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 Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits

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MessageSujet: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Mer 26 Nov - 1:29


 ◈ Callarya ◈
Sur tous les murs
j'écrirai je le jure Liberté








Rose a été kidnappée, torturée, violée. Elle a tout oublié, son corps se rappelle. Kidnappée, torturée, violée et aucune preuve, trace, de l'agresseur. Rien. Alec Hudson a tué un homme mais a sauvé Rose, ce n'est pas quelqu'un de mauvais. Il doit l'épargner pour Rose. Amalys insiste, il doit se taire, cacher à Poudlard un meurtrier. Sauver Rose ne le rachète pas, une bonne action n'annule pas les péchés. Jacob ne lui parle plus. Poudlard est sens dessus dessous. June est à Poudlard et en lui s'éveille ses plus bas instincts. Rose, June, elles excitent le pire en lui, le chien qu'il sait être, le coyote. Il a eu envie de meurtrire June. De lui attraper son bras, de presser fort pour qu'elle se plie à sa volonté. Aryanedëlle McMillan est fiancée à Abel McMillan.  La nouvelle vient de tomber à l'instant. Aryanedëlle est fiancée à son cousin Abel. Inconcevable. Il est sur les nerfs depuis la rentrée, au bord de l'intolérance avec les élèves, implacable, exigeant, irritable, il a manqué de mourir, tombe amoureux, découvre celle qui est comme une sœur au bord de la mort et là... Aryanedëlle est fiancée. Il n'a pas son mot à dire, il n'est rien de plus qu'un homme qu'elle a désiré par deux fois, il n'est qu'une passade. Un flirt. Une aventure dans leurs esprits à eux deux. Il ne peut être plus, il n'a rien à lui offrir. Peut-être aime t-elle Abel ? Son cousin, drôle de mœurs, cela n'empêche pas l'amour de naître. Il n'est qu'un père divorcé, un employé, elle, une élève et jeune femme qui a toute la vie devant elle. Tant de chose à vivre, lui, il n'a rien à lui donner. Il n'est pas si tard, le couvre-feu s'active dans une demi-heure et les ragots dans les couloirs continuent de s'alimenter. Fallait-il qu'il vive dans sa bulle pour passer à côté de cette information, fallait-il qu'il soit si concentrée sur Rose pour la laisser partir. Oui, concentre toi sur Rose, oublie Aryanedëlle, c'est mieux pour vous deux.

Dans vos dortoirs ! Il hurle, grogne, en prend un et le pousse pour qu'il montre le chemin aux autres. Les mais fusent, les critiques sont acerbes, il s'en fout, il en prend un, le pousse et les autres finissent par suivre bon gré mal gré. A ceux qui osent l'affronter, il enlève des points. A ceux qui insistent pour se dérober à son autorité, il offre des retenues. Je ne suis pas d'humeur à être conciliant, vous m'obéissez. Dans le flot des élèves il la cherche du regard, c'est plus fort que lui, il bouille. Un dernier regard avant de te laisser partir. Il traverse les couloirs, espère la surprendre, qu'elle ne soit pas déjà dans sa maison. Te trouver, je dois te trouver une dernière fois. Te voir, une fois de trop. Une chevelure brune, son cœur tressaute, ce n'est pas elle il le sait, il veut que ce soit elle, sa main s'approche de l'épaule, ce n'est pas elle. Une silhouette menue, ces cheveux qui balaient son dos à chacun de ses mouvement, cette démarche, la voilà. MCMILLAN. Les quelques élèves qui les entourent s'arrêtent, se retourne vers le surveillant. Il est furieux. « Qu'à fait Arya pour le mettre dans cet état ? », « elle a dû faire une sacrée connerie », « elle est convoquée dans le bureau de Dorcas ? ». Il bouille, de rage, de jalousie, d'exaspération, il bouille de la perdre pour un autre, de n'avoir rien à lui offrir. Tu me détruis, présente ou absente, tu me détruis. Suivez moi. Aucun commentaire, aucun refus n'est toléré, il vibre de rage alors qu'il prend la direction du bureau de du directeur. Les élèves se raréfient et quand enfin ils sont seuls, Callum profite de l'opportunité pour la faire entrer dans la pièce vide. Un sort prononcé pour l'insonoriser.

Que fais-tu Callum ? Cela va se savoir, que tu as convoqué Aryanedëlle McMillan, si Dorcas t'interroges, que vas-tu raconter ? Ses sentiments ne sont pas confus, tout est au contraire très clair. Tu te perds. C'est très clair. J'ai eu envie d'attraper le visage de ton fiancé et de le défigurer contre un de ces murs de ce château que je n'ai jamais aimé. Le défigurer pour que tu ne lui trouve aucun attrait. L'écraser pour qu'il renonce à toi. Je me bats pour arrêter des hors la Loi, je suis prêt à sacrifier mon amitié avec Rose au nom de la Justice, je me bats contre eux, contre mes propres démons et j'enchaîne les conneries, je les enchaînes depuis que tu es entrée dans ma vie. Tu es là, fascinante, désirable, si parfaite. Tu es parfaite jusque dans chacune de tes imperfections. J'ai succombé, par deux fois, je me suis pris à confier mes sentiments. J'ai oralisé mon souhait d'être à toi, que tu sois à moi et qu'il y ai des lendemains pour nous deux. Je me suis mis à rêver d'un nous et je sais que je n'en ai pas le droit. Je n'ai pas ce droit. Je reviens d'un week-end dont tu n'imagines même pas l'horreur, j'en ai vu des sales choses mais ça c'était un carnage. Ma Rose brisée, je vis chaque seconde de notre retour avec la frustration grinçante de n'avoir pas pu la sauver à temps. De n'avoir pas empêché son kidnapping. Je lutte du côté du ministère mais je crève d'envie de tuer, détruire, l'homme qui lui a fait ça. Ce n'est pas le moment de me provoquer, ce n'est pas l'heure aux mauvaises nouvelles et toi, toi ma beauté, tu te fiances. Mais je ne veux pas. Je ne veux pas te perdre pour un autre, je suis égoïste, je te veux à moi, rien qu'à moi. Trente cinq ans, des erreurs et des réussites, une fille, cela ne me rend pas sage. Je suis hors de contrôle, la raison n'a pas de prise sur mes sentiments. En amour je suis possessif, maladivement jaloux et violent. June avait peur de moi, je ne veux pas l'être avec toi, elle me rend l'amour violent, toutes me l'ont rendu ainsi mais toi, je veux que ce soit différent.

Félicitation pour les fiançailles. Grondante, la colère à peine masquée, son visage fermé, plus assombrit que d'ordinaire. Il est dos à la porte, il aimerait laisser un espace pour qu'elle ne se sente pas emprisonné, il est prêt à bondir pour l'empêcher de lui échapper. Je ne veux pas être ainsi avec toi, ne pas refaire la même erreur. J'espère que c'est un gars bien.Il bouge enfin, se rapprochant d'elle à chaque pas pour l'obliger à reculer ou pour la dominer, dans les deux cas c'est pour mieux la prendre de haut, pour asseoir une autorité sur elle. Ne te dérobe pas. Que vous allez être heureux ensemble. Toujours un peu plus proche, sa tension se raffermissant à chaque pas. Soit heureuse avec ton petit mari qui ne fait pas de vague. Abel McMillan, il n'a jamais eu affaire à lui et c'est bon signe. Demain il se renseignera sur son compte, pour l'instant il a des félicitations à présenter. Tu me le présente ? Allez, présente moi l'homme qui t'accompagnera tout au long de ta vie, allez, présente lui celui que tu as embrassé dans une déclaration criante. Il devient cynique, mordant, un peu plus agressif à chaque pas pour, fatalement, basculer dans la vérité. Sans préambule parce qu'il n'est pas homme à tourner autour du pot, parce qu'il est emporté par ses sentiments et sa crainte qu'elle lui échappe. Parce que sa jalousie le torture, lui mord le cœur et qu'il n'aspire qu'à une chose, la prendre dans ses bras, l'enlever aux yeux des autres hommes. Reste avec moi pour toujours, sans raison, avec passion, les regrets pour demain, il finit par être bien trop proche d'elle. Ne l'épouse pas. Reste à moi, ne me lâche pas pour un autre, n'obéis pas à sa demande, brise ton engagement. Reste avec moi. Ca ira, mon amour, tu peux refuser, tu as le droit de ne pas aller vers lui. Sa colère fait vibrer sa demande, l'impose, l'ordonne, ne l'épouse pas. Ses yeux plantés dans les siens ne la lâchent pas, ne t'enfuis pas, ne part pas vers lui. C'est irraisonné, il ne pense plus, c'est absurde, il n'a pas à lui demander une telle chose, il n'a pas à la fixer avec cette passion imposante. Je t'impose mes sentiments, implacable évidence, si tant est qu'après le baiser elle n'ait pas compris combien l'homme de main s'était épris d'elle.


_________________
Qu’importe j’irai où bon te semble. J’aime tes envies j’aime ta lumière, tous les paysages te ressemblent quand tu les éclaires. J’irai où tu iras, mon pays sera toi. J’irai où tu iras qu’importe la place, qu’importe l’endroit.
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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Mer 26 Nov - 5:30

Ça ira mon amour


J'ai rêvé nos corps qui se touchent, caresser l'esprit de nos idéaux.
J'ai posé ma langue sur ta bouche, savouré l'essence de tes moindre mot.
Malgré tout, le désir est fragile. Mais ça ira mon amour.



Perdue dans la foule mêlant les Serpentard délogés aux rouge et or, elle avance, se plie au rythme que tous suivent. Le mouvement est mécanique, s'accompagne d'un brouhaha de discussions dont elle ne capte que des bribes. Des mots au hasard, lancés à la volée. On se demande combien de temps prendra la réhabilitation des sous-sol, si un bal de Noël aura bien lieu cette année, quel sujet tombera au prochain examens de potions. Dans sa tête, les échos de tous ces gens qui l'entourent se mêlent et se brisent dans la plus parfaite incompréhension. Elle avance, presque sans besoin de lever les pieds tant elle se sent portée par ces rangs gonflés par la présence des verts qui les ont rejoint, et cette seule pensée la ramène à un sentiment d’écœurement la tenant à la gorge. Elle  ferme les yeux tout en poursuivant sa route. Mais cette route, quelle route... Elle entrevoit un futur sombre et incertain. Les yeux d'un bleu de ciel de celui qu'on lui a désigné pour être son avenir la terrifie car cet homme-là, de son sang et qu'elle connaissait pourtant à peine n'est pas détestable, tout au contraire. Leurs idéaux sont diamétralement opposés, mais il n'est pas le coupable de sa peine, et pire encore, ses regards allument en elle des élans de compassions et de tendresse qui lui rendent les choses bien plus compliquées. Elle sait. Elle sait qu'elle ne l'épousera pas. Il faudrait la soumettre au sortilège de l'imperium pour la forcer à dire oui, sa main dans la sienne, mais quand bien même salirait-on sa volonté avec tant d'audace, elle s'échapperait toujours, d'une manière ou d'une autre. Ceux qui veulent lui passer des chaînes autour du cou n'ont aucun crédit pour le faire. Au milieu des princesses McMillan, elle n'a jamais eu l'impression que qui que ce soit l'ait élevé et ne doit rien à personne. Encore moins à eux. La notion de famille et du devoir qui s'y apparente sont des notions qu'elle n'arrive pas à concevoir et pour lesquelles elle ne veut pas perdre son temps. Son si précieux temps qui lui échappe, goutte à goutte. Il file, glisse entre ses doigts. Ses paupières s'ouvrent à nouveau au détour d'un nouvel escalier et sa tête bourdonne. Elle a manqué de mourir il n'y a pas si longtemps. Elle a manqué de mourir sous la roche, elle a manqué de mourir sous ses lèvres, et ses doigts se portent à sa bouche. Depuis combien de temps ne l'a-t-elle pas vu ? Prisonnière du sablier, elle ne voit plus passer les jours. Ses comptes sont approximatifs, elle n'entrevoit que les événements terribles lui ayant pompés tout ce qui restait d'énergie et de bonne humeur en elle. Une lettre de son père, incendiaire, lorsque ce dernier eut été averti qu'elle avait été la seule victime parmi tous les étudiants de Poudlard à pâtir de l'incident des sous-sols. Pas un mot pour s'inquiéter de son état, de sa jambe qu'elle avait bien cru perdre. Le maillon faible de la chaîne avait-il dit, et il ne s'était même pas donné la peine de mentionner ce qu'à sa sortie de l'infirmerie Abel lui avait appris. Cet homme qui l'avait engendré n'avait pour elle que tu mépris et l'avait bradé sans l'once d'un égard. De cela elle aurait voulu se plaindre, trouver une oreille, une épaule à qui confier cette angoisse, cette détresse et ce sentiment d'injustice terrifiant qui lui serrait le cœur mais qui ? Jake ne lui avait pas adressé la parole depuis la rentrée, n'avait même pas su pour son accident, et quand enfin elle l'avait retrouvé, ça avait été pour l'entendre lui crier dans les affres d'une dispute aussi futile qu'amère qu'elle n'était pas à ses yeux l'amie qu'elle avait toujours pensé être. Son ami le plus cher, le seul lien qu'elle eut souhaité ne jamais voir affecté par ces choses-là avait tout brisé entre eux. Elle n'avait pas voulu le repousser, mais comment faire autrement ? Mentir et essayer ? A quoi bon, cela était inutile. Il y avait quelqu'un d'autre. Le goût de sa vertu sur les lèvre d'un homme, alors à quoi bon. Elle l'avait laissé. Elle était seule. Pas physiquement, mais à l'intérieur, tout n'était plus que ténèbres et noirceur que même Tara ne parvenait à chasser vraiment.

Le seul fait d'exister, de se rendre en cours tous les jours en faisant mine d'ignorer toutes ces choses  la crevait de l'intérieur. Et le temps passait. Vite. Tellement vite. Elle pensait à lui parfois. Souvent. Mais lui aussi semblait absent. Ses yeux ne le croisaient jamais ou alors rarement. Si elle criait son envie de lui dans le silence de ses songes, sa tête et son attention étaient déjà trop occupés par le fait de faire bonne figure au quotidien pour qu'elle ait vraiment eu le temps de se préoccuper de lui plus que de raison. Sur son passage parfois on chuchotait. Les murs du château étaient fins et les tableaux bavards. Il n'en avait pas fallu plus pour la demande en mariage d'Abel fut rendue affaire publique. Elle s'en fichait. Ils pouvaient bien croire ce que bon leur semblait, spéculer et cancaner à leur guise sur son compte si leur propre vie ne leur donnait pas le loisir de s'occuper de leurs affaires, elle n'en avait plus cure. Et la foule avançait, lente, soporifique. Comme une vague l'emportant, jusqu'à ce qu'une voix dans la masse mouvante ne vienne la ramener à la réalité. Elle relève la tête, vivement, pas certaine que cette voix qu'elle connaît par cœur soit bien en train de l'appeler elle. Mais on se retourne et on la regarde. On chuchote, encore. Aryanedëlle McMillan va se prendre un savon. C'est comme au spectacle. Il ne manque que les trois coups. Elle se retourne lentement. Ses yeux sur lui sont vides d'abord et se fronce finalement en découvrant son allure bien trop ferme. Tu es en colère et je me fous de savoir pourquoi. Je n'ai pas de temps pour toi maintenant. Mais le public attend d'elle qu'elle se plie à son rôle d'étudiante se faisant interpeller violemment par un adulte. Elle le regarde. Qui pourrait croire qu'il y a peu le corps de cette homme couvrait le sien dans les décombres d'un monde entre vie et mort ? C'est comme si rien de tout cela n'était arrivé. Comme si rien de tout cela n'avait vraiment existé. La peur, la douleur. La morsure de la vie alors qu'elle avait cru le perdre tranche amèrement avec l'indifférence et l'agacement qu'elle ressent à le voir la regarder de haut. Je t'ai sauvé la vie et tu as sauvé la mienne. Quand bien même ton poste t'en donne le privilèges, tu n'as pas le droit de lever si fièrement la tête devant moi. Tu n'as pas le droit de m’assujettir de la sorte. Elle avance. Se fraye lentement un chemin dans la foule qui l'entoure. On croirait voir dans sa cadence celle de l'enfant penaud prêt à se faire gronder et avançant à reculons vers la correction qu'il doit prendre. Suivez-moi. Elle lève les yeux au ciel dès qu'il tourne le dos. Pathétique. Cette comédie là est pathétique. Ce vouvoiement la dégoûte, mais elle suit la procédure du rapport entre surveillant et étudiante. Elle ne lui connaît pas ce regard et ce visage, mais elle le connaît lui. S'il prend la direction du bureau du directeur de l'école, elle s'ancre longuement dans la certitude que leur route va dévier. Et si elle en commence à en douter en le voyant grimper vers une autre tour, ses convictions s'en revienne dès lors qu'il l'invite à sa manière à pénétrer dans une pièce dérobée qu'il prend soin d'insonoriser.

Tous ses membres se crispent. Elle attend que tombe le couperet. Hodgson n'est pas homme à savoir tenir longtemps les non-dits et elle l'en félicite en silence. Elle-même n'a plus ni la force, ni l'envie de se prêter au jeu des masques. Surtout pas ce soir. Félicitation pour les fiançailles.

Elle entrouvre la bouche de surprise, le fusille du regard, soupire d'exaspération tandis qu'il fait couler le fiel d'un sentiment qu'elle n'a jamais connu à son égard. C'était donc cela. L'heure des comptes a sonné. Elle n'est rien pour lui. Ne joue pas avec les hommes, lui avait-il dit avant de disparaître et de la laisser en proie à ses larmes d'enfant bafouée. Mais il est le seul à jouer, et de toute évidence, tel un enfant, Hodgson se refuse à céder à quiconque la poupée qu'il s'est octroyé. Et elle... Tellement pitoyable, tellement dépendante de lui... Ne lui a-t-elle pas déjà exprimé dans cet enfer de poussière ce qu'il en était de son désir ? S'il n'a pas comprit seul, alors tant pis. Il s'époumone à faire l'enfant, suggérant pour elle des vœux d'un bonheur sur lequel elle crache, demandant mielleusement si Abel est quelqu'un de bien. Et pour la première fois, loin de cette harmonie qui avait forgé leur première rencontre, loin des émois que furent les leurs, elle murmure, tranchante. « Ferme la... » Mais il n'entend rien et continue de plus bel. Va-t-elle lui présenter son fiancé ? Quelles raisons aurait-elle de le faire ? Elle est épuisée. Cette vie, ces cauchemars à chaque nuit, tous ces gens. Tout l'épuise, la défait de ses forces. Et lui qui s'avance, encore, toujours. Elle n'a personne à lui présenter. Elle voudrait juste lui dire...

Lui dire comme elle l'a cherché du regard chaque jour passé dans cette infirmerie si familière, et chaque jour qui passa après ça. Le rassurer, simplement lui faire savoir qu'au moment où son propre parent s'est agenouillé devant elle, épouvantée, le seul désir l'ayant étreinte était celui de courir se réfugier dans ses bras. Mais elle a grandi Aryanedëlle McMillan depuis le jour où Callum Hodgson dû la porter à bout de bras dans un lit d'infirmerie, elle qui déjà ne pouvait plus marcher. Elle ne fuit plus. C'est peut être cela au fond qui l'épuise tant, cesser de fuir, de se cacher. Simplement assumer les obstacles que la vie dresse devant elle et les contourner de son mieux. Elle s'y efforce, elle qui ne savait que lever les bras pour cacher son visage des coups qu'on lui portait. Elle riposte à présent, et pourtant ne sait quoi répondre quand malgré le ton le plus brutal qu'elle lui ai jamais connu, il ordonne et réclame, supplie pour qu'elle ne l'épouse pas. Et sa propre agressivité s'envole.

Elle le regarde. Longuement. Sans rien dire. Elle le voit et lui en veux. Ce ne sont pas comme ça que ces choses auraient dû se faire. Ce n'est pas comme ça qu'elle imaginait leurs retrouvailles. Surtout pas comme ça. Elle n'a pas prit les devants faute de n'avoir eu plus de temps pour retomber sur ses pieds, mais la façon dont lui tiens les rennes est pire que tout. Elle tourne finalement les yeux de lui, se mord la lèvre. Tout son visage est piqué de petits mouvements d'exaspération, de colère qu'elle retient, de mots qu'elle cherche. Comment lui dire les choses sans avoir à le traiter d'imbécile, et plus encore, comment lui dire les choses sans lui crier ces trois mots qui la brûle pour lui depuis des mois ? La façon dont il l'a appelé, ses fausses félicitations, cette rage en lui qui déteint sur elle... Tout s'emmêle et raisonne, finit par former le clairon de sa propre voix qui assène brutalement :

« Tu crois que c'est si facile ? Qu'il te suffit de jouer les gros bras, de m'amener ici à la vue de tout le monde dans ton rôle du bon surveillant et de m'ordonner de faire comme cela t'arrange après m'avoir balancé tes sarcasmes ? » Son ton est trop calme, tranchant comme une lame de rasoir. Elle a ramené son regard dans le sien et ce qu'elle croit y voir un instant lui souffle des espoirs indécents que tout son cœur réclame avec hargne quand dans le même temps, sa tête lui souffle de ne pas s'emporter. Il ne s'en tirera pas si facilement. Pas cette fois. Plus jamais elle ne lui donnera l'occasion de passer une nuit sur le sol à le pleurer. Et qu'importe s'il l'a coincé entre lui et cette porte. Elle ne le fuira pas. Ni lui, ni les autres.

« Tu me demandes d'être heureuse avec un autre, tu me félicites puis me demandes de ne pas l'épouser... Tu ordonnes à tout va, tu tires tes propres conclusions... » Sa respiration s'emballe, son souffle entrecoupé, court. Sa main lui presserait la gorge qu'elle n'aurait pas moins de mal à garder contenance. Quand lui parler à cœur ouvert est-il devenu si difficile ? Est-ce à cause des flammes qu'il a dans les yeux qu'elle se sent désormais si blême. Et son cœur cri. Arrête de me regarder de la sorte. Arrête de t'imposer comme l'évidence, de chercher à attirer mon attention avec des paroles blessantes car je ne vois déjà que toi. Parce qu'il n'y a jamais eu que toi. Parce qu'il n'y aura jamais que toi. « Toi, tu es vraiment... Bon sang, tu... Et par Merlin, oui, t'es vraiment stupide Hodgson ! »

Elle a osé. La petite fille hurle sur l'adulte. Elle tremble dans son audace, elle tremble de rage. Ses lèvres suivent la même danse alors que son visage se casse, se défait de la fureur qui l'envenimait. C'est la vérité qui lui coule d'entre les lèvres. « J'ai pas besoin que tu te pointes ici en jouant les durs pour savoir ce que je dois faire ou pas ! J'ai pas besoin que tu t'époumones dans le vent, ou que tu me balances des trucs aussi dégueulasses que tes faux souhaits de bonheur ! Et tu sais quoi ? Je n'ai même plus besoin que tu sois là pour me porter quand ça va pas parce que... Parce que je suis solide ! »

Elle s'arrête, net. Ses propres paroles l'ont surprise.
Elle le regarde au travers de ses larmes naissantes, de ses perles d'eau ayant fait leur place dans ses yeux au rythme de sa voix passée du cynisme aux cris.

« Je suis solide maintenant. Grâce à toi... Aujourd'hui je le suis vraiment. Et je le suis assez pour refuser qu'on m'impose ce... Cette histoire grotesque de fiançailles. J'ai pas besoin que tu me dises de pas l'épouser... J'ai pas besoin que tu me blesses comme ça pour savoir ce que je dois faire. Mais... »  Tu es si près. Tellement près. Je te déteste d'être capable de faire naître en moi toute cette envie quand tu ne mériterais qu'une gifle pour te montrer aussi stupide et immature, toi qui est pourtant bien plus vieux. Et elle te tient, sans même te toucher. Et elle te tient quand ses mains se posent sur ta taille. Elle n'a jamais fait cela avant mais cela ne la fait plus rougir. Oui. Elle a bel et bien grandi Aryanedëlle depuis ce soir où tu lui portas secours dans la pénombre du troisième étage.

Et elle murmure son évidence. Reconnaît sa faiblesse.
« J'ai besoin de toi Hodgson...»

Vois ses yeux qui cris et qui t'appelle. Elle les a dressés droit dans les tiens, elle les amarres, les tiens férocement, étreinte par la peur qu'il la quitte un jour. Tu t'es volontairement approché pour la contraindre à t'écouter, mais elle a grandi. La voilà solide. Peu importe comme sa voix semble inaudible quand elle prononce ces derniers mots, ceux-là existent, et ils te rendront fort.

« J'ai envie de toi. »



© Yuki Shuhime & Aloysia


_________________
- DIS QUE TU ME RETIENDRAS -
Et juste au moment ou j'étais bien toute seule, tu m'arrive comme un coup de poings sur la gueule. L'autoroute de ma vie filait tout droit devant, notre rencontre est un accident.
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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Jeu 4 Déc - 14:44


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Il subit sa colère, subit ses exaspérations et ses mots durs. Il encaisse, vibrant de colère, serrant les poings et la toisant dans un mélange de rage et d'amour, tout n'est que démesure. Ce n'est que de la démesure, ses sentiments, émotions, s'entremêlent et elle a beau lui clamer la vérité, ses gamineries, son autorité déplacée, il n'entend pas. Tout ce qu'il veut entendre, c'est qu'elle ne sera jamais à cet autre que lui. Sa voix monte, forcé de l'entendre, cela ne fait que gonfler sa colère. Elle hurle, adieu l'adolescente, la jeune étudiante, déjà esquintée elle s'efface complètement sous cette femme qui s’épanouit sous ses yeux. Indépendante, forte, libre, incroyablement libre, l'enfant qui se brisait sous les coups n'est qu'un souvenir, un pan de son histoire et là, sous ces cris, il ne voit que la femme dont il est tombé amoureux. Cette femme qui n'a besoin de personne, cette être qu'il a perçu sous le sang qui a coulé sur sa peau d'albâtre. Plus forte, bien au dessus de lui, elle réduit l'homme de main au statut d'homme jaloux, adieu le mentor, le protecteur, il n'est qu'un homme jaloux, capricieux, impatient et sarcastique dans sa douleur. Il n'est qu'un amant apeuré. Et réduit de la sorte, Callum éprouve le violent désir de la prendre dans ses bras, de la serrer contre lui, de baiser cette bouche qui hurle, de s'enivrer de cette odeur qui l'enveloppe à chacun de ses mouvements. Pourtant elle s'acharne à le repousser, elle clame son indépendance, elle fait ce qu'elle désire, elle n'a pas dit qu'elle refusait pour lui. Elle fait ce qu'elle souhaite car elle en a la capacité ! Elle n'est plus celle qui subissait ! Elle ose dire que c'est grâce à lui et il se déchire sous ce remerciement qui sonne comme un adieu. Il vibre, la douleur, la peur, s'entremêlent à la passion, j'ai envie de toi, j'ai envie que tu ne sois qu'à moi. Prendre son amour, s'imposer dans sa vie, ne pas en partir, perdre la raison pour ces yeux-là. Et il attend, silencieux, stoïque, où seuls ses membres vibrants et la passion de ses yeux l'emprisonnent. Il saigne, quelque secondes, le temps que les mots soient dis et que la respiration crée un bref silence. Il saigne, pas elle. Elle rebondit, passe à autre chose, à une autre vie et il devient dément. Sait son amour, a entendu la déclaration mais la peur de la perdre fait oublier le passé, fait perdre sa raison. S'il l'avait, il ne serait pas là. S'il avait son esprit clair, il l'aurait laissé partir. Je n'ai rien à t'offrir, j'ai tout à perdre pour un amour évident.

Tu aurais dû n'être qu'une élève comme une autre et l'affection née n'aurait pas dû être souillée. L'affection d'un protecteur pour son élève, une touche d’ambiguïté jamais explorée pour plus de pureté. Parce que je ne suis pas homme à dévier de mon devoir, parce que tu n'es pas femme à se laisser aller à flirter. Rustres, enfermés dans nos murailles, nous n'aurions dû être que deux compères, à la différence d'âge surprenante et nous aurions dû nous sauver mutuellement. Une main tendue, un sourire et une plante au coin de la fenêtre, cela aurait dû être nous. Pendue à ses lèvres, à chacun de ses mots comme avide d'air, il se laisse frissonner à cette main qui se pose sur sa taille. La sensibilité exacerbée décuplée sous cet aveu murmuré. La peur s'envole, balayée, remplacée par un demi-sourire. J'ai besoin de toi Hodgson. J'ai besoin de toi. Il reste en place, l'acolyte tombé amoureux de la protégée. Il reste là et pour tout l'or du monde il ne pourrait disparaître, sans mot dire il posa sa main sur cette main sur son torse. Folie que d'avoir crié alors que tu es là, accrochée au précipice de ses yeux, prête à plonger avec lui.  Folie que sa jalousie, sa peur qui l'a rendu comme fou à te chercher, traquer, à te tirer jusqu'ici. Tu es entrée dans ma vie comme un ouragan et sans toi j'aurais été le même mais en moins éclatant. Il ne peut pas dire que le regard qui s'acharne à le retenir le sauve, il ne peut pas dire qu'il se sent devenir meilleur ou que la vie se peint de rose. Seulement... les étoiles perdent en éclat, les heures ne sont plus que des heures. Les femmes désirées se fanent, les traits de son visage se creusent. Sa propre peau se ternit, les odeurs ne sont plus, le goût est le même et sa vue se grise. Il manque de tout ce qui fait son essentiel.

Elle est une évidence, ils sont leur évidence et pour toutes ces subtilités il se rapproche d'elle. Pour ces subtilités du quotidien, d'émotions, ces regards, intonations qui forment leur histoire. Pour ces silences, ces cries et ces rêves, il brise sa plus chère promesse. Il ne demande pas le pardon, ni la compréhension, il brise les règles, se détruit pour les yeux d'une étrangère sa loyauté mise à mal mais jamais ébranlée. Aussi soit loin soit-il, aussi proche soit le nouvel Inquisiteur, il garde la loyauté. Peut-être l'as t-il éraflée plusieurs fois mais là, alors qu'elle souffle ce qu'ils pensent tout bas, il la brise. Ne pas aimer une élève, ne pas enfreindre cette règle absolue car les conséquences en seraient désastreuses. Pour lui, pour l'image de l'Inquisition et surtout, pour la déception qu'il ne manquerait pas de voir dans le regard de celui qui reste le Patron.

Sa main monte à ce visage, effleure une joue du pouce avec douceur alors qu'il se penche avec une infime prudence alors qu'en lui bouille l'éclat rouge de la passion. Ses lèvres prennent les siennes, s'enflamment, le souvenir du baiser retenu d'Aryanëdelle s'envole sous celui, brûlant, de Callum. Je t'aime. Il pose son front contre le sien, ses yeux dans les siens, ne me dit pas de telles choses. Ses yeux dévient sur la courbe du nez, sur sa bouche, remonte à ses yeux et y tombent à nouveau. Sa main sur sa taille se presse, froisse le tissu, pardonne moi, souffle court, j'ai eu peur de te perdre, il s'accroche à elle, se retient à ses yeux, ne me quitte pas. Jamais. Et cette salle sans âme prend des couleurs, même si rien n'est réglé il a en cet instant la sensation que rien ne peut les atteindre, que rien ne peut les séparer. La passion l'enivre, sa main se presse, son souffle se raréfie alors qu'une nouvelle fois il se penche pour lui voler un baiser. Emporté, il embrasse, s'éloigne, revient, sa main sur sa joue coule sur sa nuque alors que son autre main ose glisser plus bas sur le tissu. Le désir, sa passion, tout son amour débordant s'embrase et pourtant, pourtant, il trouve en lui la force de s'éloigner d'elle. Tendu, avec difficulté, il s'arrête pour la regarder. A me regarder de la sorte, à me parler avec ces mots, je vais fondre sur toi et ce n'est pas ce que l'on veut. Partons d'ici. Partons pour un meilleur endroit, pour un lieu où je pourrais t'aimer comme il se doit, pour un lieu plus beau qu'une salle sans âme. Partons pour que je puisses sans crainte me réveiller à tes côtés, sortir au grand air sans que nous soyons jugés, arrêtés, pour mauvaise conduite et pire encore. Le temps d'une nuit, une escapade dans nos vies, un moment, un espace, fait pour toi et moi.

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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Mar 9 Déc - 18:37

Ça ira mon amour


J'ai rêvé nos corps qui se touchent, caresser l'esprit de nos idéaux.
J'ai posé ma langue sur ta bouche, savouré l'essence de tes moindre mot.
Malgré tout, le désir est fragile. Mais ça ira mon amour.



Qu'est devenu ce monde qu'elle connaissait avant lui ? A bien y regarder, cela ne fait pas tout à fait un an qu'il a rejoint Poudlard, moins de temps encore qu'elle le connaît et pourtant le voilà qui se tient devant elle comme sa plus belle évidence. Et la plus insensée. Elle le regarde quand il se penche, elle ferme les yeux quant il la cueille. Cela n'a aucun sens. Trop d'années les sépare, trop de différences. Pour quelle raison le laisser outrepasser les règles, pour quelle raison les défaire avec lui ? Il n'y aura jamais pour eux aucune certitude. Elle le sent, le sent plus que jamais. Son baiser la brûle et la consume. C'est si différent de ce qu'elle a connu. Des lèvres mouillés, maladroites, envahissantes ou brutales, parfois le tout à la fois. Lui-même au premier de ses frémissement lui avait fait mal dans son empressement enragé mais rien n'est plus comparable à ce qu'il lui offre désormais, à ce qu'elle lui rend. Sa bouche sur la sienne vaux tous les mots du monde, vaux tous leurs regards et tous leurs échanges. S'il s'est d'abord montré prudent, elle se laisse glisser bien assez tôt dans son étreinte, mais tout cela est insensé.

Ils seront découverts un jour, pour peu qu'il ne se lasse pas de sa jeunesse inexpérimenté avant. Ils seront mis au pied du mur, et il y aura toujours un obstacle. Il y en a déjà tant. Elle doit s'arracher à lui, le repousser. Tant de colère était là il y a quelques instants, elle devrait s'en servir pour l'arrêter avant que de ne vraiment plus jamais pouvoir faire marche arrière mais déjà il s'écarte, pose son front sur le sien, la contemple et lui parle. Pardonne-moi. Son visage se trouble, elle revit une scène passée dans ses yeux. La chaleur étroite du spa orchideus, son propre visage sur son épaule, ses bras autour d'elle. Elle comprend enfin ce qu'elle n'entrevoyait pas le moins du monde alors. Ses regards, son trouble. Sa mémoire la tire en arrière et lui fait revivre chacune de leurs rencontres en lui pointant du doigt ce que ses yeux ne voyaient pas, et cela la terrifie. Il la terrifie, et la possède à nouveau. Cette chaleur... Cette chaleur qui la prend au ventre, qui la mort et la crève. Ce désir de lui qu'elle nourrit sans doute depuis la première heure. Oui, tout ce qu'elle ne voyait pas avant lui saute à présent aux yeux, la brûle et l'éventre. Quand il donne tout de son être dans un seul baiser, elle prend plus peur encore. Partons d'ici, mais partir pour aller où ? Cette école est une prison, leur idylle une aberration que nulle ne saura jamais tolérer. Elle repense à Abigail. Frère et fils à la fois. Que penserait-il de sa grande sœur en la voyant s’amouraché si dangereusement à ce genre d'homme. Et bien vite, elle repense à Marlow, car celui qui la serre et la touche n'est pas qu'un homme, il est aussi un père. Comment annoncera-t-il à sa fille qu'il aime une femme plus éloignée par l'âge de lui qu'elle ne l'est d'elle ? Et comment réagira Marlow ? Mal. Elle ne pourra que réagir mal, et si Abigail prend la nouvelle sur le même ton, bientôt, ce sera tout le clan McMillan qui s'en viendra la molester pour peu qu'ils ne s'en prennent pas d'abord à lui.

Partons d'ici. Elle baisse les yeux. Ils n'ont aucun échappatoire, et qu'importe comme elle l'aime, peu importe comme elle a mal, comme chaque petite parcelle de son corps hurle après lui et le veut, ils sont en train de faire une erreur. Une énorme erreur. Ses mains qu'elle avait glissé sur sa taille le serre, remonte sur son torse jusqu'à ses épaule. Elle le veux. Elle presse sa peau contre ses doigts menus. Elle le veux. Comment le désir peut-il être à la fois si bon et si douloureux ? Elle ne sait rien de ces choses-là. Elle n'est qu'un lambeau d'existence, torturé par un don que lui n'a jamais su comprendre avant qu'elle ne joue sa vie pour sauver la sienne. Elle n'est qu'un petit rien dont il ne voudra plus sitôt qu'il en aura cueilli suffisamment de satisfaction. Oui, il n'existe pas d'avenir pour eux. Pas d'avenir qui soit durable. Il suffit de voir ce qu'il a mit en jeu pour la tirer jusque ici, et les mots que furent les siens. Cet homme là est brutal. Elle s'en revient à la prise qu'il avait exercé sur son poignet, de son premier baiser sauvage au possible. Tout cela elle l'aime et l'accepte. Sa violence ne lui fais pas peur. Elle dessine avec un naturel surprenant les lignes de sa personne en son âme mais cela ne mènera à rien. Cet amour, cette passion, ils s'éteindront un jour. Et si cela ne vient pas d'eux, ce seront les autres de ce monde qui les leurs arracheront. Alors doucement, elle laisse ses mains redescendre lentement et le repousse. Quelle idiote, n'aurait-elle pas pu se taire en lui avouant qu'elle avait besoin de lui. Qu'elle avait envie de lui...

« Non. »

Elle lève timidement les yeux vers lui et les rabaisse aussitôt. Elle ne peut pas dire ces choses-là en le regardant, il comprendrait trop vite ce qu'elle veut à tout prix lui masquer.

« Je ne peux pas. »

Elle s'extirpe de ses mains, se tord sous lui pour le quitter et sa chaleur qui la recouvrait toute entière laisse alors sur sa peau un froid mordant plus douloureux encore que ne l'était son corps gisant dans les décombres des sous-sol le soir des festivités en l'honneur des Poufsouffle. Elle tente de prendre contenance, de formuler des mots qui suffiront à le blesser quand dans le même temps, ces derniers refusent d'eux-même d'outrepasser la barrière de ses lèvres. Elle s'éloigne. Elle le quitte. Ses dents viennent se perdre à sa bouche qu'elle mord violemment pour contenir le tout. Un silence terrifiant la suit dans son échappée. Fébrile, elle pose ses mains contre le bord d'une table près d'elle et s'y appuie tout en faisant ce qu'elle croit être juste.

« C'est toi que je veux et... J'ai besoin de toi. Quand je suis avec toi, tout paraît si... Simple, et naturel, mais...» Elle fronce les sourcils. Tu ne tapes pas assez fort pour qu'il s'emporte. Non, tu ne tapes pas assez fort pour l'éloigner vraiment. Frappes à la mesure que tu le chéri. Frappes aussi fort que tu le désires. Oui. Frappes aussi fort que tu l'aimes.

« Je crois qu'au fond je me sers de toi Hodgson. Je me raccroche constamment à toi pour avancer, je fais preuve d'égoïsme et de faiblesse, jusqu'à accepter que l'on puisse... » Silence. Un temps. «Tu m'as dit un jour que flirter avec un homme était dangereux et moi je t'ai dit que j'étais forte désormais, assez forte pour me tirer d'une situation chaotique. Et assez forte pour éviter d'en provoquer une autre... »

Elle relève les yeux pour la première fois et se retourne lentement vers celui qu'elle a laissé en arrière. Elle n'a jamais tremblé ainsi. Elle en est certaine. Jamais de toute cette chienne de vie des mots ne lui ont fait si mal, et c'est de sa propre bouche que provient leur source. Son regard rencontre le sien. Elle peine à nouveau à tenir debout, appuyée contre un mur. S'il n'apparaît aucune trace physique de blessure sur elle, elle est pourtant à vif devant lui. Et son regard, ô ce regard, il aura sa perte un jour. Et elle murmure dans le vain espoir de s'achever elle-même.



« Je suis désolée... Callum. »


© Yuki Shuhime & Aloysia


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- DIS QUE TU ME RETIENDRAS -
Et juste au moment ou j'étais bien toute seule, tu m'arrive comme un coup de poings sur la gueule. L'autoroute de ma vie filait tout droit devant, notre rencontre est un accident.
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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Mar 9 Déc - 22:19


 ◈ Callarya ◈
Sur tous les murs
j'écrirai je le jure Liberté








La fièvre les emporte, la réponse à ce baiser, à ses caresses, l'enflamme et en lui naît l'espoir. La raison se tait pour lui permettre, l'espace d'un instant, pouvoir goûter au fruit du bonheur interdit. Pendant un temps, il aura dans ses bras cette femme tant aimée, il rêvera d'un monde où elle sera sienne. La conscience essaie d'inscrire le prénom Marlow en lettres de feu dans son esprit, elle tente de lui rappeler ses sentiments encore confus quant à son divorce, tout ce qui pourrait être plus fort que l'allégeance à Hilliard mais rien ne marche. Marlow acceptera, June appartient au passé. La folie amoureuse de Callum n'a pas de limite, il ne vit pas dans le déni, il sait qu'il trouvera une solution. Il existera une solution, quelle quel soit, où quelle soit, mais elle existe. Pas l'envie de s'appesantir sur les malheurs, ils arriveront bien assez tôt, seul l'instant présent compte. La possibilité d'une île, voilà ce qui compte. Et lui se prend à rêver, à espérer tant et si bien qu'il lui propose de partir. Un ailleurs bien meilleur, il ne parle pas de son appartement ou de sa maison londonienne. Non, il pense à ces villages perdus qui ont bercé ses rêves d'enfants aux pieds souillés par le bitume de la ville. Il pense à la mer qui lèche leurs orteils malgré la froide saison, à l'envie de voir son sourire éclairé son visage sans une once d'ombre. Il pense aux montagnes hivernales, aux contrées inexplorées d'un homme qui n'a jamais voyagé que pour le travail. Callum rêve grand et sa conscience martèle son esprit, répétant inlassablement les mots Devoir, Marlow, June mais qu'importe. Qu'importe car il n'a su offrir à June qu'une triste histoire dont elle semble sortir grandit. Qu'importe car il saura se rattraper et ce qu'il n'a su offrir avant à Marlow, elle l'aura maintenant. Il ne jure pas que cela sera simple, il sait simplement que s'imaginer sans elle est une aberration. Qu'elle glorifie, enjolive sa vie, que sans elle il n'est qu'un père divorcé, un employé serviable au comportement ces derniers temps discutable. Il n'est qu'un ami qui a fauté. C'est une belle vie, aussi bancale soit-elle mais c'est la sienne, aussi clichée cela soit-il. Je peux vivre sans toi mais cela est absurde, qui aurais envie de vivre sans couleur ?

Il n'aime pas le ton de sa voix, il n'aime pas qu'elle s'éloigne de lui de la sorte. Lui, qui se retient de ne pas plisser cet uniforme jusqu'à percer le tissu. Lui qui s'empêche de la presser contre lui, de courir jusqu'à Pré-au-Lard pour y transplaner, ne cerne que trop bien le refus qu'elle ne va pas manquer de dire. Tout en toi crie la négation et lui, il se crispe. Ses traits se durcissent, se froncent, tu ne peux pas ? Il attend, tendu, pourquoi tu ne peux pas ? Qu'est-ce qui t'en empêche ? Lui ?! Après le beau discours de la femme libre, oserait-elle lui sortir qu'elle a un promis au physique d'enfant qui l'attend ? Encore des belles paroles mais ce qu'il voit c'est son regard fuyant, c'est ses mains agrippées à une table et la difficulté des mots. Cette bouche tant désirée qui crache ce qui aurait dû le réchauffer mais ne fait que le glacer. Un frisson désagréable lui traverse le dos, se répand dans son être et ce qu'il attendait tombe comme un couperet sur sa nuque.

Qu'est-ce qui lui prend ? Après tout ce qu'ils ont traversé, elle ose lui dire qu'elle s'est servit de lui ? Qu'elle l'a utilisé pour se grandir, pour se tirer d'une impasse qu'était sa vie mais que maintenant, devenu femme, il peut la laisser seule ? Lui dire qu'il n'est qu'un outil, un jeu et lui rappeler combien il a été ignoble, mais semblerait-il juste, quand il a osé la blesser en la traitant d'allumeuse. De Catin, le mot non prononcé mais l'idée y était. Elle ose après tout... et dans un flash les souvenirs montent à l'esprit de l'Homme de main. Leur rencontre, le sang et les coups, la douleur et la force dans un cocon de faiblesse. Le SPA et ses jeux, son acharnement dans son rôle, son parfum et ses doigts sur ses lèvre. Sa façon de l'ignorer, de le rejeter, à l'anniversaire de Marlow et lui, lui, qui dans tout cela a prit le blâme sur ses épaules. Lui qui dans son appartement a hurler contre elle et son don, pour récolter un baiser dans l'obscurité du SPA qui a fait plus de mal que de bien. Lui, qui fou a confié ses penchants et subis la réprobation de Rose. Sauvé par elle, embrassé par elle dans une déclaration muette, accouru ici pour la ravir à un autre homme.. lui qui s'entend dire que tout ceci n'a servit que ses propres intérêts. Ses mots le blâment, ses yeux crient son amour. Tu n'as jamais été doué pour les sentiments Callum, que ces mots sont vrais et, absurdement, il se prend à douter de lui. Tout se noircit, se mélange, la frêle femme a trouvé un mentor, elle l'a suivit jusque chez lui mais cela ne s'est pas déroulé comme elle l'aurait souhaité. Alors, pour se l'attacher plus encore, elle l'a séduit dans un espace neutre, un espace un brin érotique qui a suffit à ouvrir les yeux à Callum. Elle avait réussi, l'avait pris dans ses filets et tout ce qui s'enfuit n'eut d'autres objectifs que de satisfaire ses caprices. Maintenant, désirée de toutes parts, libre et bien sur ses jambes, loin des coups mais prompte a en donner, elle peut sans complaisance abandonner celui qui fut l'outil de sa transformation.

Elle ne peut pas l'avoir dupé à ce point. Il a sentit ses sentiments autant qu'il éprouvait les siens, il a perçu ce qu'elle ne voyait pas, à compris ce qui s'orchestrait et en a eu légitimement peur. N'avoue t-elle pas avoir envie de lui ? Avoir envie d'être avec lui ? Il ne cerne pas le pourquoi de ses mots, de son attitude et ne veut pas comprendre ; il n'a pas envie de réfléchir à la question car tout ce qu'il voit c'est qu'ils sont ensemble mais qu'elle, elle, elle fait l'enfant. Elle ne peut l'avoir dupé, il ne peut y croire. Et assez forte pour t'éviter d'en provoquer une autre. Pour qui se prend t-elle ?! Deux pas et le voilà face à elle, bam, sa main claque la table et enfin elle remonte son regard sur lui. Il était temps, j'étais à deux doigts de remonter ton visage. Quand tu me repousses ait la force de le faire franchement, bien lâche pour une Gryffondor. Et ce prénom, ce prénom qui lui rappelle de mauvais moments partagés. Tâche noire dans une fête abrégée. Elle s'éloigne, plus qu'à travers la distance elle s'éloigne de lui en l'appelant ainsi, en lui parlant ainsi et, cynique, il pense qu'elle joue à la mère, à la femme qui se sacrifie mais non, Aryanedëlle, lui ne le prend pas de cette façon. Ce beau sacrifice de leur histoire au nom des conséquences, cela lui parle, cela devrait lui plaire mais en cet instant, en ce moment où il a trouvé la force de dépasser tout ça il refuse de te laisser partir.

Tu te prends pour qui ?! Sa voix de chaleureuse n'était plus qu'un vent glacial. Accrochée à la table, plaquée contre le mur, il la voit vaciller mais cela ne fait que renforcer sa colère. Tu le veux autant que moi mais tu te fais passer pour pire que tu n'es, pour plus altruiste que tu ne l'es, tu es absurde et tout ceci est absurde. Tout serait si simple si tu le voulais, si tu osais et que vas-tu faire maintenant ? Cela t'es donc si simple de me laisser ici ? Je te cèdes et tu tournes aisément les talons ? Je me bats pour toi, je t'arracherais à lui, je me briserais pour toi et, toi, toi, tu te vantes d'être devenue assez forte pour renoncer à nous ? C'est qu'au fond, tu ne tenais pas autant que ça à nous. Je ne crois pas que tu n'es fais que « flirter » et je ne crois pas que tu te sois servis de moi. A moins que tu n'es pas assez de courage pour être avec moi, la Gryffondor. Callum s'approche, mordant, jusqu'à ce qu'elle soit complètement plaqué contre ce mur froid. Jusqu'à ce qu'il ne lui existe plus aucune issue que lui. Tu me déçois à baisser si vite les bras. Son regard la cherche, la dévisage, la déshabille et le désir s'en est allée pour laisser sa  place à une profonde déception et une flamme de colère. Je compte vraiment peu pour ne même pas valoir que tu te battes pour nous, en faite, t'étais peut-être bien une allumeuse... Un sourire s'étire sur ses lèvres devenues carnassières et d'un main franche, il attrapa ce beau visage qu'il obligea à le regarder. Ne détourne pas tes yeux, si tu veux me quitter fais le honnêtement. J'ai trente cinq ans Aryanedëlle, dix-sept ans que je suis au service du Patron et ça été l'une des plus belles choses qui me soit arrivé. J'ai une fille merveilleuse que je ne connais pas car j'ai tout donné pour mon travail. J'ai loupé tous ses matchs, ses anniversaires j'étais à peine là ! Enfin il l'a lâche, d'un geste de dédain, la repoussant comme si elle lui brûlait les doigts. J'ai gâché mon mariage à me renfermer, à me taire et il est hors de question que je refasse les mêmes erreurs ! Sa main libre s'en va frapper le mur alors qu'il ne cesse de la regarder, la brûlant de sa colère, de sa frustration et de sa déception. De son amour qui ne s'en va pas, de son envie qui s’étouffe et du désir de lui ouvrir les yeux. Reprend toi. J'ai gâché ma vie, j'ai servis le pire et j'ai aimé cette vie sombre. J'excelle comme homme de main, la paternité me blesse autant quelle m'accomplit mais Marlow grandit, mais le Patron s'en va et, merde Aryanedëlle j'ai droit au bonheur. Nous avons le droit au bonheur. Si tu baisses les bras maintenant, tu n'iras nul part. Je refuse de te laisser abandonner ! J'ai fais tellement pire que te vouloir. souffle t-il dans un murmure. Rien que ce week-end j'étais à tirer Rose d'un hôpital et à exorciser Alec, la plaque du policier fraîchement rendu que j'ai volé me brûle encore la poitrine. J'ai un pied dans ma tombe depuis ce week-end, pour la première fois depuis mon arrivée à Poudlard j'ai frappé un homme, usé des techniques que je réservais à ceux qui s'approchaient du Patron... J'ai déjà fauté Aryanedëlle. Je ne t'ai pas attendu pour le faire, mais si je peux me briser pour une amie, imagine jusqu'où j'irais pour toi.

Je sais ce que je veux mais si tu es trop faible pour l'assumer, je te retiens pas ! Te vante pas d'être forte alors que tu es lâche ! Sa main s'en revient la prendre à l'épaule, alors qu'il s'écarte en la poussant devant lui, la lâchant et Callum se maudit de laisser libre court à sa colère, à sa frustration. De laisser sa peur prendre le gouvernail et sa déception ne pas quitter ses yeux. Rose a peur de lui et il le sait, combien de fois as-t-il surpris le regard inquiet de son amie ? Combien de fois s'est-elle interposée entre lui et Alec, craignant que son ami ne devienne violent contre l'enseignant ? Et elle a raison d'avoir ce regard sur lui. Il bouille de rage depuis sa naissance et tout n'a fait qu'exciter sa colère, seule June et Marlow auraient pu le sauver mais l'entêtement de Callum à ne pas s'ouvrir à elles les en a empêchés. J'aurais aimé que tu sois mon acception. Il a vu Rose agressée, brisée, ce week-end et la rage qu'il a alors éprouvé est toujours palpitante. Je rêve de sang sur mes mains. J'ai été fou de rêver qu'on pourrait oublier les autres, toi et moi, ailleurs. J'en avais tant besoin, après tout ça, goûter la saveur du bonheur, j'ai oublié et tu as raison : il y aura des conséquences. Allez, sort ! SORT !


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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Mar 9 Déc - 23:49

Ça ira mon amour


J'ai rêvé nos corps qui se touchent, caresser l'esprit de nos idéaux.
J'ai posé ma langue sur ta bouche, savouré l'essence de tes moindre mot.
Malgré tout, le désir est fragile. Mais ça ira mon amour.



Ferme les yeux Aryanedëlle. Ferme les yeux pour partir dans l'autre monde, celui où ne vivent que deux êtres, lui et toi. Ce monde où vous êtes seuls, où aucun regard ni aucune loi ne vous jugera jamais. Et tu te remémores à l'infini la douceur dans sa voix te suppliant de partir pour un ailleurs plus beau, tu te la repasses à la mesure que ton cœur bat pour ne pas sombrer sous la furie hurlante de l'homme que tu aimes et qui te rends au centuple la douleur que tu as voulu lui infliger. Quelle idiote tu es. Regarde le cet homme, cet homme qui te vole tes nuits, ta raison, celui qui te consume entièrement par dedans. Garde tes yeux dans les siens et voit la vérité en face. Tu connais par cœur le goût de sa violence, et tu pensais vraiment pouvoir frapper assez fort face à lui ? Le simple ton de sa voix te brise en mille morceaux qui jamais ne se reformeront. Il hurle et se débat contre ce que toi-même tu peines à contrôler. Non, tu n'as pas fait que flirter. Ça pour sûr tu ne l'a jamais fais, toi qui ne sais même pas comment faire. Tu n'as pu que l'aimer instinctivement, sans même le comprendre toi-même parfois. Tu t'es débattus dans un océan de sentiments dont le sens t'échappais mais tu as ouvert les yeux, et ce que tu vois te fige sur place, car tu ne t'es pas servi de lui non plus et que l'entendre te le dire te fait perdre l'assurance de tout ce que tu venais d'affirmer. Et il s'avance. Encore une fois, elle se retrouve prisonnière entre lui et l'impossibilité de prendre la fuite. Il la brise. Il l'empale sur ses propres mots. Elle refuse de se battre pour eux, elle n'était peut être bien qu'une petite allumeuse après tout, et ce mot là plus qu'aucun autre lui fait l'effet d'une gifle.

Une allumeuse. Elle le dévisage, horrifiée. Elle le repousse en tentant de lui faire comprendre que leur situation est trop dangereuse et voilà comme il la perçoit encore. Quand tombe ses mots, elle le regarde presque écœurée. J'ai blessé mon meilleur ami pour l'amour que je te porte. Je l'ai rejeté et me suis condamnée à le perdre pour l'amour que je te porte. On m'a fiancé de force mis je brave le peu que j'avais, crache sur les idéaux d'un clan vieux de plusieurs siècles, toujours pour l'amour que je te porte. Mais elle ne dit rien de cela. Tout reste coincé dans ses yeux qui s'embuent de larmes malgré elle. Il la saisi par le visage. Mais cette violence elle ne la craint toujours pas. Elle est lui. Et en lui. Cette violence qu'il trahit constamment elle la chéri comme elle chéri tout ce qui fait son être, mais il lui rit au nez, et l'abjure de le quitter en le faisant honnêtement. Ce qui suit la tire vers l'océan de ténèbres qui l'a poussé à le rejeter plutôt que de lui rendre ses baisers et de l'aimer comme tout son être le lui dicte. J'ai trente-cinq ans, et elle répond faiblement. « Je le sais. » Dix-sept ans auprès du Patron. J'ai une fille merveilleuse. Une larme roule sur sa joue, elle ne prête plus attention à la douleur qui se propage là où il la tient. Et elle répète, plus amère. « Je le sais. » Il a gâché son mariage, sa vie de famille, tout pour son travail. Il se jure de ne pas répéter les mêmes erreurs alors même que sa main cogne violemment le mur sur lequel repose tout prêt son visage. Elle ferme les yeux. Où est le monde où ne vivaient qu'eux ? Où est-il ce bel espace de paix où les mots, comme au jour où elle le vit, n'auront plus d'importance, où ils ne parleraient qu'en des regards, des sourires, des caresses. Des baisers. J'ai fais tellement pire que te vouloir, mais tu ne comprends pas Callum. Tu ne comprends pas la différence qui l'effraie. Là où tu présente ton expérience comme un échec, elle ne voit que ce qui lui manque. Et tu t'énerves plus encore, la traites de lâches, de faible. Tu veux qu'elle s'en aille mais elle reste là, droite au milieu de la pièce où tu l'as brutalement laissée. Les larmes roules sur ses joues sans qu'elle ne prenne plus aucune peine pour les retenir, et sa voix brisée réclame un peu de ton attention dans tout ce vacarme douloureux.

« C'est ça que tu veux ? Que je m'en aille ? » Un sourire déchirée fend son visage le temps d'une seconde et disparaît. Ses yeux glissent vers le sol, sa voix n'est qu'un souffle. « Tu comprends pas... Tu comprends toujours pas... C'est toujours pareil avec toi... Tu sais lire un regard, mais les mots... il faut tout te dire pour que tu comprennes...»

Sa main essuie rageusement les perles d'eau la transperçant. A quoi bon jouer les forte et pleurer par la suite. Il est en colère et tu le sais. Tu savais qu'il le serait, il a toutes les raisons de l'être. Pensais-tu qu'il comprendrait sagement et de lui-même ce qui te tord d'angoisse et te gâche le seul bonheur que tu ai su arracher à la vie ?

« Tu considères que tu as fais pire dans ta vie que me vouloir, mais moi que crois-tu que j'ai fais Hodgson ? Que vois-tu de ma vie à côté de la tienne, que vois-tu de la vie qu'on aura tous les deux !? » C'est l'angoisse qui parle pour toi. Ce sont toutes tes questions, toute ta rage qui s'exprime. Cet homme que tu aimes à en crever et qui t'aspire complètement autant qu'il peut te briser avec aisance, tu le vis et le veux, mais le combat, celui-là même qu'il te reproche de ne pas mener est perdu d'avance. Et ces mots là qui te hantent et que tu refusais de laisser sortir finissent malgré toi par courir hors de tes lèvres avec une sauvagerie égale à celle ayant ruiné ton vain effort de maintenance. « Je ne suis qu'une gamine à côté de toi, je ne suis rien à côté de toi ! Le temps que tu as passé auprès de l'homme qui t'as sauvé c'est presque autant de temps que j'ai passé moi sur terre, et peu importe à quel point moi je te veux, personne ne nous prendra jamais au sérieux. Ce qui t'es arrivé de plus beau pourrait s’effondrer à cause de moi. Si moi je reste à tes côtés, tout ce que tu as acquis, qu'importe comme tu regrettes les choses, on te l'enlèveras et moi je ne peux pas vivre ainsi ! Je ne peux pas vivre en sachant qu'à cause de moi l'homme que j'aime peut à tout instant  voir sa vie se briser, je n'ai pas le droit de faire ça ! Et tant pis si même toi tu me détestes, tu as tellement fait pour moi... Tu m'as tant apporté, tu m'as... Tu m'as sauvé Hodgson, et moi... Non moi je ne peux pas te faire ça. Ce serait trop facile, je n'ai rien dans ma vie qu'on puisse vraiment me prendre. Rien dont je puisse être fier, rien qui ne succéderas... Alors que toi...»

Tu étouffes un sanglot qui a brisé l'élan de ta voix. Ton corps tremble tel une feuille portée par le vent, mais tu relèves la tête devant celui qui, fulminant, a voulu te chasser de cette pièce sordide dont l'espace t'étouffe à présent. Il pensera bien ce qu'il veut cet homme. Sois une catin, une manipulatrice. Sois la pire des garces s'il le veut, mais au fond quand il te traite de lâche indécise, tu sais bien toi qu'il se trompe. Car au fond, tout les mots qui te viennent, tu n'aurais jamais eu la force d'en prononcer le moindre son s'il ne t'avait pas donné la force d'une leçon qui forme désormais ta vie. Celle du sacrifice de soi pour le bonheur de ceux qu'on aime. Et tu laisses tes grands yeux se perdre dans les siens qui te fusillent. Est-ce qu'elle te dégoûte Hodgson, cette femme qui semble avoir apprit le mensonge, elle qui était la pureté à tes yeux ? Elle déglutit. Comment peut-elle après avoir crié se montrer si droite et si calme ? Cela la glace elle-même. Mais elle a ses propres certitudes.

« Moi aussi je sais ce que je veux Hodgson. C'est toi que je veux. Mais il y a une chose que je veux plus encore... C'est pouvoir te regarder en sachant que tu es heureux et que tout va bien pour toi. Je l'ai compris quand tu es revenu vers moi dans ces décombres. Ce qui compte, ce n'est pas ce désir égoïste d'être pour toujours auprès de toi, mais simplement de te savoir heureux... » Elle marque un temps. Ce qui doit être dit là ne doit pas l'être d'un ton tremblant mais avec le plus d'assurance possible. « ...même si doit signifier renoncer à l'homme que j'aime. »

Ses yeux retombent une dernière fois. Le monde bourdonne autour d'elle. Leurs cris et ses larmes l'ont épuisée. Elle anticipe déjà tout son mépris, toute sa colère. Il n'y verra encore que de la lâcheté et elle le comprend. Elle l'accepte. Aurait-elle pu ressentir moins de rage à sa place ? Après tout, n'avait-elle pas pleurer une nuit entière sur le carrelage froid de son propre lieux de travail quand lui-même l'avait quitté. Quelque part c'était un signe annonciateur qu'elle avait choisi d'ignorer à tort, mais il fallait se résigner. Jamais plus elle ne sentirait le goût du baiser d'Hodgson sur ses lèvres à présent. Jamais.





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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Sam 13 Déc - 0:28


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Sa voix qui se brise alors qu'elle se met à lui répondre, ses larmes qui attisent sa compassion mais n'atténue en rien la colère, tu restes pourtant. Malgré tout, tu restes face à moi et j'ai envie de te reprendre contre moi, avec douceur cette fois, revient, je suis désolé. Sa main s'avance mais le bras ne se lève pas, doucement la main se ferme et reprend sa place, docile, le long de son corps. Il sait qu'il n'est pas doué, il se sent gauche de ne pas être aussi à l'aise qu'elle mais ça, il ne pourra le changer. Un pas timide vers elle, elle s'essuie les yeux avec une certaine rage qui laisse entendre qu'elle reprend contenance. Mieux que lui, elle répond avec une précision qui le blesse à chaque mots, qui le fait réfléchir, froncer les sourcils et lui donne envie de la secouer. Elle ne comprend pas plus que lui ! Il voit tellement plus ! L'avenir est long et le monde est grand, tant de possibilité, tant d'histoires à se narrer ! Il rêve loin et proche à la fois ! Et sa vie à elle, qu'il ne doit pas négliger malgré, hélas, une tendance qu'il a à se focaliser sur sa jeunesse, poids qui le pèse. Je suis vieux à côté d'elle, dans ses moments de doutes il a eu peur qu'elle ne lui préfère un homme plus jeune, dont elle n'aura pas honte à un âge plus mature. Ta vie, je veux la connaître, tout simplement. Il s'effraie de lui narrer la sienne, s'en forcera pour ne pas reproduire la même erreur qu'avec June, ou mentiras s'il le faut, mais sa vie à elle, il ne veut que la connaître. Étudiante, fiancée, dans une famille où tu n'as pas ta place voilà tout ce que je sais.  Simplement te connaître... les mots se meurent sur ses lèvres, ses yeux ont perdu de leur rage le temps de ses pensées, laissant place à l'affection. Le clair de son regard revient, bref espoir de s'expliquer, de calmer la rage qui les déchire. Plus fort que moi, il s'en veut mais cela ne peut durer, reste, on va trouver une solution. Et ce mot ne cesse de revenir jusqu'à ce que Aryanedëlle s'enflamme, le noir noie le regard de l'homme de main qui se rétracte sous les coups. C'est absurde, elle est absurde, il se moque du regard des autres et surtout, il ne sera jamais complet sans elle. Le sacrifice est beau mais à quoi bon s'il les rend tout deux malheureux ? Elle se dévalorise tant, ne voit-elle pas combien elle est précieuse ? Combien elle l'a sauvé, lui ? Ce ne peut être un hasard mais après elle, il a réussi à se lier un peu plus aux autres. Jacob, bien qu'en froid il n'en reste pas moins ce fils qu'il n'a pas eu ; Vincent le Poufsouffle qui n'est pas revenu mais dont le regard décidé a assez marqué l'homme de main pour qu'il s’enquière de son état jusqu'à juin. Rose, sa chère Rose, l'agaçante collègue est devenue comme une sœur... cela ne peut être un hasard, tu as été ma première rencontre et, de fil en aiguille, toutes celles qui ont suivi ont débouchés sur des liens d'une rare intensité. Je n'étais qu'un collègue, je suis devenus un ami, un parrain, tu m'as ouvert aux autres Aryanedëlle. Cela semble peu, cela veut tout dire. Rien dont elle ne peut-être fière ? Rien qui ne succédera ? Elle aura le souvenir qu'elle a laissé, elle ne peut être complètement seule, il l'a aperçu entourée. Sa vie ne s'arrête pas là, elle va en sauver d'autres et ce don qu'elle possède, cela n'est pas rien. Elle lui a sauvé la vie, elle en sauvera d'autre. Sa simple présence suffit à justifier son existence. Rien qu'on ne peut lui prendre, comme si pour elle il n'y avait aucune conséquence, si, ils peuvent te prendre ta réputation, l’entacher assez pour écailler ton avenir. Cet avenir incroyable qu'il lui imagine. Qu'il leur imagine.

Elle a franchit la limite, dans ce brouhaha, elle a franchit la ligne rouge en affirmant ses sentiments. Il n'a même pas la possibilité, le droit, d'y répondre qu'elle le repousse. C'est ignoble, ce qu'elle fait, oraliser ses sentiments, les clamer pour mieux lui affirmer qu'il n'y aura pas de suite. Les sentiments doivent s'endormir, la raison gagne ! Il se moque des autres, de leur regards, il s'est empêché d'aller vers elle à cause de son statut mais le reste, cela importe peu. Il ne veut plus faire semblant, il n'a plus assez de force en lui pour lui tourner le dos, pour lui offrir la possibilité de vivre sans lui une vie probablement meilleure pour elle. Qu'elle ne choisisse pas pour lui si lui ne le fait pas pour elle. Pourtant c'est dans son tempérament, c'est lui l'homme qui se sacrifie pour les autres, qui s'abandonnent pour eux. Tu l'as déjà fait, refais le pour elle, c'est ce qu'elle désire à mi-mot. Elle étouffe un sanglot, il n'arrive plus à la regarder en face et s'en va se passer la main sur le visage. Malgré ses larmes refoulées elle reste si calme, si droite, ancrée dans la terre alors que lui est fébrile, sa colère et sa douleur passe, repasse, dans ses veines tant et si bien qu'il finit par se mouvoir dans la pièce pour exulter ses émotions ailleurs que sur elle. Elle n'est pas sortit, après son plaidoyer elle poursuit, plus assassine. Il aurait préféré quelle parte, soulagé de la voir rester avant de l'entendre, il ne peut en entendre plus. Il ne veut plus entendre de pareils conneries, aussi belles soient-elles.

Un pas, deux pas et Callum s'est rapproché d'elle. Tic tac, il bouille, s'agace, refuse que les choses se passent ainsi, refuse ce qu'elle désire. Ait ton âge Callum, ait ta position, pense à ta situation et bien obligé, l'homme de main y pense. Sa bulle se brise sous la réalité, se prenant pèle-mêle tout ce qu'Aryanedëlle essaie de lui dire, ce message qu'elle brandit mais qu'il refuse d'entendre. La colère ne retombe pas, il entend, voit, mais s'y refuse encore, donne moi quelques minutes, quelques secondes encore, je ne demande pas grand chose, offre moi encore une heure de ta vie. Avec difficulté, Callum s'en va toucher ce visage qu'il devra se contenter de caresser du regard. Ses mains rugueuses encadre sa douceur, lentement il laisse couler ses doigts sur sa nuque jusqu'à ses épaules et la pression frémissante seule trahit sa difficulté à se contenir. Ses yeux vrillés dans les siens, il se déçoit à resserrer sa prise sur ses maigres épaules. Crispé, il prend son temps pour parler, fermant brièvement les yeux pour un meilleur contrôle de lui-même et sa voix seule, sombre, rugueuse, reste grondante.

Tout ira bien pour nous mais je ne serais pas heureux. Sa voix devient plus grave, il se tait, inspire, expire. Je suis égoïste, je n'ai pas envie d'être loin de toi, je n'ai pas envie que tu sois avec un autre même si tu as raison. Silence, inspire, expire. Tu as raison. Elle se lassera de lui, de l'avoir aimé, l'oubliera et s'offrira une autre vie avec un autre meilleur que lui. Cela doit se passer ainsi, elle a raison, c'est raisonnable, il n'y aura pas de sombres conséquences pour elle s'il se retire. Cela doit être fait, mais ne me dis pas que tu le fais pour moi, ne me dis pas que tu veux mon bonheur même loin de moi. Ne me dis pas dans une même phrase que tu m'aimes et que je dois partir ! Les épaules d'Aryanedëlle sont libérées des mains de Callum qu'il passe sur son visage en reculant, c'est donc comme ça que ça va se passer ?! On s'est rencontré au détour d'un couloir, on s'est trouvé, on s'est cherché, on a tout surmonté pour ça ?! Pour réaliser qu'on aura rien, qu'on a passé des mois à rêver ?! Mais je le savais déjà ! Je l'ai toujours su ! Cela n'a pas empêché les sentiments d'éclore, cela n'a pas empêché le feu de brûler ! Ce n'est pas une belle tragédie, c'est une lente évidence : aussi fort vous pouvez vous aimez, cela ne changera rien. Absolument rien et lui, lui, il ne demandait qu'un peu de son temps, qu'un peu de quiétude le temps de trouver une solution. Elle s'y refuse, là où il brandit la folie elle fait preuve de raison. C'est terminé, cela doit se terminer avant qu'elle ne soit blessée. La rage bouille en lui, ce n'est qu'injustice et plutôt que frapper ce visage tant aimé il met un coup de pied rageur dans une des chaises. Et sous le choc qu'il ne ressent pas Callum s'effondre. Les deux mains à plat sur une table, il ne la regarde plus, courbé, tendu, il ne peut se tourner vers elle. Sort. Sort avant que je ne fasse pire que m'en prendre à cette chaise, sort avant que je fasse une erreur. Je refuse Aryanedëlle, je refuse de perdre une fois de plus et je ne veux pas te laisser à d'autres. J'ai peur que tu ne te lasse de moi un jour, j'ai peur pour ta réputation mais je veux nous laisser une chance. J'ai besoin de nous laisser une chance. Sans toi tout sera si fade et quand bien même ma fille me comblera, je me refuse à passer une fois de plus à côté des plus belles choses. J'ai tellement gâché auparavant, je ne peux pas recommencer, tu ne comprends pas.

J'aimerais te dire que ça ira mon amour, que cette peur que nous éprouvons, ces pleurs qui t'ont creusés des sillons sur les joues et m'ont serré le cœur, n'existe pas. Ca ira mon amour, on oubliera les tambours du ministère, on sera libre. On le sera, voilà ce que j'aimerais te dire, poser à nouveau ma bouche sur la tienne, m'enivrer de ton parfum, mais cela n'ira pas mon amour si l'on écoute leurs Lois. Nous ne pouvons déclamer nos serments interdits, oublier nos statuts, nous sommes condamnés à rêver notre liberté. Nous sommes soumis à leurs règles. Sans toi, j'ai le cœur en vrac, mais rendez nous à l'évidence. Callum se relève, fait quelques pas nerveux, sa main l’ébouriffe, son torse est comprimé par un manque d'air. Le carcan de leur règle nous emprisonne, notre différence d'âge, la morale, tout nous bride. Ma fille, mon ex-femme, ton fiancé, ta famille, ta jeunesse, nous sommes enfermés dans une nouvelle prison.

Il va bien falloir qu'un jour je m'évade,
La cellule est dans ton cerveau.
Il va bien falloir qu'un jour je l'extrade,
Elle est l'acier de tes barreaux.


Tout ce que tu aimes t'emprisonnent. Ce ministère chérit te l'as fais la rencontrer pour mieux t'en éloigner. Cette fille, prunelle de tes yeux, te dissuade d'aimer cette jeune femme. Un inconnu dans l'équation, une famille de sang-pur dont il se brûle de s'opposer à leur règle. De tous, c'est le ministère et la famille qui le meurtrie, il y aura un moment où Marlow se devra d'accepter qu'il y ait un tiers dans sa vie... Sa famille l'a renierait, Aryanedëlle a fait le premier pas en se refusant à son fiancé ; le ministère va le licencier pour l'avoir aimé. Il sait le prix du chômage. Ce que cela signifie, implique, il sait les difficultés. Il sait qu'il subira pire qu'un simple licenciement et le joug de la famille d'Aryanedëlle sera une seconde souffrance. Le silence s'éternise, Callum pense, se bat contre lui-même, il se perd dans ce jeu qu'il ne pratique pas. Son regard à nouveau rencontre le sien, s'y accroche pour ne plus tomber, pour rester lucide, comment dire adieu à ces yeux là ? C'est une pure folie que nous aimer, c'est une évidence douloureuse et pour lui dire adieu il s'en va vers elle. Délicatement il tend la main vers elle, touche son bras et la presse contre lui. Son autre bras se referme, son nez s'en va chatouiller ses cheveux et ses yeux se clôt. La quiétude de l'instant est douloureuse, elle pèse sur son cœur, sur son esprit. Se laisser aller à aimer pour mieux se dire adieu. Il ne lui aura même pas soufflé ses sentiments qu'il doit la laisser partir. Aussi, avec une lenteur qu'il ne calcule pas, Callum fouille cette chevelure brune, trouve son oreille où il murmure d'une voix voilée de tristesse, pas envie de renoncer à toi, une voix chaude mais triste où il dit déjà au revoir, son nez continue sa promenade, il s'écarte sans la regarder, touche sa joue, dire adieu pour ne plus subir ces inévitables conséquence. Un dernier baiser, une dernière étreinte, profite de sa chaleur, elle est éphémère, grave sur tes mains sa souplesse, ses courbes et sa douceur. Mémorise les fragrances de son parfum, répète toi les inflexions de sa voix. Tu ne verras tout cela que de loin, comme d'un tableau dont tu te ravis sans pouvoir le toucher. Il est incapable de la lâcher.

Je peux démissionner.

Malgré tous les regards qui fusillent
Près de nous L'étendard qui vacille
ça ira mon amour
On oubliera les tambours
Sur tous les murs j'écrirai je le jure Liberté chérie




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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Jeu 15 Jan - 0:09

Ça ira mon amour


J'ai rêvé nos corps qui se touchent, caresser l'esprit de nos idéaux.
J'ai posé ma langue sur ta bouche, savouré l'essence de tes moindre mot.
Malgré tout, le désir est fragile. Mais ça ira mon amour.



Une courte inspiration, et revoici la douleur de coups donnés avec hargne. Un courte inspiration, et elle se laisse tirer en arrière vers un jour qu'elle n'a jamais tant regretté qu'à présent qu'elle se trouve là, pantelante, incapable de prendre une décision apte à les combler tous deux. Elle le regrette ce jour. Oui, ce doux jour où il la cueilli avec vigueur. Prête à s'effondrer, il n'avait eu besoin que de mots très courts et très brefs pour qu'elle revive alors et se donne les moyens d'affronter ses terreurs. Mais cette nuit tout diffère. L'un et l'autre parlent, crient, pleurent. Lui fais les cent pas, passe et repasse sa main à son visage, cogne dans les murs pour ne pas la heurter elle directement, et elle... Le silence est son lot. Qu'elle parle ou se taise cela ne change rien. Les deux pieds devant le gouffre, elle ne parvient à se mettre d'accord avec elle-même sur le fait de sauter ou de rebrousser chemin, bien qu'au final, aucune de ces deux opportunités ne lui semble alors la bonne. Il faudrait autre chose. Une troisième alternative. Une porte de sortie cachée dans un recoin du décor, mais déjà le voici qui s'avance et l'enserre. La chaleur de ses mains rugueuses sur sa peau lui arrache un frisson, et ce frisson bientôt s'en vient lui-même la gifler de culpabilité. Non, ne lui fais pas ça. Ne le laisse pas s'enliser dans ce désir qui te ronge tout le corps, ne l'attire pas plus à toi quand la bienséance t'ordonne de lui faire tes adieux. Tout ceci a assez duré, cela doit cesser, mais il parle l'homme qui parlait si peu auparavant, et il te donne raison. Tu as raison. Félicitation fille du rouge et de l'or, tu as fait le bon choix, mais tout ce qui te reste dans la gorge, c'est sa voix t'assurant « Je ne serai pas heureux ». Mais alors quoi ? Que faire et que dire ? C'est son bonheur que tu veux protéger au détriment du tien, et lui qui s'en vient tout balancer avec assurance. Il ne sera pas heureux, pas si tu ôtes ta main de la sienne. Comprends-tu cela ? Non, le désir qu'il nourrit à ton égard t'échappe, c'est une notion que tu ne peux percevoir, que tu ne peux comprendre à défaut de parfois la ressentir. Tu te débats, avance pour mieux reculer, mais que crois-tu pouvoir conserver de tout ceci au fond ? Et elle le regarde, abattue au possible. Il tourne et se tord, s'enroule dans la pièce comme un loup rendu fou par les barreaux d'une cage, s'en va, s'en viens. Sa main réclame à freiner sa course mais rien ne peut stopper sa cavale. Une bataille se livre sous ses yeux et elle ne peux rien faire, bien trop occupée par les propres bandeaux de son conflit. Il s'en retourne à elle enfin, après que le silence ait occupé leurs terres durant de trop longues minutes. Il s'en vient et la touche, encore. Fut un temps où elle aurait giflé sans prévenance le moindre corps coupable de l'effleurer, mais avec lui tout est différent. Tout est toujours différent. La gorge en feu, tu ne peux plus prononcer le moindre mot, et chaque vertige de sa peau sur la tienne, de son souffle qui t'entoure fait s'enfoncer tes pieds dans le sol. Sans le toucher, elle l'attire plus à elle en offrant son cou, son front, sa chevelure à la portée de son visage à l'affût. Et l'adulte qui l'entraîne fonde alors le miracle, celui inespéré d'une autre issue à suivre. Sauter. Rebrousser chemin. Près de lui se trouvera toujours une solution car il ne veut pas renoncer et que tu comprends alors une leçon que tu pensais pourtant avoir déjà assimilé.


Lève-toi.
T'es solide.


Et tu tressautes. Il sait ce qu'il veut et se bat pour cela. Et toi, que veux-tu ? Son bonheur ? Non, sois plus égoïste que cela. C'est ainsi que l'on arrache son bonheur, en ne voyant que lui dans la masse de tous les bonheur potentiels de ceux qui nous entoure. Et toi Aryanedëlle, pourquoi as-tu refusé avec tant de violence ce mariage que tu aurais accepté par dépit il y a un an de cela ? Pourquoi regardes-tu Jacob passer dans les couloirs sans plus essayer de le rattraper ? Et il affirme encore. Pas envie de renoncer à toi. Ce murmure est comme un cri en elle. Tu sais faire preuve d'égoïsme mieux que personne pour le seul but de le retrouver, comment peux-tu croire à des choses aussi grotesques que Je veux son bonheur. Lui se moque bien du tien. Que lui importe ce que tu penses, ce que tu ressens là de suite, ses mots sont très clairs. Ils expriment sa volonté. A lui-seul. Pas la tienne, la sienne. Et elle ferme les yeux, son visage lové contre le sien. Ce que tu veux, c'est avoir plus que cela. Plus que ces frôlements qui, hier plaisant, sont aujourd'hui la frustration même. Tu en veux plus. Tu le veux lui, et tout entier. Renoncer à lui ? Pauvre conne, tu es une fille de Goddric Gryffondor. Qu'importe tes bonnes intentions, tu n'aurais jamais été en mesure d'enterrer définitivement, pour son seul bien-être, ce qui t'embrase et te consume, ce qui te repousse jusqu'aux plus lointaines frontières de ton être. A quoi bon lutter et se faire du mal ? Tu ne peux pas tenir une heure sans te contredire, sans te laisser renverser par tes émotions, pourtant la réponse est tellement simple, et elle se tient sous tes yeux. Et il affirme, montre la lumière sur une voie inédite. Il pourrai démissionner. Tout quitter. Pour elle. Comment en sont-ils arrivés là ? Elle ne saurait même plus le dire. Sonnée, elle jette ses mains dans sa nuque et l'agrippe pour la ramener à elle, pour l'empêcher de s'éloigner comme elle le sent prêt à le faire. Ne part pas. Il y a un autre chemin, et l'avenir pour la première fois se dessine devant ses yeux.

Ce qu'elle ne voyait pas encore, ce qu'elle n'avait jamais vu auparavant, se dessine tout doucement à présent. Dans un an, tu ne seras plus une étudiante. Qu'importe qu'il parte ou qu'il reste, dans un an, plus aucune morale ne pourra venir ternir votre idylle. Et dans l'attente, lui pourrait... Elle se rétracte. Non. S'il démissionne, il partira, et elle ne le verra plus. Pendant un an. Cela paraît si court et si long à la fois, un an. Elle ne pourra supporter une année ainsi dans l'attente, sans pouvoir ne serait-ce que poser son regard sur lui au détour d'un couloir. Reste. Reste.

« Non, reste !»

Ta voix s'en est revenue avant même que tu n'aies pris le temps de l'étouffer. Il ne doit plus rien comprendre à ce que tu fais, à ce que tu dis. Toi qui tremble comme une feuille maltraitée par le vent à simplement le tenir, toi qui menace de tomber à la renverse sous la pression de son seul souffle, tu mets pourtant le peu de force que tu peux puiser en toi pour le garder ici, tout proche. Pour ramener son front contre le tien. Pour d'un non de la tête lui faire comprendre que tu refuses de le quitter. Que toi aussi tu peux être égoïste, et par dessus tout que tu avais tort ; comme on tort toutes les gamines de ton âge. « Reste à l'école. Un an... sans toi...» Ton visage contre le sien s'agite encore en un non affirmé, et bientôt, tes mains quitte son visage pour laisser à tes bras le soin de venir s'enrouler à son cou. Ta tête a retrouvé sa place au creux de son épaule. Et tu trembles encore, loin de tous les braves, et en silence tu te redresses. Sa bouche est un défi que tu ne peux relever, alors c'est sa joue que tu embrasses avec toute la tendresse vivant en toi. Et tu bascules, lentement, jusqu'à la commissure, sans jamais être capable de lui tendre la ferveur et la passion qu'il sait si bien t'offrir. Et tu trembles, toujours plus, et tu jures vulgairement pour la première fois devant lui qui devait penser que ce genre de vocabulaire n'existait pas dans ta bouche. Tu jures de ne pas faire les choses que l'on dit bonnes, de ne pas être en mesure de l'affronter froidement, pas plus que tu n'es capable de te donner corps et âmes sans aucune craintes, l'esprit volage et insouciant. Non, toi tu n'es pas de ces gens qui agissent selon leur bon vouloir sans penser aux conséquences, mais celles-ci ce soir, tout à coup, te semblent étrangement supportables. Démissionner. Quelle profonde idiote tu es. Il y a une vie par delà ces murs, une vie que tu pourras affronter si sa main se trouve accrochée à la tienne, et dans le même temps tu jures à nouveau, murmurant rageusement plus pour toi-même que pour lui. « T'es vraiment trop déraisonnable Hodgson... Vraiment... Trop.» Silence. Un temps. « Et moi... Quand tu dis ces choses-là, je peux plus l'être non plus...»

Ta joue contre la sienne, tu prends sur toi pour ne plus pleurer. Si tu trembles toujours, la fièvre te montant au visage, tu contrôles cependant ton souffle pour ne pas flancher de nouveau. Il y aura une vie en dehors de Poudlard. Et en attendant cette dernière il suffira sans doute d'être prudent. Et raisonnable. Mais vous êtes seuls à présent dans ce lieu qui n'appartiens qu'à vous, et son entêtement l'emporte toujours sur ta raison.

« Je suis pas encore assez solide pour ça »

Tes yeux se ferment. Il est ridicule, ce baiser d'adolescente posé comme le frôlement d'un battement d'aile sur une bouche si habile à dévorer. Mais il frissonne malgré tout, l'homme que tu gardes contre toi, car ce que tu lui donnes là maintenant, c'est l’aveu même du renoncement. Tu renonces. Tu renonces à la raison, à son bonheur. A la bienséance et aux bonnes manières. Tu renonces, à tout, jusqu'à cette part de toi qui est la façon dont on t'a élevé. Près de lui tout est possible, et tu as compris enfin que cette école n'était pas un monde aux limites bien définies. Tu franchiras ces limites bientôt, et quand ce sera chose faite, tu pourras à ta guise savourer ton propre bonheur en te félicitant de faire dans le même le sien.





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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Jeu 5 Mar - 1:37


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j'écrirai je le jure Liberté








C'est incroyable le pouvoir d'un simple mot. Ses mains lui agrippent la nuque, le retenant, lui qui s'apprétait à geindre et à hurler tout à la fois. Lui qui était prêt à exploser pour imposer sa volonté, autant qu'il aspirait à ne pas faire ressortir ce torrent douloureux qui l'étreint. S'écarter pour s'exprimer. Ses mains délicates emprisonnent sa nuque, le retiennent et il a l'impression qu'elle clame son besoin qu'ils restent ensemble. Qu'il reste à elle. Ne t'emballe pas Callum. Je ne pars pas. Sa tête contre la sienne, flot de souvenir, front à front, il inspire, expire, son parfum. Ne pas faillir. Qui de nous deux tremble le plus ? Ses mains touchent ses hanches, non, ses doigts crochent son bassin. Ils s'emmêlent dans le tissu, ne t'éloigne pas. Accrochés l'un à l'autre, basculant dans ce vide auprès duquel ils aimaient se promener, Callum se laisse sombrer. Lâchant définitivement prise, la démission au bord des lèvres, il ne partira nul part. Dans un flash il perçoit ce que sera sa nouvelle vie, un boulot moins que rien dans un des nombreux bars de Pré-au-Lard. Serveur ou vendeur, il n'en a cure tant que ses yeux pourront tomber sur elle. Une nouvelle vie un brin frustrante mais il le sait, qui le rendra bien plus heureux qu'une existence palpitante au ministère, loin d'elle. Tout sauf loin de toi.

Reste à l'école. Sans ses mains pour le retenir il aurait relevé la tête de surprise, à la place ce sont ses yeux clairs qui s'étonnent. Plongé dans les siens, silencieux mais tellement interrogateur, Callum ne comprend pas. Faudrait savoir. Impatience. Il s'en amuserait presque de ces revirements s'il n'avait pas à chacune de ses décisions un haut de coeur. Non me dit-elle et ses bras m'enlacent. Sa tête au creux de mon cou, elle me serre contre elle comme si je lui appartenais déjà. Je ne suis pas ta chose. La tension si violente frémit en lui mais c'est un sourire qui nait sur son visage alors que ses yeux s'adoucissent vers le sol. Je ne suis pas ta chose, s'amuse t-il à penser en remontant ses bras sur son dos pour resserrer l'étreinte. Si, princesse caprieucieuse, je le suis. Un an de plus... un an à te frôler sans t'aimer, un an à mentir... c'est vrai... il ne lui reste qu'un an. La précipitation t'as fais l'oublier, dans un an elle est libre. Un nouveau sourire sur ce visage et ses yeux n'expriment plus que de la surprise semble t-il. Depuis quand tu jures, toi ? Il continue de sourire de plus en plus fort. Si fort. Des plis naissent à la commissure de ses yeux, à ses lèvres, tout ce visage irradie et heureusement, malheureusement, pour lui, elle ne voit pas la transformation que cela te fais, Callum. Un visage d'enfant, de bonheur brut, ce brin d'innocence mélangé à de l'espoir, presque surpris de tant de bonheur, peu habitué à cette palpitation dans son coeur. S'étonner du bien-être qu'il éprouve, le déguster et le faire irradier de joie. Tu me fais rire à me sortir des conneries pareil à un tel moment. Enfin ils se revoient et elle lui dit une chose absurde. C'est toi qui voulait qu'on arrête. Ce n'est pas une critique, ce n'est pas non plus une évidence, juste une taquinerie. Une boutade pas spécialement drôle mais habitue toi Aryanëdelle, cet humour maladroit sera celui que tu cotoieras pendant très, très, longtemps. Il continue de sourire, seul ce baiser chaster qui le fait frémir le fait revenir sur terre. Les frissons passent dans chaque veines, chaque cellules, renonce à tout. Désolé de ne pas être plus fort que mes engagements, désolé de ne pas être cet employé modèle dont vous aviez rêvé. Définitivement, renonce à tout. Chaque homme à ses faiblesses.

Je.

Ses mains effleurent le tissu. S'agrippent, tordent, le rouge criard des Courageux. Ses lèvres pressent les siennes et sans un mot, dans un simple sourire, dans un regard, ils savent. Il guide, à moins qu'elle ne le pousse, jusqu'à la porte de cette salle de classe devenue précieuse. Il a temps perdu de son sérieux. Sa tête passe le battant alors que sa main tient la sienne, un baiser volé, il n'y a personne. Callum étouffe un rire. Le bonheur l'enivre, complètement et c'est avec plaisir qu'il lui souffle de courir car il a apperçu une ombre. C'est vide, Poudlard leur est acquise, seuls les talons d'Aryanëdelle résonnent. Une porte de bois, ils entrent. Ses mains courent sur sa nuque, ses cheveux ; volent ces vêtements qui le narguent, dévoilent ce qu'il n'avait osé imaginer. J'aurais aimé souffler chaque syllabes de cet instant. J'aurais aimé graver dans la pierre, dans le marbre et dans nos esprits à tous deux ce que nous vivions. Après tant de lutte, tant d'espoir et de désespoir ; après la rage, l'amour, j'aurais aimé, vraiment, retenir chaque parcelle. Chaque nano-seconde pour chérir cette étape, cette fin, que nous nous offrions. Non, ce début. La fin de la douleur, des doutes, nous avions enfin décidé ce que nous désirions. C'était simple dès le début, dès ces yeux dans les miens au détour du couloir, c'était une évidence que nous avions refusé de voir. Nous avions dansé, longtemps et savoir qu'ils nous restaient quelque pas était frustrant. Pourtant, si en apparence nous étions les mêmes, tout changeait au dedans.

Suis

Je pourrais parler de la douceur de sa peau. De la saveur sucrée de sa transpiration et de ses soupirs. Je pourrais évoquer nos balancements et nos rires quand ce n'était pas parfait. Evoquer son doigt redessinant mes tatouages et mes silences, et mes yeux lui jurant qu'un jour elle saura tout de moi. Je pourrais  dire que je me suis penché vers la table de nuit pour y dévoiler un étrange objet. Long, fin, j'ai enlevé le bouchon et d'une main adroite je me suis amusé à dessiner sur ce corps à l'aide d'un feutre noir. Nous nous sommes embrassé à connaître la courbe de nos lèvres par coeur. J'ai dessiné un lion, on dirait mon chat. Nous avions dix ans, vingt, trente ans. Peut-être devrais-je raconter que j'ai été doux ou ce genre d'anecdote mais je préfère avouer que j'ai bien vite éjecté du lit le drap blanc qui m'agaçait et qu'elle a ouvert des yeux surpris par mon pragmatisme. Que nous avons plus rit que parlé, qu'en faite, je ne suis pas plus bavard  au creux de ses reins que lors de nos petits-déjeuners.  Blotti contre elle, le bras enroulé autour de son épaule nous avons subi Boo qui s'invita entre nous à l'aurore. Je l'ai posé par terre, il est remonté.

Tombé

Au réveil elle a trouvé le lit vide. Ma place avait refroidie et la lumière au dehors prévenait que l'heure du petit-déjeuner était dépassé. L'appartement vide était étrangement silencieux, pas un bruit d'eau coulant dans la salle de bain et mes vêtements abandonnés au sol avaient retrouvé leur place dans le panier à linge. C'était comme si je n'avais pas été là, comme si je n'avais jamais été là. Boo s'étira en fêlant, se dandinant sur ses petites pattes il sauta du lit pour rejoindre sa gamelle. Ses griffes donnaient un peu de vie à ce lieu mort que nous avions rendu si vivant quelques heures auparavant. Callum ouvrit la porte sans frapper, comme à son habitude et la rejoignit sur le lit comme s'il n'était pas partit. Ses cheveux sont un peu ébourriffé, ses joues rouges et son regard vif, sa peau est glaciale. Fait pas chaud. C'est pour cela qu'il l'embrassa doucement avant de poser un paquet sur la table de nuit et d'aller chauffer de l'eau pour un café soluble. Un peu de moldue, un peu de magie. Je suis déçu, j'aurais aimé pouvoir te réveiller, te faire une surprise. Quand le café fut prêt il la rejoignit en lui tendant une tasse, d'un signe de tête il l'invita à se servir dans le sac en papier. Je ne t'ai même pas demandé, tu aurais préféré un thé ?.

Amoureux.

De toi, je suis tombé amoureux de toi Aryanëdelle. Je sais ce que nous avons partagé cette nuit, je vois ton regard et pourtant en te revenant j'avais la peur au ventre que tu ne sois plus là. La peur sourde que tu ne veuilles plus de moi. Rassuré, il a encore besoin d'être rassuré. J'avais faim, je voulais te faire sourire alors j'ai été à Pré-au-Lard pour nous apporter de quoi manger. Pas de question, pas de commentaire et si quelqu'un s'intéresse sur ce repas matinal pour deux je répondrais que j'étais avec quelqu'un. Avec Rose tiens, juste pour l'embêter. Je me vois te toucher, t'effleurer et je me demande si un jour je cesserais d'avoir ce besoin obsédant de sentir ta présence à mes côtés. Un jour, vais-je m'habituer à t'avoir auprès de moi ?

Callum fit beaucoup de petit-déjeuner au lit mais rarement la première année. Il pris un malin plaisir à intervenir dans sa vie sans jamais rien avouer, pour le plaisir d'effrayer les hommes qui osaient la courtiser, pour la rendre jalouse en effleurant les bras de ses collègues. Il lui vola bon nombre de baiser au coin des couloirs, pas autant qu'elle. L'homme de main devint de plus en plus souriant, de plus en plus doux et pourtant, même si ses proches voyaient cet imperceptible changement en lui, d'aucun n'irait dire que Callum était devenu un être avenant. Le surveillant principal fut nommé homme de main du directeur de Poudlard, ce qui ne lui déplu pas mais lorsqu'elle eut terminé ses études il eut une longue conversation avec Marlow. De celles qui tirent des larmes aux enfants, les font vous haïr et l'impensable arriva : Callum ne quitta pas Poudlard. Il aurait pu, c'était le plan mais sa fille vivait assez mal leur couple, il n'allait certainement pas la laisser livré à elle-même dans ce foutu château.

Marlow finit par accepter le Nous que je formais avec Aryanëdelle. Sa famille ne fut pas emballée et la mienne encore moins, ma mère me raillant avant de me serrer dans ses bras. Il y eu des dimanches où nous n'avions rien fais, d'autre où je la trainais dans mes salons automobilies. Quand elle m'énerve je ne peux plus m'enfuir alors je m'emmure dans le silence, le regard vide, buté et elle doit s'y faire. La tension monte mais le pire fut que mes élans de colère qui restent une part de moi importante fonde face à elle. J'ose l'embrasser avec violence, elle s'agace et toujours, elle obtient gain de cause. Je me plains que je ramollis, Alec me répond qu'on aime des femmes de caractère. T'es trop gentil, on aime des teignes, je lui répond en souriant. Il y eu beaucoup de barbecue et de massage.

Callum a longuement hésité, enfermé en lui-même il se repassait ses interrogations jusqu'à en perdre la tête. Ils n'en parlaient pas, il y pensait beaucoup. Il n'osait pas lui demander, il cherchait comment le faire. Callum a longuement hésité, ce n'est pas son habitude, il a tout préparé mais il hésite. Finalement il choisit de réserver un petit week-end en amoureux, agréable, simple, pour le plaisir d'être ensemble. Le soleil brillait mais la chaleur n'était pas oppressante, il y avait même un vent frais qui lui faisait froncer le nez. Comme à chaque fois qu'il faisait une surprise, il ne lui dit pas où ils allaient et pour que la surprise soit totale, il lui avait bandé les yeux. Tout le trajet en voiture avec sa country en fond sonore et un tissu noir sur les yeux. Le moteur s'arrête, Aryanëdelle n'entend que le silence. L'air est un peu plus frais qu'à Londres, la porte claque et Callum se présente. Ah le bandeau j'allais oublier ! Il sourit un peu, désinvole et quand elle y voit enfin, c'est une immense piste qui s'étend devant ses yeux. Aryanëdelle, ne prévois rien ce week-end on passe du temps ensemble. Je suis quasiement qu'à Poulard la semaine, envie de te retrouver, j'en ai besoin. Tu me manques. Bouille adorable, voix affectueuse, caresse sur la joue. Se retrouver. Une piste d'attérissage. Lui qui sourit. Drôle de conception du romantisme. Pas le temps de lui répondre qu'il a pris sa main et l'entraîne à sa suite, dans un petit avion. Tout est prêt pour un baptême de l'air. Je sais que tu sais voler mais ça, c'est le niveau au dessus. Les parachutes, met le, c'est pour la sécurité. Ou pas, je t'ai peut-être un peu menti aujourd'hui. Je n'en suis pas désolé. Le co-pilote se lève pour ouvrir la porte, le vent s'engouffre dans l'avion qui tient bon. Aryanëdelle, écoute les instructions.Il agit comme si tout cela était parfaitement normal, comme s'ils avaient prévu ensemble de faire aujourd'hui non pas une balade romantique, non pas un baptême de l'air mais un baptême de saut en parachute. Il lui pris la main gauche avant de sauter, un instant pour l'embrasser et lui avouer sans pudeur, devant le co-pilote, ses espoirs.

Je veux un autre enfant avec toi, Aryanëdelle.

Il quitta son regard pour l'embrasser avec plus de passion. Comprend, ressent, ce besoin en moi de donner une nouvelle vie qui aura nos traits à nous deux. Aspire toi aussi à former une famille qui portera nos noms, croisons nos lignées et je sais que salir la noblesse de ta famille n'est pas une faute. Embrasse moi mon amour avant le grand saut. J'aime bien Adriàn et Ruth comme prénom. Il parle beaucoup, il a énormément réfléchi à ce sujet. Sa main droite ne la lâche pas alors qu'il l'embrasse avec force une dernière fois, sa main gauche joue du pouce. Une boîte noire, ouverte sur une bague à faire rêver la princesse qu'elle aurait pu devenir. Qu'elle est à ses yeux.

Tu es assez solide pour me dire oui.

Sans attendre la réponse Callum lui passa la bague au doigt et dans un sourire radieux, rieur, il se laissa tomber dans le vide. Huit minute d'adrénaline, de danger, de folie. Huit minutes où elle lui prouve qu'elle est forte, en toutes circonstances. Huit minutes sans la toucher et à peine sera t-elle au sol à ses côtés qu'il la prendra dans ses bras. Il ne s'est jamais lassé de la sentir à ses côtés.


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Qu’importe j’irai où bon te semble. J’aime tes envies j’aime ta lumière, tous les paysages te ressemblent quand tu les éclaires. J’irai où tu iras, mon pays sera toi. J’irai où tu iras qu’importe la place, qu’importe l’endroit.
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Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits

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