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 Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits

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MessageSujet: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Mer 26 Nov - 1:29


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Qu’importe j’irai où bon te semble. J’aime tes envies j’aime ta lumière, tous les paysages te ressemblent quand tu les éclaires. J’irai où tu iras, mon pays sera toi. J’irai où tu iras qu’importe la place, qu’importe l’endroit.
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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Mer 26 Nov - 5:30

Ça ira mon amour


J'ai rêvé nos corps qui se touchent, caresser l'esprit de nos idéaux.
J'ai posé ma langue sur ta bouche, savouré l'essence de tes moindre mot.
Malgré tout, le désir est fragile. Mais ça ira mon amour.



Perdue dans la foule mêlant les Serpentard délogés aux rouge et or, elle avance, se plie au rythme que tous suivent. Le mouvement est mécanique, s'accompagne d'un brouhaha de discussions dont elle ne capte que des bribes. Des mots au hasard, lancés à la volée. On se demande combien de temps prendra la réhabilitation des sous-sol, si un bal de Noël aura bien lieu cette année, quel sujet tombera au prochain examens de potions. Dans sa tête, les échos de tous ces gens qui l'entourent se mêlent et se brisent dans la plus parfaite incompréhension. Elle avance, presque sans besoin de lever les pieds tant elle se sent portée par ces rangs gonflés par la présence des verts qui les ont rejoint, et cette seule pensée la ramène à un sentiment d’écœurement la tenant à la gorge. Elle  ferme les yeux tout en poursuivant sa route. Mais cette route, quelle route... Elle entrevoit un futur sombre et incertain. Les yeux d'un bleu de ciel de celui qu'on lui a désigné pour être son avenir la terrifie car cet homme-là, de son sang et qu'elle connaissait pourtant à peine n'est pas détestable, tout au contraire. Leurs idéaux sont diamétralement opposés, mais il n'est pas le coupable de sa peine, et pire encore, ses regards allument en elle des élans de compassions et de tendresse qui lui rendent les choses bien plus compliquées. Elle sait. Elle sait qu'elle ne l'épousera pas. Il faudrait la soumettre au sortilège de l'imperium pour la forcer à dire oui, sa main dans la sienne, mais quand bien même salirait-on sa volonté avec tant d'audace, elle s'échapperait toujours, d'une manière ou d'une autre. Ceux qui veulent lui passer des chaînes autour du cou n'ont aucun crédit pour le faire. Au milieu des princesses McMillan, elle n'a jamais eu l'impression que qui que ce soit l'ait élevé et ne doit rien à personne. Encore moins à eux. La notion de famille et du devoir qui s'y apparente sont des notions qu'elle n'arrive pas à concevoir et pour lesquelles elle ne veut pas perdre son temps. Son si précieux temps qui lui échappe, goutte à goutte. Il file, glisse entre ses doigts. Ses paupières s'ouvrent à nouveau au détour d'un nouvel escalier et sa tête bourdonne. Elle a manqué de mourir il n'y a pas si longtemps. Elle a manqué de mourir sous la roche, elle a manqué de mourir sous ses lèvres, et ses doigts se portent à sa bouche. Depuis combien de temps ne l'a-t-elle pas vu ? Prisonnière du sablier, elle ne voit plus passer les jours. Ses comptes sont approximatifs, elle n'entrevoit que les événements terribles lui ayant pompés tout ce qui restait d'énergie et de bonne humeur en elle. Une lettre de son père, incendiaire, lorsque ce dernier eut été averti qu'elle avait été la seule victime parmi tous les étudiants de Poudlard à pâtir de l'incident des sous-sols. Pas un mot pour s'inquiéter de son état, de sa jambe qu'elle avait bien cru perdre. Le maillon faible de la chaîne avait-il dit, et il ne s'était même pas donné la peine de mentionner ce qu'à sa sortie de l'infirmerie Abel lui avait appris. Cet homme qui l'avait engendré n'avait pour elle que tu mépris et l'avait bradé sans l'once d'un égard. De cela elle aurait voulu se plaindre, trouver une oreille, une épaule à qui confier cette angoisse, cette détresse et ce sentiment d'injustice terrifiant qui lui serrait le cœur mais qui ? Jake ne lui avait pas adressé la parole depuis la rentrée, n'avait même pas su pour son accident, et quand enfin elle l'avait retrouvé, ça avait été pour l'entendre lui crier dans les affres d'une dispute aussi futile qu'amère qu'elle n'était pas à ses yeux l'amie qu'elle avait toujours pensé être. Son ami le plus cher, le seul lien qu'elle eut souhaité ne jamais voir affecté par ces choses-là avait tout brisé entre eux. Elle n'avait pas voulu le repousser, mais comment faire autrement ? Mentir et essayer ? A quoi bon, cela était inutile. Il y avait quelqu'un d'autre. Le goût de sa vertu sur les lèvre d'un homme, alors à quoi bon. Elle l'avait laissé. Elle était seule. Pas physiquement, mais à l'intérieur, tout n'était plus que ténèbres et noirceur que même Tara ne parvenait à chasser vraiment.

Le seul fait d'exister, de se rendre en cours tous les jours en faisant mine d'ignorer toutes ces choses  la crevait de l'intérieur. Et le temps passait. Vite. Tellement vite. Elle pensait à lui parfois. Souvent. Mais lui aussi semblait absent. Ses yeux ne le croisaient jamais ou alors rarement. Si elle criait son envie de lui dans le silence de ses songes, sa tête et son attention étaient déjà trop occupés par le fait de faire bonne figure au quotidien pour qu'elle ait vraiment eu le temps de se préoccuper de lui plus que de raison. Sur son passage parfois on chuchotait. Les murs du château étaient fins et les tableaux bavards. Il n'en avait pas fallu plus pour la demande en mariage d'Abel fut rendue affaire publique. Elle s'en fichait. Ils pouvaient bien croire ce que bon leur semblait, spéculer et cancaner à leur guise sur son compte si leur propre vie ne leur donnait pas le loisir de s'occuper de leurs affaires, elle n'en avait plus cure. Et la foule avançait, lente, soporifique. Comme une vague l'emportant, jusqu'à ce qu'une voix dans la masse mouvante ne vienne la ramener à la réalité. Elle relève la tête, vivement, pas certaine que cette voix qu'elle connaît par cœur soit bien en train de l'appeler elle. Mais on se retourne et on la regarde. On chuchote, encore. Aryanedëlle McMillan va se prendre un savon. C'est comme au spectacle. Il ne manque que les trois coups. Elle se retourne lentement. Ses yeux sur lui sont vides d'abord et se fronce finalement en découvrant son allure bien trop ferme. Tu es en colère et je me fous de savoir pourquoi. Je n'ai pas de temps pour toi maintenant. Mais le public attend d'elle qu'elle se plie à son rôle d'étudiante se faisant interpeller violemment par un adulte. Elle le regarde. Qui pourrait croire qu'il y a peu le corps de cette homme couvrait le sien dans les décombres d'un monde entre vie et mort ? C'est comme si rien de tout cela n'était arrivé. Comme si rien de tout cela n'avait vraiment existé. La peur, la douleur. La morsure de la vie alors qu'elle avait cru le perdre tranche amèrement avec l'indifférence et l'agacement qu'elle ressent à le voir la regarder de haut. Je t'ai sauvé la vie et tu as sauvé la mienne. Quand bien même ton poste t'en donne le privilèges, tu n'as pas le droit de lever si fièrement la tête devant moi. Tu n'as pas le droit de m’assujettir de la sorte. Elle avance. Se fraye lentement un chemin dans la foule qui l'entoure. On croirait voir dans sa cadence celle de l'enfant penaud prêt à se faire gronder et avançant à reculons vers la correction qu'il doit prendre. Suivez-moi. Elle lève les yeux au ciel dès qu'il tourne le dos. Pathétique. Cette comédie là est pathétique. Ce vouvoiement la dégoûte, mais elle suit la procédure du rapport entre surveillant et étudiante. Elle ne lui connaît pas ce regard et ce visage, mais elle le connaît lui. S'il prend la direction du bureau du directeur de l'école, elle s'ancre longuement dans la certitude que leur route va dévier. Et si elle en commence à en douter en le voyant grimper vers une autre tour, ses convictions s'en revienne dès lors qu'il l'invite à sa manière à pénétrer dans une pièce dérobée qu'il prend soin d'insonoriser.

Tous ses membres se crispent. Elle attend que tombe le couperet. Hodgson n'est pas homme à savoir tenir longtemps les non-dits et elle l'en félicite en silence. Elle-même n'a plus ni la force, ni l'envie de se prêter au jeu des masques. Surtout pas ce soir. Félicitation pour les fiançailles.

Elle entrouvre la bouche de surprise, le fusille du regard, soupire d'exaspération tandis qu'il fait couler le fiel d'un sentiment qu'elle n'a jamais connu à son égard. C'était donc cela. L'heure des comptes a sonné. Elle n'est rien pour lui. Ne joue pas avec les hommes, lui avait-il dit avant de disparaître et de la laisser en proie à ses larmes d'enfant bafouée. Mais il est le seul à jouer, et de toute évidence, tel un enfant, Hodgson se refuse à céder à quiconque la poupée qu'il s'est octroyé. Et elle... Tellement pitoyable, tellement dépendante de lui... Ne lui a-t-elle pas déjà exprimé dans cet enfer de poussière ce qu'il en était de son désir ? S'il n'a pas comprit seul, alors tant pis. Il s'époumone à faire l'enfant, suggérant pour elle des vœux d'un bonheur sur lequel elle crache, demandant mielleusement si Abel est quelqu'un de bien. Et pour la première fois, loin de cette harmonie qui avait forgé leur première rencontre, loin des émois que furent les leurs, elle murmure, tranchante. « Ferme la... » Mais il n'entend rien et continue de plus bel. Va-t-elle lui présenter son fiancé ? Quelles raisons aurait-elle de le faire ? Elle est épuisée. Cette vie, ces cauchemars à chaque nuit, tous ces gens. Tout l'épuise, la défait de ses forces. Et lui qui s'avance, encore, toujours. Elle n'a personne à lui présenter. Elle voudrait juste lui dire...

Lui dire comme elle l'a cherché du regard chaque jour passé dans cette infirmerie si familière, et chaque jour qui passa après ça. Le rassurer, simplement lui faire savoir qu'au moment où son propre parent s'est agenouillé devant elle, épouvantée, le seul désir l'ayant étreinte était celui de courir se réfugier dans ses bras. Mais elle a grandi Aryanedëlle McMillan depuis le jour où Callum Hodgson dû la porter à bout de bras dans un lit d'infirmerie, elle qui déjà ne pouvait plus marcher. Elle ne fuit plus. C'est peut être cela au fond qui l'épuise tant, cesser de fuir, de se cacher. Simplement assumer les obstacles que la vie dresse devant elle et les contourner de son mieux. Elle s'y efforce, elle qui ne savait que lever les bras pour cacher son visage des coups qu'on lui portait. Elle riposte à présent, et pourtant ne sait quoi répondre quand malgré le ton le plus brutal qu'elle lui ai jamais connu, il ordonne et réclame, supplie pour qu'elle ne l'épouse pas. Et sa propre agressivité s'envole.

Elle le regarde. Longuement. Sans rien dire. Elle le voit et lui en veux. Ce ne sont pas comme ça que ces choses auraient dû se faire. Ce n'est pas comme ça qu'elle imaginait leurs retrouvailles. Surtout pas comme ça. Elle n'a pas prit les devants faute de n'avoir eu plus de temps pour retomber sur ses pieds, mais la façon dont lui tiens les rennes est pire que tout. Elle tourne finalement les yeux de lui, se mord la lèvre. Tout son visage est piqué de petits mouvements d'exaspération, de colère qu'elle retient, de mots qu'elle cherche. Comment lui dire les choses sans avoir à le traiter d'imbécile, et plus encore, comment lui dire les choses sans lui crier ces trois mots qui la brûle pour lui depuis des mois ? La façon dont il l'a appelé, ses fausses félicitations, cette rage en lui qui déteint sur elle... Tout s'emmêle et raisonne, finit par former le clairon de sa propre voix qui assène brutalement :

« Tu crois que c'est si facile ? Qu'il te suffit de jouer les gros bras, de m'amener ici à la vue de tout le monde dans ton rôle du bon surveillant et de m'ordonner de faire comme cela t'arrange après m'avoir balancé tes sarcasmes ? » Son ton est trop calme, tranchant comme une lame de rasoir. Elle a ramené son regard dans le sien et ce qu'elle croit y voir un instant lui souffle des espoirs indécents que tout son cœur réclame avec hargne quand dans le même temps, sa tête lui souffle de ne pas s'emporter. Il ne s'en tirera pas si facilement. Pas cette fois. Plus jamais elle ne lui donnera l'occasion de passer une nuit sur le sol à le pleurer. Et qu'importe s'il l'a coincé entre lui et cette porte. Elle ne le fuira pas. Ni lui, ni les autres.

« Tu me demandes d'être heureuse avec un autre, tu me félicites puis me demandes de ne pas l'épouser... Tu ordonnes à tout va, tu tires tes propres conclusions... » Sa respiration s'emballe, son souffle entrecoupé, court. Sa main lui presserait la gorge qu'elle n'aurait pas moins de mal à garder contenance. Quand lui parler à cœur ouvert est-il devenu si difficile ? Est-ce à cause des flammes qu'il a dans les yeux qu'elle se sent désormais si blême. Et son cœur cri. Arrête de me regarder de la sorte. Arrête de t'imposer comme l'évidence, de chercher à attirer mon attention avec des paroles blessantes car je ne vois déjà que toi. Parce qu'il n'y a jamais eu que toi. Parce qu'il n'y aura jamais que toi. « Toi, tu es vraiment... Bon sang, tu... Et par Merlin, oui, t'es vraiment stupide Hodgson ! »

Elle a osé. La petite fille hurle sur l'adulte. Elle tremble dans son audace, elle tremble de rage. Ses lèvres suivent la même danse alors que son visage se casse, se défait de la fureur qui l'envenimait. C'est la vérité qui lui coule d'entre les lèvres. « J'ai pas besoin que tu te pointes ici en jouant les durs pour savoir ce que je dois faire ou pas ! J'ai pas besoin que tu t'époumones dans le vent, ou que tu me balances des trucs aussi dégueulasses que tes faux souhaits de bonheur ! Et tu sais quoi ? Je n'ai même plus besoin que tu sois là pour me porter quand ça va pas parce que... Parce que je suis solide ! »

Elle s'arrête, net. Ses propres paroles l'ont surprise.
Elle le regarde au travers de ses larmes naissantes, de ses perles d'eau ayant fait leur place dans ses yeux au rythme de sa voix passée du cynisme aux cris.

« Je suis solide maintenant. Grâce à toi... Aujourd'hui je le suis vraiment. Et je le suis assez pour refuser qu'on m'impose ce... Cette histoire grotesque de fiançailles. J'ai pas besoin que tu me dises de pas l'épouser... J'ai pas besoin que tu me blesses comme ça pour savoir ce que je dois faire. Mais... »  Tu es si près. Tellement près. Je te déteste d'être capable de faire naître en moi toute cette envie quand tu ne mériterais qu'une gifle pour te montrer aussi stupide et immature, toi qui est pourtant bien plus vieux. Et elle te tient, sans même te toucher. Et elle te tient quand ses mains se posent sur ta taille. Elle n'a jamais fait cela avant mais cela ne la fait plus rougir. Oui. Elle a bel et bien grandi Aryanedëlle depuis ce soir où tu lui portas secours dans la pénombre du troisième étage.

Et elle murmure son évidence. Reconnaît sa faiblesse.
« J'ai besoin de toi Hodgson...»

Vois ses yeux qui cris et qui t'appelle. Elle les a dressés droit dans les tiens, elle les amarres, les tiens férocement, étreinte par la peur qu'il la quitte un jour. Tu t'es volontairement approché pour la contraindre à t'écouter, mais elle a grandi. La voilà solide. Peu importe comme sa voix semble inaudible quand elle prononce ces derniers mots, ceux-là existent, et ils te rendront fort.

« J'ai envie de toi. »



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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Jeu 4 Déc - 14:44


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Qu’importe j’irai où bon te semble. J’aime tes envies j’aime ta lumière, tous les paysages te ressemblent quand tu les éclaires. J’irai où tu iras, mon pays sera toi. J’irai où tu iras qu’importe la place, qu’importe l’endroit.
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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Mar 9 Déc - 18:37

Ça ira mon amour


J'ai rêvé nos corps qui se touchent, caresser l'esprit de nos idéaux.
J'ai posé ma langue sur ta bouche, savouré l'essence de tes moindre mot.
Malgré tout, le désir est fragile. Mais ça ira mon amour.



Qu'est devenu ce monde qu'elle connaissait avant lui ? A bien y regarder, cela ne fait pas tout à fait un an qu'il a rejoint Poudlard, moins de temps encore qu'elle le connaît et pourtant le voilà qui se tient devant elle comme sa plus belle évidence. Et la plus insensée. Elle le regarde quand il se penche, elle ferme les yeux quant il la cueille. Cela n'a aucun sens. Trop d'années les sépare, trop de différences. Pour quelle raison le laisser outrepasser les règles, pour quelle raison les défaire avec lui ? Il n'y aura jamais pour eux aucune certitude. Elle le sent, le sent plus que jamais. Son baiser la brûle et la consume. C'est si différent de ce qu'elle a connu. Des lèvres mouillés, maladroites, envahissantes ou brutales, parfois le tout à la fois. Lui-même au premier de ses frémissement lui avait fait mal dans son empressement enragé mais rien n'est plus comparable à ce qu'il lui offre désormais, à ce qu'elle lui rend. Sa bouche sur la sienne vaux tous les mots du monde, vaux tous leurs regards et tous leurs échanges. S'il s'est d'abord montré prudent, elle se laisse glisser bien assez tôt dans son étreinte, mais tout cela est insensé.

Ils seront découverts un jour, pour peu qu'il ne se lasse pas de sa jeunesse inexpérimenté avant. Ils seront mis au pied du mur, et il y aura toujours un obstacle. Il y en a déjà tant. Elle doit s'arracher à lui, le repousser. Tant de colère était là il y a quelques instants, elle devrait s'en servir pour l'arrêter avant que de ne vraiment plus jamais pouvoir faire marche arrière mais déjà il s'écarte, pose son front sur le sien, la contemple et lui parle. Pardonne-moi. Son visage se trouble, elle revit une scène passée dans ses yeux. La chaleur étroite du spa orchideus, son propre visage sur son épaule, ses bras autour d'elle. Elle comprend enfin ce qu'elle n'entrevoyait pas le moins du monde alors. Ses regards, son trouble. Sa mémoire la tire en arrière et lui fait revivre chacune de leurs rencontres en lui pointant du doigt ce que ses yeux ne voyaient pas, et cela la terrifie. Il la terrifie, et la possède à nouveau. Cette chaleur... Cette chaleur qui la prend au ventre, qui la mort et la crève. Ce désir de lui qu'elle nourrit sans doute depuis la première heure. Oui, tout ce qu'elle ne voyait pas avant lui saute à présent aux yeux, la brûle et l'éventre. Quand il donne tout de son être dans un seul baiser, elle prend plus peur encore. Partons d'ici, mais partir pour aller où ? Cette école est une prison, leur idylle une aberration que nulle ne saura jamais tolérer. Elle repense à Abigail. Frère et fils à la fois. Que penserait-il de sa grande sœur en la voyant s’amouraché si dangereusement à ce genre d'homme. Et bien vite, elle repense à Marlow, car celui qui la serre et la touche n'est pas qu'un homme, il est aussi un père. Comment annoncera-t-il à sa fille qu'il aime une femme plus éloignée par l'âge de lui qu'elle ne l'est d'elle ? Et comment réagira Marlow ? Mal. Elle ne pourra que réagir mal, et si Abigail prend la nouvelle sur le même ton, bientôt, ce sera tout le clan McMillan qui s'en viendra la molester pour peu qu'ils ne s'en prennent pas d'abord à lui.

Partons d'ici. Elle baisse les yeux. Ils n'ont aucun échappatoire, et qu'importe comme elle l'aime, peu importe comme elle a mal, comme chaque petite parcelle de son corps hurle après lui et le veut, ils sont en train de faire une erreur. Une énorme erreur. Ses mains qu'elle avait glissé sur sa taille le serre, remonte sur son torse jusqu'à ses épaule. Elle le veux. Elle presse sa peau contre ses doigts menus. Elle le veux. Comment le désir peut-il être à la fois si bon et si douloureux ? Elle ne sait rien de ces choses-là. Elle n'est qu'un lambeau d'existence, torturé par un don que lui n'a jamais su comprendre avant qu'elle ne joue sa vie pour sauver la sienne. Elle n'est qu'un petit rien dont il ne voudra plus sitôt qu'il en aura cueilli suffisamment de satisfaction. Oui, il n'existe pas d'avenir pour eux. Pas d'avenir qui soit durable. Il suffit de voir ce qu'il a mit en jeu pour la tirer jusque ici, et les mots que furent les siens. Cet homme là est brutal. Elle s'en revient à la prise qu'il avait exercé sur son poignet, de son premier baiser sauvage au possible. Tout cela elle l'aime et l'accepte. Sa violence ne lui fais pas peur. Elle dessine avec un naturel surprenant les lignes de sa personne en son âme mais cela ne mènera à rien. Cet amour, cette passion, ils s'éteindront un jour. Et si cela ne vient pas d'eux, ce seront les autres de ce monde qui les leurs arracheront. Alors doucement, elle laisse ses mains redescendre lentement et le repousse. Quelle idiote, n'aurait-elle pas pu se taire en lui avouant qu'elle avait besoin de lui. Qu'elle avait envie de lui...

« Non. »

Elle lève timidement les yeux vers lui et les rabaisse aussitôt. Elle ne peut pas dire ces choses-là en le regardant, il comprendrait trop vite ce qu'elle veut à tout prix lui masquer.

« Je ne peux pas. »

Elle s'extirpe de ses mains, se tord sous lui pour le quitter et sa chaleur qui la recouvrait toute entière laisse alors sur sa peau un froid mordant plus douloureux encore que ne l'était son corps gisant dans les décombres des sous-sol le soir des festivités en l'honneur des Poufsouffle. Elle tente de prendre contenance, de formuler des mots qui suffiront à le blesser quand dans le même temps, ces derniers refusent d'eux-même d'outrepasser la barrière de ses lèvres. Elle s'éloigne. Elle le quitte. Ses dents viennent se perdre à sa bouche qu'elle mord violemment pour contenir le tout. Un silence terrifiant la suit dans son échappée. Fébrile, elle pose ses mains contre le bord d'une table près d'elle et s'y appuie tout en faisant ce qu'elle croit être juste.

« C'est toi que je veux et... J'ai besoin de toi. Quand je suis avec toi, tout paraît si... Simple, et naturel, mais...» Elle fronce les sourcils. Tu ne tapes pas assez fort pour qu'il s'emporte. Non, tu ne tapes pas assez fort pour l'éloigner vraiment. Frappes à la mesure que tu le chéri. Frappes aussi fort que tu le désires. Oui. Frappes aussi fort que tu l'aimes.

« Je crois qu'au fond je me sers de toi Hodgson. Je me raccroche constamment à toi pour avancer, je fais preuve d'égoïsme et de faiblesse, jusqu'à accepter que l'on puisse... » Silence. Un temps. «Tu m'as dit un jour que flirter avec un homme était dangereux et moi je t'ai dit que j'étais forte désormais, assez forte pour me tirer d'une situation chaotique. Et assez forte pour éviter d'en provoquer une autre... »

Elle relève les yeux pour la première fois et se retourne lentement vers celui qu'elle a laissé en arrière. Elle n'a jamais tremblé ainsi. Elle en est certaine. Jamais de toute cette chienne de vie des mots ne lui ont fait si mal, et c'est de sa propre bouche que provient leur source. Son regard rencontre le sien. Elle peine à nouveau à tenir debout, appuyée contre un mur. S'il n'apparaît aucune trace physique de blessure sur elle, elle est pourtant à vif devant lui. Et son regard, ô ce regard, il aura sa perte un jour. Et elle murmure dans le vain espoir de s'achever elle-même.



« Je suis désolée... Callum. »


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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Mar 9 Déc - 22:19


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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Mar 9 Déc - 23:49

Ça ira mon amour


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Malgré tout, le désir est fragile. Mais ça ira mon amour.



Ferme les yeux Aryanedëlle. Ferme les yeux pour partir dans l'autre monde, celui où ne vivent que deux êtres, lui et toi. Ce monde où vous êtes seuls, où aucun regard ni aucune loi ne vous jugera jamais. Et tu te remémores à l'infini la douceur dans sa voix te suppliant de partir pour un ailleurs plus beau, tu te la repasses à la mesure que ton cœur bat pour ne pas sombrer sous la furie hurlante de l'homme que tu aimes et qui te rends au centuple la douleur que tu as voulu lui infliger. Quelle idiote tu es. Regarde le cet homme, cet homme qui te vole tes nuits, ta raison, celui qui te consume entièrement par dedans. Garde tes yeux dans les siens et voit la vérité en face. Tu connais par cœur le goût de sa violence, et tu pensais vraiment pouvoir frapper assez fort face à lui ? Le simple ton de sa voix te brise en mille morceaux qui jamais ne se reformeront. Il hurle et se débat contre ce que toi-même tu peines à contrôler. Non, tu n'as pas fait que flirter. Ça pour sûr tu ne l'a jamais fais, toi qui ne sais même pas comment faire. Tu n'as pu que l'aimer instinctivement, sans même le comprendre toi-même parfois. Tu t'es débattus dans un océan de sentiments dont le sens t'échappais mais tu as ouvert les yeux, et ce que tu vois te fige sur place, car tu ne t'es pas servi de lui non plus et que l'entendre te le dire te fait perdre l'assurance de tout ce que tu venais d'affirmer. Et il s'avance. Encore une fois, elle se retrouve prisonnière entre lui et l'impossibilité de prendre la fuite. Il la brise. Il l'empale sur ses propres mots. Elle refuse de se battre pour eux, elle n'était peut être bien qu'une petite allumeuse après tout, et ce mot là plus qu'aucun autre lui fait l'effet d'une gifle.

Une allumeuse. Elle le dévisage, horrifiée. Elle le repousse en tentant de lui faire comprendre que leur situation est trop dangereuse et voilà comme il la perçoit encore. Quand tombe ses mots, elle le regarde presque écœurée. J'ai blessé mon meilleur ami pour l'amour que je te porte. Je l'ai rejeté et me suis condamnée à le perdre pour l'amour que je te porte. On m'a fiancé de force mis je brave le peu que j'avais, crache sur les idéaux d'un clan vieux de plusieurs siècles, toujours pour l'amour que je te porte. Mais elle ne dit rien de cela. Tout reste coincé dans ses yeux qui s'embuent de larmes malgré elle. Il la saisi par le visage. Mais cette violence elle ne la craint toujours pas. Elle est lui. Et en lui. Cette violence qu'il trahit constamment elle la chéri comme elle chéri tout ce qui fait son être, mais il lui rit au nez, et l'abjure de le quitter en le faisant honnêtement. Ce qui suit la tire vers l'océan de ténèbres qui l'a poussé à le rejeter plutôt que de lui rendre ses baisers et de l'aimer comme tout son être le lui dicte. J'ai trente-cinq ans, et elle répond faiblement. « Je le sais. » Dix-sept ans auprès du Patron. J'ai une fille merveilleuse. Une larme roule sur sa joue, elle ne prête plus attention à la douleur qui se propage là où il la tient. Et elle répète, plus amère. « Je le sais. » Il a gâché son mariage, sa vie de famille, tout pour son travail. Il se jure de ne pas répéter les mêmes erreurs alors même que sa main cogne violemment le mur sur lequel repose tout prêt son visage. Elle ferme les yeux. Où est le monde où ne vivaient qu'eux ? Où est-il ce bel espace de paix où les mots, comme au jour où elle le vit, n'auront plus d'importance, où ils ne parleraient qu'en des regards, des sourires, des caresses. Des baisers. J'ai fais tellement pire que te vouloir, mais tu ne comprends pas Callum. Tu ne comprends pas la différence qui l'effraie. Là où tu présente ton expérience comme un échec, elle ne voit que ce qui lui manque. Et tu t'énerves plus encore, la traites de lâches, de faible. Tu veux qu'elle s'en aille mais elle reste là, droite au milieu de la pièce où tu l'as brutalement laissée. Les larmes roules sur ses joues sans qu'elle ne prenne plus aucune peine pour les retenir, et sa voix brisée réclame un peu de ton attention dans tout ce vacarme douloureux.

« C'est ça que tu veux ? Que je m'en aille ? » Un sourire déchirée fend son visage le temps d'une seconde et disparaît. Ses yeux glissent vers le sol, sa voix n'est qu'un souffle. « Tu comprends pas... Tu comprends toujours pas... C'est toujours pareil avec toi... Tu sais lire un regard, mais les mots... il faut tout te dire pour que tu comprennes...»

Sa main essuie rageusement les perles d'eau la transperçant. A quoi bon jouer les forte et pleurer par la suite. Il est en colère et tu le sais. Tu savais qu'il le serait, il a toutes les raisons de l'être. Pensais-tu qu'il comprendrait sagement et de lui-même ce qui te tord d'angoisse et te gâche le seul bonheur que tu ai su arracher à la vie ?

« Tu considères que tu as fais pire dans ta vie que me vouloir, mais moi que crois-tu que j'ai fais Hodgson ? Que vois-tu de ma vie à côté de la tienne, que vois-tu de la vie qu'on aura tous les deux !? » C'est l'angoisse qui parle pour toi. Ce sont toutes tes questions, toute ta rage qui s'exprime. Cet homme que tu aimes à en crever et qui t'aspire complètement autant qu'il peut te briser avec aisance, tu le vis et le veux, mais le combat, celui-là même qu'il te reproche de ne pas mener est perdu d'avance. Et ces mots là qui te hantent et que tu refusais de laisser sortir finissent malgré toi par courir hors de tes lèvres avec une sauvagerie égale à celle ayant ruiné ton vain effort de maintenance. « Je ne suis qu'une gamine à côté de toi, je ne suis rien à côté de toi ! Le temps que tu as passé auprès de l'homme qui t'as sauvé c'est presque autant de temps que j'ai passé moi sur terre, et peu importe à quel point moi je te veux, personne ne nous prendra jamais au sérieux. Ce qui t'es arrivé de plus beau pourrait s’effondrer à cause de moi. Si moi je reste à tes côtés, tout ce que tu as acquis, qu'importe comme tu regrettes les choses, on te l'enlèveras et moi je ne peux pas vivre ainsi ! Je ne peux pas vivre en sachant qu'à cause de moi l'homme que j'aime peut à tout instant  voir sa vie se briser, je n'ai pas le droit de faire ça ! Et tant pis si même toi tu me détestes, tu as tellement fait pour moi... Tu m'as tant apporté, tu m'as... Tu m'as sauvé Hodgson, et moi... Non moi je ne peux pas te faire ça. Ce serait trop facile, je n'ai rien dans ma vie qu'on puisse vraiment me prendre. Rien dont je puisse être fier, rien qui ne succéderas... Alors que toi...»

Tu étouffes un sanglot qui a brisé l'élan de ta voix. Ton corps tremble tel une feuille portée par le vent, mais tu relèves la tête devant celui qui, fulminant, a voulu te chasser de cette pièce sordide dont l'espace t'étouffe à présent. Il pensera bien ce qu'il veut cet homme. Sois une catin, une manipulatrice. Sois la pire des garces s'il le veut, mais au fond quand il te traite de lâche indécise, tu sais bien toi qu'il se trompe. Car au fond, tout les mots qui te viennent, tu n'aurais jamais eu la force d'en prononcer le moindre son s'il ne t'avait pas donné la force d'une leçon qui forme désormais ta vie. Celle du sacrifice de soi pour le bonheur de ceux qu'on aime. Et tu laisses tes grands yeux se perdre dans les siens qui te fusillent. Est-ce qu'elle te dégoûte Hodgson, cette femme qui semble avoir apprit le mensonge, elle qui était la pureté à tes yeux ? Elle déglutit. Comment peut-elle après avoir crié se montrer si droite et si calme ? Cela la glace elle-même. Mais elle a ses propres certitudes.

« Moi aussi je sais ce que je veux Hodgson. C'est toi que je veux. Mais il y a une chose que je veux plus encore... C'est pouvoir te regarder en sachant que tu es heureux et que tout va bien pour toi. Je l'ai compris quand tu es revenu vers moi dans ces décombres. Ce qui compte, ce n'est pas ce désir égoïste d'être pour toujours auprès de toi, mais simplement de te savoir heureux... » Elle marque un temps. Ce qui doit être dit là ne doit pas l'être d'un ton tremblant mais avec le plus d'assurance possible. « ...même si doit signifier renoncer à l'homme que j'aime. »

Ses yeux retombent une dernière fois. Le monde bourdonne autour d'elle. Leurs cris et ses larmes l'ont épuisée. Elle anticipe déjà tout son mépris, toute sa colère. Il n'y verra encore que de la lâcheté et elle le comprend. Elle l'accepte. Aurait-elle pu ressentir moins de rage à sa place ? Après tout, n'avait-elle pas pleurer une nuit entière sur le carrelage froid de son propre lieux de travail quand lui-même l'avait quitté. Quelque part c'était un signe annonciateur qu'elle avait choisi d'ignorer à tort, mais il fallait se résigner. Jamais plus elle ne sentirait le goût du baiser d'Hodgson sur ses lèvres à présent. Jamais.





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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Sam 13 Déc - 0:28


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Qu’importe j’irai où bon te semble. J’aime tes envies j’aime ta lumière, tous les paysages te ressemblent quand tu les éclaires. J’irai où tu iras, mon pays sera toi. J’irai où tu iras qu’importe la place, qu’importe l’endroit.
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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Jeu 15 Jan - 0:09

Ça ira mon amour


J'ai rêvé nos corps qui se touchent, caresser l'esprit de nos idéaux.
J'ai posé ma langue sur ta bouche, savouré l'essence de tes moindre mot.
Malgré tout, le désir est fragile. Mais ça ira mon amour.



Une courte inspiration, et revoici la douleur de coups donnés avec hargne. Un courte inspiration, et elle se laisse tirer en arrière vers un jour qu'elle n'a jamais tant regretté qu'à présent qu'elle se trouve là, pantelante, incapable de prendre une décision apte à les combler tous deux. Elle le regrette ce jour. Oui, ce doux jour où il la cueilli avec vigueur. Prête à s'effondrer, il n'avait eu besoin que de mots très courts et très brefs pour qu'elle revive alors et se donne les moyens d'affronter ses terreurs. Mais cette nuit tout diffère. L'un et l'autre parlent, crient, pleurent. Lui fais les cent pas, passe et repasse sa main à son visage, cogne dans les murs pour ne pas la heurter elle directement, et elle... Le silence est son lot. Qu'elle parle ou se taise cela ne change rien. Les deux pieds devant le gouffre, elle ne parvient à se mettre d'accord avec elle-même sur le fait de sauter ou de rebrousser chemin, bien qu'au final, aucune de ces deux opportunités ne lui semble alors la bonne. Il faudrait autre chose. Une troisième alternative. Une porte de sortie cachée dans un recoin du décor, mais déjà le voici qui s'avance et l'enserre. La chaleur de ses mains rugueuses sur sa peau lui arrache un frisson, et ce frisson bientôt s'en vient lui-même la gifler de culpabilité. Non, ne lui fais pas ça. Ne le laisse pas s'enliser dans ce désir qui te ronge tout le corps, ne l'attire pas plus à toi quand la bienséance t'ordonne de lui faire tes adieux. Tout ceci a assez duré, cela doit cesser, mais il parle l'homme qui parlait si peu auparavant, et il te donne raison. Tu as raison. Félicitation fille du rouge et de l'or, tu as fait le bon choix, mais tout ce qui te reste dans la gorge, c'est sa voix t'assurant « Je ne serai pas heureux ». Mais alors quoi ? Que faire et que dire ? C'est son bonheur que tu veux protéger au détriment du tien, et lui qui s'en vient tout balancer avec assurance. Il ne sera pas heureux, pas si tu ôtes ta main de la sienne. Comprends-tu cela ? Non, le désir qu'il nourrit à ton égard t'échappe, c'est une notion que tu ne peux percevoir, que tu ne peux comprendre à défaut de parfois la ressentir. Tu te débats, avance pour mieux reculer, mais que crois-tu pouvoir conserver de tout ceci au fond ? Et elle le regarde, abattue au possible. Il tourne et se tord, s'enroule dans la pièce comme un loup rendu fou par les barreaux d'une cage, s'en va, s'en viens. Sa main réclame à freiner sa course mais rien ne peut stopper sa cavale. Une bataille se livre sous ses yeux et elle ne peux rien faire, bien trop occupée par les propres bandeaux de son conflit. Il s'en retourne à elle enfin, après que le silence ait occupé leurs terres durant de trop longues minutes. Il s'en vient et la touche, encore. Fut un temps où elle aurait giflé sans prévenance le moindre corps coupable de l'effleurer, mais avec lui tout est différent. Tout est toujours différent. La gorge en feu, tu ne peux plus prononcer le moindre mot, et chaque vertige de sa peau sur la tienne, de son souffle qui t'entoure fait s'enfoncer tes pieds dans le sol. Sans le toucher, elle l'attire plus à elle en offrant son cou, son front, sa chevelure à la portée de son visage à l'affût. Et l'adulte qui l'entraîne fonde alors le miracle, celui inespéré d'une autre issue à suivre. Sauter. Rebrousser chemin. Près de lui se trouvera toujours une solution car il ne veut pas renoncer et que tu comprends alors une leçon que tu pensais pourtant avoir déjà assimilé.


Lève-toi.
T'es solide.


Et tu tressautes. Il sait ce qu'il veut et se bat pour cela. Et toi, que veux-tu ? Son bonheur ? Non, sois plus égoïste que cela. C'est ainsi que l'on arrache son bonheur, en ne voyant que lui dans la masse de tous les bonheur potentiels de ceux qui nous entoure. Et toi Aryanedëlle, pourquoi as-tu refusé avec tant de violence ce mariage que tu aurais accepté par dépit il y a un an de cela ? Pourquoi regardes-tu Jacob passer dans les couloirs sans plus essayer de le rattraper ? Et il affirme encore. Pas envie de renoncer à toi. Ce murmure est comme un cri en elle. Tu sais faire preuve d'égoïsme mieux que personne pour le seul but de le retrouver, comment peux-tu croire à des choses aussi grotesques que Je veux son bonheur. Lui se moque bien du tien. Que lui importe ce que tu penses, ce que tu ressens là de suite, ses mots sont très clairs. Ils expriment sa volonté. A lui-seul. Pas la tienne, la sienne. Et elle ferme les yeux, son visage lové contre le sien. Ce que tu veux, c'est avoir plus que cela. Plus que ces frôlements qui, hier plaisant, sont aujourd'hui la frustration même. Tu en veux plus. Tu le veux lui, et tout entier. Renoncer à lui ? Pauvre conne, tu es une fille de Goddric Gryffondor. Qu'importe tes bonnes intentions, tu n'aurais jamais été en mesure d'enterrer définitivement, pour son seul bien-être, ce qui t'embrase et te consume, ce qui te repousse jusqu'aux plus lointaines frontières de ton être. A quoi bon lutter et se faire du mal ? Tu ne peux pas tenir une heure sans te contredire, sans te laisser renverser par tes émotions, pourtant la réponse est tellement simple, et elle se tient sous tes yeux. Et il affirme, montre la lumière sur une voie inédite. Il pourrai démissionner. Tout quitter. Pour elle. Comment en sont-ils arrivés là ? Elle ne saurait même plus le dire. Sonnée, elle jette ses mains dans sa nuque et l'agrippe pour la ramener à elle, pour l'empêcher de s'éloigner comme elle le sent prêt à le faire. Ne part pas. Il y a un autre chemin, et l'avenir pour la première fois se dessine devant ses yeux.

Ce qu'elle ne voyait pas encore, ce qu'elle n'avait jamais vu auparavant, se dessine tout doucement à présent. Dans un an, tu ne seras plus une étudiante. Qu'importe qu'il parte ou qu'il reste, dans un an, plus aucune morale ne pourra venir ternir votre idylle. Et dans l'attente, lui pourrait... Elle se rétracte. Non. S'il démissionne, il partira, et elle ne le verra plus. Pendant un an. Cela paraît si court et si long à la fois, un an. Elle ne pourra supporter une année ainsi dans l'attente, sans pouvoir ne serait-ce que poser son regard sur lui au détour d'un couloir. Reste. Reste.

« Non, reste !»

Ta voix s'en est revenue avant même que tu n'aies pris le temps de l'étouffer. Il ne doit plus rien comprendre à ce que tu fais, à ce que tu dis. Toi qui tremble comme une feuille maltraitée par le vent à simplement le tenir, toi qui menace de tomber à la renverse sous la pression de son seul souffle, tu mets pourtant le peu de force que tu peux puiser en toi pour le garder ici, tout proche. Pour ramener son front contre le tien. Pour d'un non de la tête lui faire comprendre que tu refuses de le quitter. Que toi aussi tu peux être égoïste, et par dessus tout que tu avais tort ; comme on tort toutes les gamines de ton âge. « Reste à l'école. Un an... sans toi...» Ton visage contre le sien s'agite encore en un non affirmé, et bientôt, tes mains quitte son visage pour laisser à tes bras le soin de venir s'enrouler à son cou. Ta tête a retrouvé sa place au creux de son épaule. Et tu trembles encore, loin de tous les braves, et en silence tu te redresses. Sa bouche est un défi que tu ne peux relever, alors c'est sa joue que tu embrasses avec toute la tendresse vivant en toi. Et tu bascules, lentement, jusqu'à la commissure, sans jamais être capable de lui tendre la ferveur et la passion qu'il sait si bien t'offrir. Et tu trembles, toujours plus, et tu jures vulgairement pour la première fois devant lui qui devait penser que ce genre de vocabulaire n'existait pas dans ta bouche. Tu jures de ne pas faire les choses que l'on dit bonnes, de ne pas être en mesure de l'affronter froidement, pas plus que tu n'es capable de te donner corps et âmes sans aucune craintes, l'esprit volage et insouciant. Non, toi tu n'es pas de ces gens qui agissent selon leur bon vouloir sans penser aux conséquences, mais celles-ci ce soir, tout à coup, te semblent étrangement supportables. Démissionner. Quelle profonde idiote tu es. Il y a une vie par delà ces murs, une vie que tu pourras affronter si sa main se trouve accrochée à la tienne, et dans le même temps tu jures à nouveau, murmurant rageusement plus pour toi-même que pour lui. « T'es vraiment trop déraisonnable Hodgson... Vraiment... Trop.» Silence. Un temps. « Et moi... Quand tu dis ces choses-là, je peux plus l'être non plus...»

Ta joue contre la sienne, tu prends sur toi pour ne plus pleurer. Si tu trembles toujours, la fièvre te montant au visage, tu contrôles cependant ton souffle pour ne pas flancher de nouveau. Il y aura une vie en dehors de Poudlard. Et en attendant cette dernière il suffira sans doute d'être prudent. Et raisonnable. Mais vous êtes seuls à présent dans ce lieu qui n'appartiens qu'à vous, et son entêtement l'emporte toujours sur ta raison.

« Je suis pas encore assez solide pour ça »

Tes yeux se ferment. Il est ridicule, ce baiser d'adolescente posé comme le frôlement d'un battement d'aile sur une bouche si habile à dévorer. Mais il frissonne malgré tout, l'homme que tu gardes contre toi, car ce que tu lui donnes là maintenant, c'est l’aveu même du renoncement. Tu renonces. Tu renonces à la raison, à son bonheur. A la bienséance et aux bonnes manières. Tu renonces, à tout, jusqu'à cette part de toi qui est la façon dont on t'a élevé. Près de lui tout est possible, et tu as compris enfin que cette école n'était pas un monde aux limites bien définies. Tu franchiras ces limites bientôt, et quand ce sera chose faite, tu pourras à ta guise savourer ton propre bonheur en te félicitant de faire dans le même le sien.





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MessageSujet: Re: Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits   Jeu 5 Mar - 1:37


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Ca ira mon amour, allons déclamer nos serments interdits

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