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 On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs

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MessageSujet: On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs   Sam 1 Nov - 21:42

Les trois serpents
Qui baigne ses mains dans le sang les lavera dans les larmes





Peinture parfaite de la folie dans toute sa splendeur. Véritable harpie assoiffée de ma douleur elle se tient face à moi. Ma fierté immense rencontre démence, mélange détonnant, meilleur explosif de tout ce monde magique. Sauf que de cette bombe ce n'est pas de la fumée qui en sort mais des cris et du sang, des rires et des coups. Rien n'arrête le délire de cette femme, elle veut ma mort, elle veut mes mots que je me refuse à lui donner. Tel un mur elle se tient droite face à moi. Je me tiens plus droite que jamais devant la mort. Je n'ai pas peur de mourir dans ces conditions, j'ai peur de souffler mon dernier souffle en étant faible, en étant au pied de quelqu'un, en dérogeant à la valeur à laquelle je tiens le plus, la loyauté. Ça jamais je ne le concéderais, à personne, plutôt crever debout que de vivre à genoux.

Je me démène, contre ces liens invisible qui me retiennent attaché à cette chaise, qui m’empêche de lui érafler le visage de mes griffes, de lui arracher la gorge avec mes dents acérés. Je ne suis peut être pas une louve comme mon frère, mais j'en ai le caractère et la férocité. Elle veut des réponses, elle veut que je trahisse. Jamais ! Jamais ! Elle ordonne que je te trahisse toi. Qu'elle crève, qu'elle me crève, je ne lui dirais rien. Je laisserais un silence s'installer, lui éclater à la gueule, je ne dirais rien sur toi, rien sur ta face sombre. Ton image s'impose dans mon esprit mais je la balaie vite. Ma seule crainte à cet instant est qu'elle découvre des choses, que toi tu sois en danger. Amour bien trop malsain, bien trop masochiste. Je suis prête à subir bien plus si c'est pour te protéger toi. Même mes cris elle ne les aura pas, je les étoufferais, je m'étranglerais avec s'il le faut, je les ravalerais pour les vomir plus tard, au paradis ou en enfer, mais je ne lâcherais pas face à cette tortionnaire.

Elle continue et ses tortures montent crescendo comme une partition de musique parfaitement ficelée. De plus en plus vite, de plus en plus fort, ça m'emporte de plus en plus haut Sauf que ça ne me donne pas envie de m'envoler, mais plus de m'enterrer. D'abord de simple gifles, puis celles si sont plus brutal, mes oreilles sifflent, du sang s'échappe de mon nez, de ma bouche. Goutte après goutte mon chemisier blanc devient vermeille. Premier sort. La peau de ma joue est entaillée. Elle prend un malin plaisir cette garce. Je reçois des coups, visage, corps, la douleur est partout. J'ai l'impression que mon corps commence à s’anesthésier, j'ai tellement mal que je n'arrive plus à souffrir. Je vois rouge mon sang est partout, les sorts, les blessures sont multipliés Je crache mon sang à ses pieds, le regard noir, presque aussi meurtrier que le sien. Je ne baisserais pas les yeux, je lui tiendrais tête. Je suis sûrement suicidaire. Mais là je sais une chose quelques soit mon comportement, à la fin se tient une seule et même issue, ma mort. Je crache encore, mais cette fois à son visage. Elle se venge, dans la seconde, sa baguette fend l'air, ses mots grincent à mes oreilles. Je cris. Je lâche des larmes. Je me montre faible mais la douleur est tellement vive, tellement horrible. Un Doloris. Un vrai. Moi qui croyais ne jamais en recevoir un de ma vie. C'est tellement horrible, tellement indescriptible. Chaque parcelles de mon corps qui se tend, comme brûlées, poignardées. Ma tête sous le point d'exploser, alors que je convulse devant ses prunelles terriblement joueuse. Sale garce. Tu vas le payer, morte ou vivant je t’emmènerais vers la potence, je te rendrais cela au centuple.

Ma peau se tend, le monstre qui sommeil dans la vélane se réveille, se montre. Créature des enfers, bien plus terrifiante que cette sorcière. Enveloppe de harpie, pupille vermeille, un bec à la place du nez, la peau qui se couvre d'écaille couleur pétrole, dent acéré, véritable serres au bout de mes doigts, ailes de chauve souris dans mon dos. Horreur à l'état pur, la laideur dans toute sa splendeur. Je fais horreur, je fais peur. Mais pas à elle, elle rit, jouit d'une telle transformation, en sauterait presque de joie. Un hurlement tout sauf humain sort de ma gorge. Des années pour ne pas prendre cette forme, contrôler ce montre qui pourtant fait partie de moi, mon double et voilà qu'elle fait tout exploser. Elle met en miette tout mes efforts tout ce que j'avais réussis à faire jusque là, ce contrôle permanent que j'avais sur moi. Elle continue, s’entête, prend plaisir mais elle finit par se rendre à l'évidence je ne dirais rien. Elle ne connaît que les maux physique, mais ceux qui sont psychique font tellement plus mal, sont tellement plus fort. Et la véritable torture serait de te trahir toi, d'entendre la colère dans ta voix, voir la déception dans tes yeux. Non je ne peux vraiment pas. Alors elle abat un dernier coups, mouvement presque svelte qui fend l'air avant de s'abattre sur mon crâne. Le noir, seul couleur à orné mon univers, perlé de rouge, alors que je sombre. Un jour la mort frappe mais la vie continue.

La lumière finit par revenir s'infiltrant dans mes paupières, éveillant mon corps presque mort. Je ne sais pas ce que je fais, je ne suis qu'à demi consciente. Je traîne ma chair blessé dans les couloirs, m'accrochant aux murs, je ne croisent pas un signe de vie humaine. Peut-être suis-je morte finalement. Peut-être ne suis-je qu'un fantôme, une ombre du passé. Je ne sais pas sur combien de mètres je me traîne, peu sûrement, ma jambe droite me fait tellement mal, à chaque fois que je pose le pied j'ai l'impression qu'on me l'ampute. Du bruit. Enfin. Je me redresse, bien trop rapidement, mon corps ne le supporte pas et je m'effondre, n'ayant le temps de m'accrocher qu'à un pan de tissus, mes yeux accrochant deux pairs de prunelles azur. Je veux parler, je veux leur dire, mais à peine j'essaie de parler une violente quinte de toux me secoue, du sang s'échappant de mes lèvres. Je n'ai même plus la force de rester éveillé. Alors je m'enfuis, je cours et je glisse dans un autre monde où mes douleurs s'apaiseront et où j'oublierais ces longues heures avec cette furie.


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MessageSujet: Re: On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs   Sam 1 Nov - 23:42




     




« On croit au sang qui coule & l'on doute des pleurs »
Le Paradis ne t'es pas promis, je t'ai enchaîné à mes Enfers.
Reviens vers moi et l'Amie du Cerbère.    


« Oh, elle se calme la Bogart ? » Mon regard rieur se pose sur la Princesse Bogart, un sourire amusé coulant sur mes lippes purpurines.  Je souffle plus bas encore alors que nous foulons ensemble la terre pour rejoindre Poudlard, abandonnant loin derrière nous Pré-au-Lard, le Chemin de Travers. Partis ensemble, quelques heures pour chercher pour ma part des ingrédients de Potions, pour toi, des livres, fort probablement pour ton apprentissage. « Ca fait qu'un mois qu'on est ensemble… C'est pas une histoire d'Etat. » Mais elle est là, cette future Reine au bras de mon propre frère, qui se tient droite et haute, ce regard capricieux, cette moue boudeuse sur ces lèvres trop sensuelles. Elle exige cette femme, cette enfant qui me fait lever les yeux au ciel. « Oh, Eug, j't'en prie ! J'en avais parlé à personne. Et puis depuis quand on parle de ce genre de chose, toi et moi ? » Depuis peu, visiblement. Peut-être parce que c'est la première fois que je m'autorise de vivre. Peut-être parce que Silver, c'est la première. Laisse-moi me détacher de cette femme qui fut fantasme et obsession. Laisse-moi étendre ces chaînes que j'ai fondu autour de mes poignets et la gorge de Serena. Laisse-moi vivre comme bon me semble ce malheur, sa perte de mémoire. Laisse-moi récupérer cette lettre assassine qui repose encore dans sa propre chambre. Laisse-moi sortir la tête de l'eau, m'envoler plus haut, voir où j'en suis.
Tu m'amuses toi et ta jalousie, ton envie de tout savoir, de tout connaître. On ne parlait pas de ce genre de chose avant, l'on se contentait du reste. Sur quoi nous devions nous concentrer. Valser pour des relations, s'échangeant des noms, nous racontant nos derniers exploits, à la table de qui nous avions diner. Je t'écoutais parler de ton maître d'apprentissage, te plaindre de lui et d'Eren, ton duo d'enfoiré préféré et cela m'amusait. Je parlais, parfois. A demi mot. Mais d'elle ? Que puis-je te dire que je ne sache déjà à son propos ? L'idée même qu'elle puisse te raconter nos soirées, notre intimité, m'agace un peu. Non, je ne sais pas ce que vous pouvez bien vous raconter et je préfère l'ignorer je pense… « Alors c'est quoi la prochaine étape, Miss Boggy ? Me promettre horreur et ténèbres si je lui fais du mal ? » Je souris, narquois. Si tu savais… Comment on s'en fait déjà. Elle n'est pas comme les autres, cette sulfureuse blonde. Une véritable hyène, un ange déchu venu sur Terre. Tentatrice, désireuse, dangereuse, comme toi. Elle est fière, comme toi. Elle ne se laisse pas faire, comme toi. Des femmes fortes et sauvages, dominatrices qui savent ce qu'elles désirent, qui ne se laisseront pas trainer pour rien au monde… Deux femmes qui rythment mon monde alors que lentement j'admet, j'accepte, j'ouvre lentement cette cage d'or que j'ai bâtis durant tant d'années autour de Miss Pendragon.

Par habitude, l'on se dirige vers les sous-sol avant de soupirer presque en chœur et nous engager vers les escaliers. Enfant, ils m'ont toujours fasciné. Ils me faisaient peur, ces escaliers enchantés, si têtus et imprévisibles qu'ils auraient pu nous tuer. Toujours à l'heure, à la seconde prêt, mécanique inlassable. Je grimpe les marches de toute une vie avec toi, alors que j'attends, silencieux, mon regard courant sur ta mâchoire, remontant contre cette chevelure. Je souris, amusé, narquois… Mais mon regard voit par delà de toi. Derrière toi. Plus loin encore. Il te transperce et mon air se métamorphose. L'amusement se fait poussière. Le plaisir d'être là, se fane. La peur coule dans mes prunelles, l'horreur plisse mes traits. « Silver. » L'escalier s'arrête. Ce que je tenais n'existe plus, tombe au sol, s'écroule, chute, se fracasse, roule dans les escaliers, se perd dans le vide. C'est pas grave. Mes doigts se sont accrochés au poignet d'Eugenia que j'entraîne dans le couloir. « SILVER ! » Cri électrique, décharge violente. Je te lâche, te libère alors que ma main se glisse derrière sa nuque, juste avant qu'elle ne s'effondre, sentant ses doigts effleurer ma robe de sorcier. Mes genoux tombent au sol, la laissant couler contre mes cuisses. Je découvre avec stupeur son visage tuméfié, méconnaissable par les blessures et le sang qui colore sa crinière d'or en cascade carmine. Ce sang qui n'est pas encore sec, cette odeur qui m'hausse le cœur. Cette horreur qui se dépeins sous mes propres yeux. Mais qui, quelle ordure a pu faire une telle chose ? Déformer mon ange, ce joyaux sur terre ! Qui a bien pu oser lever la main sur ton visage, sur toi, sur ton corps entier qui peine, ton souffle trop court. « Silver ! Princesse, reste avoir moi … » Mais tu tousses… Elle crache. Regardes Eugenia, comme elle crache, salie ma chemise, la sienne imbibée de son propre sang ! Regarde Eugenia ce qu'on a fait ! Quelle horreur. Je relève la tête, fronce les sourcils, dégueule, si agressif : « Mais restes pas planter là, putain ! Va chercher l'infirmière ! » Je me redresse lentement, soulevant le corps inconscient de la vélane. Je l'ai entendu dans son souffle, qui s'éteins. Putain.

Je vais retrouver ce connard qui t'as fais ca, je vais l'attraper et le briser en mille morceau. Je vais lui faire vomir ses trippes et hurler à la mort. Lui faire regretter d'avoir faire couler ton sang et tes larmes, d'avoir oser approcher ma sournoise blonde. Je suis seul souverain de ton cœur et de ton existence, il n'y a que moi qui puisse diriger ta douleur et tes pleurs. Moi seul peut me permettre d'écorcher ton être de la sorte. Tu es à moi, qui ne l'a pas encore compris ? A moi, putain ! Je vais le tuer de mes propres doigts, je vais lui faire bouffer son propre cœur, je vais le détruire, le torturer des nuits entières. Je veux le voir s'écrouler à mes pieds et me supplier encore et encore pour sa vie. Cette vie que je noierai dans son propre sang, dans son propre malheur, cette douleur qui deviendra son amante. Que je m'en veux de ne pas avoir été à tes côtés, de t'avoir abandonné pour une autre compagnie, de t'avoir laissé en tête à tête avec la mort. Que je m'en veux d'avoir traîné, d'offrir un verre à ton amie. Que je m'en veux putain ! Je me le promet, je remettrais la main sur l'enfoiré qui t'as fais ca, je vais le tuer de mes propres mains…

La peur assèche mes larmes. La haine étrange mon cœur, fige mes traits. Je porte la poupée maculée de son propre sang vers l'infirmerie. J'ai le cœur qui tombe. Je le bouffe avec mes propres dents, j'avale pour qu'il ne tombe pas, que je ne le piétine pas et trébuche avec toi. Je me sens trembler d'une colère sourde et je resserre mes doigts contre tes vêtements qui puent la mort. Reste avec moi. Reviens moi. Tu peux pas partir maintenant. C'était pas l'histoire que tu m'as promis. Je connais déjà la fin, et c'est pas celle là. Je t'en voudrais toute ma vie si tu crevais maintenant. C'est un ordre, reviens, putain !



     
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MessageSujet: Re: On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs   Dim 2 Nov - 14:52


 ◈ Silver, Audric & Eugenia◈
A celui qui t'as fais ça

Nous offrirons un destin pire que la mort






J
e n'aime pas être exclue voilà tout ! Son regard se détourne, il s'amuse de l'agacement qu'il fait naître en sa jalouse personne. Ce n'est pas une affaire d'Etat, un peu, c'est à savoir ce genre de chose et puis la question n'est pas là. Sa voix cingle l'air, femme enfant, capricieuse, à vif. Tellement à vif depuis la rentrée, depuis qu'un diamant brille à son doigts. Et ne m'appelle plus jamais Miss Boggy ! Il s'amuse, elle finit par avoir un air moqueur à son tour, Saddy, un peu de respect, mais tu n'as pas tord, fait la souffrir et tu en paieras le prix. Note que je suis magnanime, elle te fais souffrir je lui remonte les bretelles aussi. Elle sourit légèrement, moqueuse, mordante, jalouse. Jalouse à en pâlir de votre bonheur, de la simplicité avec laquelle vous accédez au bonheur. Jalouse à vous souhaiter le pire comme le meilleur. Silver a toujours fait ce qu'elle souhaitait, électron libre, fascinante et indomptable, elle suit ses émotions, ses envies, ma sœur sait faire ce que je ne m'ose qu'à rêver. Que Silver aime, obtienne ne me surprend pas mais toi Audric, toi, c'est autre chose. Toi et moi sommes pareil, toi comme moi avons détruit ce qui aurait pu nous combler, nous dominons, nous traînons dans la boue pour glaner le pouvoir. A mon doigt brille l'engagement de raison alors que toi, tu aimes une femme sans penser à ces complications. Toi, tu es heureux et tu peux la garder. Je n'ai pas eu le courage de dire non. Tu as droit à ce bonheur Audric et pourtant, là, autant je vous aime, autant j'ai envie de te mordre de mon poison pour te rappeler tes obligations principales. Je vous adore, j'ai envie de vous salir. J'ai dis Oui à Eren, je regrette de manquer chaque nuit l'occasion de l'étrangler dans son sommeil. Dire oui, me couper de ma liberté, vous voir si heureux et me rappeler que j'aime un homme que je n'ai pas eu le courage de suivre. Je vous méprise dans ce sentimentalisme que je n'ai pas la force de m'offrir. Je vous souhaite tout mes vœux de bonheur et puissiez ne jamais savoir à quel point je me noie dans ma jalousie.

Bras chargé d'ouvrages en tout genre, médecine, anatomie, psychanalyse, l'attirail de la parfaite étudiante en médicomagie. Son poignet sur le sien, les outils de potion s'écroule sur le sol, brouhaha d'objets où viennent s'éventer les ouvrages. Elle suit Audric en courant, entraînée à sa suite alors qu'il hurle et qu'elle ne fait que distinguer, assimiler, encaisser ce qui se dessine devant ses yeux. Merlin. Audric la tourne, elle voit. Son visage tuméfié et ce sang, tout ce sang qui empeste la mort. Déglutition difficile, tremblement, ce n'est pas elle qui tremble comme ça, ce froid n'est pas à l'intérieur de son propre corps. Ses yeux ne sont pas écarquillés d'épouvante. Non, elle reste impassible, la douleur, la peur, l'horreur ne peuvent pas être si visible sur son doux visage de poupée. Eugenia ne pense à rien. Eugenia ne ressent rien mais son corps est secoué de spasm alors que sa main vint se plaquer contre sa bouche quand Silver se met à cracher du sang. Audric la sort de sa torpeur, de cette léthargie dans lequel son esprit s'est enfermé pour ne pas faillir. Regards hagards, elle observe Silver, lui, et sans mot dire s'en retourne aux escaliers. Court, elle court la princesse et toujours elle n'arrive pas à affronter la réalité si crue. Elle va bien. Elle va bien. Comme quand Annabeth a disparu lors du tremblement de Terre. Silver ne va pas aussi bien et tu le sais Eugenia. Elle va bien. Le bureau des psychologues, pas toi, l'infirmerie. Elle appelle l'infirmier, elle appelle l'assistant, le premier accourt alors que le second est Merlin sait où. Venez ! Calmez-vous mademoiselle, calmez-vous, qu'est-ce qui se passe ? Elle ne veut pas expliquer, elle ne veut pas dire à haute voix l'état de Silver devant ses patients curieux et elle ne va certainement pas se calmer ! Quelqu'un a eu un accident et il y a du sang partout et, il la suit et elle, elle respire difficilement, elle court à sa suite mais très vite tombe sur Audric. L'infirmier accourt à leur rencontre, elle fait demi-tour. De retour dans l'infirmerie Eugenia sort sa baguette qu'elle pointe sur chaque élève tour à tour, Assurdiato. Le bruit dans vos oreilles est désagréable, elle se fout d’entacher son immaculé dossier scolaire pour avoir ensorcelés quelques camarades. Ce n'est qu'un bourdonnement, vous n'en mourez pas. Deuxième mouvement de baguette, elle ferme les rideaux sauf un. Silver est transportée sur le lit accueillant, entouré d'Audric et de l'infirmier qui sort ce dont il a besoin avec un calme olympien. Tu es protégée de leurs regards, de leurs oreilles, ma sœur. Eugenia se rapproche, repoussée par l'infirmier qui souhaite de l'espace, alors elle recule, lentement, à côté d'Audric. Les tremblements se font plus fort. Ca y ai, Bogart, tu réalises. L'infirmier ne la soigne pas en un tour de magie. Tu réalises. Ce n'est pas une simple agression, la personne s'en est donnée à cœur joie, la magie puissante du coupable reste accrochée à sa victime.

Silver.
Son esprit reste vide. Il n'y a que des émotions.
Je vais dépecer la personne qui t'as fais ça.
Azkaban est trop douce.
Ses poings se serrent, ses ongles griffent sa propre peau.
Ce visage qu'il t'as abîmé.
Je vais le trouver.
Ce sang qui nappe ton corps.
Je vais le défigurer.
Je vais lui faire voir le monde en rouge.

Ses tremblements ne se calment pas, son cœur bat, saute, ralenti, accélère alors que des larmes perlent à ses yeux pour glisser sur ses joues pales Blessures, meurtrissures, images d'une torture, d'une agression de couloir ; image d'un guet append. Peur qu'elle ait été si meurtrie qu'elle ne s'en relève jamais. Silver. Elle ne touche pas Audric. Elle ne fait que regarder sa sœur, sa chère amie, sa très chère amie qui n'a pas mérité ça. Sa Silver qu'elle aurait dû protéger, qu'elle aurait dû obliger à se joindre à eux, Elle n'aurait pas dû vivre ça. Ca explose en elle. Ca bouge dans les autres lits, les gens sont curieux, les gens sont morbides. Quelqu'un regarde, je le rend aveugle. Voix blanche, droite, linéaire, je ne blague pas, vous le sentez, que vous avez intérêt à respecter sa tranquillité, forcez ce drap blanc qui la protège, violez son anonymat et vous ne verrez plus aucun lendemain. L'infirmier la regarde, si paniquée, si difficilement maîtresse d'elle-même. J'ai envie de te tenir la main Silver, j'ai envie qu'il te soigne rapidement, que ce ne soit pas si long, pourquoi c'est si long ?! Je veux te tenir la main et sentir ta chaleur, sentir que malgré tout tu restes en vie car je connais le mal que peuvent faire les sortilèges. Je veux caresser ton visage et te jurer que ce crime ne restera pas impuni. Je me dois d'attendre et ça me bouffe de ne rien pouvoir faire pour te sauver.

_________________

And I need you like a heart needs a beat but that's nothing new. I loved you with a fire red now it's turning blue. And you say sorry like an angel heaven let me think was you. But I'm afraid it's too late to apologize, it's too late.
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MessageSujet: Re: On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs   Mar 4 Nov - 22:56

Les trois serpents

Qui baigne ses mains dans le sang les lavera dans les larmes





Je plane, j'ai l'impression de voler, ou plutôt de nager, oui voilà c'est ça je nage. Dans mon sang, je m'y noies, dans ma douleur, qui m’entraîne au fond de cet océan carmin. Je perds totalement pied, aveugle je ne vois même plus, mes bras battent dans tout les sens mais rien n'y fait je suis entraîné vers le fond. Je lutte, je m'accroche, j'étouffe je ne peux plus respirer. Chaque parcelles de mon corps me tiraillent d'une douleur bien trop vive, qui m’anime. Il ne reste plus que ça pour me faire vivre, ces maux oppressants, qui me tuent autant qu'il maintienne ce souffle de vie. Mais je faiblis, je vais pas tenir, je m’étouffe avec mon propre sang. Je pars je le sens, je suis en train de mourir doucement, lentement, j'agonise, je me sens partir. Je tourne dans le vide, je me perds, je n'ai plus de repères plus rien et pourtant je sais où je vais, vers la mort.

Alors c'est ça le chemin qui conduit à la mort, une espèce de route escarpée, où l'on s’écorche, où l'on a pas finit de souffrir. Ma vue revient, paysage rouge, tellement rouge, comme le sang que je perds en énorme quantité je suppose. Je suis disposé à voir tout ce que je suis en train de perdre. D'ailleurs une fois que je serais véritablement partie mes douleurs s'apaiseront-elles ? Continuerais-je de p enser ? De me souvenir ? De réfléchir comme je le fais là ? Je supposes que je ne tarderais pas à le découvrir. Des flashs me barrent la route, des images se dessinent, des portraits me conduisent jusqu'à mon dernier souffle. Mes parents, dignes, bien trop. Le visage de ma mère, si sévère, si beau, si si pure et pourtant tellement sombre. Celui de mon père un peu plus pétillant, un peu plus joyeux, mais l'on sent sur ses lippes ce besoin d'autorité qui fait de lui l'homme qui l'est. Parents aimants mais pas trop, tout est dosé, contrôlé, véritable usines à sentiments, toujours dans la mesure quand je suis toujours dans l’excès. Second visage, celui de mon frère, mon corps se crispe. Max, tu vas tellement me manquer.. Frère aimant, bien trop présent, toujours là lorsque j'ai eu besoin de lui, loup fort et puissant, mystérieux et calme, comme mes parents. A croire que j'avais hérité d'un gêne d'hyperactivité à la naissance. Puis viens ton tour douce blonde, la folie incarnée, la positivité en un être, toutes les questions du monde réunis entre deux lèvres, Euphémia.... On me torture, on veut s'en prendre à moi psychologiquement, on veut ma mort intérieure totale. Dernier champ de bataille que la mort n'a pas encore déchiré, qu'elle n'a pas calciné comme le reste de mon être. Elle veut m'achever pour que je sois à genoux à la fin de cette traversée. Jacob, mister beau fessier, qu'est-ce que j'ai pus rire et...et boire avec toi. Connerie sur connerie, cuite sur cuite, drague foireuse sur drague foireuse, fou rire sur fou rire... Puis Abel, visage triste, gagné par cette douleur quasi constante dans son regard. Qui sera là pour toi quand je serais partis ? Qui sera la pour te pousser à sourire, à vivre comme tu le mérites ? Je veux pas te laisser ! Je veux pas que tu t'enfonces et qu'il n'y ait personne pour te tirer vers la surface ! Je veux pas que tu te noies comme moi je suis en train de le faire ! Putain non t'as pas le droit ! Et ta sœur expulse son image, ma Hell, mon Aly, le souffle de folie qui a toujours enflammé mon existence. Cette tornade qui m'avait emporté avec elle pour que chaque moment se mue en éclat de rire. J'ai à peine frôlé ton image qu'elle explose pour qu'Eugénia s'affirme à son tour. La sœur que je n'avais jamais eu, celle qui arrivait à se contrôler comme jamais je n'y parviendrais. Celle qui m'avait bien plus comprise que les autres, une oreilles, une épaule solide, un appuis toujours présent. En fumée, envolé par une brise que je ne sens même pas pour laisser un dernier visage m'hanter le reste de ma vie. Audric. Non pas toi, tout mais pas toi. J'en ai déjà assez vu, je veux pas te voir une dernière fois. Et pourtant mes doigts s'approchent de ta joue pour la caresser une dernière fois mais je n'en ai pas le temps que tu exploses en mille morceaux. J'essaie de te faire revenir, toi, tout les autres, je veux vous revoir, je neveux pas avoir à perdre tout cela. Je n'ai pas assez profité, je n'ai pas assez vécu près de vous, j'ai pas mérité une fin si brutal ! Je le refuse. Véritable gifle, sans retour en arrière possible. Car il faut tout simplement profiter de tout tant qu'on l'a, tout prendre, parce que la vie reprends.

Et alors que j'allais franchir le point de non retour, quitté cet univers sanguinolent, pour des brumes d'un blanc presque opaques, je sentis de violentes déchargent parcourir mon corps. Je me sens tirer, on m’expulse loin de cette arche qui m'aurait mené tout droit en enfer. Mes yeux se révulsent alors que d'un coup je tousse violemment, rouvrant les yeux avec difficulté. Plus de long sentier peint avec mon sang, non. Les images se confondent, sont flous, il me faut un long moment avant d'ouvrir les yeux totalement et de réussir à voir totalement. Le monde réel. Loin de cet enfer post-traumatique, loin de ces cauchemars qui voulaient m'arracher à la vie, à ma vie. Je ne suis pas morte, toujours bien présente. Mais dans quel état. Ma gorge me brûle violemment, je meurs de soif, et tout mon corps est giflé par la douleur. Je n'ose même pas jeté un œil à la quantité de pansements qui recouvrent mon derme, tel une seconde peau. Tout ce dont je suis sur c'est que j'ai le bras gauche en écharpe et que deux personnes attendent près de moi alors que j'éveille. Deux des plus importants. Eugénia et Audric. J'essaie de parler, mais j'ai bien trop mal à la gorge et c'est dans une voix bien trop rocailleuse que je m'adresse à eux.

« A boire... »

Une violente quinte de toux me prends alors que je me redresse un peu dans le lit. Ma main valide passe sur mon visage fatigué alors que je jette un autre coup d’œil sur vous. Et dire qu'il y a quelques secondes encore je pensais vous perdre.

« Vous êtes restés.. »

Malgré ce que les gens pourraient dire sur vos réputations, qui pourraient être bien trop entaché à force de me fréquenter. J'arrive seulement à vous faire un faible sourire qui devient vite crispé lorsque des flashs de la séance de torture me reviennent à l'esprit...


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MessageSujet: Re: On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs   Dim 9 Nov - 20:28




     




« On croit au sang qui coule
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Reviens vers moi et l'Amie du Cerbère.    


Les rideaux se ferment. Véritable ballet rythmique accompagné par les tambours sourds qui cognent dans ma cage thoracique. Je suis sourd à tout, sauf à cette douleur qui me cisaille, me broie tout entier. Seule ma haine me consume, laissant couler contre ma chair les cendres de ma cruauté qui lentement… Si lentement, prend forme et devient monstre. Lourd manteau mortuaire qui se dépose sur mes épaules, me lèche la colonne pour mieux s'y planter dedans. Droit et si figé, droit et si glacé. Elle me transperce et m'habille de glace, elle brille et m'apaise à peine. Véritable statue sourde et muette, ma prunelle est rivée à ce visage défiguré. Je suis incapable de regarder autre chose, incapable de bouger, immobilisé dans l'horreur et la peur. Je me refuse de voir que cet infirmier ne peut te soigner d'un sort, d'une potion, il s'agite et je reste silencieux.

Une larme orpheline s'ose à perler de mes océans déchaînés. Cet éclat du Styx déchaîné trace une faille immense dans cette porcelaine qui lissait mes traits. Muet et écrasé, je me sens totalement oppressé par cette sensation dégueulasse. Le poids de la réalité, cette impuissance qui m'enserre et m'écrase. Je ne suis qu'un spectateur, je n'ai rien à faire, je regrette presque un instant de ne pas être en médicomagie. Elle me fait mal, si tu savais, cette vérité presque banale mais qui me malmène et me tue. Elle me plonge dans un autre monde, dans mes propres Enfers. Ce monde dont je suis souverain, sur lequel s'abat à tout moment la puissance de ma colère, la brutalité de ce désir brûlant de trouver l'enfoiré qui t'a fais ça. Le tenir captif et le noyer dans les flots enflammés de mon royaume impitoyable…
Ce sont les paroles de la belle, la doucereuse Eugenia qui me ramènent dans ce monde qui m'agresse. Un nouveau haut le cœur, j'ai la gerbe, j'ai l'impression que je vais craquer à tout moment. Mais ces paroles résonnent dans mon crâne, ma pupille luisante se posant sur la Bogart. Si fière, si confiant, mais qui tremble, si paniquée et terrorisée, si désireuse de vengeance. Tes larmes je les aime, je les chéris, mais je n'oserai les essuyer sur ton visage déformé par la douleur. J'inspire, je frémis, je ne m'apaise guère, la violence fait toujours rage dans mon être, fait tendre mes muscles et je ne bouge toujours pas. Je n'exprime pas cette colère, je n'exprime pas cette haine à la vue de tous. Cette image bien trop parfaite qui doit me coller, cette image que je détruis lorsque je m'affiche au côté de cette blonde sulfureuse, de cette blonde si libre et impétueuse.
J'inspire, ma poitrine se soulève et je bouge enfin. Ma main glisse contre la hanche, la taille de la Princesse Bogart, et je m'approche d'elle comme je l'attire à moi, ce pilier, ce joyaux qui s'illumine et brille d'une tristesse qui fait écho à la mienne. Je me serre contre toi, contre ton dos, mes bras passant autour de ta taille, ma main se posant contre ton ventre. Mon visage se niche dans tes cheveux et je serre les dents. Mes doigts se crispent sur le tissu de ta chemise, déforme le tissu si lise. Je te broie contre moi, je te serre pour te tenir dans ce monde, pour te garder dans mon univers à moi. Je tourne un peu la tête, imbibé de l'odeur de ta chevelure qui me ramène quelques secondes dans un autre temps, ailleurs, si loin, dénué de tout ce sang. Je souffle si bas au creux de ton oreille, mon regard revenant se poser sur ta meilleure amie, ta sœur, celle que tu serreras encore contre toi lorsqu'elle me détruira de son destin maudit : « Nous allons trouver cet enfoiré…  » Un murmure, une promesse. Ma fureur est fougueuse et pourtant elle ne fait que ronronner dans mon ode si douce, elle te caresse et te désire, alors que mes doigts se glissent entre les tiens, se serrent et te quémandent. « Je veux briser toute sa vie… Je veux le détruire tout entier avant de l'envoyer pourrir à Azkaban. » Mon souffle est brûlant, il est rageur, il est conquérant et caresse ta mâchoire. « Je veux lui faire payer ce qu'il a fait à Silver… Qu'il ose s'en prendre à nous, à tout ce que l'on représente… Eugenia…  » Aide-moi, accompagne moi dans cette croisade de vengeance. Je veux que tu me tiennes la main et que tu sois à mes côtés pour ces horreurs que nous ferrons tomber sur le coupable. Je veux que nous fassions justice à notre manière, je veux que l'on l'enferme ensuite à jamais, qu'il crève dans la merde pour avoir agressé une élève, pour l'avoir torturer.

Mes doigts sont blancs tant ils malmènent le tissu de ta chemise. J'étouffe un grondement de colère et je me redresse. Je m'approche un instant de Silver, sans rien dire, et reviens vers toi lorsque l'infirmier revient. Je n'oserai même pas la toucher tant j'ai la sensation qu'elle tomberait en poussière si j'osais frôler cette statue de sang et de chair blessée. Je déglutis difficilement et me plante face à toi, ma cousine, mon alliée, mon amie, mon ennemie, cette force abusée. Délicatement, je viens effacer tes larmes, avant de te prendre dans mes bras, encore, soudainement tactile. J'ai besoin de toi Eugenia. Je te serre pour te détruire, je te serre pour me retenir. Je ferme les yeux, retenant mes larmes. J'ai peur si tu savais qu'elle ne respire plus encore, j'ai peur qu'elle meure ici, j'ai tellement peur Eugenia de la perdre, je ne le supporterai pas. Vois comme mon bonheur n'est qu'éphémère, vois comme ce bonheur que j'ai attrapé m'échappe et se brise à mes pieds. J'ai l'impression que l'on m'a arraché le cœur, que tout s'effondre. J'ai osé quitter le sentier que je m'étais tracé depuis mon enfance, je l'ai quitté pour elle, j'ai fais un écart dans mes machinations pour elle. C'est mon soleil, c'est mon souffle, elle me libère de cette prison que j'ai bâtis autour de moi, de ces fantasmes, de ce besoin inhumain, de cette ambition qui a construis tous mes mensonges et mes masques.  
Et je serre contre moi, pour retenir mes larmes. Je te serre contre moi, parce que j'ai besoin de toi. Comme toujours, mais jamais de cette manière. Jamais à te montrer le peu d'amour ou passion que je pouvais porter en moi. Jamais nous n'avions parler de tout ça, jamais jusqu'à elle. Jamais, jusqu'à ce que ce soit elle qui se glisse dans ma vie et bouscule tout. Elle me rend si fort et si faible. Je me sens détestable, je me déteste pour l'être, pour perdre pied et me laisser si aller. Je ne suis qu'un tas de glace qui ne fond pas, un tas de glace qui frémis au vent et qui respire ton odeur pour oublier celui de la mort. Je souffle tout bas : « Promets-le moi. » Que tu m'aiderais, que tu ne me laisseras pas tomber, comme je ne l'ai jamais fais avec toi à n'importe quel de tes choix.

On finit par s'asseoir, moi si raide, si ailleurs, perdu dans des songes d'horreur. Mais ma man parfois s'accroche à la tienne, regardant toujours ce que fais l'infirmier. Pommade sur tes plaies, pansements, potion qu'il tente de glisser entre tes lèvres. Tant de chose pour une seule personne. Les minutes passent. Les heures aussi. Il finit par te quitter, allant préparer un long remède. Et je ne bouge pas, je n'ose pas le faire. Nous sautons le repas et je suis toujours ce chevalier de glace qui attends le réveil de sa Belle aux Bois Sanglants. Je sursaute lorsque Silver se redresse vivement, toussant brusquement. Je m'approche et laisse Eugenia aller chercher le verre d'eau, effleurant les cheveux de la blessée. « Evidemment, idiote, où veux-tu qu'on aille ?! » Une dureté qui trahis une peur trop grave. Tu me rassures à peine tant tu es pâle et si blessée, si faible et fatiguée. Je me pousse pour laisser faire Eugenia avec l'eau, ayant bien trop peur de la toucher et finir de la briser. T'observer dans cet état me tord toujours autant les entrailles, me donne des envies d'une violence inouïe mais pourtant ce sont tes doigts que je serre délicatement contre les miens.



     
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MessageSujet: Re: On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs   Sam 15 Nov - 21:58


 ◈ Silver, Audric & Eugenia◈
A celui qui t'as fais ça

Nous offrirons un destin pire que la mort






F
aut-il qu'elle soit au plus bas pour tolérer la main d'Audric. Qu'elle ne soit que colère et douleur pour le laisser l'approcher comme il le fait. Le toucher de sa peau sur son uniforme, son torse qui se presse contre son dos, sa nuque dans ses cheveux, toute cette affection, cette douloureuse affection qui lui comprime la poitrine. Tu souffres, je suis là. Elle doit vraiment être en plein coma, en pleine souffrance, pour que ses mains viennent rejoindre celles d'Audric. Elle les serre, se presse contre lui et ses lèvres se mordent pour chasser des larmes qui coulent. Ne me touchez pas, aime t-elle à dire, je touche pour dominer, ne me caressez pas, ne me faite ni baiser ni câlin, ne vous consolez pas contre moi. S'il vous plait, ne m'offrez pas de tendre démonstration car cela me cloue dans la douleur d'un passé nostalgique. Silver, sous ces airs désespérément glaciales, sous sa voix pleine de menace, elle se crève de peur que tu ais des dégâts bien pires. Elle crève d'inquiétude et ses barrières fondent dans les bras de son cher, très cher, ami. Il joue avec ses mains, ses doigts, enlaçant sa main pour une promesse. Nous allons faire payer sa douleur. Dans sa voix, jusque dans son souffle, elle sent la douleur et la rage d'Audric ; la haine, qui devient un mot bien faible tant il n'aspire qu'à crier vengeance. La poitrine d'Eugenia se lève et se soulève, un peu plus précipitée, étouffée de ne pas crier sa douleur comme son envie de destruction. Je veux faire pire que l'envoyer à Azkaban. Elle va faire pire, nous allons faire pire, que lui détruire sa vie et l'envoyer croupir. Il priera pour qu'on le dénonce quand on l'aura trouvé. Sa voix blanche de colère, son visage déformé par ses mots emplis de haine, elle se met à penser alors qu'Audric finit par la quitter pour Silver. Je veux que le coupable ait une famille, des amis et des rêves. Je crève de le traquer et de voir chacun de ces petits êtres aimés détruits, pas mort, mais transformés en tel légume que la mort aurait été plus douce. Je lui souhaite un bon poste pour ruiner sa réputation, pour qu'il voit le dégoût qu'il inspirera après notre passage. Je veux marquer sa vie et qu'il vive, longtemps, après que je lui ai lancé dans son esprit qu'un unique souvenir : celui d'avoir un jour agressé Silver Nott et d'avoir, de fait, ruiné la vie de ceux qui comptait. Je m'attise l'espoir qu'il résiste à la torture pour quelle dure longtemps, je ne veux pas le torturer, non, je veux qu'Audric sabre chaque petites veines de l'être le plus aimé du coupable et que ce dernier soit au première loge.

Audric lui revint, elle n'a pas cessé de quitter Silver des yeux, c'est seulement quand il essuie une larme qu'elle le regarde. Dans ses bras, brièvement elle ferme les yeux et à son tour s'accroche à lui. Ne pas craquer. Ses yeux lui font mal tant elle appuie pour ne pas les ouvrir, ses larmes se remettent à couler plus fort et, fatalement, la belle se perd. Un sanglot ne peut être retenue, ses jambes vacillent, ses genoux cèdent et sans lui, sans ses bras, elle serait tombée à terre sans retenue. J'ai peur Audric. Tellement peur de comment on va la récupérer, tellement peur de ne pas lui offrir la vengeance qu'elle mérite. Elle le mérite, on le lui doit, il faut que l'autre paie. Ne me lâche pas, jamais, Audric. Je te le promet, Audric. Ce ne sont pas des paroles en l'air et malgré ses sanglots qui affluent, malgré la rougeur et la honte de sa propre douleur, c'est assurée qu'elle lui répond, qu'elle répète. Je te le promets, il va regretter son geste. Ils se séparent, lui sur une chaise, elle sur la sienne, cherchant sa main quand il ne la lui prenait pas. Le silence s'impose, elle cesse de pleurer, ses yeux la brûlent mais elle ne fait pas le geste d'effacer ses larmes. Tu es rouge Eugenia, tu as honte de ta souffrance qui te rend humaine, de ta sensibilité, alors tu les nies.

Enfin elle se réveille ! Enfin ! Sans mot, Eugenia se précipite pour aller chercher un verre d'eau qu'elle lui apporte. Elle parle, ça a l'air d'aller, même si elle dit n'importe quoi. Elle parle, boit, réagit à son environnement. A l'instar d'Audric elle n'ose la toucher, pourtant pour une fois, cette fois, elle a envie de la palper, la caresser, remettre en place chacune de ses mèches. Sentir que tu vis, sentir ta chaleur, ma sœur. Son regard la couvre d'affection, sans retenue ni pudeur et c'est avec chaleur qu'elle répond. Tu te sens comment ? Des symptômes, picotements, une sensation étrange ? Faut être prudent car, la main de l'infirmier sur son avant-bras la faire s'arrêter et se calmer, elle n'a plus besoin de paniquer, il a fait tout ce qu'il fallait. On est là, on ne te laisse pas Silver, sauf si tu veux dormir. Sa voix n'est qu'une douce caresse affectueuse, prévenante et légèrement timide, elle a envie de l'interroger pour savoir, elle veut qu'elle se repose tout à la fois, et même si tu dormais je crois que je resterais, au cas où. Eugenia sourit, elle sent bien qu'elle parle trop à cause de la nervosité, tremble encore, c'est de soulagement cette fois que son cœur palpite, que des larmes remontent. J'ai eu tellement peur.

_________________

And I need you like a heart needs a beat but that's nothing new. I loved you with a fire red now it's turning blue. And you say sorry like an angel heaven let me think was you. But I'm afraid it's too late to apologize, it's too late.
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MessageSujet: Re: On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs   Dim 23 Nov - 20:59

Les trois serpents

Qui baigne ses mains dans le sang les lavera dans les larmes





Je suis prisonnière d'un corps presque mort et d'un esprit bien trop vivant. Je ne peux pas bouger, je ne peux pas hurler, je ne peux rien faire à part me souvenir, sans vraiment le chercher, de ces heures sanglantes. Ces hurlements qui résonnent dans mon crâne, ce sang qui semble gicler à mon visage, et cette douleur qui brûle mon corps. Même en ouvrant les paupières ces sensations loin d'être agréables persistent, je ne suis plus qu'une morte vivante, qui a trouvé exil dans les enfers que l'on appelle, le monde sorcier. Je m’acclimate doucement à ces nouvelles touches de couleurs que je perçois avec difficultés. Ces images flous qui prennent doucement forme, ces personnes restés à mes côtés alors que mon souffle semblait s'éteindre. Mes piliers, mes sanglants piliers, qui restent solides malgré les nombreuses fissures et qui jamais ne tomberont lorsque je m’appuierais dessus.

Je ne veux pas croise leur regard, je ne veux pas voir la lueur qui s'y baigne. Ressentir de la pitié exploser la prunelle des autres me tuerait encore une fois. Bien qu'avec vous deux je prends bien moins de risques d'éprouver cela. Vous êtes les deux seules personnes que j'aurais voulus apercevoir à mon réveil. Les deux moins humaines, les deux moins compatissantes. Celles avec qui je risque le mins d'entendre toutes ces phrases qui me donnerait envie de les gifler ou de voir leurs yeux remplis d'une pitié que je voudrais détruire, écraser de mes propres mains. J'appréhende aussi le dégoût qui pourrait s'y loger, et pour cela dans mon esprit vous ne faites pas exception à la règle. La poupée de porcelaine a disparus, elle est devenu poupée de chiffon abîmée par le temps. Ma peau n'est plus ce chemin lisse, doux et plat, il est devenu cette route escarpé, baigné par le sang. Rien de beau, rien de plaisant, rien qui attire, mais bien tout ce qui dégoûte. Oserais-je tourner la tête vous voir, oser vous regarder. J'y serais bien contrainte à un moment où un autre.

Le ton dur, bien trop froid, incisif d'Audric me ramenant à la réalité bien trop sèchement. Cruel retour à la réalité. J'ai quitté les enfers pour un endroit de la même trempe, pour atterrir devant le roi de ces horreurs. Un roi que j'aime d'un amour bien trop malsain, bien trop masochiste. Ces mots dénué de sentiments, et qui provoquent en moi des peurs incertaines et nouvelles. Celles de déplaire, de le dégoutter, de le repousser. Est-ce pour cela qu'il réagit de cette manière ? Parce que mon visage, mon corps, mon être brillant de sang et de coups le dégoûte ? Je ne sais pas quoi en penser, pas comment réagir. J'aurais plutôt de m’ensevelir sous mes draps, de disparaître en dessous, pour lui éviter une vue pareil. Pour m'éviter d'avoir à le perdre. Mais je ne peux pas, je suis condamné à rester sous ses yeux et de le contempler se détache de moi. Et pourtant ce sont ses doigts que je sens se resserrer sur les miens dans le moment où je l'aurais le moins espéré. Je noues mes doigts aux siens, les serrant avec autant de force que je le peux à cet instant pour me donner ce courage que j'ai perdu entre les gifles et les sorts.

J'attrape ce verre d'eau comme s'il s'agissait du meilleur élixir, remerciant ma chère Eugénia d'un hochement de tête. Le liquide réveille mon organisme, plus très vivant, faisant disparaître cette sensation de sécheresse horrible qui avait pris possession de ma gorge et de ma bouche. Cette sœur à qui je suis lié non pas par le sang, mais par un lien bien plus fort encore, est là, à mon chevet. Son si beau visage plein de certains sentiments que jamais je n'aurais crus y voir. Cette amie à qui je peux tout dire, même mes maux les plus sombres, ce remparts si glacial, désormais si affectueux qui arrive à me voler un faible sourire.

« Ça va ne t'inquiète pas. »

Ne jamais dire que l'on a mal, que l'on souffre, toujours garder la face dans une fierté bien trop grande. C'est ce que j'avais toujours fais. Montrer que l'on souffre c'est s'affaiblir soit même. Il faut penser que l'on va bien en toute circonstance. Voir ma belle blonde dans un état comme cela me fait mal autant qu'il me fait plaisir et resserre un peu plus notre lien déjà si fort. Elle a peur de me perdre, comme moi je crèverais de ne plus l'avoir dans ma vie.

« Non je préférerais que vous restiez, j'ai pas envie d'être seule. »

J'aurais bien trop peur de ressombrer sans vous. J'ai l'impression de ne plus être qu'une petite fille qui a peur, une idiote comme l'a si bien fait remarquer mon cher petit ami. Mais j'ai besoin de vous plus que jamais. Mes deux ténèbres. Puis-je vous le dire ? Puis-je vous laisser faire justice à ma place ? Non. Je veux pouvoir me venger par moi même, c'est mon combat, ma vengeance. Et je sais qu'il suffit que je glisse ce prénom à vos oreilles pour qu'il baigne dans le Styx l'heure suivant.

« Je ne comptais pas vous fausser compagnie maintenant, ça aurait été bien moins drôle sans moi. Et j'aurais raté pour rien au monde tes fiançailles... »

Petite touche d'humour rapidement coupé par une nouvelle quinte de tous, bien plus forte. Je finis par terminer mon verre en resserrant mes doigts sur ceux d'Audric. Mon visage se tend un peu sous la douleur avant de s'apaiser lentement. Aucun doute je suis vivante et je compte bien m'accrocher à ça. Je ne lâcherais vos ombres maléfiques pour rien au monde mes chers démons.


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On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs

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