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 Mon suzerain et mon roi.

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MessageSujet: Mon suzerain et mon roi.   Jeu 11 Sep - 11:04


Mon suzerain

Mon Roi

« Bonsoir mon oncle. Bonsoir mesdemoiselles. »

Mon ton est sombre. Ne me donnez pas du sourire. C’est fatiguant. Je ne peux pas rire avec vous. Je ne peux pas faire semblant de rire. On s’est tous vu à la salle commune le mois dernier, arrêtez de faire comme si nous étions proches. Admettez juste que je suis pratique. Combien êtes-vous ? Trois. La première chez son mari. Où est votre cinquième sœur ? Si vous voulez être des Lady, comportez-vous en Lady dans votre foyer, envers votre sang. Pourquoi n’est-elle pas avec vous ? Vous êtes des femmes. Il n’y a pas de barrière. Où est votre sœur ?

Où est ma sœur ?


« Merci de vous en inquiéter. Je suis venu en moto, la saison le permettait. Je ne tenais pas à déranger inutilement. »

Bien sûr que oui, je peux monter une moto dans cette tenue. Vous auriez voulu que je vienne en calèche ? C’était moins personnel ? Malgré tous les efforts pour vous le faire oublier et faire du bon travail, je ne suis pas votre assistant ou un ambassadeur de Père. Je suis votre neveu. Celui qui a deux Triplés chez Gryffondor et un frère mort d’overdose dans la tombe.

« Volontiers mon oncle. J’ai souvenir qu’on dîne extrêmement bien chez vous. »

Pourquoi vos filles nous suivent dans le couloir jusqu’à votre bureau ? Pourquoi si elles ne font que parler entre elle d’une vie qui n’est pas la leur ? C’est vrai, votre cinquième sœur, comme la mienne, comme mon frère. Tous les trois à Gryffondor. Ils ne doivent pas se sentir trop seuls. Vous en riez ? Moi ça ne me fait pas rire. Vos rires m’insupportent aujourd’hui. Putain de branche principale.

« Non, chères cousines. Ces trois-là n’ont rien à voir les uns avec les autres, si vous voulez mon avis. »

Ah, mon frère mort à Drumstang. Bien sûr, lui, il n’avait aucun défaut. Ils devraient le prendre pour modèle. Vos gueules. Ne parlez pas de Caleb. Vous ne savez rien. Vous ne saurez jamais rien.

« Pourriez-vous cesser de parler de Caleb s’il vous plait ? »

Oncle, faîtes-moi entrer, et plongez-moi dans la paperasse. Faîtes-moi oublier. À coup de dossiers familiaux, à coups de réflexion sur mon dévouement, à coup de papier, d’encre et de cire, à coup de politesse et de conversation sans politesse. Faîtes-moi travailler, pour oublier.

Tout ça, je ne le fais que parce que j’aime ma famille. Parce que je lui doit tout.

Jefferson a vieilli, mais il transpire l’expérience, la noblesse. Sa quatrième fille et nous, les jumeaux, sommes nés à tout juste un an d’écart, quand il perdait espoir d’avoir un fils. Un an avant elle, mon frère était devenu un McMillan Gryffondor. Je ne m’en étais pas rendu compte, à l’époque. Mais dans la tête de tous, Arya était la première McMillan Gryffondor, la première honte de sa famille.

Nous étions tellement éloignés dans l’arbre généalogique, nous issue d’une femme divorcée qui aurions dû porter un autre nom, nous les petits-enfants de Dymphna McMillan, que vous n’avez pas fait cas de nous. Mais il y avait Caleb. Caleb à Drumstang. Caleb la perfection Sang-Pur, le fils et le frère préféré. Ça vous embêtait, de laisser le nom à la descendance de Caleb ? Vous souhaits ont été exaucés. Deux fois.

Vous avez eu un héritier mâle. Le Caleb est mort en février dernier.



Je sors de la pièce, inexpressif, comme depuis mon arrivée. Les sœurs McMillan Serpentard sont retournées à leurs occupations. Je suis libre de profiter de la maison comme si c’était la mienne jusqu’au dîner. « À condition de ne pas montrer que tu écoutes aux portes » a dit Père. Père est bon dans beaucoup de domaine. Père dans mon cœur n’a pas pris une ride, contrairement à Jefferson. L’angoisse de l’héritier mâle, peut-être ?

Alors je marche, dans les couloirs. J’éprouve la grandeur de ce manoir, qui a des allures de château à côté du nôtre, à Sword. C’est si grand que tous les membres de cette famille de huit pourraient y vivre sans jamais se voir. C’est bien pratique quand tous les cousins s’y réunissent. C’est bien sinistre, aussi. Un endroit si grand, si propre et parfaitement entretenu. Il y a encore des elfes de maisons, ici.

Malgré la guerre qui a pris fin en 95, et les conséquences vis-à-vis des peuples intelligents. On a légalement reconnu leurs droits. Je me le suis fait rabâcher comme un prêche à longueur de cours sur la politique internationale du monde de la magie. À quel point c’était mal vu, maintenant, d’avoir des elfes de maison chez soi.

À quel point c’était mal vu d’être un sang-pur, aussi.

L’histoire est ironique.

Je cherche le cœur d’une maison pour les cœurs solitaires : sa bibliothèque. Alimentée par la Mère du Clan. Je la savais prolifique. Jeune déjà je préférai les livres qu’avait choisis cette femme vieille avant l’âge à la présence de mes cousines, qui pourtant, au motif que malgré mon manque d’ambition, j’étais un Serpentard, auraient sans doute aimé me mêler à leurs jeux. J’ai dû refroidir l’ambiance, le jour où j’ai pris la main de mon frère pour leur faire comprendre que je le préférai à elles.

Elles sont pourtant ma famille, ma famille bien aimée, ces filles d’une femme que je ne connais qu’à travers le choix des livres qu’elle a laissé dans sa bibliothèque. Et combien-même j’ai pu ne pas leur montrer enfant, la moindre insulte envers elles me rendrait fou de rage.

Sur le chemin de mes souvenirs, j’aperçois une tête blonde et des yeux turquoise, au fond du couloir trop bien éclairé par le soleil d’été dans les fenêtres. Une pure tête blonde McMillan. Celui qui par sa naissance avait réglé tous les conflits familiaux possibles entre toutes les branches des McMillan. Celui qui, après un quart de siècle de mariage, a fait la joie d’un père que j’avais déjà vu vieux avant l’heure tant il transpirait la rage en regardant mon propre père. Celui qui n’avait pas encore conscience de tout cela, de ce monde impitoyable, ou nous n’avions plus que notre nom pour s’accrocher, ce nom qui nous stigmatisait depuis presque dix ans, tout en nous rendant plus acerbe et plus fort, plus ambitieux, qui nous poussait à être meilleur, pas seulement pour nous-même mais pour nos parents et nos enfants.

Celui qui, malgré tout, fera fait ce que je n’ai pas fait : accepter sa nature, en dehors de notre nom. Celui qui sera le McMillan Poufsouffle. Celui à qui je souhaitais pourtant à présent donner ma place à Serpentard pour que la famille se sente en paix. On ne connait jamais l’avenir. J’avais ce droit d’espérer. Ce droit de vouloir être une force pour lui, et qu’il en veuille, de cette force. Pourtant en le regardant, je savais bien. Il était de même nature de ce que j’avais été. Au fond de moi, peut-être, j’ai souhaité ce qui allait se passer, deux mois plus tard, lorsqu’il s’en remettra au Choixpeau. Peut-être que j’en serai soulagé. Peut-être que je serai heureux pour lui.

Mais ne t’en fais pas, fierté de ton père. J’y suis, à Serpentard. Je le sais, moi, tout ça. Toute cette haine derrière les masques de fraternité et de dévotion, toute cette tension dans notre clan, tout ce que les adultes savent, et que toi tu ignores. Et je l’ai fait, pour nous, pour toi. Pour que jamais tu n’aies à te préoccuper de rien avant l’heure. Pour que ton enfance reste pleine. Pour que tu puisses être fier de cette famille par choix.

Je m’approche calmement et pose un genou à terre devant toi. Tu me voles un de mes rares sourires. Mes yeux bleus dans les tiens plus clairs brillent d’un soulagement inexplicable. Tout ce que je n’ai pas pu être, tu le seras. Tout ce que tu ne pourras pas être, je le serai. Je te donnerai toutes les cartes pour avancer fièrement dans ce monde où tu recevras des coups pour ton sang et ta naissance. De la part des gagnants de la guerre, de la part des idiots, de la part des tiens. Mais avec une bonne enfance, du deviendras un bon adulte. Je te guiderai. Je remettrai ma vie entre tes mains, toi fragile cousin destiné à devenir mon suzerain.

Tu feras perdurer notre nom. Tu le laveras de tous les crimes qu’il n’a pas commis, et de tous ceux qu’il aura gravés dans la pierre. Tu deviendras fier. Tu feras de belles choses en tant qu’homme, puis en tant que père. En tant que père pour tous les McMillan.

Toi petit anges aux pages vierges, à l’avenir inconnu, mais plus radieux que ne le sera jamais la voie que j’ai choisie. Je serai ton ombre. Tu seras un soleil.


« Bonsoir Abigaïl. Je dîne avec vous ce soir. Comment allez-vous ? »

Je serai ton ombre pour faucher les ronces qui menacent ton nom et ton bonheur.


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Mon suzerain et mon roi.

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