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 Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya

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MessageSujet: Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya   Mer 2 Juil - 0:00

Pour tomber dans ses yeux...


Avant que la vie nous sépare, je veux succomber sans égard et valser au bord du vide

Je m'étais levée ce matin là, les yeux encore engourdis de sommeil, avec ce sentiment étrange me prenant à la gorge comme s'il manquait alors quelque chose. Comme si un vide avait été laissé quelque part. Je m'étais redressée, sentant alors glisser sur moi la chaleur d'un vêtement me rappelant à cette présence qui n'était plus désormais. Levés vers la porte toujours close, mes yeux été restés dans le vague l'appelant en silence sans que rien ne vienne, sans que rien ne bouge. J'avais finalement compris ce qu'il avait manqué ce soir-là. Je n'avais pas rêvé. La chaleur de sa main dans la mienne, l'odeur de sa veste me recouvrant, mon corps s'était abandonné à cette totale sécurité et mon esprit apaisé avait suivi la danse. C'était la première fois depuis des mois, des années, que je me réveillais si sereinement, au creux de moi la sentiment d'être vraiment reposée. Comme née à nouveau. Et je m'étais tenue là encore longuement, regardant le jour se lever et baigner la pièce de ses rayons. Mon corps engourdi me faisait toujours mal quand dans le même temps mon esprit n'avait jamais connu de meilleur matin que celui-là. Un sourire avait paré mon visage, j'avais pris pour moi le temps de profiter de ce calme offert, de cette impression de bien-être. Dans la solitude de ce moment silencieux, je m'étais même permise de sortir de sa poche le livre froissé à la couverture noire qui en sortait. Une histoire. Une histoire de police et d'enquête dans laquelle se trouvait des termes qu'il m'arrivait de ne pas comprendre. De la lecture moldu de toute évidence, mais une lecture qui une fois que j'en fus arrivée à terme me surpris, de même qu'elle me poussa à enquêter sur ce qu'était une disquette ou encore un argentique auprès de monsieur Primrose, lequel s'étonna de me voir avec pareil livre mais ne m'en demanda pas plus. Je n'aurai pas répondu d'ailleurs. Cette nuit qui m'avait été si douloureuse, doucement, se transformait en une sorte de jardin secret formé en ma mémoire. Qui était vraiment Hodgson au fond ? Comment s'était-il trouvé là ? Si ces questions me tourmentaient je n'y cherchait cependant pas de véritable réponse. Il m'avait sauvé, qui qu'il soit. Le temps passa, suivant son cours. Son souvenir comme seul témoin, je me découvrais soudain plus joyeuse. Quand un garçon de ma maison, pour me taquiner, faisait remarquer que la princesse semblait de bonne humeur, plutôt que de lever le ton à son encontre et de le provoquer, plutôt que d'ignorer et de baisser les yeux, j'affirmais d'un grand oui que c'était le cas et continuais ma route sans plus rien demander à personne. Même les préparatifs des stands pour le 2 mai que certains de ma maison, dont Megara Hendrickson faisait parti, en vinrent à m'intéresser sans que je ne sache vraiment si cette soudaine euphorie était une bonne ou une mauvaise chose. Je laissais bien volontiers aux bleu et bronze le soin de ne savoir vivre que de réponse, pour ma part le peu que je savais suffisait. Les nuits suivantes, les rêves revinrent mais n'étaient plus aussi terribles qu'ils en avaient l'habitude, au point que j'en vins à penser que les parfums se dégageant de la veste de ce protecteur inconnu, gardée elle aussi secrètement accrochée au dessus de ma tête de lit, éloignaient la douleur. Arriva la commémoration du 2 mai. Peu apparentée à la foule, j'avais pourtant promis au groupe que j'avais aidé de venir les voir et de tenir un peu les stands avec eux avant de vaquer à mes occupations. A dire vrai je n'avais rien de mieux à faire au fond, j'arrivais donc sur les coups de midi vers eux. Le matin même, comme si la chance enfin me souriait, j'avais également reçu le hibou de monsieur de Valois ayant signé les papiers pour mon stage. Plus aucun poids sur le cœur, et un soleil radieux alentour. Comment deviner alors la tragédie qui allait nous toucher quelques heures plus tard ? Et pourquoi avait-il fallu que cette fois-ci rien ne me soit apparu !? Dans la masse ondulante que formait la foule des visiteurs, était venu se mêlé en une poignée de seconde un torrent de flammes rendant l'air irrespirable, faisant fondre les décors de cartons et de pâte entourant nos stands en bois. Impossible de sauver quoi que ce soit si ce n'était nous. Dans la foule chaotique emmêlant sauveteurs, victimes, et fuyards, des sorts volèrent alentours, des gens en vinrent à se battre là où d'autres se poussaient à n'en plus finir pour tenter d'apaiser le brasier ou au contraire pour y échapper. La petite avenue de Pré au Lard, bien trop étroite pour la masse piétinante devenue fourmilière était devenu un véritable témoin d'impuissance  des quelques Aguamenti que j'avais tenté avec d'autre pour calmer l'incendie. Mais une toute autre tourmente m'avait gagné alors., tandis que dans la foule affolé, mes oreilles distinguèrent l'appel du voix qui mit en alerte tous mes sens. Abigail. Abigail était là, et plutôt que de rester avec ma mère et Hestia l'ayant sans doute accompagné, ce petit inconscient s'était précipité dans la foule en m'y voyant. Autour de nous, l'incendie de façon minime, commençait à se calmer, maîtrisé par les aurors et quelques autres adultes alentours, alors, aussi apeurée que mécontente, je l'agrippais de toutes mes forces par le bras, le forçant à partir sans qu'il ne veuille entendre raison. Je pestais. Dans la rue, pour la troisième fois, un craquement sourd suivi de cris affolés vinrent accompagner la chute d'un des stands calcinés. C'est là que je le vis. Juste une seconde, peut-être deux. Pas plus de temps pour le voir crier à l'adresse d'autres hommes, pour le voir s'agiter et braver les flammes dont il était encore si proche. Ma respiration retenue, le temps arrêté, je contemplais en spectatrice le dessin de ce visage  criard et brut que je pensais ne plus jamais revoir. Un nouveau bruit assourdissant, mon frère me tira par le bras. Revenant aussitôt à lui, j'enroulais fermement mes doigts autour de lui, et aidée par un auror près de nous, sortie enfin de la nuée de fumée noire vers laquelle s'agitaient les secours. Retrouver Hestia et ma mère devinrent une nouvelle priorité qui pris bien trop longtemps selon ce qu'en jugeait ma patience. Six heures plus tard, les miens avaient transplané pour rentrer au manoir tandis que je me trouvais là, assise sur mon lit à Poudlard, les genoux ramenés à moi, contemplant sa veste. Son parfum doucement s'en était allé, masqué sans doute par le mien, et je ne cessais de me remémorer ce visage dans la foule, ce cri rauque parmi tous les autres cris, ces bruits de bois qui craque et se défait. Nous avions tous été secoués à plus ou moins grande échelle. Rosie elle-même était venu me quémander mon état, me crachant au visage que je n'étais qu'une inconsciente d'avoir entraîné l'héritier dans une telle histoire une fois que j'eus assuré ne rien avoir eu en dehors d'une légère intoxication du à la fumée. Comme quoi les miracles pouvaient exister. Il en était cependant un qui me vola toutes mes nuits. Je ne rêvais plus. Du moins, pas de ce que je voulais voir. Fermant les yeux, le jour, la nuit, me refusant à prendre la potion que Cédric me prescrivait, je cherchais le sommeil pour l'y voir. Où qu'il fut. En vain. Était-ce bien lui ? Lui était-il arrivé malheur ? Cette seule idée en vint à alimenter mes peurs les plus odieuses, me laissant blême et tremblante tout au long du jour et de la nuit. Plus une seconde n'était portée sur une autre pensée que celle-ci. Où était-il ? Que lui était-il arrivé ? Était-ce seulement-lui cet homme que j'avais aperçu dans la foule ? Comment être sûre...

Assise à la table des Gryffondor, je sursaute. On parle encore de l'incendie autour de moi. En entendant plus qu'il n'écoute, mon cœur bondit pourtant en entendant un nom au milieu de l'une des  conversations qui se tient non loin de là où je me tiens.
- « Qu'est-ce que tu as dis !? » demandais-je, plus alerte que jamais. Les trois rouge et or me regardent drôlement, presque effrayés par le ton que j'ai employé pour leur demander de répéter les termes d'une conversation à laquelle de toute évidence, je n'étais nullement invitée.
« Euh...Ba qu'il y avait eu beaucoup de blessés dans l'incendie à Pré au Lard et que du coup on sait pas trop ce qui est arrivé à certains ». Je perd patience, lui demande de sauter et de passer directement à la partie concernant le dénommé Hodgson. « Callum Hodgson, le garde du corps de l'inquisiteur. Apparemment il a été blessé en portant secours aux gens coincés dans l'incendie, mais on en sait pas plus. Certains disent qu'il est rentré à Poudlard mais on l'a pas trop revu donc... » Je me rassois lentement. Si la peur avait sa place en moi jusqu'à présent, à présent la voici qui me ronge. Brutale, mordante. Je ne me félicite même pas de tout ce que je sais désormais sur lui que j'ignorais jusque lors. La soirée se passe, je me ronge les sangs sans rien pouvoir faire. Lily-Jo m'a rejoint. Elle ne sait rien de ce qui s'est passé ce soir-là mais a l'art de faire la part entre une passable mauvaise humeur et une véritable crainte. Rien de ce qu'elle dit ne me calme pour autant et notre entretien se termine sur son conseil me priant d'agir pour en avoir le cœur net plutôt que de rester là à me morfondre. Agir ? Et pour faire quoi au juste ? Je ne sais même pas s'il est à Poudlard... Et qu'il y soit ou non, de quoi aurais-je l'air si l'on me trouve en pleine nuit du côté de l'étage des profs ? Monsieur Hilliard et son équipe sont-ils seulement logés là-bas ? Les heures passent. Bientôt tout le monde dort, sauf moi, resté bêtement en uniforme sur mon lit. Mes yeux ont fixé les draps sans aucune réponse. Seul le conseil de Jo' fini par me mettre la claque qu'il me fallait. Agir. Attrapant vivement ma baguette et sa veste, je sors en trombe du dortoir, tenant fermement cette dernière contre ma poitrine. A l'heure qu'il est, les préfets ont sans doute finis leur ronde, mais mieux vaux être prudente. Me glissant tel un chat de la tour jusqu'à l'étage inférieur, j'éprouve les première difficultés une fois dans le couloir des appartements du personnel. Les adultes n'ont pas de couvre-feux à tenir. N'importe qui pourrait sortir et me découvrir, fait faisant trembler ma poigne sur ma baguette dont le faisceau lumineux éclaire à la hâte les petits écriteaux dorés placardé sur les portes au nom du professeur dont c'est l'appartement. Près de celui de miss Fawley, j'entends que l'on chantonne, tandis que devant celui de monsieur Primrose se laissent surprendre les bruits de parchemins que l'on roule en boule nerveusement. J'arrive finalement au détour d'un nouveau couloir plus étroit et plus court. Ne voyant que des noms de professeur, je finis par perdre espoir de trouver la porte que je cherche quand enfin, le nom de Robert Hilliard, Inquisiteur de Poudlard m'éveille. Trois portes encore, et voici que tout au bout du couloir se dessine à mes yeux le nom que je convoitais tant.

La hargne me quitte alors. J'envisage le pire. Que ferais-je s'il ne répond pas, s'il lui était vraiment arrivé malheur ? Et s'il répondait... Oui, s'il répondait, que penserait-il de cette excuse minable que je me suis inventée à la hâte pour justifier cette visite ? Mon poing tremble devant le bois de sa porte, ma respiration s'accélère. Dans cette seconde qui s'éternise, je ne parviens plus à rassembler mon courage alors qu'en moi se mêle les souvenirs de notre rencontre à ce visage aperçu dans les flammes. Mon poing retombe mollement sur la porte, sans faire de bruit. Je me mord les lèvres, serre sa veste contre moi, ne sachant même plus ce que je fous ici. J'éteins et range ma baguette dans ma poche, entame un demi-tour que je n'ai le temps d'achever. Cela ne dure qu'une seconde dont je peine à avoir conscience sous le choc, mais voici que dans l'instant où mes yeux ont quitté sa porte que cette dernière s'ouvre à la volée tandis qu'une poigne m'enserre le bras. Un demi tour sur moi-même et me voici dans une nouvelle pièce, le crâne retombant lourdement contre l'autre côté de la porte désormais close. Quand enfin je comprend ce qu'il s'est passé, son visage semble encore plus défiguré par la surprise que le mien. Le silence est toujours là. Nos yeux à nouveau se trouvent. Et dans cet instant, le plus gênant d'entre tous, je murmure son nom, fébrile.

Son visage semble fatigué. Mais il est là. Un mince sourire apparaît et disparaît aussitôt dans le tremblement de mes lèvres qui constatent à voix-haute comme pour m'en assurer, comme pour m'assurer que je ne rêve pas.

« Tu es là... »

Callum est là. Suffisamment bien portant pour se tenir debout, pour avoir réagit à une approche inconnu près de son antre. C'est bien la preuve qu'il va bien. Mieux que moi sans doute, qui désormais me sent comme une intruse. Là où je ne devrais pas être. Dans ses yeux.



© Yuki Shuhime & Aloysia


_________________
- DIS QUE TU ME RETIENDRAS -
Et juste au moment ou j'étais bien toute seule, tu m'arrive comme un coup de poings sur la gueule. L'autoroute de ma vie filait tout droit devant, notre rencontre est un accident.
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MessageSujet: Re: Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya   Lun 7 Juil - 9:54


 ◈ Arya & Callum ◈
Ma veste, toi, ici ?

Que veux tu ?






U
ne nuit étrange, non pas une étape, un nouveau départ. Tout s'enclencha, elle n'avait été que l'aperçu de sa nouvelle vie, un avertissement, une lucarne sur son futur en devenir. Première pierre de son nouvelle édifice. Il y eu l'étonnante Aryanedëlle qu'il le fit se sentir différent, puis vint le perturbant Vincent qui était comme un fantôme du plus noir de ce qu'il fut, victime née, image des êtres qu'il a ensanglanté pour un peu d'autorité, pour une place dans le monde qui l'a vue grandir. Jacob, innocence bafouée, enfant perdu qui,  à l'image d'Aryanëlle, lui donne des élans d'affection qu'il ne se connaissait que pour Marlow. Euphemia, Némésis, Megara... une liste de noms qui ne cessait de s'allonger et pour chacun, une histoire différente, une relation complexe qu'il n'avait pas anticipé. Là pour un travail de surveillance, il se redécouvrait et sa vie volait en éclat. Sa bulle, son univers, perturbé par la masse ambiante. Associable, mutique, n'offrant sa voix et ses opinions qu'en pointillé pour ses plus proches amis, il avait grandit dans une meute et, devenu chien sauvage à force de vagabondage, s'était attaché à Hilliard. Une relation, quelques amis, un amour, une famille engluée dans les secrets, une vie réglée. Une vie simple qu'il aimait, qu'il traversait sans faire de bruit. Un coup, un sortilège, au département des mystères les vagues sont étouffées d'un chut le doigts posé sur les lèvres du directeur. Une vie sans phare, une vie bien morose pour ceux qui dans les cachots de Poudlard rêvent de grandeur, idyllique pour lui. Un jardin, une fille, un emploi qu'il aime. Il y eut Aryanedëlle, les autres et tout vola. Forcé de côtoyer ce petit monde il était tiraillé de toutes parts et, parce qu'il était humain, qu'il « avait bon coeur » comme aimait à lui dire Maureen, n'avait pu s'empêcher de s'attacher. De loin. D'un regard. D'un rendez-vous prit et le voilà qui brouille les frontières qu'il s'était imposé depuis son recrutement au ministère de la magie. Il ne parle pas de lui mais, mine de rien, il ne s'était jamais humainement autant investit. Tu ne comprends pas Call ! C'est une chance ! Tu adores ta routine mais moi j'adore ça, le danger ! Je ne sais pas si je fais le bon choix mais ça va m'ouvrir de nouvelles perceptives, je vais me redécouvrir ! C'est ça, je vais découvrir une nouvelle facette de mon être ! Arrête de rire je suis très sérieuse Callum. Il s'était moqué d'elle, son rire à demi camouflé derrière sa main. June qui voulait démissionner pour un autre journal encore plus scabreux que le premier, un journal tout frais qui se lançait. Une idée folle qu'il n'avait pas comprise jusqu'à maintenant.

Et le monde tourne alors que Callum avance, suivant sans relâche un instinct qui le pousse à plus s'investir pour mieux faire son travail. Au fond, c'est toujours de cela qu'il s'agit : d'accomplir sa mission. Les histoires s'enchaînent et, inévitablement, le 2 mai arrive. Jour particulier, jour agaçant. Il n'a rien dit car il n'a aucun commentaire à faire, docile, il a suivit le mouvement imposé par le ministère. Une fête pour les sorciers, un événement historique qui ne peut être annulé, alors, lui, qu'a t-il a dire ? Il n'approuve pas les festivités, en ces temps troublés, en ce qu'il sait, il aurait jugé préférable que l'ensemble soit annulé mais qui est-il pour avoir un avis là-dessus ? Profitant du jour de congé il se fit plaisir en lisant dans son coin secret, un abris dans le parc qu'il s'est trouvé, incapable de s'envoler loin du château. Si personne ne se méfie lui sera aux aguets. June arrive, accompagnée de Marlow et c'est une joie sans nom qu'il éprouve à la simple vue de sa fille. Trop peu de contact, trop peu d'échange, même s'il n'est pas un père exemplaire, plus absent que présent, il trouvait tout de même le temps bien long sans elle. Prunelle de ses yeux, amour de sa vie, personne ne l'a vu aussi radieux qu'à ses côtés. Son ex-femme l'arrache à sa fille et les disputes s'enchaînent, elle l'ennuie mais de toutes façons cela ne change rien, sa crainte était fondée. Un brasier, des hurlements et tout le monde s'en mêlent. Aide improvisée, fuite, tous réagissent et lui, dans ce bordel sans nom, cherche sa fille. Une fois à l'abri, il endosse son uniforme, prêt à aider, à obéir mais la chasse aux coupables est bien vite achevée. Sans un mot pour Alan et Rosier, il n'en a pas le temps, il retrouvera plus tard son vieil ami pour le féliciter d'une tape dans le dos, d'un large sourire sans oublier une bonne bouteille de whisky. Il est vraiment un des rares avec qui il ose s'afficher aussi libre, aussi lui-même, même si en l'occurrence cela revenait à ce que son compère échoue d'un Callum à l'humour passable, n'ayant pas d'avis sur la situation si ce n'est maudire ses propres collègues et les élèves mais bien prompte à l'interroger, déformation professionnelle que voulez-vous. Le 2 mai fut épuisant, mélange de colère  à son propre égard d'avoir osé profiter de son repos, envers ses collègues aurors d'être aussi inutiles et une violente envie d'en foutre une à ces deux gosses, il en finit même par se blesser. Histoire classique qui n'a rien d'étonnant le concernant, un stand qui brûle, plus haut que les autres et un abruti qui s'est mit en tête de récupérer sa marchandise. Les planches principales du toit chute et alors que tous aurait sortit leur baguette, il donna un coup de dos sur l'ensemble afin de le dévier de sa trajectoire. Réflexe idiot qui sauva la vie à l'homme et lui valu de brûler veste, chemise et dos. Sans complaisance, il obligea avec rudesse un de ces inutiles aurors à lui passer sa veste pour avoir une tenue plus décente. Il n'a pas non plus envie qu'à chaque pas les gens s'exclament comme l'avait fait l'homme en le regardant, « monsieur vous êtes brûlés ! », merci bien, il l'avait sentit. Les festivités calmées, il est rentré sommairement se doucher puis est descendu à l'infirmerie demander quelques antiseptiques. Aimable comme il sait le faire, il a refusé les soins de l'infirmier pour prendre simplement ce dont il a besoin, il n'aime pas l'homme et, de toute façon, il se soigne très bien lui-même. Mieux habillé, un peu cabossé, il se rendit à la réunion imposée par le Patron pour ensuite s'inviter chez Alan et au lendemain, le monde reprit sa course.

Il aurait aimé sortir mais quand le Patron lui-même le somme de se reposer, il n'a pas trop le choix. Il n'est pas en sucre, ce n'est qu'une nouvelle cicatrice, un peu plus grande, qu'il masquera sous un tatouage comme toutes les autres. Une brûlure, ce n'est pas grand chose. Passablement fatigué, il apprécia tout de même le silence de son appartement et le temps imposé, il dégusta c'est quelques instants de tranquillité, sans pour autant cesser de se repasser la journée du 2 mai comme un long film qui n'en finit pas. Allongé, le bras en travers de son visage, il joue de l'autre main à faire rouler sur le lit son chaton. Un bruit, tournant la tête vers la porte il a juste le temps de voir la lumière filtrant sous le bas de la porte s'éteindre. Quelqu'un. Il bascula ses deux pieds dans le vide dans un même mouvement, se redressant sans atteindre tout en attrapant sa baguette et, vif, ouvrit à la volée la porte. Sa main se referma brusquement sur un bras menu et, tirant l'indésirable dans sa chambre, le plaqua contre la porte qui se referma dans un claquement sec. Son avant bras gauche en travers de la gorge de l'intruse, prêt à appuyer si besoin est ou à lancer un sortilège, son autre main ouverte pour lui arracher sa baguette. Aryanedëlle. La stupéfaction le saisit de plein fouet, s'imprimant sur son visage alors que, doucement, il baisse les yeux sur sa veste. Elle l'a gardé pendant tout ce temps ? Il n'avait pas osé la quémander, l'abandonnant plutôt que risquer de crée une situation ambiguë qui n'aurait que fait les desservir. Une veste, ce n'est qu'une veste, il en a des dizaines et seul son livre lui a manqué. Elle n'est pas venue en pleine nuit, aujourd'hui, pour ça ? Et la voilà qui sourit, puis parle de cette voix qu'il a écouté de loin et il ne comprend pas. Boo monte sur les pieds de l'intruse, lui lèche le mollet avant de miauler, tirant Callum de sa surprise. Il lui faut encore un battement de cil, hocher un peu la tête pour sortir de sa torpeur et enlever sans brusquerie son avant bras de la gorge d'Aryanedëlle.  

Bien sûr. Il était étonné, où voulait-elle qu'il soit ? Depuis le temps elle n'avait toujours pas saisi l'emploi qu'il exerçait ? Mais qu'en avait-elle à faire de toutes façons ? Sa simple présence, la veste serrée dans ses mains, lui indiquait que la force de leur rencontre avait été réciproque pourtant Callum ne s'était pas imaginé une quelconque reconnaissance. Il avait veillé sur elle sans rien attendre, sans espérance et, pourtant, qu'elle ait gardé veste et vienne le voir pour une raison qu'il ne cernait pas le touchait. Tu n'as pas à être ici. Aussi flatté pouvait-il l'être, il n'en reste pas moins que la présence d'une étudiante à une heure pareille n'est pas recommandable. A cheval sur le règlement, il lui laisse la possibilité de s'expliquer avant de la renvoyer au dortoir, il fait des exceptions avec Jacob, il peut bien la laisser s'exprimer. Se détournant d'elle, la laissant trouver ses marques, quitter le chambranle de la porte, il s'en alla prendre un verre d'eau à sa carafe et lui en servit un, sans un mot, le poussant simplement vers elle. La situation est perturbante et des petits détails l'agacent, elle est dans son espace privé, avec une vue imprenable sur ce qu'il est derrière le masque du surveillant. Outre qu'il ait pour pyjama un pantalon en tissu gris relativement neuf et un maillot de football, elle peut voir également empilés sur son bureau un tas de parchemin et diverses plumes, crayons de bois, mais aussi stylos, ciseau... L'ensemble est bien rangé, encadré par deux piles de polars. Une petite pour les lus, une grande pour ceux qui attendent d'être dévoré. Une belle plante est posée auprès de la fenêtre, emplacement idéale elle n'a rien d'extraordinaire mais il lui a réservé le plus bel endroit. Un canapé sommaire, aucune décoration mais une sorte de caisson qui contient, si on l'ouvre, quelques bonnes bouteilles et gâteaux. Le lit parqué dans un coin a été déplacé afin que la table de chevet ne soit pas visible de la porte, espace privé dans un lieu qui n'est pas public. Une simple photo de sa fille en guise de marque page pour un roman intitulé Saints of New York, des lettres, alors qu'en face la porte entrebâillée prévient de la présence d'une salle de bain. Que veux-tu ? Sa voix fut soutenue par le claquement du verre qu'il posa sur le bureau, un instant il soutient son regard avant d'aller poser sa baguette sur la table de nuit, elle ne lui servirait à rien.

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Qu’importe j’irai où bon te semble. J’aime tes envies j’aime ta lumière, tous les paysages te ressemblent quand tu les éclaires. J’irai où tu iras, mon pays sera toi. J’irai où tu iras qu’importe la place, qu’importe l’endroit.
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MessageSujet: Re: Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya   Lun 7 Juil - 23:04

Pour tomber dans ses yeux...


Avant que la vie nous sépare, je veux succomber sans égard et valser au bord du vide

Pourrais-je jamais un jour me sentir plus mal, plus gênée, plus honteuse que je ne le suis à présent ? Il me semble que me promener nue en plein cœur de Londres enflammerait moins mon envie de disparaître que celle m'animant alors même que la poigne brusque du bras d'Hodgson me barre la gorge. Dans ma tête, une voix résonne. Tu n'aurais pas du. Non, je n'aurai pas du. Aryanedëlle McMillan n'est pas du genre à faire volontairement le mur hors de son dortoir, de même qu'elle n'est absolument pas le genre de fille qui se glisse discrètement dans la gueule du loup. Même pas pour le plus brave d'entre eux. Je suis bel et bien là pourtant, devant lui, prise à sa merci comme une proie devant son prédateur avant qu'enfin il ne s'écarte. Mon visage me brûle et c'est avec peine que je tente de récupérer un souffle correct pour se substituer à celui s'étant totalement coupé devant la surprise et la hargne de celui qui fut mon sauveur. N'ayant que cela pour me donner courage, je presse le vêtement un peu plus fort contre moi. Finalement, j'aurai mieux fait de la garder, l'idée de m'en défaire me pince le cœur et celle de devoir justifier ma présence ici par elle encore plus. Bien sûr. Bien sûr qu'il était là. A sa place. Non loin de monsieur Hilliard. Jamais trop éloigné de celui qu'il sert si bravement. Mais alors, devant tant d'évidence, comment lui faire effleurer ne serait-ce que le prémisse de la peur qui m'a rongé devant son absence ? Pour moi qui pensait ne jamais le revoir et pouvoir me satisfaire du seul souvenir que nous avions, comment se peut-il que son absence ait su me ronger à ce point ? J'ai peur pour Abigail, quand ce dernier se blesse et se met en danger. J'ai peur pour Jake, quand je le retrouve ivre au détour d'un couloir et qu'il me faut le veiller dans les pires états. Mais Hodgson... Ne me provoque pas ce genre de peur. Mes yeux se posent sur lui, et je sais bien alors qu'aucune blessure physique, qu'aucune maladie, qu'aucun maux naturel ne saurait ébranler cet homme-là. Il n'est ni un Dieu, ni un sur-homme, mais je ne peux l'imaginer ni se plaindre, ni pleurer sur son propre sort. Pas parce que ce serait une faiblesse, juste... Parce que ce n'est pas lui. J'ai pleinement conscience de tout cela et pourtant, j'ai eu si peur. Un monde sans lui. Un monde qui serait parvenu à nous l'arracher, à aspirer sa vie... Cela me fait peur. Je n'ai jamais assisté à la mort de qui que ce soit dans mon entourage, mais s'il en est qui feraient plus mal encore que d'autres, sans doute en ferait-il parti. Voilà pourquoi je me suis retrouvée là, devant sa porte. Voilà pourquoi au beau milieu de la nuit, et ce malgré tout ce que le bon sens interdit, je suis adossée devant lui, dans cet espace que je n'aurai jamais du voir, au cœur même de son intimité. A cette pensée je baisse les yeux et m'enflamme. Je ne suis pas à ma place ici. Je n'ai rien à y faire et lui-même fini par l'affirmer. Poser sa veste, le remercier pour ça et repartir. Ou alors juste, poser, m'excuser, partir. M'excuser et partir. Partir. Simplement partir. Sans un mot, sans un geste. Quelle fière allure elle a à présent la fille solide. Je voudrai disparaître, m'effacer de son champs de vision pour me fondre dans le décor. Me fondre jusqu'à lui faire oublier que j'ai pu, moi, faire ce truc insensé. Mais je ne fais rien. Ni poser sa veste, ni m'excuser, ni le remercier. Ni partir. Avec politesse le voilà alors qui me tend un verre d'eau dont je n'arrive pas à me saisir. Je n'ose même pas un pas de plus dans la pièce, fixant désormais les yeux dans le vague la petite boule de poils à mes pieds s'amusant de ma peau. Ça chatouille, c'est amusant. L'animal est si mignon qu'en d'autres circonstances, je l'aurai sans doute pris dans mes bras pour le dorloter, mais j'aime mieux ne pas l'interrompre dans son jeux. Le contact de ses petites griffes se prenant dans les mailles de mon bas et la sensation de sa langue râpeuse sur ma peau sont les seuls contacts me gardant en phase avec la réalité, du moins est-ce le cas jusqu'à ce que la voix d'Hodgson ne m'interroge. Ce que je veux ? Moi qui aimais tant à le regarder jusque lors me complaît à ne plus pouvoir lever les yeux vers lui. Ma voix est basse, profondément désolée. Je suis heureuse de le voir pourtant. Heureuse qu'il aille bien, mais de toute évidence, j'aurai sans douté préféré pouvoir m'en assurer d'une manière moins directe. Inutile cependant de chercher à cacher le motif de ma venue. Inutile de mentir et de lui laisser croire que je n'avais pas trouvé meilleur moment que celui-ci pour lui rendre son bien. Hodgson n'est pas idiot, et pour le coup, c'est moi qui par contre passerait pour une idiote. C'est ainsi que doucement, je finis par murmurer.

« Te voir. »

Le chaton à mes pieds s'acharne, comme pour se plaire à me distraire dans des paroles que j'ai déjà tant de mal à prononcer. Il s'éloigne, part faire son tour et fini par revenir à la charge. Je me demande un instant si ce qui le rend si vif vient simplement du fait qu'il s'agisse d'un petit ou si l'habitude qu'a Lux de se frotter à moi y est pour quelque chose. Mais enfin, le résultat est le même, je peine donc à exprimer la raison de ma venue. Callum attend. Sans doute va-t-il même me réprimander, être déçu. Et je me répète alors encore inlassablement, tu n'aurais pas du. Non je n'aurai pas du. De même, je ne devrai plus rien lui dire. Ne rien ajouter, m'excuser, partir. Mais de toute évidence, il semblerait que j'ai le Diable au corps ce soir.

« Tu étais dans les flammes ce jour là. Ils ont dit qu'on ne t'avais pas revu depuis, qu'il y avait eu des blessés, et... »

Ai-je jamais, de mémoire, baissé si fort les yeux que je ne l'ai fait jusqu'à présent ? Pour chaque mot que j'ajoute, se pressent mes bras autour de sa veste et mon envie de prendre mes jambes à mon coup. Le chaton qui jusque lors m'agaçait a fini par m'abandonner à ma propre honte ; sans doute qu'à présent mes jambes tremblent trop à présent pour lui fournir un jouet convenable. Lentement, je tente de redresser la tête sans pour autant m'engager à croiser son regard. Au lieu de cela, je préfère porter mon attention sur les fragments de dessins que j'entrevois de ci de là sur ses bras, pour finalement achever mon semblant de discours.

« J'ai eu peur... Je crois. De ne plus te voir. »

Je crois. Quelle ineptie. En faire trop n'a jamais été quelque chose de plaisant à mes yeux, mais je crois bien n'avoir jamais tant dévaloriser mes propres sentiments. Penser à n'en plus pouvoir dormir, ne plus pouvoir m'engager sur d'autres problèmes que celui de son absence est ce que j'appelle à présent avoir eu peur. Je me mord la lèvre, reprend mon souffle. Voilà, il sait pourquoi je suis venue. Sans doute suis-je ridiculisée pour toujours, pire, sans doute va-t-il me prendre à présent pour une fille complètement à côté de sa cape mais par Merlin, au moins puis-je désormais m'en retourner à ma foutue vie sans plus avoir à craindre pour sa vie. Je ne voulais que le voir, m'assurer qu'il allait bien. Rien de plus. La chose est faites, prenons congé. Et inutile de chercher à récupérer les lambeaux de ma dignité, autant l'abandonner à ce stade. Je n'en ferai plus rien.

« Pardon de t'avoir dérangé, je vais partir. »

Une sage décision que voilà. Mais encore me faudrait-il trouver la force à présent m'en retourner et claquer la porte pour de bon derrière moi. L'ennui, c'est qu'en entamant ce premier geste, un bruit m'a fait revenir sur mes pas et que le temps que je réalise qu'il s'agit du roman d'Hodgson, tombé de la poche de sa veste, voilà que mes yeux s'en sont revenus aux siens, me laissant là, la bouche légèrement entrouverte, ne sachant plus quoi dire. Ne sachant plus quoi faire. Tu n'aurais pas du, me répète pour la énième fois ma conscience que je chasse vivement dans ce seul constat, troublant, et me surprenant moi-même. Je n'ai pas envie de partir. Et par dessus tout... Je n'ai pas envie d'en revenir à cette idée que je ne le verrai jamais plus.






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MessageSujet: Re: Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya   Mer 9 Juil - 18:51


 ◈ Arya & Callum ◈
JE SAIS QU'IL FAUDRAIT S'ENFUIR

mais je n'irais plus nul part sans vouloir lui revenir






M
urmure soufflé qui le fait frissonner, que lui voulait-elle, pourquoi s'acharner ? C'était étrange comment en la rencontrant il avait aspiré à la sortir de son mal-être, à la pousser à se dépasser et, là, dans son modeste logement, il n'y arrivait plus. Taciturne, le regard sombre, il n'était plus que méfiance. Le coyote acculé dans son antre, voilà ce qu'il était. Callum se tenait à distance respectable d'Aryanedëlle, buvant son verre d'eau à la manière dont il prenait son whisky, avec lenteur, nonchalence. Son regard clair sur elle, il ne quittait ses yeux bleus, détaillant chaque tremblement, chaque gêne, que son corps ne manquait pas d'exprimer. Il n'a de regard ni pour son chaton en manque d'attention, ni pour sa veste qu'elle froisse à force de la serrer. Elle, que fait-elle ici ? Pourquoi pousser l'insolence jusque dans ses murs ? Il se rappelle comme si c'était l'instant d'avant leur rencontre, ses sentiments, la façon dont il n'avait pu s'empêcher de s'acharner à l'aider, à... à qui ment-il ? Lui si secret s'était attaché à une adolescente, un regard et ils s'étaient trouvé, voilà tout. Ridicule et pourtant, depuis cet instant il l'avait suivit comme son ombre dans le château. Son pas s'était fait lent quand l'écho de sa voix l'effleurait, l'abruti de Serpentard avait fini collé jusqu'à la fin de l'année, au nom d'en faire un exemple pour ceux qui se battent, au nom du plaisir de le remettre à sa place et de lui offrir un peu de paix. Il n'avait pu s'empêcher d'encore et toujours l'observer, de veiller sur elle. Ce qui était ridicule s'était qu'il soit là, face à elle, méfiant au possible, craintif du simple fait qu'elle ait osé dépassé la ligne rouge. Elle a gardé la veste, elle s'inquiète. Il n'a rien fait pour mériter ça. Simple passage dans sa vie, juste envie de lui ouvrir les yeux, juste envie que plus jamais elle ne subisse les coups. Voilà tout ce qu'il avait été, un coup de vent. Le chaton se lasse, il ne le sent même pas lui effleurer la jambe avant de bondir sur le lit pour s'y rouler en boule, désabusé, agacé que ces humains soient incapables de distraction.

Il l'entend et la colère monte. Sourde, inévitable, il serre son poings droit avant de le rouvrir, ne pas craquer, ne pas s'emporter. Ses yeux se détournent d'elle, observe un point qui n'existe pas pour revenir, il n'est pas tendre. Elle es pleine de bonnes attentions et lui ne peut lui offrir la douceur, la chaleur d'un accueil amical. Ne plus le voir. La phrase enclenche la colère. Ne plus le voir. Il n'a jamais très bien réagit quand un tiers avait l'audace de s’immiscer dans sa vie privée. Il n'a jamais compris combien les gens tenaient à lui, combien sa simple présence pouvait être importante. Ce n'est pas qu'il ne s'aime pas, c'est juste qu'il ne voit pas en quoi il est particulier. Il n'a rien fait qui mérite sa reconnaissance, elle s'entête dans une impasse. Ne plus le voir. Et la phrase se répercute si fort que lorsqu'elle évoque l'idée de partir, il ne peut réagir. Le livre tombe, il ne bouge pas un cil. Sort. Sort, laisse le, sort. Elle a gardé le livre, la veste. Ne plus te voir. Quand quelqu'un te connais il t'utilise, quand ce que tu dis se mélange avec ce que tu fais, les gens jugent, répète, modifie, alors, les différentes cases de ta vie fusionnent et tu ne peux plus rien contrôler. Tout doit être justifié ou parfait. Les coups bas du boulot seront lavé à la table familiale, une élève attachante devient une proche et son intégrité est remise en cause. Il ne supporte pas d'avoir à justifier ses actes. Ne plus te voir. Rare sont ceux qui lui ont dit, rare sont ceux à s'inquiéter, et tout ce qu'elle a déjà dit, tous ces mots qu'il n'a pas oublié de la dernière fois lui reviennent, la reconnaissance, un brin d'orgueil dans ce grand corps loyal et humble, tout revient sans être vraiment partit.

Je suis blessé, pas mort ! Indignation, il n'est pas en sucre mais surtout, exaspération de la sentir dans son espace à lui, exaspération de savoir qu'au fond, il la tolère plus qu'il ne le voudrait, que l'avoir surveillé de loin pendant tout ce temps ne pouvait que cacher une envie de la revoir, l'effleurer, savoir comment elle allait. Un nouvel échange, sous son regard protecteur, il n'avait attendu que ça et tout ça, toutes ces émotions, s'exprimaient en même temps, brutalement, le cœur à vif. Enfin il fait un mouvement, sa colère s'exprime dans sa voix grondante, à la façon brusque qu'il eut de récupérer son livre. Un regard sombre sur elle, il époussette d'une main ferme le roman qui n'en avait pas besoin avant de le faire tomber à côté d'un Boo qui s'en effraya. Il reporta son regard sur elle, que fait-il ? Une fois encore il se laisse guider par son instinct et cette fois encore il ne se comprend pas. Il l'a veillé alors qu'il aurait dû partir. Il la retient alors qu'il ne tolère sa présence. Un pas vers elle, proche, il ralentit puis accélère pour aller chercher le verre in touché. Il ne la comprend pas. Il lui met le verre dans la main, avec une telle rudesse qu'il en renverse quelques gouttes mais il n'en a cure. Tu l'as lu ? Sa façon de lui dire de rester alors qu'il sait le discours qu'il doit tenir. C'est bien gentil de ta part, Aryanedëlle, mais tu ne peux pas faire ça, ce n'est pas correct, laisse tomber ton étrange lubie. Il sait tout ça mais à la place il finit son propre verre, le repose brusquement, tant que Poudlard n'aura pas retrouver sa tranquillité, on ne partira pas. Pourquoi il n'est pas comme Theobald ? Pourquoi il ne réfléchit pas chaque parole, chaque geste ? Pas homme de réflexion, il se laissait avoir par son tempérament fonceur, instinctif et le voilà qui maladroitement essaie de la rassurer. Il lâche sa phrase comme une évidence, comme si elle était idiote de ne pas l'avoir compris alors que son inquiétude continue de le réchauffer. De le réchauffer, de l'effrayer. Bienvenue dans le bal des émotions de Callum Hodgson, peu habitué à éprouver quoi que ce soit de nouveau, il ne sait comment réagir face à une perturbation dans son petit univers. Ça se passe mieux, maintenant ? Les cauchemars ? Juste s'assurer que ça allait, juste ça et lui faire comprendre ensuite qu'il valait mieux en rester là. Simplement être certain que son quotidien, sa famille, son esprit, tout était calmé, et alors qu'il y pensait il sentait l'utopie dans ses paroles. Si réaliste et là si idiot. Une rencontre ne peut changer l'univers, l'été arrive, elle va devoir retourner chez ses vieux. Pas la peine de s'arrêter dessus, il ne veut pas faire remonter sa colère.

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MessageSujet: Re: Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya   Jeu 10 Juil - 1:27

Pour tomber dans ses yeux...


Avant que la vie nous sépare, je veux succomber sans égard et valser au bord du vide

Comme je dois avoir l'air craintive, là, à la merci de son regard devenu froid. En une fraction de seconde, celle m'ayant empêché de quitter la pièce aussi vite que je n'y étais parvenue, me voilà qui me repasse mes mots à la hâte pour tenter de deviner lesquels d'entre eux furent si mal interprétés pour qu'il me foudroie ainsi à présent. Insolente, indiscrète. De quel droit puis-je seulement me permettre le moindre soucis à son égard ? Je ne suis rien pour lui, j'en ai bien conscience. Pauvre petite chose qu'il a eu le cœur de sauver, à moins que cela ai simplement fait parti de son travail. Oui, aussi dur que cela soit à admettre, ses bras ne m'ont agrippés que pour m'emmener en lieu sûr, sa veste ne s'est posée sur mes épaules que pour me réchauffer, sa main ne s'est mêlée à la mienne que pour me réconforter. Tout ça, dans l'unique but de me protéger. Protéger les élèves. Et que suis-je moi pour lui si ce n'est que ça, une élève. Une élève parmi mille autres. Me voit-il seulement comme une femme ? Non. Que j'ai vingt ans ne justifie sans doute en aucun cas qu'il me considère comme adulte, et ma venue de ce soir ne peut sans doute que l'enliser dans l'idée qu'il a à faire à une gamine écervelée. Quelle image pathétique et terrible je peux bien donner de moi. Idiote. Je ne suis qu'une parfaite idiote. Je devrais déguerpir sur le champs, ne pas l'importuner plus longtemps. Pourtant lorsque de ce ton ferme et indigné, il affirme être blessé et non mort, mon beau projet s'envole en même temps que s'enflamme mon exaspération. Alors, ma propre expression se calque à la sienne, désapprobatrice, et la voix tout aussi sombre que la sienne.

« Et qui penses-tu pouvoir rassurer avec ça au juste !? Tu passes ton temps à protéger les autres sans jamais songer à te protéger toi-même ! »

Je me coupe instantanément, me pinçant fortement les lèvres, tournant la tête finalement bien plus gênée et en colère après moi qu'après lui. Non, je n'ai pas le droit de m'inquiéter. Il m'a sauvé sans que je ne lui demande rien, c'est ici que tout aurait du s'arrêter. Après qu'il soit parti de l'infirmerie, après que mes paupières se soient fermées sur le dessin de sa silhouette à mes côtés. Après cela, il aurait fallu l'oublier, au mieux le saluer d'un signe de tête au détour d'un couloir, mais ce sentiment en moi n'a de toute évidence rien à y faire. Je devrais garder mes inquiétudes tant pour ceux qui les mérites vraiment que pour ceux en ayant vraiment besoin. Hodgson n'a sans doute de comptes à rendre à personne concernant son état, encore moins à moi. Mais j'ai beau l'affirmer haut et fort dans ma tête, il n'en reste pas moins qu'il m'a sauvé, qu'il m'a rendue solide. Si lui, par bonté ou par devoir, s'est donné tant de peine à panser mes blessures, comment pourrais-je seulement ignorer les siennes ? Pour lui qui ne cesse de protéger les autres, est-ce donc si étonnant de trouver aujourd'hui quelqu'un désirant le protéger et le vouloir écarté de toute douleur en retour ? J'ai beau me faire violence pour m'affirmer à moi-même que mes peurs et mon entêtement à vouloir empêcher tout mal de l'effleurer sont aussi vains que puériles, je mène malgré tout depuis plusieurs jours un combat terrible contre moi même, un combat mené de front entre la raison et cette petite voix si nouvelle en mon cœur qui ne cesse de me glisser son nom en un murmure étouffé comme pour me rappeler que quelque chose ne va pas. Et par ailleurs, rien ne va. Son regard terrible posé sur moi me donne autant envie de le défier que de s'écraser devant lui. Il se rapproche, ramasse le roman avant de l'envoyer valser à travers la pièce. Je crois sentir que les remontrances sont proches, que va bientôt arriver le moment de payer les paroles trop brusques que je viens d'envoyer à la volée. Pourtant à la place de ces dernières voici que sa main brusque la mienne pour venir y loger le verre dont je n'avais voulu me saisir, en renversant une partie entre nos paumes dans son geste rude. Ai-je lu son roman ? Où se trouve la morale ? Où se trouve les réflexions désobligeantes visant à me chasser ? Je reste stupéfaite de cette question, gardant en main le verre offert sans savoir si je peux vraiment me permettre de croire qu'il s'agisse là... d'une acceptation mal dirigée par le bruit de son propre verre claquant le bureau. Je finis pourtant par lui répondre d'un simple « Oui », puis risque un pas en avant, gardant inévitablement mes yeux dans son dos, l'entendant affirmer que lui et les siens ne partiront pas avant que Poudlard n'ait recouvré sa tranquillité. La tranquillité. Quelle notion finement subjective. Depuis onze ans que j'étudie ici, je n'ai pas connu un seul jour qui ait vraiment été tranquille. En dehors de mon propre cas déjà bien particulier, les joutes à l'encontre des enfants de sangs-purs se sont accumulées. On les afflige, on les flagelle. Parfois, idiots qu'ils sont, ces derniers en viennent même à se battre entre eux. Et depuis septembre dernier tout est pire encore. Goddric Gryffondor m'en soit témoin, tout le monde y va de son idée, de son jugement. Les sangs-purs infectes et assoiffés de vengeance au cœur de tous les débats, de véritables parjures ont franchis les lèvres des plus jeunes. Si monsieur Hilliard peut sans aucun doute trouver le monstre qui a attaqué nos camarades, je doute que jamais ne revienne la paix. La dernière guerre est pour nous à la fois un mythe et une réalité. Nous baignons depuis toujours dans ses conséquences, en subissons constamment les contrecoups. Ce conflit est bien trop proche de nous sans que nous l'ayons pourtant connu, et si j'en crois l'histoire de ma propre famille, il n'est pas étonnant que tant de fiel se soit déversé dans les esprits. Pardonne moi alors pour mes pensées Hodgson, j'ai sans doute plus foi en toi qu'en quiconque, mais pessimiste que je suis, je ne peux m'empêcher de penser alors que je quitterai sans doute Poudlard la première. Cela me rassure chuchote habilement cette voix infatigable qu'il a fait naître et que je chasse en répondant avec plus de douceur cette fois, malgré mes muettes réticences.

« C'est rassurant... Que vous soyez là. »

Mes lèvres viennent caresser le bord encore humide du verre que j'ai en main, s'abreuvant à son contenu avant que je ne laisse le verre reposer auprès de celui d'Hodgson. Vient alors à nouveau une question qui m'interpelle, me faisant me renfrogner sur l'instant comme un chat faisant gros dos. Mes cauchemars. Je le dévisage, la mine prudente. Si parler des potions de sommeil que me prescrit Cédric aura pu lui mettre la puce à l'oreille, je n'ai cependant jamais évoqué devant lui ni mes cauchemars, ni leur ton prémonitoire m'ayant poussé à dormir plus souvent dans un lit d'infirmerie ou sur le canapé de la salle commune que dans mon propre lit. Je me met sur la défensive alors, imaginant dans la seconde que Cédric ait pu tout lui dévoiler suite à cette fameuse nuit. Je me l'imagine, menant son enquête, rédigeant son rapport. Je n'aime pas ça du tout, me sentant alors profondément heurtée par l'idée qu'il doit s'être fait de tout cela. Par l'idée qu'il ait pu apprendre ce que je cache tel mon secret le plus précieux comme l'on reçoit un témoignage de moindre importance dans une affaire tout aussi futile. Je me sens humiliée, trahie. Est-ce donc pour cette raison que son regard était aussi froid tout à l'heure ? Jusqu'où est-il au courant ? Devenant moi-même involontairement moins tendre, je finis par appuyer mon regard dans le sien sans trop savoir quoi répondre, comme pour lui dire « Ne t'avance pas plus sur ce sujet. ».

Je me gifle cependant mentalement après plusieurs seconde de ce jeu, ayant en horreur ce sentiment soudain qui me pousse à voir des ennemis chez chacun, même chez lui. Quelle beau brin d'idiote je fais. Cédric me répète sans arrêt de n'en parler à personne, de ne pas trop y prêter attention moi-même, comment songer alors qu'Hodgson puisse savoir. Pire, qu'il ait pu me juger à ce propos. Si c'est lui, après tout quelle importance. Quelle outrecuidance peut bien posséder ce nouveau jugement étouffant que je ne tiens que pour lui... Je soupire finalement, glissant ma main libre dans mes cheveux avant de la ramener dans ma nuque, témoin silencieux de mon trouble. Ma voix ne parle qu'à mi-mot. Ce sera bien suffisant pour l'aveu que j'ai à faire.

« Non. A part... ce soir là... Mais ça n'a pas d'importance. » Je détourne le regard. Encore une fois, avant de finalement poser à mon tour une question me brûlant les lèvres, dernière racine tenace de mon angoisse m'ayant poussée ici cette nuit. « Tes blessures... Elles te font toujours mal ? »

Je ne doute pas de mes chances de me faire envoyer promener pour cela. Sans doute va-t-il penser que je le materne à présent, mais je suis au fond sans doute bien plus égoïste qu'il ne l'est. Peu m'importe en vérité qu'il ait sauvé des vies en s'imposant pareil traitement, je n'ai plus en tête désormais que l'angoisse de le savoir souffrant, de découvrir ses blessures. Gardera-t-il de nouvelles cicatrices de cet élan de bravoure ? A-t-il mal là de suite ? Me laissera-t-il, ne serait-ce qu'un instant, pour lui donner à mon tour un peu de ce réconfort et de cette protection qu'il m'a déjà offert ? Je n'ose ne serait-ce qu'y penser plus longtemps. Mes yeux le supplient bien assez pour cela.









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MessageSujet: Re: Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya   Lun 28 Juil - 0:25


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JE SAIS QU'IL FAUDRAIT S'ENFUIR

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S
urpris par son ton, par la colère sur son visage, il eut un mouvement de recul en fronçant les sourcils. Elle s'inquiète sincèrement. C'est mon job, grogna t-il sans convaincre l'auditoir. Son travail que de faire des leçons de vie à tout les gamins qu'il relevait ? Son travail quand toutes les semaines il allait retrouver Jacob pour quelques échanges après le couvre-feu ? Il ne se convaint pas mais il n'a rien de mieux à offrir, ses mots si rares ont fusé, une barrière, pour cacher qu'elle le touche et qu'il ne sait comment y réagir. Deux idiots.Voilà ce qu'ils sont : deux idiots pris dans leur sentiment respectif, incapable de bouger, de réagir, incapable de s'exprimer franchement. Il est gauche dans sa rudesse, une question, elle répond oui mais n'en dit pas plus alors qu'il se demande ce qu'à bien pu penser une sang-pur d'un roman moldu aussi sombre. Le verre claque, il justifie sa présence, signant un contrat invisible, plus un souhait qu'une vérité : nous serons là pour remettre de l'ordre. Je ne vous supporte pas mais je ne peux vous laisser. Plus une promesse qu'une vérité, il espère remettre de l'ordre dans le chaos mais comme Maureen lui a dit il ne peut sauver tout Poudlard, comme elle vient de lui répliquer, il a tendance à protéger en s'oubliant. Qu'importe, c'est son devoir, à moins d'en recevoir l'ordre il ne fermera pas les yeux sur l'épouvantable réalité du château.

Elle boit, bouge, s'ouvre et, une phrase de sa part, elle se referme aussi vite. Un instant elle semble plus en confiance, l'instant d'après elle est plus sauvage qu'à son arrivée. Il ne comprend pas, observe la lionne tapit, attend qu'elle sorte de cette soudaine méfiance qui la paralyse. Clairement elle ne dort pas mieux, le sujet est si sensible ? Qu'il y a t-il derrière ses sales nuits qui la font se hérisser à ce point ? Que cherche t-elle à le regarder de la sorte, qu'attendait-elle trouver sur ses traits ? Il attend, ne comprend pas mais ne s'interroge pas, elle plante son regard dans le sien. Il n'y a jamais vraiment eu besoin de mot entre eux, la menace n'a pas à etre dites, il a saisi que le sujet était taboo. Puis, aussi vite qu'elle s'était refermée elle se détend, la tension s'expire de son corps alors qu'un long souffle la traverse. Qu'est-ce qui vient de se passer ? Ne pas demander, ignorer, trop tard il a envie de savoir ce qu'elle lui cache. Pas d'importance ? Elle ne veut pas en parler mais lui a besoin de comprendre ce qui vient de se passer, de savoir ce qu'elle ressasse la nuit pour être aussi effrayée le sujet à peine effleurer. Milles drames possibles, milles scénarii liés à ce qu'elle lui a confié. Il veut savoir, si bien qu'alors qu'elle détourne la conversation sur lui, il ne peut retenir un agacé : cesse de t'inquiéter pour moi, pense un peu à toi ! Tiens. Cela lui rappelle quelqu'un. Gauche, ce sont deux êtres gauches qui se ressemblent beaucoup.

Non, ça va, je me suis simplement brûlé, c'est qu'une nouvelle marque. Pas si grave, il a vu pire mais d'un vague sourire il l'a remercie pour la question avant de s'avancer un peu, sourcil froncé et air agacé. Je ne sais pas ce que tu caches mais me sort pas que ça n'a pas d'importance quand ça en a. Un silence qu'il utilise à l'observer, à la dévisager avant de poser ses yeux clairs dans les siens. C'est bon, il est temps qu'elle parte, l'instant est venu. Il veut savoir. Pas raisonnable. Elle devrait rester. Absurde décision. D'un mouvement de tête il lui montre la porte en se détournant d'elle, quelques pas plus loin et il la regarde à nouveau. Elle est dans son territoire, Boo saute du lit pour se frotter à ses jambes mais il ne rencontre que de l'ignorance, désolé, le chaton se détourne pour courir après un jouet dans la salle de bain, ne comprenant pas pourquoi la présence de la fille empêche son maître d'être affectueux envers lui. Le silence s'impose, s'éternise, il a vu ses yeux devenir colère puis supplique mais il ne peut deviner ce qu'elle attend de lui. Il la regarde et n'a qu'une envie, percer son secret, l'aider, la jeune fille forte du couloir du troisième étage. Il lui a désigné la porte comme on l'a montre à un intru ou à une personne sans importance et, mine de rien, il se sent mal de la dénigrer autant alors qu'elle ne voulait que son bien, aussi incompréhensible cela soit-il. Elle ne dort pas mieux. Les médoc à nouveaux ? Il a calmé la douleur, lui a offert le sommeil mais il ne veut pas s'y arrêter, pourtant... Avant qu'elle ne parte il vient claquer la porte de sa paume, s'imposant face à elle de toute sa stature, barrage devant la sortie.

Tu m'avais dis que c'était "pas tes emmerdes" qui t'empêchaient de dormir, alors c'est quoi ? il fit l'effort de réfléchir à ses mots car tout lui semblait trop personnel, si bien qu'il ne pu se décider et se tut. Il se redressa en la toisant et sentant qu'il avait parlé comme à un de ces gars qu'il interrogeait parfois pour le compte du Patron lors des entretiens, il ajouta : merci d'être passé et si c'est trop, tu peux sortir. Lâchant enfin la porte, Callum se retira pour retrouver sa place d'origine, à côté du bureau, pas loin des verres vides. Allait-elle en profiter pour l'interroger de nouveau ? Se braquer ? Aucune idée, il avait eu une foutue d'impulsion dictée par son besoin de savoir.

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MessageSujet: Re: Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya   Ven 8 Aoû - 12:40

Pour tomber dans ses yeux...


Avant que la vie nous sépare, je veux succomber sans égard et valser au bord du vide

Cesser de m'inquiéter pour lui ? Oui, sans doute n'ai-je aucune raison, aucune légitimité pour m'enquérir ainsi de lui, mais à quoi bon ordonner d'une pareille voix ? Il aura beau se hisser contre moi en me demandant de me préoccuper de ma personne plutôt que de s'en faire pour la sienne, cela m'est complètement impossible. Non pas que je sois le genre de femme à jouer les saintes-mères en dévotion pour quiconque aurait besoin de mon aide. Au contraire, jusqu'ici, je ne me suis sans doute jamais tant préoccupé de quelqu'un que de moi, mais lui... Oui avec lui tout est différent. Peut-être parce qu'il m'a sauvé. Peut-être parce que sans le vouloir je m'attache sincèrement. Quelle différence cela peut bien faire au juste ? Je le veux sauf, loin du moindre mal, et ma propre personne alors n'a plus aucun intérêt à mes yeux. De même, je frémis d'horreur aux paroles qu'il me tend. Une brûlure, une marque de plus. Est-ce vraiment si anodin ? A-t-il vraiment vécu tant de périple en toute cette vie que je ne connais pas pour ainsi bouder ce que je perçois comme grave ? Blême, je voudrai m'approcher de lui pour...Pour quoi au juste ? Je refoule ces idées bizarres qui me viennent et me rongent. Ma raison me hurle sur le même ton que le sien qu'il n'est pas un enfant et que je ne suis pas sa mère. Que je ne suis rien. Qu'il est inutile de s'attarder plus longtemps. Tout ce que je cherchais en venant ici était la certitude qu'il puisse aller mieux, je l'ai à présent. Il vient encore de l'affirmer. L'heure est aux adieux, mais alors le voici qui s'approche la mine grave et nos yeux se retrouvent. Quelle chance ils ont de toujours savoir se perdre l'un dans l'autre, de se trouver avec tant de simplicité. Ils parlent, se touchent et s'épaulent en ce seul contact visuel tandis que ceux qui les possèdent reste bêtement figés l'un en face de l'autre sans jamais réussir à vraiment se dire ce qu'ils ont sur le cœur. C'est mon cas en tout cas. Rien de ce que je fais ou dis ne me semble être ce que je voulais faire ou dire. Et si nous pouvions seulement rester toute la vie à nous regarder, comme cela serait plus simple alors, je crois. Sans besoin de justifier nos présences, sans besoin de ces paroles assommantes qui toujours s'en viennent gâcher la pureté du reste. Simplement tomber dans ses yeux pour n'en plus jamais sortir, mais voilà que la réalité me rattrape et me gifle. Son regard a quitté le mien, c'est un mouvement de tête, brutal et sec qui alors me désigne la porte. Plus de mots, c'est bien ce que je désirais non ? Me voilà exaucée. Il me congédie. Me demande de partir, de quitter cette pièce que je n'aurai jamais du voir. Sans un mot. Mon visage se referme, mes yeux se baissent, honteux et coupable d'avoir désiré, d'avoir espéré en vain des choses dont la nature même m'échappe. Le menton baissé comme un au revoir, je finis par déposer mollement sur le bureau près de moi sa veste qui ne m'avait quitté et m'en retourne vers cette porte. Voilà, tout cela va s'arrêter maintenant. Je n'aurai plus rien pour justifier de le revoir, ne saurait jamais effacer l'abjection d'être venue le trouver jusqu'ici, et c'est sans doute mieux ainsi car en moi une petite voix me glisse que cet attachement n'a rien de sain. Qu'il n'a pas lieux d'être. La simple reconnaissance est bien loin dans mon cœur, et ce que je ressens bien plus brutal. Il faut que ça cesse avant que je ne parvienne à nommer ce qui m'étreint.

Le froid de la poignée fait se tendre ma paume devenue brûlante, je pars sans un regard en arrière. Du moins étais-je sur le point de le faire avant que de ne sursauter vivement, bloquée dans mon entreprise par le plat de sa main refermant violemment la porte, par l'emprise de sa voix grave me venant, par son regard que je retrouve avec bonheur. Tu me retiens Hodgson. As-tu seulement conscience de la cruauté de ton geste, de ce qu'il déclenche en moi ? Idiote. Profonde idiote que je suis, je me laisserai volontiers tombée à genoux devant toi pour pleurer mon soulagement si seulement un tel comportement était admissible. Malheureusement, ce dernier n'est que de courte durée. Ce n'est pas moi que tu retiens, ce sont les réponses qui t'échappe. Celles que je te refuse. Je comprend alors que tu ne savais rien, que la situation te glisse entre les doigts. Penses-tu seulement que je la saisisse mieux que toi ? Et comment en parler de toute façon, comment t'en parler ? Il y'a quelques semaines, c'est pour justifier le sauvetage dont j'étais la cause que j'avais finalement tout avoué à Flynn, mon camarade Gryffondor. Sa réaction avait été vive, il n'y croyait pas pour deux galions. C'était trop énorme. Pourtant les faits étaient tels qu'il avait fini par y croire, un peu. Mais lui qui n'avait vu de moi qu'une gamine bonne à se faire tabasser dans un couloir, lui si froid, lui et ses lectures moldus, comment lui faire comprendre cette réalité dont moi-même je ne parvenais à me faire ? Il me prendrait pour une folle, n'en croirait pas un traître mot. N'en parle à personne. Ce sont des choses qui arrive, inutile de t'en formaliser. Les mots de Cédric s'en vinrent tourbillonner dans ma tête comme un avertissement à la bêtises que je m'apprêtais à faire. Cependant quand sa voix me revint, me remerciant, assurant que je n'étais pas obligée de rester si je ne voulais pas en parler, je répondis d'un ton faussement moqueur, criant d'amertume.

« C'est le seul choix que j'ai de toute façon, hein ? »

Rester pour tout lui dire ou m'en retourner d'où je venais. Callum avait bien prit cette dernière option, me quittant pour rejoindre sa place initiale. Bien trop loin. Une bouffée de lassitude me prit à la gorge : à quoi bon perdre mon temps à parler ? A quoi bon se confier sur des choses qui m'échappaient longuement moi-même ? De toute façon il y avait peu de chance pour qu'il me croit. De grandes chances pour que la confidence soit une épouvantable erreur. Étais-je prête à payer ce prix pour quelques minutes de plus volées à lui ? Le résultat serait le même, je repartirais en tous les cas en me sentant vide, honteuse et lasse. Lui seul savait rendre le silence si délectable, j'enrageais de ne pouvoir en jouir sans devoir livrer ce que j'avais de plus précieux. Je luttais contre moi-même, restant muette, stoïque, les yeux plantés là où il s'était trouvé quelques secondes auparavant dans un combat interminable contre moi-même dont la raison fut la belle perdante. Inspirant doucement, je parlais alors d'un ton qui me sembla étrangement plus sérieux, plus mature, comme si l'information donnée avait été plus grave que chacun des mots que j'avais pu prononcés avant elle.

« L'été dernier, Lynn Flewwing de la maison Poufsouffle a manqué d'être blessée par une armure du château qui s'était décrochée du mur tandis qu'à Londres, Electra Gaskell se faisait assassinée près de Gringott. En septembre de l'année suivante, un groupe de sorciers Norvégiens perdit la vie lors d'une escapade de montagne en croisant une horde de troll infectés par la dragoncelle alors même que Charlie McCarthy de la maison Serdaigle avait été agressée dans un couloir. Plus tard, un garçon de la maison Serpentard a perdu l'usage de sa main droite après avoir fanfaronné près du Saule Cogneur et Flynn Wilder de la maison Gryffondor a manqué de perdre la vie en chutant de son balais lors d'un entraînement de Quidditch. »

Tout me revenait. Chacun des songes. Comme une véritable torture, je voyais se distiller dans ma mémoire les atrocités que mes yeux avaient vus, que mon esprit avait déchiffré. Intervenue deux fois pour empêcher ces choses d'arriver, je m'étais alors vue réprimander comme jamais par l'infirmier de l'école qui m'avait sauvagement défendu de tenir compte de ces visions ou d'en parler à qui que ce soit. C'est après Flynn que j'avais juré d'obéir à monsieur Lewis, réalisant combien il me coûtait d'énergie de vouloir intervenir, et combien atroce serait la déception en cas d'échec. Depuis je me contentais de voir, et de constater dans les heures, les jours suivant ce qui s'était dessiné dans mon esprit avec toujours ce même sentiment de terreur atroce me comprimant le corps, et ce désir de pleurer ce monde qui m'avait choisi pour voir ce que nul autre n'aurait souhaité voir. Tournant enfin mon visage vers celui d'un Hodgson ne semblant pas franchement comprendre où je voulais en venir avec tout ça, le cœur visiblement mit à nue, je pris une nouvelle inspiration, la gorge serrée au possible, accrochant le bleu de mes yeux à la terre des siens pour ne pas sentir le sol se dérober sous moi dans l'impuissance de ce secret livré en un souffle tremblant.

« Ce qui m'empêche de dormir la nuit, c'est que toutes ces choses je les aient vues. Je les aient vus avant qu'elles n'arrivent... » Silence. « Et je les vois, toujours. Inlassablement, presque toutes les nuits...»

Le couperet venait de tomber, la vérité était dite, ma promesse brisée. Le quittant des yeux, dévastée par ma propre confidence, j'en vins à fermer mes paupières dans l'attente d'une quelconque réaction de sa part. Allait-il se moquer, me demander d'arrêter de me payer sa tête. Y croirait-il seulement, d'autant que j'avais laissé entendre que la nuit de notre rencontre avait été sans ombrage ? Que pourrait-il seulement faire d'une information pareille ? Rien. Il n'en ferait rien. C'était un cadeau. Un cadeau empoisonné certes, mais sans aucun doute ce que j'avais de plus précieux en moi et que je venais de lui offrir pour le seul désir de pouvoir rester auprès de lui. En ça je n'étais qu'une gamine, franche et immature, avec pas plus de jugeote qu'une linotte en son jeune âge. Pourquoi avoir parlé ? C'était ridicule, j'aurais mieux fait de me taire. Mais au lieux de cela, n'ayant plus la force d'émettre le moindre geste en sa direction, je parlais. Encore. Moi qui aimais tant nos silence, je n'en finissais plus de tout gâcher.

« Je t'en supplie, ne dis rien...»

Ne dis rien à personne, aurais-je voulu dire. Nulle ne doit savoir. J'ai le visage baissé autant que faire se peux sur ce sol dont je vois plus rien, ne prêtant même plus attention aux petits bruits enfantins des jeux du chaton près de nous. Je sens rouler une larme sur l'arrête de mon nez, la vois courir encore et encore jusqu'à tomber sur ce sol bien trop sombre, ma seule félicité se trouvant dans le fait que ma chevelure a caché ce méprisable spectacle à sa vue. Solide avait-il dit. Autant qu'un château de carte emporté par le vent.







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- DIS QUE TU ME RETIENDRAS -
Et juste au moment ou j'étais bien toute seule, tu m'arrive comme un coup de poings sur la gueule. L'autoroute de ma vie filait tout droit devant, notre rencontre est un accident.
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MessageSujet: Re: Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya   Lun 25 Aoû - 21:42


 ◈ Arya & Callum ◈
JE SAIS QU'IL FAUDRAIT S'ENFUIR

mais je n'irais plus nul part sans vouloir lui revenir






D
is moi. Pas de la curiosité, besoin de comprendre, de lacomprendre et même si elle se braque, ricane, s'enferme dans un silence d'hésitation stoïque, il espère. Dit lui de partir, souffle sa raison, fait la rester, lui dicte son désir. Lequel ? Absurde. Envie de la connaître, attachement incompréhensible et ce besoin toujours plus fort de l'aider. De lui prouver avec acharnement qu'elle est d'une incroyable solidité. A moins que ce ne soit à lui qu'il veut le prouver ? Non, à elle. Sûrement. Il est perdu dans ses sentiments, incapable de cerner ce qui se passe en lui, incapable de comprendre que son affection n'entre dans aucune case. Il a toujours été mauvais pour les affaires de l'âme, pauvre Aryanedëlle, elle subit de plein fouet sa gaucherie. Enfin elle parle et c'est un tel soulagement qu'il prend conscience, estomaqué mais impassible, de l'immense besoin qu'il avait de la comprendre. Il devrait en parler à quelqu'un, demander conseil, expulser de sa conscience cette situation incongrue. Tout à trac tout raconter à Alan, à Maureen, ils sont de bons conseils, toujours, ils sauront. Non. Rejetant aussi violemment cette idée qu'elle était venue, il se perdit dans ses paroles, attentif. Non, il ne leur dira rien, c'est son secret, leur affaire, cela ne concerne personne. Sent-tu Callum que quelque chose t'échappe ? Ton instinct te crie t-il le désapprouvement de tes amis ? Aurais-tu peur de la vérité ?

Il l'écoute mais ne cerne pas où elle veut en venir. Excellente mémoire, que des faits ayant eu lieu – enfin, pour ceux dont il avait entendu parler – et surtout, que des cas assez sinistres. Il attend, ne dit rien et n'est pas homme à se lancer dans des conclusions hâtives. Allez, tu as si bien commencé, continue. Son ton est si grave qu'il a relevé le menton et prit un air plus qu'attentif, un petit air similaire à ceux qu'il aborde lors des conférences, discours, du grand Patron. Cela lui tient à cœur, ce n'est pas une confession, c'est même plus fort qu'un aveu. Alors il attend qu'elle se sente prête à poursuivre, incapable de la brusquer, prêt à l'attendre et, ouf, cela ne prit pas la nuit. Enfin, qu'importe, cela aurait pu durer des mois qu'il serait resté à attendre. Son regard baissé, masqué par ses longs cheveux, il la regarde sans être vu et, heureusement pour elle, elle ne vit pas son léger mouvement de crispation aux niveaux des sourcils. Don de divination ? Son ton, l'attitude, ce qu'il sait d'elle lui donne envie de la croire ; ses rencontres avec d'autres voyantes, réelles comme fausses, les situations incongrues nées des missions du département des mystères font de son aveu une nouvelle histoire étrange mais pas excentrique. Pas un instant il ne la soupçonne de vouloir faire son intéressante, de se moquer de lui comme certaines femmes idiotes qui se dise voyante pour un peu de prestige. Elle y croit, à son histoire. Elle y croit sincèrement et c'est un sujet sensible, grave, quelque chose d'intime dont elle ne doit pas parler souvent. Il la croit. Il a besoin de la croire. Interroge la, lui souffle un sale petite voix ; dénonce la, surveille la, si c'est une vraie voyante elle sera utile pour le ministère, continue la voix de l'Homme de main en lui. La voilà qui supplie et il ne peut promettre, ce soir il ne dira rien mais demain ? Un jour ne se réveillera t-il pas, sortit de cette torpeur qui les envahit tout deux et, il le sait, gâchera la vie de cette fille en la dénonçant ? L'obligeant à embrasser une vie qu'elle ne veut peut-être pas.

Pourtant... Il fait un pas vers elle, un second et de son index lui releva le menton avec douceur. Trouve un moyen de dormir et de voir les visions, lâche t-il rudement. Sa mémoire s'éveilla quand il la lâcha, quand il avait été là, n'avait elle pas dit qu'elle avait réussi à dormir ? Ce qui, pour elle, signifie qu'elle n'a pas fait de prédiction. Elle ment peut-être, souffle sa raison. Pour quelle raison ? Se rendre intéressante? Il l'a presque forcé à avouer. Pour masquer un plus gros secret ? Plus plausible. Incertain, il haussa légèrement les épaules, je ne savais pas que je pouvais brouiller des ondes de voyante. Humour Hodgson, ton sérieux, se passant de commentaire. Il a envie de commenter, de lui parler et c'est étrange venant de sa part. Maureen, Aryanedëlle, les femmes du château ont le don de toucher ses points sensibles. Il a envie de la féliciter, de lui dire combien son don est formidable et utile. Qu'elle peut aider, sauver tant de monde que cela en ait impressionnant. Non, qu'elle est plus étonnante qu'il ne l'avait prédit. Que la voir aussi bien est incroyable, pas folle, simplement sensible, à fleur de peau. Rien de tout ça ne sort de sa bouche, seul son regard laisse entrevoir son admiration, son approbation, le temps d'un éclair.

Et puis... éclair dans sa mémoire, noirceur dans son regard, elle prend les médicaments pour étouffer ses visions. Masquer sa vue pour un peu de sommeil et si en théorie il cerne l'idée, la pratique ne suit pas. Envie violente de frapper, il claque sa paume contre le mur qui tremble. Elle ment sûrement... Tu as don incroyable, accepte le au lieu de l’étouffer, grogne t-il. Qui est-il pour la juger ? Pour lui donner des leçons ? Elle peut sauver, elle s'aveugle. Il voit dans ses médoc l'égoïsme, la préservation bête, ce besoin humain de se protéger au détriment des autres. Tout le monde n'a pas le complexe du héros. Déception, pourtant, déception de voir qu'elle enterre ses chances de colorer l'Histoire, déception de comprendre qu'elle est tellement plus bas qu'il ne le pensait. Non, elle est solide ça il le sent depuis le début alors quoi ? Qu'est-ce qui fait qu'elle s'auto-détruit de la sorte ? Envie de lui présenter une voyante du ministère, pour l'aider et toujours ces questions.

Pense à ceux que tu pourrais aider quand tu prendras tes médicaments, poursuit-il plus bas mais toujours aussi grinçant alors qu'il enlève son bras pour la laisser passer. Du chantage, merveilleux Callum et c'est quoi la prochaine étape ? Tu vas la caler dans un des chaises du Patron et le lui offrir, pour bien masquer cette violente envie que tu as de la rendre heureuse. Sa conscience parle, il ne l'écoute pas. Il la tué il y a longtemps et seul son instinct le conduit. Elle s'acharne, il est sourd : sois honnête avec toi-même Callum, tu veux qu'elle soit comme tu l'imagine sinon tu en serais brisé ; tu ne veux pas simplement la comprendre ou aider une élève à la dérive, tu veux son bonheur. Callum, tu veux son bonheur et il n'y a aucune explication rationnelle à ce besoin.


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MessageSujet: Re: Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya   Mar 26 Aoû - 18:17

Pour tomber dans ses yeux...


Avant que la vie nous sépare, je veux succomber sans égard et valser au bord du vide

Part. Part sans te retourner, cet homme en sait déjà trop. Voilà ce que me dicte toute ma conscience alors que bêtement, après l'avoir supplié de ne rien dire, je m'attend malgré tout à une réaction de sa part. Gryffondor ou pas, je n'ai soudain plus rien du courage m'ayant fait courir au détriment de ma vie pour sauver Flynn Wilder, de même que je n'ai plus rien de ce cran qui m'avait poussé à lui dire comment j'étais parvenue à anticiper sa chute qui aurait dû lui être fatale. Non, face à Hodgson je ne suis plus rien, ma belle éloquence s'est faite la malle et ma témérité avec. N'en déplaise à cette voix de raison qui me supplie et me mord depuis que ma main a touché le bois de sa porte, je frémis à sentir le contact infime et chaud de son doigt relevant mon visage, même si son conseil pourrait tout briser. Comment lui en vouloir de dire ces choses ? De considérer que je puisse faire les deux ? Dormir et voir, je le faisais autrefois. Et puis les visions sont devenues plus brutales, plus sanglantes. Il n'était plus question de voir, mais de subir. Soir après soir. La douleur des autres se répercutant sur la mienne, me blessant physiquement à mon tour, me faisant hurler de douleur quand ma peau reste lisse de tout stigmate. Et Cédric... Celui que l'on appelle Eollas... Je le sais clé de toutes mes questions mais ne suis jamais parvenu à extraire de lui que de brutales avertissements. Me conjurer au silence et au calme, voilà la solution. J'en ai trouvé une autre pourtant dont celui que je dévisage se moque à sa façon, m'arrachant un rictus, un très mince sourire en coin.

« Tu sais les apaiser en tout cas », fit-je du même ton. Et je ne suis pas voyante avais-je eu envie d'ajouter. N'en déplaise à Miss Fawley, je ne considérais pas mon don comme de la voyance, pas même comme de la divination pure. Je n'avais jamais choisis de voir ces choses. Je ne voulais pas voir ces choses. Je les voyais et c'était tout, sans le vouloir, sans rien demander, sans aucun mérite ni travail préalable. Je ne pouvais de même rien voir volontairement, pas même pour quelqu'un en particulier. En outre, une faculté empli de souffrance et inutile à autrui. Une faculté qu'Hodgson me conseilla alors d'accepter au lieu de l'étouffer. Sa mine est redevenu dure, sa silhouette s'est éloignée. Cet homme est une vague. Une vague froide et insaisissable, et elle vient de me glacer sur place. De me glacer à m'en faire recouvrer ce sentiment de crainte, d'appréhension. Me sentant telle la proie chassée, je me fige, me contracte sous le poids de son regard devenu lourd. Lourd de reproches, et de cette main qui soudain s'en vient frapper le mur. J'ai mal. Tellement mal. C'était pourtant tellement attendu comme réaction, n'importe qui à sa place m'aurait sans doute sorti les mêmes reproches, le même regard teinté de mépris. Oui n'importe qui, mais dans ses yeux cela fait plus mal encore. Cela est terrible, brûlant. Pense à ceux que tu pourrais aider quand tu prendras tes médicaments. Je m'en rappelle alors à la douleur, à cette douleur sans commune mesure ressentie tandis que ce Serpentard dont il me sauva s’enivrait à m'arracher les cheveux, à me tordre le ventre, à me briser les côtes, à flageller mes jambes. Je ne me portais plus moi-même, ne sentais que le goût ferreux du sang dans ma bouche. Allez le croire ou non, j'avais moins mal alors qu'à présent qu'il me jette ces mots. Ce regard. Est-ce la fureur, la détresse de sentir tous ses espoirs balayé ou la simple tristesse qui me force alors à lui lancer ce regard empli de dégoût ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Un mouvement dans mon visage se sent prêt à cracher sur lui alors que ma voix brisée par la désillusion s'en vient fournir le peu d'informations que je pouvais encore prétendre garder pour moi, d'un ton lent, cynique, détachant chaque mot avec lenteur pour mieux m'empêcher de les hurler.

« Parce que tu t'imagines sincèrement que je n'y penses pas ? Que je ne suis pas hantée par tous ces visages ? »

Je me recule sans pour autant détacher mes yeux des siens, jusqu'à ce que finalement le bureau sur lequel reposait ce verre si tendrement tendu ne s'en vienne arrêter le mouvement. Ma voix tressaute parfois, tape dans les trémolos que fondent les pleurs refoulés, mais impossible de m'empêcher d'en rester là. Je devrai partir. Partir et lui dire de me voir tel qu'il souhaite me voir, de croire ce qu'il a envie de croire. Que peut bien m'importer le mépris des autres ? Mais non, le tien m'est invivable. « Qu'importe le nombre de marque que tu portes aujourd'hui et tes combats que je ne devine pas, j'ai vu et verrai la mort, la douleur toujours bien plus que toi Hodgson. Et ces visages, ceux que je vois, suivent leur chemin dans ma mémoire chaque jour que Merlin fait...»

Je devrai baisser les yeux. Ce sont dans ces moments-là que je les baisse toujours. Ils restent cependant droits dans les siens, inébranlables et m'accompagnent dans les derniers mots que je pourrai offrir. Voilà sans doute pourquoi Cédric me commande toujours si sévèrement de ne rien dire à personne, de ne pas me mêler aux autres, d'ignorer. Ceux qui savent m'empoisonnent, me culpabilisent, m'enfoncent dans une détresse que je creuse déjà trop bien toute seule.  « N'interviens plus ! » m'avait-il hurlé au visage après que j'ai finalement sauvé mon camarade Gryffondor. J'avais obéis depuis car dans les yeux de celui qui savait se trouvait non seulement la colère mais des larmes. Des larmes minces et dont la nature m'apparaissaient encore comme incompréhensibles, mais elles avaient été là. Bien trop franches pour que je veuille bien encore leur désobéir. Pouvais-je seulement imaginer que chaque vie que mon don épargnait grignotait la mienne comme une peau de chagrin ?  Non, cela je ne le savais pas. Pas encore.

« … Sans que je ne puisse rien y faire. Je ne sais même pas pourquoi, mais je n'ai pas le droit de faire ce que j'ai pourtant déjà fait ! Je ne peux rien faire pour eux, rien faire pour empêcher ça et malgré tout je dois vivre avec, parce que chaque fois que j'interviens, je... Je... » Mes paroles s’essoufflent, je réalise avoir finalement crié. Je réalise avoir finalement pleuré. Je me pince les lèvres, m’essuie le visage d'un revers de main. Je donnerai ma vie alors contre une étreinte amie et réconfortante, mais de toute évidence, je ne trouverai plus jamais rien de tel par ici. Secouant lentement la tête, je ferme les yeux, les rouvre lentement ouverte sur une nouvelle décision. De celles prise sans plus le regarder.

« Tu sais quoi... Oubli ça. Oubli tout ce que je viens de te dire, que je suis un jour venue ici, et cette nuit-là, et.... » Ma respiration s'arrête. «...Oubli moi aussi. »

Il fait noir soudain. Un bruit sec a précédé mon départ que je n'ai même pas calculé. Étais-je seulement encore présente dans la pièce en lui disant ça ? Je n'en ai aucune idée, n'entend plus que mes pas résonnant au pas de course dans ces couloirs aussi froids que déserts. Peu m'importe d'être trouvée, punie. Rien ne peut être pire que ce qui vient d'arriver. J'ai hissé contre toute ma raison le pavillon de mon adoration pour cet homme qui désormais sait tout de moi sans que je ne sache rien de lui. Va-t-il me vendre à ses supérieurs à présents ? Je me rassure en présumant qu'expliquer ma présence chez lui ce soir serait trop compliquée, me rassure en m'assurant un dernier soupçon de confiance à son égard, et me rue sans plus attendre dans ce lit. Ce lit posté près de la fenêtre du premier étage dont l'oreiller si souvent occupé par ma présence est embaumé de mon odeur. Réveillé en sursaut, Cédric me rejoint rapidement, me caresse la tête, pose les questions habituelles.
« Encore un cauchemar ». Je fais oui de la tête avant de refuser toujours dans le silence la potion qu'il me tend. Pense à ceux que tu pourrais aider quand tu prendras tes médicaments, répète en écho la voix d'Hodgson en moi que je ne parviens à chasser. J'y pense. J'y pense sans arrêt. Mais loin de ces visions horrifiques habituelles, ce soir, la seule douleur qui entravera mes songes sera la mienne.



© Yuki Shuhime & Aloysia


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- DIS QUE TU ME RETIENDRAS -
Et juste au moment ou j'étais bien toute seule, tu m'arrive comme un coup de poings sur la gueule. L'autoroute de ma vie filait tout droit devant, notre rencontre est un accident.
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Pour tomber dans ses yeux... | Callum & Arya

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