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 Serait-elle à ma place plus forte qu'un homme ?

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MessageSujet: Serait-elle à ma place plus forte qu'un homme ?    Ven 24 Oct - 20:26







Arya & Eleazar
Les potions, cette science un peu trop exacte




L’idée brillante du jour? Elle n’était pas toute neuve. Ca n’était pas la première fois qu’Arya et lui faisaient des essais de potions ensemble. Ils partageaient ce point commun d’être tous les deux des billes en potions, c’est la raison pour laquelle ils avaient décidé d’unir leurs forces. Problème : un boulet en potion plus un deuxième boulet en potion, ça ne fait pas toujours des miracles. Ou plutôt pas le genre de miracles qu’ils esperaient faire. Théoriquement, à deux ils pouvaient s’entraîder et réussir là où seuls ils échoueraient. Certes, ils n’étaient pas des flèches en potions, mais chacun avait ses faiblesses, et donc pouvait aider l’autre… Sauf s’ils cumulaient les faiblesses au lieu des forces.

“Et donc là on rajoute deux gouttes d’extrait de foie de dragon.. beurk, ça pue ce truc !”

En grimaçant et s’écartant au maximum de sa fiole de potion, le bras tendu, Elea y versa les gouttes de foie.  C’est que les potions, vraiment, c’était pas son fort. Elea ne comptait plus le nombre de fois où les potions lui avaient explosé à la tronche alors qu’elles étaient censées … eh bah ne pas lui exploser à la tronche justement.


“Et voilà le travail ! Une magnifique potion de troc vocal !”

Elea prit la fiole et en versa le contenu dans deux petits verres, s’appliquant pour que la dose soit le plus équitablement réparti.

“A la tienne?”

Il tendit son verre et trinqua avec Arya avant d’avaler le tout d’une traite. En general le goût était suffisamment immonde pour ne pas vouloir faire durer le plaisir.

“Tadaaam”

Et… sa voix était restée la même. Même pas une petite note plus aigue, plus féminine, plus… Non, rien. Autrement dit, le “tadam” se résuma à “tiens, mais il ne se passe rien du tout”. Ce qui finalement était moins dramatique qu’une explosion mais aussi moins drôle. Tant d’efforts et de précision pour une potion qui semblait totalement inerte. Et dire qu’ils avaient scrupuleusement suivi toutes les quantités. Décidément, Ele ne comprendrait jamais rien à cette discipline.

C’est un peu blasé par ses non performances qu’Ele était allé se coucher ce soir là. La seule réjouissance -outre le fait d’avoir passé un bon moment avec Arya- résidait dans le fait que le lendemain matin, c’était grasse mat’.

En toute logique donc, il aurait du se réveiller en pleine forme, revigoré par une bonne nuit de sommeil. Pourtant, la première chose qu’il sentit en se réveillant fut un horrible mal de crane, de ceux qui habituellement suivent une bonne cuite. Sa gorge le grattait un peu, ses paupières semblaient tellement collées qu’il lui fallut un bon instant pour ouvrir les yeux. Une bonne quinte de toux le sortit de son état léthargique et ce n’est qu’après avoir manqué de s’étouffer qu’il comprit que quelque chose allait de travers. Une tonalité bizarrement aigue. Sa voix. Sa voix avait changé…

Mais oui bien sur, la potion, elle venait de faire effet. Arya et Eleazar, fiers inventeurs de la potion à retardement ! Il se leva d’un bond, pris d’un gain soudain de motivation à l’idée que l’une de ses potions ait finalement fonctionné…. et se ramassa à plat ventre au pied de son lit sous le regard intrigué de ses rares camarades de dortoir à encore être au lit à cette heure-ci. Qu’est ce que… il lui fallut encore quelques secondes pour comprendre l’emprise des dégats. Des mains fines, une force totalement différente de la sienne, des jambes toutes frêles. Ses yeux s’écquarquillèrent alors qu’il comprenait qu’il n’était pas lui-même. Ou plutôt que son corps n’était pas lui-même. Toujours au sol, il se pencha un peu pour vérifier son reflet dans le miroir et ce qu’il renvoya refleta ses craintes. Il venait d’hériter de la tête d’une Arya mal réveillée.

Oh M...erlin. Qu’est ce qu’ils avaient encore pu foirer pour qu’il se retrouve avec ce corps là? Il aurait pu avoir mille préoccupations mais sa première fut pour les bruits de dortoir que ça allait encore créer… Arya qui avait dormi dans son lit, ça ne passerait pas inaperçu, même si en l’occurence elle était seule et non avec lui. Arya allait le tuer. Meg allait le tuer. Une copine c’était déjà peu réaliste, mais deux en si peu de temps ça ôtait toute crédibilité. Il avait juste envie d’aller s’enterrer sous la couette et d’attendre que ça passe. Mais si ça passait pas? Non, il fallait retrouver Arya, la vraie. Peut-être qu’elle aurait une solution miracle pour lui.

A la hâte il se leva en prenant garde cette fois de ne pas perdre l’équilibre et attrapa ses vêtements avant de se diriger vers la salle de bain. Et là… c’est le drame. Devoir se changer et pire encore, se doucher avec ce corps là, c’était impensable. Fallait-il préciser qu’Elea n’avait jamais vu de corps de femme de si près -parce que non, une fausse copine ça n’enlève pas la virginité- et qu’en plus de ça il avait eu, fut une époque, des sentiments pour Arya? Rien qu’à penser à la bizarrerie de la situation, il avait le tournis. Se concentrer sur le robinet, voilà, regarder et ne fixer rien d’autre que le bouton d’eau chaude et celui d’eau froide. Il décida de faire l’impasse sur la douche, de toute manière il en avait prise une la veille au soir -restait encore à savoir si les effets du déo outrepassaient le changement de corps- et d’enfiler à la hâte sa tenue désormais trois fois trop grande. Il ne pensa même pas à tenter de la rétrécir et se contenta de cacher le tout sous sa cape.

Et dire que la seule personne de sa connaissance qui ait de réelles compétences en potions était un dénommé Jugson, aux dernières nouvelles un peu trop amoureux de celle dont il occupait le corps en ce moment pour ne serait-ce qu'envisager de lui demander de l'aide directement.

Arya, il fallait trouver Arya… Par où commencer? Hors de question d’aller dans le dortoir des filles. Ah non, minute, il était une fille, il POUVAIT aller dans le dortoir des filles. Du coup, c’est par là qu’il commença, un peu gêné de débarquer pourtant incognito là où il n’avait jamais mis les pieds. Mais elle n’y était pas. Le gryffondor parcourut à peu près toute l’école à la recherche de la silhouette d’Arya avant d’avoir finalement un choc en tombant sur son reflet. Le sien, à lui. Il faillit tomber à la renverse en se voyant. Bien sûr, comment avait-il pu être aussi stupide? Si lui avait hérité du corps d’Arya, celle-ci avait donc hérité du sien à la place. D’un côté c’était quand même preferable, ça évitait le coup du dédoublement d’Arya qui aurait sans doute attiré l’attention. D’un autre côté c’était… ben c’était gênant en fait de savoir qu’elle était en possession de son corps.

“Arya ! Je t’ai cherchée partout !”

Il fronça les sourcils en songeant qu’il avait peut-être parlé un peu fort et qu’il était peu judicieux d’appeler Arya par son prénom alors même qu’il avait sa tête. Il l’attrapa par le poignet sans reflechir et la traîna dans la première pièce qu’il rencontra. Par chance, elle était non seulement ouverte mais en plus de ça vide.

“Dis-moi que t’as une idée miracle pour nous sortir de là… et que cette idée c’est pas une autre potion?”

Ca n’était décidément pas aujourd’hui qu’il reverrait son avis sur ce cours. Les potions c’était vraiment une plaie !




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MessageSujet: Re: Serait-elle à ma place plus forte qu'un homme ?    Mar 28 Oct - 0:30

Se met-il à ma place quelque fois ?


Je veux bien faire la belle, mais pas dormir au bois.
Je veux bien être reine mais pas l'ombre du roi.




La divination était un art abstrait que la rouge et or maîtrisait à la perfection, celui des potions un art précis. Une science pour être exact. Et autant dire les choses telles qu'elles étaient, les potions, ça n'avait jamais été le fort d'Aryanedëlle McMillan. Ce n'était pas faute d'avoir essayer de s'améliorer en la matière pourtant, mais d'aussi loin qu'elle ait su s'en souvenir, la jeune femme n'était jamais parvenue à un résultat rapide et efficace. Même efficace aurait suffit, mais non, rien n'y faisait. Tout paraissait simple pourtant de prime abord, il suffisait de lire les instructions et les exécuter. Pourtant, en pratique, il lui avait toujours semblé que les meilleurs étaient avant tout les chanceux et autres éventuels maniaque de la bonne goutte bien dosée. Fort heureusement, dans son entreprise pour améliorer ses liqueurs, la demoiselle n'était pas toute seule et elle savait toujours compter sur l'aimable soutien de son acolyte Eleazar afin de réaliser ses travaux de binôme. Et quelle merveilleuse expérience ils avaient fait ce soir-là. Penchés au-dessus d'un chaudron contenant leur brillante mixture, Eleazar en avait tiré une fiole à laquelle il avait ajouté l'extrait de foie de dragon demandé.

A le voir faire, la jeune femme fit une moue dégoûtée, incapable de comprendre comment au fil des nombreux siècles passés, aucun sorcier n'avait eu la fine idée de rendre agréable le goût des potions. L'huile sentait fort, et à la seule idée de devoir en ingurgiter, même via une préparation, la Gryffondor sentit venir le haut le cœur en même temps qu'Eleazar leur versait le tout dans un verre. Mais enfin, cette potion là ferait sans doute parti des examens pratiques pour eux, mieux valait s'y exercer. Levant son verre, elle cessa de respirer le temps d'ingurgiter le tout. Mais à peine eut-elle achevée sa besogne que le tadam de son ami lui donna envie de se frapper la tête dans un mur. La sienne n'avait pas fonctionné. Elle tenta tout de même.

« Berthie Crochue ? Berthie Crochue ? »

Rien à faire, ils se trouvaient là, se regardant tels deux chiens de faïence sans que rien ne ce soit produit.

« C'est pas vrai... Où est-ce qu'on a pu se tromper cette fois !? »

Se mit-elle à gémir sans que son camarade ne puisse y apporter le moindre élément de réponse. Blasés, découragés, les deux Gryffondor remballèrent leur matériel, bien heureux au final que leur piètres efforts soldés en échec n'aient été connus que d'eux. Remerciant Eleazar pour cette soirée d'une légère pression sur le bras, la rouge et or gagna finalement son dortoir avec l'amère sensation de se sentir incomplète. Elle mit cela sur le compte et de la mixture poisseuse et écœurante qu'elle s'était donné la peine d'avaler pour rien et se coucha finalement plus nauséeuse que jamais avec pour seule consolation le fait que le lendemain était un jour de repos. Elle en avait bien besoin après avoir travaillé inutilement toute la soirée. Heureusement pour elle qu'Eleazar était toujours de bonne compagnie, faute de quoi, il lui aurait semblé avoir vraiment perdu son temps jusqu'au bout.

Se laissant retomber mollement sur son lit, la jeune femme se glissa dans ses draps, espérant qu'au passage que la nuit serait bonne. Et elle le fut contre toute attente. Car fait très rare pour elle, aucun rêve, ni aucune vision de tourmente n'était venu écorcher son sommeil. Arya ne profiterait cependant pas d'une grasse matinée pour autant, car à peine le soleil fut-il levé qu'un échos tonitruant de voix féminines outrées s'en vinrent siffler à son oreille, la faisant sursauter. Peinant à ouvrir les yeux, la tête totalement enfumée, elle perçut qu'on lui criait de sortir, qu'elle devrait avoir honte. Où est Arya !? Non mais franchement vous n'avez vraiment aucune pudeur, faire ça alors que nous sommes toute autours!! Elle râle, ouvre les yeux.

« Mais qu'est-ce qui vous prendre de beugler comme ça dès le... !? »

Elle s'arrête net, les yeux ronds comme des billes. Cette voix. Bon sang mais c'est quoi cette voix rauque et virile ? Elle se connaît des matins difficiles mais de là à se retrouver avec une tonalité pareille dans la gorge. Avant même que d'avoir pu dire un mot de plus, un oreiller s'en vient voler directement sur sa tête, la fait tomber du lit la tête la première. On lui cri de toute part de sortir d'ici, de dégager. Sa tête tourne et elle ne comprend rien avant que de se relever péniblement, provoquant au passage une nouvelle nuée de cris aigus et épouvantés. Elle baisse les yeux vers sa silhouette, tâtonne vers ses vêtements. Son débardeur rouge lui serre les côtes, menace de craquer et la laisse là, le ventre à moitié découvert. Quant à son short, ce dernier lui fait désormais office de sous-vêtement... Très courts. Hurlant à son tour, la jeune femme, qui n'a plus grand chose d'une femme attrape à la volée le drap de son lit et s'enroule dedans. Se tortillant comme une chenille autour d'une tige, c'est sans vraiment regarder ce qu'elle tiens en main qu'elle attrape à l'aveugle dans son coffre un jean et un pull avant de s'emparer de sa baguette et s'enfuir à toute jambes vers la salle de bain dans laquelle elle s'enferme.

A la porte, les filles continuent de tambouriner en lui balançant des propos peu agréables. Elle perçoit même quelques mots pour elle-même. C'est qu'elle n'a pas froid aux yeux la McMillan d'oser ramener un garçon dans son lit à la vue de toutes ! Quelle manque de respect, et surtout, comme elle cachait bien son jeu la farouche en fin de compte. Elle entend qu'on se moque, qu'on considère que même les plus coincées finissent un jour par se dévergonder. Si la situation n'était pas si critique, elle profiterait bien de sa nouvelle condition pour rouster les intrigantes mais là devant elle, l'image d'Eleazar se reflète dans la glace, pourvu d'une expression de stupeur et d'angoisse.

« Oh non... Non... NON ! »

A se voir ainsi découverte dans un corps d'homme, elle réalise son inexpérience. Son visage rougit brutalement de percevoir si impudiquement le torse, le bassin, les jambes de son ami moulé dans des vêtements qu'elle pourra jetés une fois ceux ci enlevés tant ces derniers sont craqués de toute part. Elle lève les yeux au plafond, tremble comme une feuille et tourne le dos au miroir. Surtout ne pas regarder. Ne rien regarder. Elle se sent  lourde, lourde comme jamais elle ne l'a été de sa vie et se déhanche alors maladroitement pour retirer son débardeur auquel elle fait ses adieu avant de le balancer dans la corbeille près des lavabos.

Elle commence à faire glisser le short. Non, ça elle ne peut pas. Vraiment pas ! Elle attrape le jean, commence à y glisser une jambe par réflexe et jure salement quand elle sent le pantalon s'arrêter à mi-cuisse. Bordel, ça s'oublie pas facilement pourtant qu'on a perdu son corps ! Baguette en main, elle agrandit le vêtement jusqu'à pouvoir l'enfiler par dessus son short ayant reçu le même sort. La sensation d'attributs entre ses jambes qu'elle n'a jamais possédé, moulés un slim qui malgré l'agrandissement donne une allure trop féminine à sa nouvelle silhouette, manque de la faire pleurer de détresse. Le stress lui tord le ventre. Les coups qu'on fait pleuvoir de l'autre côté de la porte n'y arrange rien. Elle fait de son mieux, agrandit le pull à présent, mais n'a pas le temps de finir son opération qu'un sort vient ouvrir la porte. Aussitôt, une foule de mains frêles l'attrape, la chasse. « DEHORS ! » Lui crit-on sans même écouter la pauvre Arya déconfite qui tente tant bien que mal d'affirmer qui elle est. Tant pis, la voici dehors. Mais alors qu'elle se pensait tranquille une fois arrivée dans la salle commune, voici une nouvelle horde de filles folles furieuses qui s'en viennent pour réclamer des comptes. Adieu le courage Gryffondorien, Aryazar prend la fuite !

Et tant pis si les têtes se tournent et pouffent sur son passage, tout ce qu'elle désire c'est pouvoir trouver un visage ami. Voir mieux, trouver le deuxième et véritable Eleazar ! Malheureusement, après plusieurs longues minutes de ce désastre, c'est bien sa voix qu'elle entend l'interpeller derrière elle, lui faisant aussitôt comprendre sur qui elle va tomber. Elle croit avoir la berlue de se voir sous cet angle, se sent incroyablement ridicule en sentant cette main toute frêle la tirer vers une pièce voisine ouverte pour leur salut. Eleazar, si l'on peut encore l'appeler comme ça panique. Et malheureusement pour lui, la jeune femme emmuré dans un corps masculin n'est pas dans un meilleur état...

« Tu rigoles ? Tu penses vraiment que j'ai pu penser à quoi que ce soit ? Je me suis littéralement faite jetée du dortoir en me faisant traiter de pervers ce matin ! C'est une catastrophe totale, tout le monde va penser que j'ai osé te ramener dans mon lit ! »

De prononcer ces mots à voix haute, la jeune femme réalise l'ampleur de l'incident et sens aussitôt les larmes lui monter. Triste spectacle que ce doit être pour son ami que de se voir ainsi se lamenter, mais elle n'en a cure.

«Je sais même pas qui on peut aller voir pour ça aujourd'hui... Et surtout il faut éviter de se faire voir ! Et si jamais on croise quelqu'un qu'on connaît, on fait comme si de rien n'était ok ? »

Elle s'agite, cherche l'une de ses longues mèches brunes pour la tourner autour de son doigt, tic nerveux fait pour trahir sa nervosité. Mais rapidement, son doigt n'attrape que du vide, ripe sur sa joue piquante qu'elle rêverait de pouvoir raser si elle ne craignait pas tant le refus d'Eleazar. Cependant, à présent qu'elle le regarde, vêtue dans son corps de son propre uniforme bien trop large, elle constate d'une voix déjà épuisée.

« Et il va également falloir qu'on change nos vêtements si on veut se faire discrets... »



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Et juste au moment ou j'étais bien toute seule, tu m'arrive comme un coup de poings sur la gueule. L'autoroute de ma vie filait tout droit devant, notre rencontre est un accident.
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MessageSujet: Re: Serait-elle à ma place plus forte qu'un homme ?    Ven 31 Oct - 0:10




If you close your eyes

Does it almost feel like nothing changed at all?




Une partie de la conscience d’Elea savait pertinemment qu’Arya était aussi douée que lui en potion, et c’était un bien faible mot. Mais une autre partie tentait d’enterrer la première et espérait vainement que la jeune femme aurait une solution miracle à lui proposer. Dure désillusion. Non seulement elle n’avait plus de femme que l’esprit, mais en plus de ça elle semblait encore plus désespérée que lui. A la regarder s’agiter avec sa propre tête, Eleazar ne pouvait retenir une expression de dégoût. Se voir animé ainsi était profondément traumatisant. Il avait ce sentiment que plus rien ne lui appartenait. Il aurait aimé de lui dire d’arrêter de bouger ses mains comme ça, de ne pas se gratter la barbe, de ne pas crisper ses doigts comme ça, de ne pas agir bizarrement avec ce corps qui ne lui appartenait pas.

« De pervers ?? Comment ça on t’as jetée du dortoir ? »

Il ne put contrôler sa voix qui monta dans les aigus sans qu’il ne s’en rende vraiment compte. Elle n'y était pour rien et il le savait très bien. Mais il y avait devant lui une coupable toute désignée, celle qui lui avait volé son corps pendant la nuit. Ca justifiait amplement de lui crier dessus. Et d’autre part, il ressentait un profond sentiment d’injustice à l’idée de s’être fait jeter dehors. Soyons clairs, ce n’était pas Arya que cette horde de filles en colère avait viré du dortoir, c’était bien lui-même, même s’il n’avait pas pu assister à la scène. Et c’était injuste de le traiter ainsi.

« C’est pas possible ! Y’en a beaucoup qui t’ont vue ? »

Ses yeux s’écarquillaient alors qu’il lui hurlait dessus. Ca n’avait sans doute pas été agréable pour Arya non plus de se réveiller dans son corps et de se faire jeter du dortoir, mais pour l’instant sa préoccupation allait pour sa tronche à lui. Celle qui était collée sur Arya. Celle qui allait se prendre les rumeurs de pervers en pleine face. Il n’aurait jamais imaginé sa première entrée dans le dortoir des filles aussi… détachée de son corps. D’ailleurs, il ne l’avait jamais imaginée tout court. Même Meg ne l’avait jamais laissé y entrer. Meg… MEG !  Par Merlin, il avait zappé le plus important.

« Meg ! Dis-moi que Meg t’as pas vu ! »

Il lui avait agrippé la manche en la regardant, la suppliant presque de lui répondre qu’elle n’était pas présente. Non, Meg n’était pas sa vraie petite amie. Mais ça, Arya n’était pas supposée le savoir. Et surtout, Meg avait un plan bien rôdé auquel il avait adhéré et sur lequel ils travaillaient ensemble depuis quelques temps maintenant : rendre Rubens jaloux. Si on soupçonnait Elea d’avoir passé la nuit dans le lit d’Arya, leur fausse belle idylle risquait d’en prendre un coup. De là à ce que Rubens apprenne l’affaire et jubile de la fausse tromperie et d’une potentielle rupture, il n’y avait qu’un pas. Qui ne devait SURTOUT pas être franchi.

« Elle va me tuer ! »

Meg ne le tuerait pas par jalousie, mais elle le tuerait quand même. Il avait vu comment elle se comportait avec Rubens et même si leur histoire n’avait rien à voir, il n’aurait pas souhaité être à la place de cet ex maudit. Plus encore qu’avant, il avait envie de s’enterrer dans un trou et de n’en sortir que lorsque tout serait redevenu normal et qu’il se retrouverait dans ses baskets à lui. Par habitude, il se passa la main dans les cheveux et replongea illico dans la dure réalité. Ces cheveux fins ne lui appartenaient pas. Il hocha la tête en guise d’accord lorsqu’Arya lui suggéra qu’ils devaient faire comme si de rien n’était s’ils croisaient quelqu’un. C’est précisément pour cette raison qu’il souhaitait plus que tout ne pas tomber sur Jacob qui lui avait fait un peu trop de révélations sur ses sentiments pour la Lionne.

« Ouais, on va essayer de croiser personne surtout. »

Il insista bien sur le « personne », sans donner de nom, en pensant un peu trop fort à son cousin. Allez viens, on s’enterre tous les deux dans un trou et on attend, voilà ce qu’il aurait aimé lui suggérer. On finira bien par redevenir nous-même, non ? Malheureusement, rien n’était moins sûr. Etant donné leurs talents en potions, ils étaient bien capables d’avoir fait un troc permanent. Il releva les yeux vers elle un instant, tomba sur ses propres yeux qui lui jetaient des éclairs et détourna les yeux aussi vite.

« Désolé, je suis désolé Arya. j’voulais pas m’énerver, pas sur toi. J’sais pas ce qu’on a foiré encore, pourtant j’avais l’impression d’avoir tout bien fait pour une fois. »

C’était à son tour de se lamenter, même s’il n’en était pas aux larmes. Quelle drôle d’image de la voir avec les larmes qui venaient perler dans ses yeux à lui. Il la prit dans ses bras par réflexe, eut une sensation bizarre en devant lever le  bras pour faire le tour de ses propres épaules. Alors ça fait cet effet là quand une fille veut me prendre dans ses bras ? Bien des hommes avaient dû rêver de pouvoir être une fille, rien qu’une journée, pour voir ce que ça faisait. Lui n’avait jamais eu cette envie là et il s’en serait bien passé.

« T’en fais pas, on va en trouver une de solution. »

Si Elea se serait cru le seul à être aussi perturbé dans un autre corps, ça ne semblait finalement pas être le cas. Il n’avait strictement aucune solution qui lui venait en tête, mais ne souhaitait pas démoraliser Arya plus qu’elle ne semblait l’être déjà. En réalité c’est elle qui le démoralisa un coup en évoquant leurs tenues. Par Merlin, ça avait déjà été assez compliqué de s’habiller, allait-il falloir s’imposer cette torture une nouvelle fois ?

La magie des potions, pire qu’un Troll des montagnes. Sérieusement... ils n’auraient pas pu échanger leurs fringues aussi, quitte à changer de corps ? Pourquoi fallait-il que la magie soit si peu pratique en de pareils instants ? Et pourquoi n’y avait-il aucun sort pour échanger de vêtements instantanément ? Oh, il devait bien en exister un, mais personne n’avait jugé bon de leur apprendre. On préférait leur apprendre à échanger de voix avec une potion, c’est tellement plus utile. Un jour, Eleazar maudirait l’inventeur des potions –et tous les énergumènes qui faisaient vivre cet art- sur 36 générations. Un jour, quand il saurait comment fonctionnent les malédictions.

« T’es sûre qu’il faut ? »

Il avait une petite voix implorante, effet renforcé par cette tonalité féminine. Il se ravisa avant de supplier Arya d’avantage. Elle n’avait sans doute pas eu les mêmes problèmes que lui à se changer. Elle devait déjà avoir vu bien des hommes nus, ça n’était pas son corps à lui qui allait l’impressionner. Et il n’avait pas franchement envie de lui avouer que lui n’avait jamais connu de filles de si près –même si Arya devait quelque peu s’en douter-. Oui mais si ça ne dérangeait pas Arya, ça le dérangeait lui. Imaginer qu’elle s’était habillée le matin même et qu’elle l’avait irrémédiablement vu à poil lui tira une nouvelle grimace. Arrête de t’imaginer des choses Elea, arrête tout de suite. Il soupira avant de se redresser, libérant les épaules d’Arya-zar. Il fallait bien reconnaître qu’elle avait raison. En plus de ça il avait l’air ridicule avec ce slim et ce pull au décolleté bien trop échancré pour un homme. Il devait bien ce changement de vêtements au peu de réputation qu’il avait encore. Pense au Casanova que t’as promis Meg, pense à ta réputation, fais un effort.

« Bon, t’as raison. Tourne-toi, je te donne mes fringues. »

Lui-même se tourna, bien trop pudique surtout avec une fille, pour se déshabiller devant elle. Enfin lui. Enfin elle quand même. Il ôta sa cape, sa chemise, se rendit compte un peu tard en baissant ses yeux pour ôter son pantalon qu’il était torse nu, ce qui habituellement ne le dérangeait pas tant, et détourna les yeux brusquement. Par réflexe il mit ses mains sur sa poitrine, et les ôta aussitôt. Non, il ne pouvait décemment pas toucher ce corps comme ça. Ne sachant pas trop quoi faire de ses mains, il croisa les bras en prenant soin de les décoller pour ne pas toucher cette poitrine bien trop féminine tout en la masquant.

« Rhaaa, désolé j’y arrive pas. »

Il renfila son haut, cachant cette poitrine qu’il n’osait regarder. Il n’aurait jamais, jamais imaginé que la première fois qu’il toucherait une femme aussi intimement, ça serait de cette manière. Il sentait le sang battre sous sa peau, su qu’il était rouge comme une pivoine et bénit Arya de s’être tournée elle aussi pour se changer. Etait-elle aussi mal à l’aise que lui ? Sans doute pas.

« Je sais pas si c’était une bonne idée en fait. »

Sans attendre la réponse d’Arya, Eleazar fit volte-face pour se retrouver nez à nez avec lui-même, torse nu, habillé d’un short qui n’avait probablement pas comme vocation de servir de sous-vêtements féminins.  Lui-même –elle ?- se retrouvait en boxer avec son haut trop grand qu’il avait renfilé, son pantalon à la main. Quelle sensation étrange de se dire qu’il avait moins de gêne à regarder l’autre, c’est-à-dire lui, son propre corps, que lui-même. Sans prévenir, un fou rire le prit alors qu’il se regardait de haut en bas, première fois qu’il pouvait voir son corps de cette manière. Arya elle-même semblait gênée mais ce pudisme lui sembla tout d’un coup ridicule. Se tourner n’avait aucun sens. Autant fermer les yeux et demander à l’autre de le changer à sa place. Oui mais ça ferait un peu trop de promiscuité pour nos deux puceaux. Il mourait d’envie de lui dire de changer de sous vêtement, de virer ce short ridicule, qu’il pouvait lui passer un boxer digne de ce nom, mais se retint en imaginant Arya devoir lui enfiler. Plié en deux, appuyé sur la table pour ne pas se rouler au sol dans son fou rire, cette image d’Arya en train de se déshabiller avec son corps le faisait d’un coup terriblement rire.  Il lui fallut un moment pour se calmer et sécher les larmes qui avaient coulé de ses yeux.

« J’pensais pas que je serais aussi ridicule dans ton petit short. »

Lâcha-t-il finalement quand il eût reprit sa respiration, avant de réattaquer les choses sérieuses. Dans tout ça, il ne s’était toujours pas changé.

« Désolé de te demander ça mais ça te dérange pas de me… te.. de remettre toi ton haut sur ton corps ? J’y arrive pas. Je fermerai les yeux, promis. »

Il était à nouveau rouge comme une pivoine, et espérait en vain qu’Arya mettrait ça sur le compte de son fou rire.



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