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 Ma vie pour la tienne. [Serena]

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MessageSujet: Ma vie pour la tienne. [Serena]   Mer 9 Juil - 21:12




Ma vie pour la tienne.  

Elle avance d'un pas si assuré : le monde lui appartient. Elle s'arrête, son regard balaie la pièce. Lorsqu'il croise le tien, elle sourit. Un sourire ravageur. Il est doux et si amusé, il est bien trop puissant. Un véritable rayon de soleil qui brûle.  C'est un ange drapé d'un tissu si doux, si noir, si léger, il vole, il ondule comme sa chevelure aux caresses du vent. C'est une créature surnaturelle au teint de craie dont les longues mèches d'encre caressent. Elle est si belle, elle est un véritable mirage à elle seule. Elle sourit, elle rit, elle tournoie. Elle danse parmi les notes de son rire si cristallin. Elle est si belle, elle est si heureuse. C'est une bulle de bonheur, un ilot paradisiaque si loin de ces horreurs. Mais lentement les couleurs s'effacent. Elles s'égouttent. Il n'y a plus que des rires fous, des échos de mort. Il fait sombre soudainement. Elle tremble la belle enfant, elle est laide, laide dans sa terreur et sa douleur qui lui dévorent le coeur. Je t'ai offert ma vie disait-elle. Elle est au sol, maintenant, et elle gémit quelques mots encore. J'ai trahis ceux que j'aimais pour toi. Elle ne sourit plus, elle n'en a plus envie. C'est une larme de sang qui coule sur son visage de craie. C'est la cicatrice de son amour pour toi. Ses yeux sont gorgés de sang, et elles coulent ces larmes, rien ne peut les arrêter. Elles colorent sa peau de rouge, c'est affreux. C'est immonde, cela retourne le corps. Elle est là, toujours mais un sourire narquois, si fou, vient déchirer son masque de candeur. C'est un démon sous couvert d'ange. Elle dépèce sa propre chair, les voiles de sa robe mortuaire s'élèvent : de véritable lianes qui t'enserrent les poignets. Ses yeux ne sont que des étangs de sangs. Sans fond. Elles coulent toujours les larmes et elle t'attire vers elle, toujours un peu plus. Tu sens l'odeur de la mort contre ses lèvres et elle crache du sang, elle dégueule son amour putride : Je ne désirais que toi. Elle te transperce le cœur.
C'est fini. Tu l'as tué.

Un léger cri déchira le silence mortuaire. Me redressant soudainement, le corps en sueur, il me fallut quelques longues secondes avant de reconnaître les rideaux de ma couche. Je me levais, abandonnant mes draps humides attrapant mes affaires pour m'enfuir vers la salle d'eau de mon dortoir. J'étais seul ce soir. Ils étaient tous parti. Parti lorsque la mort a frappé Poudlard. Je m'enferme dans une bulle de chaleur, laissant l'eau ruisseler sur ma peau. Je ferme les yeux et ce visage d'horreur vient encore me déchirer le crâne. L'eau frappe le sol de manière régulière, un clapotis presque rassurant, mais qui n'apaise en rien ma respiration déchaînée.

Pâris Sinclair est mort. Il était là, il y a quelques heures, devant la statue menant au bureau de la directrice. Il gisait, sur le sol. Vous avez oublié votre histoire. Ces quelques mots avait été prononcé par un professeur qui s'était approché. Les cris ont fusés. Les pleurs aussi. Les élèves se sont bousculés. Des insultes ont été gerbé avec ferveur. Nous étions tous seuls, ennemis de tous. N'oubliez jamais votre histoire. Je ne l'ai pas oublié mon histoire, et mon passé. C'est moi qui ait soufflé ces horreurs à l'oreille de la belle victime. Elle ne se souvenait de rien, elle peignait seulement de ses doigts plein de sang. Le sang de ces ordures, de ces traitres… Mais ce professeur de potions… Il possédait un tel potentiel, il détenait tant de secret…

Poudlard avait été littéralement vidé dans la soirée par les plus téméraires, les plus angoissés. Ou bien tous se terraient dans leur salle commune. On parlait, on cherchait, on paniquait. Peu s'abandonnait seul dans les dortoirs… Quelques uns, comme moi, était encore là. Il n'y avait pas eût cours demain. Mais on nous annonçait que l'on rentrerait bientôt, que le Poudlard Express nous attendrait demain.

Tout se bousculait dans mon crâne. Sortant de la douche, j'enfilais un dessous propre, enfilant un jogging sombre, alors que j'attrapais une veste large à capuche pour l'enfiler me rapprochant lentement des fenêtres enchantées. La pluie cognait contre le verre. Comme fasciné, je vins m'asseoir, rapprochant mes jambes contre moi. Mon souffle chaud déposait sa trace sur la surface gelée.
Le tonnerre tonna. Véritable hurlement dans cette nuit d'horreur, un frisson de frayeur me prit tout entier. Le pied contre la pierre du mur, le crâne aussi, je fixais le plafond alors qu'un grondement écorcha ma gorge lorsque la nature se déchaina encore. Terrifié, je me mordais si fort la lèvre, que j'en vins en sentir le goût ferreux contre ma langue. Mon propre sang, le sang de mon père. Il n'en fallait que trop peu pour me laisser tomber dans ces éclats de souvenirs, ces quelques images de malheur. Je me crispais tout entier, lorsque je revois ce visage si parfait, ma mère, qui chante, chante et me fait promettre d'être fort. Je suis fort, mère, je suis fort. Je suis là, je suis en vie, je vous ai regarder mourir l'un après l'autre, mais je suis encore là. J'ai vaincu ces sorcières, ces véritables mégères, j'ai survécu à leur haine et leur mépris durant toute mon enfance. J'étais différent, j'étais effrayant, mais j'ai vaincu. Je me suis imposé Roi à Poudlard et je ne vous oublierai jamais. Je n'oubliais pas d'être fort Mère. Mais ce soir, j'ai peur. Peur que la mort vienne encore s'abattre sur l'unique personne qui fait battre encore mon coeur. J'ai promis d'être fort, mais je me sens si faible ce soir. Je suis perdu, mère, je suis loin de tous ces plans. J'ai oublié de garder serrer contre moi, ces masques de perfection. J'ai oublié d'être celui que je dois être, Mère, je ne sais plus comment faire. Un tueur rôde dans Poudlard et je ne le contrôle pas.

Tout s'écroule, absolument tout. J'ai été incapable de retenir celle que j'aime. Je suis incapable de comprendre ce que j'ai créé dans Poudlard. Un tueur rôde et ce n'est pas moi.


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MessageSujet: Re: Ma vie pour la tienne. [Serena]   Mer 27 Aoû - 22:18

Ma vie pour la tienne


Audric Saddler & Serena Bogart

Vous même l'avez entendu, sombres héros de l'amer, ce soir, un homme est mort. Un innocent, de ceux qui n'ont commis aucun crime et à qui l'on a pourtant ôté l'avis dans l'expression de la plus parfaite injustice. Mes doigts glissent, caressent cette longue chevelure brune si semblable à la mienne. Elle me chasse, me foudroie du regard, de ses jolis yeux couleurs d'eau, véritable miroir aux miens que je laisse sans aller dans le premier convoi du Poudlard Express. Elle rejoindra sans doute son frère Haimon. Peut-être même se glissera-t-elle dans l'étreinte préférable d'Eugénia. Au moins seras-t-elle en sécurité, loin d'ici. Loin de tout. Loin de moi. Et tandis que dans un bruit sourd je vois le train s'éloigner du quai, je réalise seulement que c'est tout ce qu'il me restait d'innocence qui vient de me glisser entre les doigts.

Je me sens sale, épuisée. Il serait si simple d'en finir avec tout ça, mais je reste là, en parfaite statut de sel, préférant laisser la pénombre m'engloutir à mesure que s'éloigne les lumières du train plutôt que de courir vers un avenir trop incertain. Je veux, je ne veux pas. Un seul de mes désirs est toujours resté aussi intacte qu'inaccessible. Pour le reste, je n'ai qu'à me ronger les sangs, qu'à me mordre les doigts jusqu'à ce que l'os ne s'en vienne cogner à mes dents. La pluie doucement commence à tomber quand s'en vient une main large et sèche sur mon épaule, celle de notre concierge me commandant de rentrer à présent, m'informant que je prendrai le train de demain matin. Nous y serons peu nombreux. En dehors des préfets et des élèves référents, il ne reste plus qu'une poignée d'étudiants dans les couloirs du château. Ceux que l'on a voulu interroger, ceux qui ont accepté d'attendre pour laisser leurs places aux plus jeunes dans le premier convoi. De bien belles âmes en somme. La mienne, je la sens, est couverture par le vert de gris, rongée par la pourriture, le mensonge et les stratagèmes. Machinalement, tel un automate, mes pas me guident vers les sous-sol, vers cet escaliers marqué de mes pas depuis bientôt neuf ans. Seule dans un couloir vide, je m'arrête à l'endroit d'où naquit mon agonie, contemple de haut une tâche sombre sur la pierre, celle de mon sang qu'on a fait couler. Mon bras se lève, je retrousse ma manche et efface du bout de ma baguette le maquillage imperceptible cachant désormais mon fardeau cicatrisé. Il ne brûle plus. Il ne m'a plus brûlé depuis cette nuit passée à ses côtés dans la tour d'astronomie. Avons-nous été séparés définitivement ce jour-là ? Toute la douleur est toujours là, vive et flamboyante en ma mémoire, mais le manque la domine. L'étreint à l'étouffer. Que fais-tu bel amour, tandis que je me noie dans nos souvenirs, des plus brillants aux plus afflictifs ? Dors-tu déjà à poings fermés, fier de la sève que tu as sans doute fait couler  selon ton bon vouloir cette nuit, ou projettes-tu de nouvelles afflictions dans le silence de cette nuit de deuil ? Dis moi... Dis moi pourquoi j'ai seulement tant besoin de toi, de ta présence dans ma vie. Je me sens infectée dans tout mon être, mordue dans ma chair par un besoin viscéral de t'avoir à la portée de mes doigts, de ma bouche, nouveau désir qui n'avait jamais su effleurer mon cœur avant que je n'en sente le goût pour de bon. Ta bouche. Ta bouche empoisonne mes nuits, enivre mes sens me tordant dans la contradiction qu'il forme à mon dégoût. Comme je t'en veux et comme je t'aime tout à la fois. Oui, je t'aime. Des mots que nous ne dirons jamais mais qui sont là, silencieusement dit. Murmure d'effroi pourtant perceptible et je m'en viens ainsi, passant le pas de la porte de notre salle commune d'où l'on entend mieux que nulle part ailleurs dans le château les gifles de la pluie et du vent contre les vitres. Un pas, un second, et ma terreur la plus physique s'en vient briser la nuit muette d'un éclair déchirant le ciel. Le tonnerre vient s'inviter à la danse, roulant et grondant. Avant même que je n'ai eu le temps de contrôler mes émotions, mes mains se sont déjà enroulées autour de mon visage, mes genoux sont déjà posés sur le sol, me berçant inconsciemment pour m'empêcher de crier.

Je revois ton visage père. Ton visage criant à l'injustice, ton visage baigné de larmes. Tu avais fait preuve de mille courage pour endosser des fautes qui n'étaient pas les tiennes, avais tout donné au point de n'en plus rien avoir pour le jour où ils t'emmenèrent loin de nous. Loin de moi. Père, c'est toi seul que je pleure, toi seul après qui je cours. Et qu'importe combien d'homme j'aimerai il n'y aura jamais que toi qui le premier m'a tenu, qui le premier m'a souri. Qui le premier m'a aimé. Et je me crispe, me recroqueville sur moi-même à mesure que tonne la fureur du ciel pour ne finalement me redresser qu'en percevant un gémissement non loin. Léger, imperceptible, mais celui-ci je ne le connais que trop bien. Il est semblable aux miens. Il a bercé mes nuits, m'accompagne depuis toujours. L'orage continue à gronder, mais malgré la maladresse de mes pas et les tremblements qui secoue mes mains, c'est à tâtons que je parviens à te découvrir dans la pénombre, que je parviens à te rejoindre. Comme moi, tu as finalement enfouis ton visage dans tes bras. Et je te regarde d'encore trop loin, bel amour, avec la certitude qu'autrefois nous n'étions qu'une seule et même âme que la vie a partagé en deux sans doute faute d'avoir pu contenir nos deux haines dans un même corps. Et je réalise alors, à te voir dans ces vêtements si simples, si loin du paraître ; à te voir dans ta détresse, dans un instant sans fureur ni orgueil, que vaines ont été toutes mes espérances d'une autre vie. Ma vie, la seule, ne peut-être qu'auprès de toi, et si j'ai réfuté tous tes plans c'est sans doute qu'au fond depuis toujours je suis dévorée par la jalousie de te voir aimer plus tes pions que tu ne m'aimeras jamais moi. Ô oui tu les aimes, ces hommes et ces femmes que tu domines, que tu maîtrises, qui te font sentir que tu as le contrôle et qu'un jour cela te permettras de tout embraser sur ton passage. Tu les aimes à m'en oublier, à m'en repousser et je suis une mauvaise femme. Insoumise, colérique. Si je te veux, je ne te veux que pour moi seule. Je te veux au détriment de ta haine, de ta vengeance, de tes plans et de tes failles. Je te veux à m'en damner, à en oublier qu'il existe un monde autour de nous, à en détruire ce monde autour de nous. Je te veux à souhaiter que chaque regard autre que le mien posé sur toi soit brûlé vif et plus jamais ne vois. Je te veux, à en mourir, mais je ne mourrai pas pour toi mon amour. Mon prince. Mon roi. Mon âme. Jamais, pas même pour me délivrer, après tout, peu importe les obstacles sur notre route, nous poursuivons la guerre. Ensemble. Ainsi ma main s'en vient se perdre en ta sombre chevelure, s'en vient toucher ton visage redressé vers moi. Ô mon adoré, peux-tu seulement percevoir comme m'a manqué cette expression bouleversé sur ton visage ? Je te vois enfin. Je te vois. Cela faisait si longtemps que je ne t'avais pas vu. Un mouvement sur tes lèvres, te voilà prêt à parler. Rien ne viendra pourtant, je fond déjà sur toi. Personne ne viendra nous juger, ce soir nous nous retrouvons enfin.

Que m'importe le sang que tu auras sur les mains, je l'effacerai de ma langue.
Que m'importe les vies que tu prendras, j'en porterai l'accablement à ta place.
Que m'importe toutes celles qui un jour ont eu l'audace de te frôler, ce soir nous reprendrons notre forme originelle. Ce soir, j'effacerai toutes celles avant, toutes celles qui viendront après.

Ce soir, je te donne tout. Ma vie pour la tienne.




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MessageSujet: Re: Ma vie pour la tienne. [Serena]   Ven 12 Sep - 23:02




Mon souffle pour le tien.  


Des bruits de pas, un silence condamné. Je me redresse et mon regard caresse ton corps. Tendresse interdite, contact dégueulassé par le manque. Je fronce légèrement les sourcils, presque inquiet, presque soucieux de tes intentions. Cracher à mon visage certainement, clamer à quel point tu me détestes pour l'horreur que j'aurais bien pu laisser couler dans Poudlard… Ce n'est pas moi. Poudlard est ici chez moi, ici mon Royaume, et ce soir un tueur se tapit dans mes Ombres, se mouvant dans la mienne. Quelle horreur, quelle sensation méprisable et dégoulinante. C'est un véritable acide qui coule contre ma peau, laissant sur son passage le lit d'une rivière pourpre presque inépuisable. Elle appose sur mon être les cicatrices d'une humiliation certaine.

Les Ombres bougent seules la nuit, et ce soir je n'en fais guère partis. Et toi, tu es là, tu arrives, tu avances, tu les éventres, tu passes dans leur cœur pour mieux t'en extirper. Reine d'un Monde qui ne t'appartiendras jamais. Tes mains tremblent, tu es pâle et je n'oppose aucune résistance à ta venue. Malgré mes insultes, malgré tes adieux, nous demeurons à jamais liés, enchaînés toi et moi par cette promesse qui dirigera toute ta vie… Malgré cette sensation étrange qui m'envahit. Bien plus encore lorsque tes lèvres étouffent le son qui coulait de mes lèvres. Mes pupilles se dilatent soudainement, une vivace culpabilité s'abattant sur moi. J'ai déposé sur ton visage d'ange une tristesse inépuisable, prenant ses sources dans ma haine et ma solitude. Mon cœur se meurs encore, il proteste, pourquoi viens-tu là, pourquoi veux-tu trembler dans mes bras, et venir secouer mon être ? Tu me bouscules bien trop violemment, ton parfum m'étouffe. Toi qui était si loin, toi qui était si belle lorsque je ne pouvais t'atteindre, tu es là, là contre mes lèvres, je sens ton goût et je me sens condamné lorsque ta langue effleure mes lippes. Nous sommes brisés, dégoûtés, j'ai encore envie de tout saccager, tout détruire parce que tu es partie, parce que j'ai réalisé bien trop tard que jamais tu ne pourras m'appartenir comme je le désire. Je t'aime et je veux t'étouffer dans mon égoïsme. Je t'aime, et tu es à moi. Je t'aime, et tu n'es qu'un objet, je me fiche de ce que tu veux, je me fiche de tes rêves et de tes fantasmes, je me fiche de ce que tu ressens. Tu es à moi depuis bien trop longtemps, pourquoi tu reviens me faire souffrir ? Tu es partie sur cette tirade qui tourne encore et encore dans mes nuits cauchemardesques. Faire attention à toi et l'idée que tu es humaine, être délicat et te traiter en véritable Princesse. Mais tu as bien trop dévoré le coulis de ma douleur, la saveur de ma haine, je t'ai pourris de l'intérieur. Je ne serais qu'un Prince manipulateur qui veut enchaîner celle qui le fuis. Et malgré la fureur de ce besoin d'être à tes côtés, ce besoin malsain que tu me crois, je sais que tu n'y croiras jamais un mot. Jamais un geste. Je ne suis qu'un manipulateur bien trop tactique à tes yeux. Je le sais et tu le penses. Jamais ce que je ne pourrais te dire ne pourra réellement te paraître sincère si j'abandonne cette poussière épaisse, si je laisse s'écrouler à mes yeux, quelques heures ma colère.

Tu es là et tes lèvres sont contre les miennes. Ta langue glisse mais ne rencontre jamais la mienne. L'envie de t'embrasser me tord, me plante comme une véritable lame chauffée à blanc. Mes dents caressent l'une de tes lèvres, avant de me détourner, briser ce lien. Je ne veux pas ça. Me lier à toi d'une telle manière, sans un mot, sans un regard, sans une caresse. Mes doigts glissent contre ta mâchoire, serre légèrement ta nuque, mon pouce effleurant ton cou. Ma main finie par se perdre bien trop vite dans la rivière chocolat qui cascade sur tes épaules. Je ne suis pas ton choix, c'est ta peur qui m'a choisis. Tu te retournes, tu convulses dans ce bain nauséabond. Je ne veux plus de ça. J'ai bien trop longtemps désiré voulant être le Roi de tes Enfers, le créateur de tes douleurs. Laisse-moi panser les blessures que j'ai gravé dans ta peau. Laisse-moi continuer. La marque sur ton bras n'est pas suffisante… Crois-moi, la lame que j'ai enfoncé si loin dans ton âme me prendra des années à aimer et faire disparaître. Laisse-moi réaliser ces efforts, laisse-moi t'aimer encore, me blesser dans un dernier effort. Je veux te voir sourire et heureuse, mais pas avec d'autre, Serena… Pas avec n'importe qui. Et l'enfer, c'est les autres. Je serais ton unique paradis sur cette Terre. J'aimerai pourquoi te laisser le choix, crois-tu que je serais assez fort pour m'arracher de toi ?

Je souffle tout bas, la voix presque étranglée : « Ce n'est pas moi. »  Les Ombres m'échappent. Ta perte m'ébranle, je tremble, je faute. Il suffit que mon regard quitte le tien et je pars en vrille. Ta présence est un poison qui déverse un manque étrange dans mes veines. Il n'y a que la puissance d'une vélane téméraire qui a su étouffer mon désir malsain pour toi, quelques secondes, quelques minutes, une nuit, et pourtant tu es toujours là. Tu ne peux pas me laisser ainsi. Tu ne peux pas revenir comme ça.

« Serena... »

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MessageSujet: Re: Ma vie pour la tienne. [Serena]   Sam 13 Sep - 0:16

Ma vie pour la tienne


Audric Saddler & Serena Bogart

Un geste, un tremblement, mais à l'audace rien ne vient. Ta bouche contre la mienne se tient là, spectatrice muette d'une scène dans laquelle elle avait pourtant le rôle clé. Moi qui croyais te voir ne sent plus à présent que l'épouvantable pression de mon cœur qui manque de s'étouffer par ton indifférence fragile. Pourrais-je seulement un jour combler la moindre de tes attentes ? Deux moitiés d'une même âme, pourtant nous ne parlons déjà plus le même langage. L'un et l'autre, chacun posté sur l'une des rives de l'insondable Styx, nous nous voyons et nous appelons sans rien entendre. Je ne perd cependant rien de la tendresse de ta main sur ma peau, glissée fébrilement, me faisant éprouver un frisson. Frustration, horreur, délire d'un champs de larmes jamais assez mûres pour être récoltées, jamais assez taris pour semer à nouveau. J'appuie ma joue sur ta main dans ma triste incompréhension, dans ce douloureux constat d'avoir encore failli à pouvoir te toucher. Pourtant, voilà ton visage qui se lève enfin vers moi et ta voix qui s'en vient briser en un souffle à peine audible tout ce qu'il restait de certitude en moi.

Ce n'est pas moi.

Mon souffle se coupe, mes yeux se froncent. Pas toi. J'entends tes mots sans les comprendre, les laisse danser en mon esprit dans un tourbillon furieux. Pas toi. Je me redresse lentement, sonnée. Ce n'est pas toi. Ce n'est pas toi et tes mains tremblent. Que le monde cesse ce soir. Par pitié que quelqu'un fasse s'arrêter tout cela. Pardonner, aller par delà cette haine démentielle qui te coule dans les veines tel un poison mortel et sans retour, ça, je le pouvais. Tomber à tes genoux, les mouiller de mes regrets pour mieux les mordre de colère, ça, je le pouvais. Te tenir tête au bord du vide, t'avouer combien je t'aime et m'humilier à jamais sur tes lèvres, ça, je le pouvais. Mais ce n'est pas toi, et je te crois. Je te crois. Je te crois. J'entends ta voix. Je sens ta peau. Vois ton regard. Je te sens, je te vis, et je te crois. Le peu qui restait de mes convictions se brise, s'écroule et s'en va, vole jusqu'à l'abysse. Ce n'est pas toi. Qui est-ce alors ? Est-il des nôtres ou notre ennemi ? Mais en somme, ils le sont tous. Tout ceux qui ne sont pas toi et moi sont des ennemis, des obstacles. Ils sont des gênes et ce soir, l'un d'eux a tué. Et ce n'est pas toi. Ma main se lève, glisse sur mon visage cachant mes yeux, pressant mon front. Expression gestuelle d'une fatigue innommable, d'un chaos qui menace de m'achever. Tout tourne. Et ce n'est pas toi.

Un million de questions, aucune réponse. Un soupir, et voici mon nom qui s'échappe de tes lèvres. Ma main retombe, mes yeux aussi. Ils retrouvent les tiens comme le bateau rentre au port. Mes doigts s'en viennent cueillir ta joue, la frôle, la caresse. La chaleur de ta nuque que j'effleure se repent en moi et voici alors la seule pensée qui me viens : Nous devons le retrouver. Qui que soit le fils bâtard ayant volé cette vie, il n'est ni toi, ni moi. Il devra périr. L'homme est un loup pour l'homme et les lois ne s'appliquent déjà plus à nous. Comme à l'état de nature, il nous faudra chasser celui qui a empiété sur notre monde et je retrouve alors dans ce but nouveau-né cette étincelle que tu avais construis toi-même autrefois et qui me semblait jusque lors perdue à tout jamais. La voici, la docile. Celle qui courbe l'échine et se soumet mais de sa seule volonté, par amour de toi. Ma main quitte ta joue, glisse contre toi et se laisse pendre dans le vide. Je ne peux cesser de te regarder. Ce n'est pas toi. Merlin, aurais-je pu un jour regretter que ce ne fut pas toi. J'ai tant rêvé te pousser à l’exemption, me voilà qui jure après celui qui a reprit ta tâche. Nous le broierons. Je le broierai. Et je le ferai pour toi mon prince, mon adoré, s'il me reste encore assez de force pour cela.

« Il paieras alors. »

Il. Elle ou lui, celui qui a osé s’immiscer dans ton œuvre, qui a osé t'ébranler, mon amour je le sais, tu le retrouveras. Ce monde est à toi. Ce monde est à nous. Merlin lui même n'est pas digne d'en frôler les routes. L'audace de ce soir un jour sera punie je le sais. Et cela me dégoûteras de toi autant que cela me rendras fière ; Anarchie incontrôlable d'une conscience partagée entre l'envie de toi et la morale. Mais pas ce soir. Non, pas ce soir. Le tonnerre gronde au dehors, un peu plus cette fois-ci.
Lentement je m'abaisse pour m'asseoir à tes côtés. Ma bouche me brûle de te posséder à nouveau et se rappelle fébrilement qu'elle n'a finalement rien possédé du tout. Elle brûle pourtant. J'ai mal de toi. Passe ma vie à te fuir et crève de ne pas te sentir en moi. Hurle à la fin des combats mais tuerai, sans aucune honte à la barbarie, en ton nom et pour lui. Mes mains se tendent et t'appellent. Je te veux contre moi sans plus oser te toucher. Je voudrai avoir les mots pour chasser tes doutes, pour chasser tes plaies. J'endurerai mille fois celles que tu m'as infligé pour te défaire de cette cruelle qui te tord d'incompréhension. Mes doigts volent finalement vers ta taille, se pressent avec mal sur ton corps que la distance d'un bras tendu m'empêche de sentir. J'entrouvre les lèvres, ne sait quoi dire. Mes yeux te pleurent, te crie, te serrent. Ils te jurent à jamais un amour qui ne peut connaître de fin mais qui par delà les années n'a jamais su s'accomplir. Je bouillonne de haine et d'envie, pour et à cause de toi. Je m'embrase dans l'Enfer de ta tourmente et murmure :

« La paix pour cette nuit »

Ferme les yeux. Ferme les yeux et oublis, comme je m'oublie dès lors que ton bleu rencontre le mien. Oublie et envole toi vers une paix aussi tranquille qu’éphémère. J'ai trouvé ce soir la clé de nos jardins que nous pensions perdus. Pour une nuit, même si ce doit être la seule, franchissons-en les portes. Oublie ce monde, regagnons le nôtre. Celui qui n'est qu'à nous. Celui dans lequel la vie ne nous a jamais séparé. Entre et puise en lui la force d'affronter les jours à venir. Ils seront durs mon amour. Durs et violents, comme tu l'es toi-même. Mais tu surpasses l'éternité et l'infini, et je te regarde, sans dire un mot, te pressant de mon mieux avant que n'arrives ce jour où tu t'envoleras à jamais loin de moi. Ô Merlin, faite que ne vienne jamais ce jour.





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MessageSujet: Re: Ma vie pour la tienne. [Serena]   Mer 17 Sep - 15:55




Ma vie pour la tienne.  


La fatigue tombe, t'écrase, repeint les traits de ton visage bien aimé. Que j'aimerai repeindre ton visage, le refaire de mes doigts et glisser sur tes lèvres un sourire infinie, crevasse béante d'un amour interdis. Je t'observe et je te vois, je t'observe et je te ressens. Ce chaos qui gronde tel le tonnerre, cette chose qui nous achève et nous assomme nous arrachant le répits tant désiré. Ton prénom m'échappe, car tu es si loin, tu es partie dans un monde qui t'appartient et dans lequel je ne pénètrerais jamais. Je t'appelle et tu reviens, je souffle et tu inhales, je hurle et tu fracasses, je sens et tu ressens. Ensemble nous valsons, ensemble depuis toujours nos corps se mouvent ensemble, mais ta conscience s'oppose, elle fracasse elle me tue et me blesse. Mes prunelles s'accrochent aux tiennes. Ne détourne plus jamais le regard, regarde-moi pour l'éternité, je me sens crever lorsque je ne suis rien à tes yeux. Toujours, toujours, tu le dois Serena, c'étaient nos promesses, ensemble, toujours toujours, tu t'en souviens ? Tu ne peux pas partir, ni m'abandonner, je reviendrais toujours. Ce soir c'est toi qui vient à moi, la prochaine fois, c'est moi qui viendrais. Te récupérer, te déchirer, t'aimer comme je le peux, te construire et te déconstruire comme je le veux, te garder contre moi, détruire tout et n'importe qui pour obtenir celle que je veux, celle qui ne doit jamais, jamais tu te souviens, jamais m'abandonner. Toujours, toujours ensemble. Et tu fracasses tout… Le contact de ton derme enflamme ma peau et ma nuque, lèche ma raison. Je suis calme mais je ne vois plus que toi. Le monde s'écroule, mes peurs deviennent muettes enfermées par delà cette douceur que tu fais couler contre ma peau. Mais elle s'échappe cette main, elle s'aventure sur le reste de mon corps avant de disparaître, de me sentir si seul et si loin. Mais je veux que tu restes, tu ne peux pas ne pas rester, n'est-ce pas ?

Tu parles. Tu créés de nouveau. Je reste muet et sans voix. Je suis muet et je te fixe. Qu'es-tu en train de dire ? Je me sens trembler, je me sens mourir d'une joie presque étrangère. Depuis si longtemps exilé de mon propre corps, elle ne me semble que bien trop violente et savoureuse. Elle est délicieuse cette joie, cette sensation de satisfaction morbide qui plonge en moi, se déverse tel un torrent déchaîné, prêt à embraser le monde. Elle coule en moi, elle me maltraite, je ne sais plus qui elle est, je ne sais plus croire. Tu m'abandonnes pour venir glisser tes doigts dans les miens. Toute ma vie à la tienne, toute ma vie à te former, te construire à ma guise, t'obliger à regarder dans la même direction. Toute ma vie pour la tienne, toute ma vie à te désirer à mes côtés, à sentir ton parfum et ta présence surplomber les miens. Je te voulais à mes côtés, je te désire encore pour toute mon ascension. Je te veux Reine de mon Univers, je me veux Roi de ta Vie, je nous désire souverains d'une nouvelle Ere, souverain de ton nom et du mien, accolés, juxtaposés, étroitement liés. Je ne suis jamais assez lié avec toi, tu es mon tout, tu es mon rien, tu es ma force tu es ma douleur, tu es ma haine et mon amour. Tu es mon malheur et mon bonheur, tu es, tu es une véritable sorcière qui m'a arraché le cœur malgré sa nature de pierre. Tu es la clef de ma réussite, celle de mon échec. J'avais besoin de quelqu'un, je t'ai désigné, assume, assume nos putains de promesses.

Je suis toujours si bas, assis contre la pierre trop fraiche. Je frémis lorsque la pluie cogne plus fort contre la fenêtre, un éclair illuminant un instant la salle commune. Je te vois Serena, toi et cette tristesse dans tes prunelles, cette envie haineuse qui crève en toi. Elle fait écho à la mienne que tu as écorché depuis bien trop longtemps. Elle perle, elle coule contre mon corps depuis bien trop longtemps.
Je ne réagis pas au contact de tes mains, bien trop figés dans ce tourbillon de gestes et de ressentis, tornade de pensées. La paix pour cette nuit, la paix juste pour toi, juste pour moi, la paix pour m'autoriser à glisser mes doigts dans les tiens et t'entraîner dans une valse d'un amour morbide, cet amour que j'ai gravé dans ta peau, que j'ai glissé autour de ta gorge. Cet amour bâtard qui me fait si mal lorsque tu es trop loin de moi, cet amour dégueulassé par la haine et l'égoïsme. La jalousie et la violence.

Je me lève, mes doigts glissant contre les tiens un instant. Je me lève et te domine à présent. Mais je passe mes bras autour de ta taille, te soulevant telle une plume, te serrant contre moi. Mon corps contre le tien, mon souffle rejoignant le tien. Mon regard t'appartient, mes prunelles brûlent pour toi. Je suis là Serena, je suis là, contre toi, tu l'es toi aussi et il ne m'en faut peu pour tendre le cou, peu pour venir voler tes lèvres avec envie. Longtemps je te garde ainsi, longtemps je te garde contre moi, savourant tes lèvres et le contact de tes mains, vivant pour la chaleur de ton corps, avant de lentement, lentement laisser tes pieds rejoindre le sol. Et dès lors, ma main se glisse délicatement contre ta nuque, mes lèvres revenant aux tiennes encore. Tu n'as pas le choix, c'est une valse que tu mèneras avec moi jusqu'au bout. Embrasses-moi encore, ne penses-plus, embrasses-moi simplement. Tu en brûles d'envie, blesse mes lèvres, brûles-les de nos interdits, de notre serment qui nous dépèce le cœur.

« Jamais. »

Incapable de faire la paix avec toi, de faire la paix avec ma haine et ma colère, incapable de les tenir enfermés, les garder muet et doux. Je ne peux guère les tuer, je vais les vivre avec toi. Je ne peux me tuer, je ne peux m'arracher ce cœur que j'ai déjà vomis. Je ne peux pas te toucher sans me ressentir, je ne peux pas te regarder sans te voir telle que je te désire. Je ne peux pas, je ne veux pas. J'ai envie de te découvrir. Et alors que mes lèvres restent bien trop proche des tiennes, alors que mes prunelles s'amarrent aux tiennes, je crève d'envie, je veux te découvrir. Bien trop d'années passées à tes côtés, trop de nuit à deviner ton corps et retenir mon amour. Parce que c'est toi, cet Ange que j'ai tiré de ses cieux, enchaîné à mes Enfers. C'est toi, la Belle, le Fruit Interdit, c'est toi qui me fait hurler, c'est toi qui me fait mal, c'est toi que je veux et ne désire jamais de la bonne manière, jamais humainement.

Mes doigts frôlent tes hanches, cette courbe délicate si féminine.
Je te veux, Serena.
Laisse-moi t'aimer et te détruire encore une fois,
Je reviendrais panser tes plaies de mes lèvres et ma langue.



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MessageSujet: Re: Ma vie pour la tienne. [Serena]   Dim 28 Sep - 1:40

Ma vie pour la tienne


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Un mot, un seul et tu te tends. Mes paupières se ferme, prête à recevoir avec dépit le juste retour d'un énième refus. Mais à sa place, ce sont mes pieds qui décollent du sol, mon corps qui s'envole contre le tien. Je n'ai plus ni peau, ni chair, que du feu. Mon corps contre le tien devient brasier et voilà le désir que me provoque tes lèvres sur les miennes qui me gonfle le cœur, qui me vole tout mon souffle. Seulement si peu et déjà tant d'envie, je peine à croire que tant d'années sont passées alors sans que nous ne nous soyons jamais accordé de tels délices. Je me sens renaître, me tord sous l'impression terrible de n'avoir vécu que dans l'attente d'un tel moment. Je t'ai pourtant détesté si fort il n'y a pas si longtemps. Danyell, Guillem. Mes amis. Des amis illusoires, de ceux qui m'ont éloigné de toi. Et moi. Inutile de rejeter la faute sur autrui, j'ai pensé te quitter, l'ai voulu. Folle. Hors de contrôle. Comment ai-je pu me fourvoyer à ce point ? Dans l'éclat jouissif que me provoque la sensation de ta bouche sur la mienne, je sens la honte et le regret me tordre. Enfant déraisonnable qui après les caprices et la colère d'avoir été punie a finalement prit le recul nécessaire pour comprendre son erreur. Je ne suis rien sans toi. Je ne peux vivre sans toi. Prince de ma vie, seigneur de mon existence, si je t'ai trahi un instant, je me suis bien plus trahie moi-même en pensant pouvoir te tourner le dos. Idiote. Parfaite idiote. Ramassis de connerie absorbée par sa propre bêtise, je me sens mourir contre toi. Tes mains me frôle et je frémis. Gémis. Plus tu te rapproches sans être vraiment en moi et plus je prend conscience de ce vide béant que me laisse chacune de tes absences. Mes mains se lèvent vers ta taille, s'agrippe à ton aine la frôle, la caresse, la griffe avec délicatesse et l'attire plus encore. Toujours plus. Je te veux, et tout mon corps le cri. Je te veux, et tu le sens. Je me fais violence, me mord la langue pour ne rien presser, pour savourer chaque seconde de ce moment mais l'empressement grandis. Les lamentations avec.

Qui délire le plus de celle que j'étais ou de celle que je suis ? Dans les tremblements que me provoque tes gestes, j'en viens à me rappeler à la souffrance d'une nuit de Noël, à la pointe de ta baguette glissant sur ma peau, répandant la douleur et l'effroi et pourtant rien ne me vient plus que la fierté de porter une marque de toi à vie. Je chérie mon plus effroyable tourment pour la seule raison qu'il me vient de toi. Je me gifle intérieurement, m'arrête net, te regarde. J'ai le souffle court et les lèvres gonflées par cette danse tortueuse pratiquée sur les tiennes. Je te regarde. Je te vois. Mon amour, je mourrai sans doute de ta main un jour. Je mourrai comblée au moins si ce soir nous unis. Lentement, comme on effleure les reliques du divin, mes doigts caressent ta bouche, ton front. Ta peau d'opale rehaussée dans toute sa beauté par la nuit au dehors me promet l'inavouable et mes mains qui jusque lors n'avaient pour seule tâche que de te garder pressé contre moi finissent par soulever avec douceur l'étoffe qui te couvre, l'écartant de toi, la laissant tomber au sol. Je ne sais plus désormais si le temps s'est arrêté ou si ce sont mes gestes qui se traînent bien contre moi d'oser une telle outrecuidance. Je ne retiens que l'essentiel. Les lignes de ton corps sculptural délivrent leur perfection à mes yeux, à mes doigts. Je n'ose dans l'instant et craque le suivant, frôlant tour à tour ta nuque, tes épaules, ta poitrine, ton dos. Je pleure en moi de pouvoir admirer et cueillir ainsi ce que le monde a fait de plus beau.

Ma bouche, doucement, s'en vient agrémenter la danse tandis que ton nom résonne en moi. Je t'appelle Amour. Je ne cesserai jamais de t'appeler. Ce qui me touche, c'est toi. Seulement toi. Toujours toi. A jamais toi. Un souffle, un soupir, et tandis que le visage perdu dans ta nuque, je m'empare avec audace de ta peau pour la marquer à mon tour d'une façon bien plus tendre que nous en avions coutume, je me sens tanguer au bord du vide. Je repense aux autres, à ceux qui nous entoure. A celles qui ont pensé ta peau, jusque dans leurs songes, à celles qui se sont permis l'audace de la toucher. Mes ongles s'en viennent griffer ton dos à mesure que la jalousie me dévore. Mon Amour. Mon Roi. Mon Adoré. Comment se peut-il que d'autre ai un jour pu s'octroyer cette vision de toi quand je ne m'en sens moi-même pas assez digne ? Et je te mords, t'arrache au rythme de mes caprices les sons que tu sais si bien me tirer toi-même. Indécente, je perd le contrôle, te donne entièrement les rennes. Il n'y a personne ce soir que nous. Que toi. Que moi. Qu'un seul être supposé humain ne se permette d'entrer dans notre bulle et la vision de nous sera la dernière qu'il aura su tirer de ce monde. Mes bras se lèvent, entourent ton cou, l'invite à moi. Un baiser encore, plus profond, plus passionné encore que les autres. Merlin, entend ma prière, je veux me fondre dans cet homme et ne plus jamais en sortir. Je veux m'infiltrer dans chaque parcelle de son être pour ne jamais avoir à le quitter et mourir avec lui. Plus tard. Un jour. Et avant même que de n'avoir su entrevoir la folie qui s'en venait passer mes lèvres, ses dernières s'entrouvrent, implorent ton nom en un soupir à ton oreille tandis que tes mains se jouent de mes sens. Une dernière seconde avant l'aveu. Je le sens, il est là, tout proche. Il se mêle au soupir, prie pour se graver à jamais en toi. Je t'aime.




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MessageSujet: Re: Ma vie pour la tienne. [Serena]   Dim 19 Oct - 21:30




Mon amour pour le tien.  

Je me sens renaître contre toi. Tourbillon de malheur mêlé à un ouragan de bonheur, il n'y a plus rien. Tout explose, tout vole, tout disparaît. Il n'y a plus que toi et moi, dans cette valse menée par nos envies et nos caprices. Il n'y a plus que nos consciences et cette honte bien trop longtemps traînée. Alors que tu gémis et frémis, mon souffle se fait timide, mes pupilles se font curieuses alors que mon attention toute entière glisse sur toi et ton visage, toi et tes expressions. Je n'ai jamais autant aimé tes lèvres que ce soir, ton goût et ton souffle liés aux miens, les moues qui étirent tes lèvres, délicates lèvres que je mordille lentement, tendrement. Que je les aime ces lèvres, qui autrefois quémandaient naïvement, qui une nuit passée m'abandonnaient. Que je les aime ces lèvres qui quémandent les miennes, qui échappent les bruits d'un autre monde.

Mes orbes de glace fondent, elles ne sont que pour toi. Je t'observe et me laisse faire. Œuvre sous les doigts de son maître, mon souffle est lent alors que tu traces sur mon visage les vers de ma damnation. Jamais plus je ne pourrais rester dans l'ombre de ta vie. Jamais plus je ne pourrais me contenter du reste. Je te veux, Serena, je te désire, et mes lèvres s'entrouvrent légèrement lorsque tu les effleures. Comprends-tu ce qui me déchire, amour ? Jamais plus, je ne pourrais supporter de te voir si loin de moi, je ne veux plus te voir me tourner le dos… Jamais. Ce sont nos promesses, c'est ma vie, je te veux mienne, je te veux éclat de moi-même, je te veux, point c'est tout, je te désire et tu ne peux désirer nulle autre chose. Comment pourrais-tu vouloir autre chose ? Je suis ton sauveur, ton créateur. C'est si beau de tracer la beauté dans ta chair. J'ai laissé dans ton corps la vérité absolue, la fierté assassine, notre but ultime. Je te veux, dansante avec moi, je te veux pour une vie de quêtes et de réussites, je te veux pour épouse et mère de mes enfants. Que ne comprends-tu pas ? Tout est déjà lancé, tout est déjà posé dans mon crâne. Tu as la force et le courage de tout exploser, de tout balayer, de tout ignorer. Tu le peux, tu en as le droit, tu es libre paraît-il. Mais je t'ai fais captive de mon monde, de mon univers et de mes caprices. Captive de mes sentiments. Je te tuerai pour m'abandonner, amour. Je te tuerai pour appartenir à quelqu'un d'autre. Si je ne puis détruire assez pour te faire revenir vers moi, si je ne puis assez créer pour te faire revenir vers moi, si je ne puis être suffisant pour toi, ne pas être assez parfait pour toi, c'est toi que je tuerai. C'est toi que j'aime, c'est toi qui me comprends, et c'est moi qui te désire plus que de raison.

L'enfant capricieux se meurs, il n'ose défaire ses yeux des tiens alors que l'étoffe frôle sa peau, la quitte pour mourir à nos pieds. Je sens l'air dévorer ma chair, le brûlant de fraicheur. Peu après, ce sont tes doigts qui laissent des trainées de flammes sur ma peau. Je respire, lentement. Je te vois, toujours. Je t'observe, encore. Mon ange est là. Mon ange me sculpte. Suis-je en train de rêver ? J'en respire douloureusement. Je ne supporterai pas de me réveiller encore seul, de voir que tout ceci n'était que folie, illusion, hallucination, rêve, cauchemar.
Reste là, reste ici, reste avoir moi. Mes doigts remontent contre tes hanches, se faufilent lentement sous ton haut et je m'autorise à caresser ta peau lentement. Peau dissimulée, caresses pudiques et presque timide. Comment puis-je m'autoriser à faire une chose pareille ? Ma petite sœur, mon âme-sœur, ma protégée, mon amour, mon fantasme. Comment puis-je te toucher sans rien briser ? Comment puis-je te souiller sans m'en vouloir ? Comment puis-je t'aimer d'une manière si charnelle sans désirer encore, désirer plus encore ? Je retiens mon souffle lorsque tes lèvres et tes dents s'acharnent tendrement contre mon cou. Une marque, ta marque, je la porterai toujours s'il le faut, pour l'éternité, cette marque. Je la désire, elle me gonfle d'une fierté maladive. Tu m'écorches et j'en échappe un gémissement, presque surpris, alors que je te serre contre moi.
Ton baiser, je l'accueille avec plaisir, mes prunelles croisant les tiennes. Ce baiser je le sens, le ressens, et je te serre contre moi. Un espoir peut-être que de te sentir te fondre en moi. Ce corps que j'ai bien trop souvent serré contre le mien, mais jamais de cette manière. Mes mains glissent sur tes hanches, et je respire l'odeur de ta crinière, alors que je me fige en entendant tes mots. Déchire-moi encore, si tu le peux, je ne t'en voudrais pas.

Mes doigts se glissent dans ta rivière d'ébène et j'en viens cueillir un baiser presque trop chaste, sur tes lippes gonflées. Mon cœur s'emballe, mon cœur se meurs et je souffle tout bas, presque perdu : « Moi aussi, je t'aime. »  Je veux que tu t'en souviennes, amour. C'est la vérité. Je ne sais pas t'aimer d'une manière raisonnable. Je ne sais pas t'aimer comme les autres. Et je n'ai pas envie d'être comme les autres. Je veux être unique et le seul dans ta vie. Je veux être ta vie, je veux être tes désirs et tes pensées. Je veux être tien, comme tu es mienne. Je veux t'hanter comme tu le fais… Mes doigts effleurent ta joue, ta mâchoire, et je reviens t'embrasser. Brusque. Maladroit. Ma langue cherche la tienne, alors que je te serre encore contre moi. Je ne me sépare de tes lèvres seulement pour retire ton haut. Je veux me souvenir de ta peau laiteuse illuminée par les caresses de la lune, toute ma vie. Je veux m'en souvenir. Je veux être capable de me rappeler du gout de ta chair, et de l'odeur de ton plaisir. Le son de ton désir et de notre nouvelle proximité. Quitte à m'en crever.

Je te déshabille délicatement. Et lentement je te renverse sur mon lit. Mes lèvres embrassent les tiennes, et caressent ta gorge, ta nuque. Mes dents taquinent ta clavicule, et j'en perds découvrir les monts de ta poitrine voilée. Ma langue laisse une trainée de salive alors que lentement de te libère de ton carcan de tissu. Odeur soyeuse, peau laiteuse, mes lèvres se font douceur et délicates contre ta peau que je découvre. Tu n'es plus une enfant, tu es une femme. Une femme que j'aime, et qui j'espère, mesurera l'étendu de mes sentiments pour elle par mes gestes. Je veux que tu sentes combien j'ai peur de te briser. Je veux que tu saches combien tu me rends dingue. Fou de toi, depuis toujours. Ce bouton de rosée se loge dans ma bouche, et je le taquine, m'en fou, alors que mes doigts et mes mains se glissent contre tes jambes, tes cuisses, alors que mon bassin frôle le tiens. Mes lèvres sont conquérantes et glissent encore plus bas, contre la douceur de ton ventre, se rapprochant lentement de ton aine que je mordille lentement. Ma marque, je la pose ici, dans cet endroit si intime. Je veux l'être avec toi. Tu m'appartiens n'est-ce pas ? Et c'est ton goût que je veux sentir contre mes lèvres, contre ma langue, qui se fait taquine et maligne, fugace et cruelle contre ta perle. Je te découvre, et te caresse, je te sens et t'entends. Je veux que tu sois à moi, rien qu'à moi. Je prends mon temps, je veux te sentir t'éveiller, je veux t'entendre me ressentir. Mes lèvres remontent, et mes doigts se glissent entre les tiens. Mes baisers s'apposent contre ton poignet, mes lèvres frôlent ta cicatrice que j'embrasse lentement. Me pardonneras-tu pour ceci ? Comprends-tu ce que j'ai laissé dans ta peau ? Je remonte jusqu'à ton épaule, pour cueillir tes lèvres encore.

Sois mienne Serena.
Je ne pourrais plus te supporter ailleurs que dans la chaleur de mes bras.



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MessageSujet: Re: Ma vie pour la tienne. [Serena]   Mer 29 Oct - 4:28

Ma vie pour la tienne


Audric Saddler & Serena Bogart

Etions-nous seulement déjà formés à l'amour ? J'en doute, nous remet en question. Là dans tes bras, me voilà qui en cet instant a déjà tout oublié. Comme on embrasse. Comme on caresse. Il me semblait bien pourtant l'avoir apprit un jour, il me semblait bien pourtant que toutes ces choses m'étaient acquises, pourtant regarde-moi. Regarde-nous. Chaque mouvement de toi vers moi me reconstruit, me fait renaître et je ne sais plus Amour, non je ne sais plus, si ce que je fais a le goût du Ciel ou de l'Enfer. Je voudrai me parfaire pour toi seul, que le moindre de mes gestes te fassent ressentir ce que le monde fait de plus beau, mais dans le même temps, il me semble n'être plus qu'une enfant. Tremblante dans son désir, tremblante dans son envie de bien faire. Ai-je seulement le droit de pouvoir te toucher de la sorte quand mes regrets sont encore là, tellement palpables, me noyant de culpabilité ? Je t'aime. J'ai bien osé le dire, me sens mourir dans ma bassesse. Ces mots nous étaient pourtant familiers autrefois, mais je ne sais que trop bien qu'ils n'ont jamais eu la teneur qu'ils ont ce soir. Ces mots étaient alors innocence, naïveté. Amour soufflé sans être vraiment ressenti à son summum, jolie berceuse que l'on se chante pour chasser la solitude et rappeler à l'autre que le monde n'est pas si noir. Affection doucereuse et répugnante sur laquelle je crache, cela me dégoûte. Avoir pu t'aimer autrement que je t'aime à présent me répugne. Je voudrais remonter le temps, m'ouvrir les yeux à moi-même sur ces précieux moments perdus sans avoir pu te sentir comme je te sens alors ! Mais tes lèvres enfin s'entrouvrent, et le fruits qui s'en délivre me libère de tout ce qu'il restait de douloureux en moi. Je me sens faillir, le cœur au bord des larmes. C'est le sacrement que l'on m'accorde. J'abjure ce monde au nom de tes yeux qui seuls savent ainsi me conduire. Ces mots que sont les tiens, redis-les. Redis-les encore. Dis-les sans jamais t'arrêter de les dire car tant que je vivrai je ne saurai croire qu'un tel bonheur m'est vraiment permis, à moi qui n'a cessé de mentir, à moi qui tant de fois t'ai déçu. Et pourtant tu me promets l'extase.

Je pourrai en tomber à genoux si tes mains ne m'avaient pas déjà guidés vers un ailleurs plus doux encore, si ta bouche ne me guidait pas avec une telle véhémence vers mille lieux qui me semblent alors inconnus. Je n'ose plus faire entendre ma voix, me refuse à briser la magie de ces instants, mais comment rester vaine face au traitement de tes délices qui me foudroient ? Comment me réduire au mutisme quand la sensation de ta bouche sur mon corps m'embrase toute entière et me consume. C'est une torture. C'est un vertige. Le passage de ta langue sur ma peau me marque comme au fer rouge. Te voilà déjà ailleurs mais je te sens toujours au premier point. Faite et défaite, ce sont tes mains qui me façonnent, la chaleur de ta bouche amante qui me dévoile toute entière à tes yeux. A la fois pudique et impudente dans ces frémissements que tu me voles, je me cambre à tes assauts, supplie en silence pour que cesse ta désinvolture quand dans le même temps le chant de mes gémissements l'encourage bien plus encore à poursuivre la danse. Ne t'arrête jamais Amour, ce soir est celui de ma venue au monde et je n'aurai plus jamais de forme que celle que tu désires me voir prendre. Je serai sage. Je serai tienne. Mes mains s'agrippent aux draps. Viens jusqu'à moi. Viens jusqu'en moi. Ta bouche s'en vient trouver la mienne, s'en vient trouver ma marque. Je te regarde faire et ma mémoire ranime à nouveau les échos de l'horreur. Tu m'as fait tant de mal Audric. Tu m'as tordue. Tu m'as brisée. Je ne devrais plus me laisser animer que par le besoin de plonger ma main dans ton cœur et de te l'arracher en guise de vengeance, mais si je pouvais ainsi toucher à ton noyau, je ne sais que trop bien que ce ne serait sans doute que pour l'embrasser et le réchauffer comme tu m'embrasses et me brûles. Je le garderai pour toujours à moi, dédierai ma vie à ses battements. Ton nom, de ma voix, se tire en un murmure saccadé entre nos lèvres. Je suis tordue. Je suis brisée. A qui la faute ? Quelle importance ? Je suis à toi. Je ne suis qu'à toi, et s'il fallait qu'un jour tu ne me veuilles plus, alors je n'aurai simplement qu'à cesser d'exister, mais jamais sans m'être battu contre tout et contre tous pour te garder. Tes lèvres me dévorent, me gâtent et je crève d'envie de toi. Ma bouche a beau trouver la tienne, mes doigts ont beau retracer chaque ligne de ton corps jusqu'à en cueillir le mont de ta virilité que je sculpte en caresses, je ne me sens pas rassasiée. Ton parfum, le goût de ta peau,  tout s'imprime en moi sans que je ne parvienne à les saisir tout à fait, à les sentir vraiment. Les fourbes enveniment chacun de mes sens avec malice tandis que j'embrasse et mord, prend la pente glissant vers ton désir que je ne cesse de vouloir attiser pour m'octroyer la fierté de le savoir pareil au mien. Peut-être plus brutal encore. Ma langue alors te frôle, se teinte du goût de ta vertu, de ton honneur que j'arrache au fil de nos envies. Je veux t'assujettir pour ce seul instant, ne peux me complaire qu'à te voir te tendre dans l'inversion de nos rôles. Ô n'ait crainte Amour, je connais par cœur les règles du jeu. La couronne brille au-dessus de ton visage aux allures de perfection et je ne te l'arracherai point. Laisse moi seulement ce plaisir, celui de te savoir comblé grâce à moi. Celui de pouvoir te conquérir de la plus délicieuse façon qui soit. Laisse moi regagner ma place, laisse moi reformer avec toi ce corps unique que nous avons été un jour avant que la vie ne nous divise en cet homme et en cette femme.

Cette femme qui tremble et touche le fond du lac. Le corps glissé contre le tien, je suis revenue grandie de ton oasis ; mes mains tiennent prises à tes hanches, ma bouche s'en va et vient et te dévore, mais ce n'est jamais assez. J'en oublierai presque de reprendre mon souffle tant tout le reste me semble infiniment superflu, inutile, dénué de sens, et quand contre moi je sens venir ce tremblement imperceptible, mes mouvements s'arrêtent d'eux même. Le souffle court, je te regarde et t'appelle. Glisse tes mains contre mon corps à nouveau et franchissons enfin toutes les limites, comme l'on commet l'impardonnable. Ma peau, enfin, aura l'odeur de ton odeur, et je ne connaîtrai plus de matin m'empêchant sans toi à mes côtés. De mon hardiesse ne reste rien. La douceur retient mes gestes et je te frôles avec une adoration toute nouvelle, perdue entre les limbes de mon impatience à te sentir en moi et cette main qui me tire en arrière pour mieux apprécier ce qui va arriver. Je t'embrasse. Encore. Et encore. Et encore, sans parvenir à me lasser, sans t'empêcher de rouler au-dessus de mon être qui se tend à toi.

Je te regarde. Tu me regardes.
Le sang a coulé ce soir.

Je te regarde. Tu me regardes.  
Je n'ai plus cure de rien.

Je te regarde, Tu me regardes.
Je sens ton front qui se pose sur le mien. Je sens mon corps qui ondule à la rencontre du tien.
Je te regarde.

Et je te sens.




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MessageSujet: Re: Ma vie pour la tienne. [Serena]   Dim 23 Nov - 18:44




Mon amour pour le tien.  

Penses-tu qu'un jour je saurais regretter ce que j'ai pu te faire ? Cette vérité sanguinolente que j'ai fais couler contre ton poignet ? Toutes ces personnes que j'ai éloigné de toi, toutes ces personnes que j'ai blessé pour te ramener à moi ? Tout ce mal que j'ai coulé en toi ? Penses-tu que j'étais sincèrement mauvais à cette époque où nous avons liés nos désespoirs ensemble ? Penses-tu que mes promesses étaient profondément destructrices ce soir où je t'ai promis de te faire justice ? Penses-tu que je désirais autre chose que de ne pas être éternellement seul dans ma quête ? Crois-tu que je désirais autre chose que de m'assurer que tu ne me laisseras jamais ? Crois-tu qu'à cet âge là, j'étais capable de désirer le pire ? Je te soufflais mes rêves les plus sombres, je te soufflais ces cauchemars qui me blessaient, je te serrais contre moi et apaisais tes peines et tes peurs… On était tous les deux et j'ai façonné une princesse pour laquelle je me suis fais fascination. Je voyais le monde qu'à travers toi, parce qu'il n'y a toujours eût que toi et cet horizon pour moi. Mon univers se résumait à cela : ma vengeance et toi. Toi et mon futur. Toi dans mon futur.
Nous nous sommes éloignés, nous nous sommes écorchés, j'ai ouvert les yeux quelques secondes, envoûté par un parfum divin, j'ai frémis un instant. La réalité m'a fait peur, m'a consumé et blessé un peu plus encore. J'ai préféré refermer les yeux, me plonger corps et âme dans le confort de mes mensonges, de ce monde que je connais par cœur et dans lequel je suis désormais seul. Mais c'est encore et toujours cette même phobie de l'abandon, cette douleur d'être esseulé dans l'univers qui me prends et me tue. Depuis toujours jusqu'à ce que mes lèvres se teintent du sang de mon sang à aujourd'hui je demeurerais sujet à cette lubie.

Je t'observe toi qui me retrouve, toi qui me domine de ton corps et ta présence. Je souffle, étendu sur ces draps défaits. Je n'ai d'yeux que pour toi, toi et tes caresses, toi et tes lèvres qui me touchent et me cherche. Mes doigts s'apposent contre ton épaule, ta nuque, remontent dans ta chevelure chocolat. Ton odeur qui m'a tant manqué, cette même odeur qui a bercé mes nuits, mon enfance, mon adolescence bien trop souvent. Comment ai-je bien pu te perdre, comment ai-je bien pu t'éloigner si longtemps de moi ? Peut-être suis-je en train de faire une grande erreur que de me perdre de me sentir me soulever sous ces délices que tu m'offres… Peut-être ne devrais-je tout simplement pas succomber à toi et ton emprise malsaine… Je l'ignore, je suis fatigué de penser et réfléchir, fatiguer de me battre pour et contre toi, fatiguer de me blesser avec ton nom. Je désire tes lèvres plus que jamais, qu'elles pansent mon corps et ces plaies que nous avons tracés. Dans ma chair et la tienne, toutes ces failles que nous connaissons trop bien.
Je te connais par cœur, dans ta peine et ta douleur. J'en ai oublié de découvrir ce bonheur qui m'afflige et m'échappe lorsqu'il t'étreins quand tu es loin de moi. Peut-être qu'avant j'étais heureux lorsque tu étais là. Mais avant c'était normal, avant c'était mon équilibre qui tu as perturbé.

Mais ce soir, on s'apprends, on se découvre d'une autre manière qui me rend fou. Fou accroché à tes lèvres, je te dévore et te déguste, tour après tour, je te renverse dans ces draps qui prendront ton odeur. Tu te tends et tu me réclames, ton corps entier donne écho à ce désir qui m'étreins. Je me fond en toi avec délice, mon regard planté dans le tien. Sais-tu tout ce que cela veut dire ?

Mon front se pose contre le tien, mes doigts se serrent contre les tiens, et ensemble tout menons cette valse d'amour charnel. Nos corps se frôlent, nos envies se mêlent, nos passions se gorgent de nos doux gémissements. Nos peaux se brûlent, s'apaisent sous cette fine pellicule de sueur. Mon cœur se gonfle, mes lèvres te marquent au fer rouge. Tu es à moi, juste à moi, rien qu'une fois. Tu m'appartiens et ce soir nous sommes unis de la pire manière qu'il soit. Je gémis, je gronde contre ta gorge, mes mains remontant le long de ton corps qui ondule et se cambre contre le mien. Je dépose sur ta chair les cicatrices passionnelles de notre union malsaine.

C'est contre ton corps que je m'abandonne et m'oublie, plongé dans ton odeur et ta crinière que je sombre dans les bras de Morphée, mon bras passé autour de ta taille. Confiant de ta présence, heureux de ces promesses que nous frôlons. Tu combles un homme avant de l'abandonner. Puisqu'à mon réveil, ce mirage à disparu, laissant derrière toi simplement ton odeur et les marques de ton désespoir sur mon corps. Je soupire et te maudis, sorcière que tu es.

Jamais tu ne sauras à mes côtés.
Jamais je ne saurais t'aimer.
Jamais tu ne seras celle que je veux.
Jamais tu ne seras celle que tu veux.


Sujet Terminé.  


© charney

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Ma vie pour la tienne. [Serena]

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