattrais, que je te laisserais pas l'emporter ! Elle est à moi, je suis ton souverain et je t'ordonne de la relâcher. Elle m'appartient, je l'ai marché, j'ai apposé sur son derme la trace de mon amour malsain, la marque de mon appartenance éternelle. Je refuse de te perdre, tu es à moi, je ne peux vivre dans toi. Je deviens fous rien qu'à l'imaginer, je deviens taré rien qu'à cette pensée. Je cours, je laisse mes pas m’emporter, je laisse les tableaux me cribler de jurons, j'avance, je veux faire plus vite que la Mort, j veux la battre à son propre jeu, l’empêcher de te prendre à moi. J'ai jamais eu aussi peur de ma vie. J'ai jamais crains quelques chose aussi fort pour quelqu'un d'autre que moi. Mais toi tu es tellement différente...Tellement pas comme les autres.

J'ouvre à la volé la porte de l'infirmerie, provoquant un grabuge sans nom, rameutant je ne sais combien de personne. J'appelle l'infirmier, je le somme de se dépêcher, je lui hurle d'arriver dans les plus bref délais. Il ne tarde pas à arriver, j'ai presque du mal à te lâcher, je veux pas que l'on t'arrache à moi, j'ai peur que tu partes... Cruel tableaux, de deux anciens amants que tout sépare, l'un qui se proclame comme étant la Mort, l'autre qui fonce tout droit vers elle. L'un couvert de son sang, l'autre perdant tout son sang. Non je ne veux pas tu meurs, je perdrais ma seule lumière...

[color:b4cc=#009966« Sauvez la, sauvez la parce que si vous le faites pas je vous le ferais payer ! »]

Regarde de véritable fou, ma voix tremble, comme le reste de mon corps alors qu'une larme orpheline s'échappe. Satan comprend enfin que même lui a des faiblesse, une faiblesse, bien trop belle, bien trop dangereuse, ce qu'il cherchait à fuir depuis le début.


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