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 Qui de nous deux est un voleur ?

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MessageSujet: Qui de nous deux est un voleur ?   Mer 18 Juin - 19:35

La petite fille aux cheveux roux volumineux et ses tâches de rousseurs se mord convulsivement le doigt alors que sa main, baguette en main, tremble. Le corps frêle fait face tantôt à la porte, tentôt  à l’autre corps frêle, coiffé d’une longue chevelure blanche, accroupie dans un meuble pour chercher des ingrédients bien cachés.

« Euphy, aller on arrête, quelqu’un va venir !
-C’est pour ça que je te dis de le pétrifier si il met un pas ici.
-Rentrons !
-J’y suis presque, j’ai trouvé la porte du coffre. »


Dans le meuble, Euphemia Grave sort sa petite baguette blanche et la pointe sur la serrure, aussi calme que toujours. Avec un sang-froid implacable, elle fait s’ouvrir le verrou et plonge le bras dans la caverne aux trésor.

« J’en étais sûre. Laureline, lève ta jupe.
-Quoi ? Maintenant ? Mais…
-Comment veux-tu que je mette tout ça dans les sacs si je ne vois pas tes cuisses.
-Je vais le faire moi-même, espèce d’idiote ! Ne regarde pas hein ! »


Tout en rougissant violement, Laureline attrape les objets tendue par son amies et les fourre dans des petites sacoches accrochées à ses cuisses, sous sa jupe bleue claire. Une fois le coffre vide, Euphemia fait de même pour ce qui reste.

« Tu peux marcher ?
-Plus ou moins.
-Je referme et on y va.
-Dépèche-toi, dépèche-toi !
-Je sais. Très jolie culotte au passage.
-Euphy ! »


Elle referme le coffre et se dégage du meuble, puis elles entendent des pas. Avec une dextérité leste, Euphemia attrape les hanches de sa meilleure amie et la fait s’assoir du un pupitre, lui prend la main et approche son visage du sien. Le visiteur ouvre la porte, s’immobilise en voyant la longue crinière blanche puis se met à rougir. Il s’enfuit en courant. Le visage tout proche du siens et aussi rouge qu’un poivron, Laureline foudroie des yeux Euphemia, très calme et même souriante.

« Tu vas me faire mourir un jour !
-J’espère bien que si tu meures, ce sera ma faute.
-C’est ça ! Use mes nerfs !
-Comme ça je suis certaine que rien ni personne ne te seras fatal. Après tout ce n’est pas comme si je pouvais te faire grand-chose.
-C’est ça, laisse-moi descendre qu’on dépose tout ça dans la chambre plutôt !
-T’es toute rouge.
-Evidemment j’ai cru que…
-Que ? »


Laureline implose et se tait, Euphemia rit. Main dans la main elle traversent les couloirs, les jupes pleines d’ingrédients volés.



Poudlard, juin 2014. Pendant que certains passent leurs examens déjà, Euphemia, assise à même le sol en pierre, profite de l’absence d’activité dans la salle des Potions. Avant qu’elle ne ferme et sans examens à l’intérieur, elle n’était pas systématiquement verrouillé, surtout avec le professeur de potion sortant. Accroupie devant une vitrine déjà ouverte, Euphemia examine chaque ingrédient avec soin avant de les mettre dans sa grande sacoche ou de les reposer à leur place après en avoir fait un schéma et avoir noté quelques détails.

Euphemia n’était pas du genre à s’embarrasser de permission. Le fait est qu’elle ne faisait jamais rien de fondamentalement mauvais et que ses notes étaient au beau fixe lui ont permis d’outrepasser, tout au long de l’année, beaucoup de règles. Se faisant aimer de ses professeurs pour sa curiosité et son intérêt sincère en chaque matière, elle s’était faite discrète, du mieux qu’elle put, dans chacune des exactions quelque peu frauduleuses qu’elle pouvait entreprendre avec pour grand intérêt la science, la magie, la vie elle-même peut-être.

Cette discrétion n’était pas la discrétion d’une enfant consciente de faire une bêtise. La notion de bien et de mal chez Euphemia était un critère qu’elle jugeait trop subjectivement discriminant, et elle n’était pas inquiétée par le jugement d’autrui, du moins de n’importe qui.

Non. Ceux par qui elle craignait d’être jugée étaient très peu. Et sur cette liste très courte, figurait Minerva McGonagall. Elle l’admirait depuis toute petite, en tant que personnage historique, en tant que sorcière, en tant que femme. Elle ne pouvait pas se permettre de voir l’estime qu’elle lui portait être revue à la baisse.

Alors restons discrets. Aujourd’hui était un des derniers jours où elle pourrait se rendre ainsi à la salle de potions et y « emprunter » du matériel avant les grandes vacances. Qui dit grande vacances dit longues journées à occuper. Qui dit longue journée à occuper dit expériences en tout genre, dont les potions. Ça, et l’étude, les schémas, la création du bâton, les inventions plus ou moins utiles, au moins à son divertissement, la création de nouveaux sortilèges…

Et pas de potions sans ingrédients. Le bruit réguliers des bocaux qui s’entrechoquent dans la pièce sombre mais bizarrement agréablement chaude en cette saison créé l’ambiance, comme une musique, et c’est tout naturellement que Euphy fredonne un air improvisé, dont quelques bribes ont été entendues au club de musique du samedi. Elle sort de temps en temps sa baguette, fait un cercle dans l’air avant de le pointer sur un objet qu’elle guide silencieusement à sa place.

Dans les couloirs, des pas approchent dans un écho audible, un bruit de pas lent comme ceux d’un vieil homme. Le concierge peut-être. Ou pas ? L’ancien professeur de potion ? Non, il était jeune. Le son de sa démarche était différent. Rien de grave dans tous les cas. Euphy continue, absorbée par sa cueillette. Hum, hum, hum hum, la musique…

La porte s’ouvre. Elle se retourne. Un homme dans la fleur de l’âge apparait sous le porche. Tiens, étrange. Elle était persuadée que cette démarche… Quoiqu’il en soit, elle avait beau l’analyser sous tous les angles, ce visuel lui était inconnu. Dans sa tête, elle visualise un panneau où elle accroche un nouvel échantillon, le visage de cet homme, sa taille probable… Son poids ? Elle n’arrivait pas à déterminer son poids. Les tics étaient contradictoires avec la moyenne. Soit. Inconnu au bataillon, mais pas une menace dans l’immédiat, puisque ce n’était certainement pas un professeur en fonction.


« Bonjour. Je vous en prie, faîtes comme si je n’étais pas là. »

C’est en tout cas ce qu’elle fit et elle revint à ses activité, empochant un bocal qu’elle venait de remplir de la moitié du contenu en corne en poudre de Grapcorne. Et c’est ainsi que sans le savoir, Euphemia faisait une des rencontre les plus décisives de sa vie.
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MessageSujet: Re: Qui de nous deux est un voleur ?   Jeu 19 Juin - 10:00


Qui de Nous Deux est un Voleur ?

Jethro & Euphemia - 1 Juin

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La lévitation. Un pouvoir excessivement important lorsqu'on aimait soigner ses entrées. Harlow Forth l'avait compris depuis des années, raison pour laquelle il se déplaçait toujours en volant, sans balai et rien d'autres que ses propres enchantements. De part sa naissance, il avait dans le sang, une pureté relative pour les grandes familles, mais un pouvoir bien différent et unique qu'il avait longuement appris à maîtriser. La magie sans baguette était une forme de magie assez tribale pour les anglais qui aimaient canaliser leur fluide magique dans cet objet phallique par existence. Qu'on s'y tienne, Harlow Forth adorait sa baguette. C'était sans doute l'une des possessions auxquelles il tenait le plus. Mais ...

Mais dans sa vie d'expérience et de perfectionnisme dans l'exercice de la magie, il avait bien compris que les puissants étaient capable de canaliser leur fluide magique dans leurs propres mains, rendant un potioniste proche de la perfection, un sorcier très redoutable. Dommage qu'il n'ait jamais choisi la voix des combats pour le Lord, lui avait-on déjà dit, avec ses capacités ... Mais Harlow n'était pas un homme à se battre. Il craignait bien trop pour sa peau pour sortir de sa zone de confort. Quoi qu'il en soit, l'apprentissage long et rigoureux de la maîtrise de son fluide magique, l'avait conduit à une capacité accrue à manier le métal. Bien sur, cela restait proportionnelle à tout un tas de facteurs mais en soit, il agissait comme un immense aimant et pouvait attirer à lui la plus part des objets métalliques.

Cette manoeuvre fonctionnait très bien avec le manche de sa baguette, mais aussi avec des petites billes d'acier, qu'il aimait à garder sur lui en toute circonstance. Ces billes avaient une histoire, un passé lourd et un avenir qu'il espérait radieux. Il installait toujours sur son bureau un système qu'à y regarder d'un peu loin, on prendrait pour un artefact moldu. Mais si on s'approchait, ce système se mouvait sans aucune ficelle et ce n'était que la force de l'esprit d'Harlow qui menait les billes à se déplacer très précisément, dans un jeu synchrone parfait. Outre d'être plutôt joli esthétiquement parlant, ce système était une régulation pour la magie et l'analyse de Harlow. Son âge se faisant sentir, il avait besoin de focaliser son attention sur certains objets magiques qui parviennent à le réguler.

De longues années à expérimenter sur les autres puis sur lui même, les plus obscurs sortilèges, difficiles de ne pas souffrir des affres du temps. S'il tenait en journée avec potions de tout genre pour soulager ses rhumatismes et son arthrose, quand le soir approchait, son maintient différait d'autant plus de son apparence et la froide solitude du cachot lui donnait un goût de laisser aller.

Le temps passait inlassablement et le voila qui entrait à Poudlard. Son pas était lourd alors qu'il rejoignait son cachot pour vérifier le contenu de la salle. Le premier cours serait demain et demain plus que n'importe quel jour, Harlow devrait s'effacer efficacement pour laisser Jethro annoncer la couleur. Sans doute que les élèves connaîtrons son nom, car s'il est loin du grand Alan Davis -Harlow eut une montée de haine associée au dégoût que provoquait cette évocation- Jethro Forth avait tout de même été célèbre pour quelques prouesses pendant la guerre. Harlow avait tant de haine envers son défunt fils qu'il s'appliquait à jouer son rôle de la façon la plus juste possible, comme pour se rappeler sans cesse comme une scarification au creux de bras, la douleur corrosive et la déception sans borne qu'il avait provoqué en lui toute sa vie durant.

Si au Ministère il supportait bien ce changement, surtout car l'apparence qu'il portait était bien plus satisfaisante que le véritable reflet dans son miroir, on l'appelait surtout "Forth" ce qui était loin de le déranger. Quoi qu'avec les élèves, un peu de fermeté et d'opiniâtreté en expliquant clairement que quiconque l'appellerait autrement que Professeur Forth serait dûment châtier devrait être efficace. Ce serait sans doute avec le corps professoral qu'il serait plus compliqué d'entendre sans cesse qu'on l'interpellait avec le prénom d'une immondice, traite à son sang qui avait apporté le déshonneur sur toute sa famille. Mais Harlow était intraitable et il ne faillirait point car c'était à Poudlard que se trouvait son but ultime.

Sans un regard en arrière, se forçant à recouvrer un maintien digne de son rang et du puissant sorcier qu'il était, Harlow ferma la porte d'un bref mouvement du poignet ce qui produisit un tressautement vers la réserve à ingrédients. En un coup d'oeil, Harlow capta le système de bille sur son bureau et attira à lui deux billes qu'il mit en rotation. Lorsqu'il arriva à pas de loup jusqu'à la fugitive qui fouillait dans la réserve, il laissa fondre sur elle les deux billes qui se mirent à tourner autour de sa tête.

"Tu sais que si je lance ces billes contre ton crâne à une certaine vitesse, je pourrais te percer la tête en quelques secondes ... Et broyer ce cerveau apparemment trop curieux pour traîner aussi tard dans des endroits interdits."


Sa voix était sèche, son ton excessivement froid et ses paroles d'une dureté sans pareille. Cette petite impertinente était entrain de dévaliser sa réserve et semblait vivre très bien la situation. Savait-elle seulement ce qu'elle risquait à rester dans la même pièce que lui ? Savait-elle seulement ce qui était arrivé à la dernière personne à laquelle Harlow avait voulu s'en prendre ? Surement non. Et surement que malgré les menaces, il avait les mains liées, car s'il voulait conserver son poste à Poudlard, tuer aussi rapidement une élève était des plus mauvaises idées qui soient.

"Debout ! Et tu vas me ranger ça tout de suite, tout ce que tu as pris, et à l'endroit exact où tu l'as pris. Et vite ! Je n'ai absolument pas que cela à faire de ma soirée que de te surveiller. Dépêche toi je sens que mes billes s'affolent."


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Spoiler:
 

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Dernière édition par Harlow "Jethro" Forth le Mar 24 Juin - 18:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Qui de nous deux est un voleur ?   Jeu 19 Juin - 11:30


Euphemia redresse la tête, une sueur froide la parcours. L’aura de cet homme, écrasante, lui faisait une impression glaciale. La vision d’une stature pareille, vu du sol, faisait ressortir le regard méprisant de cet homme qu’elle n’eut aucun mal à reconnaître. L’impression d’être un minuscule insecte… Et au milieu de cette déferlante d’alerte, cette peur irrationnelle qui lui parcourrait l’échine, une excitation faisait briller ses yeux et lui arracha le plus doux des sourires.

« 150 à 200 kilomètres par heure. A moins d’utiliser la magie pour créer du vide entre nous deux, vous ne pourrez pas atteindre cette vitesse à bout-portant. Par contre vous pourriez aisément me fracasser le crâne, et si vous visez bien, vous pouvez me tuer sur le coup ou mettre mes fonctions vitales hors-service, ce qui, à raison de quelques minutes, reviendrait au même. Ce serait vous mentir que d’affirmer être capable de me protéger d’une attaque pareille, ça m’arrangerait beaucoup mieux si vous vouliez me fracasser le crâne à main nue. »

Fascination. Tous les objets en suspensions se posent lentement au sol alors qu’elle les dirige avec sa baguette. Elle le fixe, tente de l’analyser, bâti un portrait, une image aussi complète que possible de sa morphologie, son visage, ses expressions et tics.

« Je ne vous aies pas entendu vous approcher. Vous utilisez sur vos même la lévitation ou bien vous faîtes la même chose qu’avec ces balles ? Elles sont en quel métal ? Combien de temps cela prend pour maîtriser une lévitation sur soi ? Vous avez voyagé ? Il parait qu’on ne voit pas ça souvent sur le territoire Britannique. Saufs quelques personnages historiques… »


Euphemia se reteint de citer l’intégral des informations sur les compétences connues de Tom Jedusor. Elle avait conscience que ce n’était pas toujours une bonne idée de se présenter comme une lectrices d’ouvrages peu recommandés. Puis elle lève les sourcils et sourit de plus belle, sans paraitre réellement gênée :

« Oh, vous êtes le nouveau professeur de potion ? Je ne pensais pas vous croiser. Est-ce que les cours recommencent bientôt ? Des cours de rattrapages peut-être ? Dans ce cas, je suppose qu’il va falloir que je vous demande pardon. »

Elle se redresse et mets tous les éléments en un Wingardium Leviosa silencieux sur une paillasse, puis s’incline avec respect. L’attitude semble presque être une blague ironique de mauvais goût, mais elle était cependant tout ce qu’il y a de plus sincère.

« Je me nomme Euphemia Amelda Grave. Je serais l’an prochain élève de quatrième année à Poudlard dans la maison des Serdaigle. Vous tombez très bien. Quelles seraient vos conditions pour me laisser utiliser des éléments à accès restrictifs ? Je pense avoir de quoi payer dans une certaine mesure, mais uniquement la valeur brute de ces biens. Mon problème reste mon âge, je ne suis pas autorisée à posséder de tels artefacts. »

Elle se redresse et pose les mains l’une sur l’autre, en parfaite petite élève, toujours ce sourire qui parait mutin sur un visage si lisse.

« Cela m’embête beaucoup. Je m’ennuie énormément pendant les vacances, et il y a tout aussi énormément d’expériences à faire qui ne sont possible qu’avec ces éléments, et je ne compte pas attendre d’être suffisamment âgée pour qu’untel décide à ma place que qu’il est ou non dangereux de manipuler. »

Des sueurs froides, derrière ce masque presque trop léger de politesse. Ces sueurs froides, c’est de la peur, face à cette personne déjà si sombre ? Ou l’excitation face à un talent, un savoir-faire ? Était-il un bon professeur de potion ? Était-il alchimiste ? Avait-il déjà travaillé sur des sortilèges et des recettes qu’elle ne connaissait pas ?


Je veux savoir.
Je veux savoir.
Savoir.
Savoir.
Savoir.


Garde ton sang-froid.


« Mais sachez que si vous refusez, je n’abandonnerais pas pour autant. Je ne tiens pas à mourir, mais si vous êtes à Poudlard, vous n’avez normalement aucun intérêt à me tuer. Même si je n’ai rien de spécial, un meurtre dans la société actuelle ne peut pas être commis dans un endroit si fréquenté sans que vous ayez des complications. À moins que vous n’en auriez rien à faire ? Vous seriez le premier que je rencontre dans cette situation. Ça vous dérangerait de me raconter ? J'aimerai au moins savoir si il y a une raison pour que je meure. Ce serait dommage qu'il n'y en ait pas, je n'aurait pas le temps de rechercher le mécanisme qui vous a amener à m'assassiner. »
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MessageSujet: Re: Qui de nous deux est un voleur ?   Sam 21 Juin - 13:24


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Jethro & Euphemia - 1 Juin

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L'aplomb de la fillette était fascinant, mais Harlow avait comme l'impression qu'elle était plutôt atypique. Pas de problème avec la peur voir l'angoisse, mais un terrible franc parlé et qui était peut être impétueux et sortait de sa gorge les mots déjà formés sans qu'elle ne puisse les retenir. Quoi qu'il en soit Harlow leva la tête et éclata d'un petit rire grinçant. Non, il ne lui fracasserait surement pas le crâne à mains nues même si cette perspective était alléchante. Pourquoi devait-il sans cesse ramasser sur son chemin des erreurs comme la Serdaigle devant lui, des petites mouches qui volent autour de ce qu'il veut comme autour d'une charogne. Comme si elles flairaient les cadavres putréfiés. L'odeur sur ses mains semblait revenir et Harlow se décida à laisser ses billes de métal recouvrer sa paume. Non, personne ne pouvait savoir, et personne ne saurait jamais.

Seul son propre souvenir et cette absence totale de ressentiment le rattachait à l'image du corps du professeur de potion sortant gémissant, geignant comme un insecte répugnant, se murant pourtant dans un mutisme agaçant que Harlow finirait par briser. Il eut un petit rire. Au lieu de se taire elle aussi, la petite mouche aux ailes bleues le fixait avec une lueur de fascination dans le regard et laissait encore ce dégueulis de verbes sortir de sa gorge pour épancher sa soif sans limite de savoir. Elle devrait avoir peur, du moins se méfier, mais on sentait en elle une transcendance qui donnait simplement à Harlow envie de lui répondre. Pas plus qu'elle ne devrait savoir, mais suffisamment pour attiser encore davantage sa curiosité.

"On peut dire que j'utilise le même genre de sortilège que sur les billes effectivement. J'ai une affection naturelle pour le métal et son contrôle en magie sans baguette m'est plus aisé que de n'importe quel autre matériel. J'utilise le fer de mon organisme ainsi que d'autres billes dissimulées dans mon corps pour me permettre de léviter sans baguette. Il y a, effectivement, quelques personnes douées de ce genre de ... capacités ... mais il faut ... du temps, beaucoup de temps, pour parvenir à les affûter. Oui, là encore vous êtes plutôt pertinente, je suis ... je suis Jethro Forth, professeur de potion. Et les cours ne recommenceront qu'en septembre mais, ceci, voyez-vous, est mon bureau. De ce fait, j'en dispose comme je le souhaite. Des excuses sembleraient effectivement de rigueur, Miss ?"


N'oubliant pas son rôle, Harlow glissa par lévitation jusqu'à hauteur de la jeune fille et lui tendit une main qui se voulait polie pour l'aider à se relever et surtout la guider hors de la réserve. Si son poste d'enseignant commençait à s'occuper de petites mouches bleues qui venaient fouiner dans ses affaires, ça risquait de se corser assez rapidement. Harlow n'avait pas la patience qu'il devait feindre dans ce corps et il préférait éviter le contact prolongé avec quiconque l'obligerait à trop en dévoiler et l'éloignerait de son but. Audric. Le fils de Cassandre. C'était là la seule priorité pour lui qui devait parvenir à se faire connaître de lui. Il avait besoin d'être formé, d'être initié, que quelqu'un lui montre la voie pour enfin balayer le monde de sa suprématie naturelle.

Quoi qu'il en soit la demande de la petite mouche le surprit beaucoup. Elle était en position difficile voir délicate et se permettait de négocier aussi outrageusement c'était entre l'insolence et le génie. Appréciant ce côté machiavélique chez la jeune fille, Harlow haussa un sourcil interrogateur. Elle proposait un marché pour avoir le droit d'emprunter des éléments de la réserve qui lui était interdit. Mais qu'est ce qu'une Serdaigle de quatrième année pouvait avoir à offrir à Harlow Forth en l'échange de libre-service dans ses ingrédients ? Car l'argent de l'intéressait pas vraiment et d'ailleurs il ne possédait que très peu d'intérêt dans ce château si on mettait Audric à part.

"Je serais très intéressé de voir ce que vous proposeriez comme prix en l'échange de mon silence et de mon consentement. Sachant qu'il est inutile de proposer une contrepartie pécuniaire, j'ai en ma possession suffisamment de gallions pour ne souffrir aucun besoin en la matière. Quant à votre âge, Miss Grave, sachez que peut importe ce que vous vivrez et jusqu'où vous pourrez aller en matière de maîtrise de la magie, l'âge sera votre ultime limite, car le corollaire de cet âge qui nous contrôle, c'est finalement cet âge qui signe la fin de tout. Prenez donc patience et contez-moi ce que vous comptiez faire avec tout ce que vous étiez entrain de dérober ... Croyez-le où non, Miss Grave, je fus moi même grand amateur ... d'expériences, comme vous dites."


Avec un sourire presque un rictus, il caressa son bras gauche en faisant mine de remonter les manches de sa robe de sorcier. D'un mouvement souple du poignet, il retira sa cape qui alla léviter vers le portemanteau, et il grimpa d'un bond sur le bureau sans prendre garde aux douleurs lombaires qui saillaient son dos. Il invita Miss Grave à prendre place en face de lui et croisa les bras sur la poitrine alors que plusieurs billes sortaient de ses poches et de ses vêtements pour tourner dans une élégante chorégraphie autour de lui, alors que le système sur son bureau se mettait en marche. Avec un ton presque paternaliste il précisa en inclinant la tête :

"Ne vous inquiétez pas pour cela. Vous tuez ne serait qu'un divertissement de second ordre. Il semblerait qu'il soit tout autant voir plus stimulant de vous écouter parler à la place."


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MessageSujet: Re: Qui de nous deux est un voleur ?   Lun 23 Juin - 23:33

Les yeux d’Euphemia brillèrent avec un éclat incroyable malgré la peur insidieuse qui bloquait son sourire en une grimace entre la retenue et l’éclat de joie. L’air lourd dans la pièce sombre, la chaleur, la moiteur.

L’écouter. Il allait l’écouter. Ce qu’elle faisait était peut-être intéressant. Il allait peut-être la laisser faire. Elle allait peut-être être libre. Elle regarda un instant le plafond puis sourit à pleine dent, reprenant un air un peu plus calme. La brillance de chaque objet pour chaque lumières allumées. Le manque de ces vents glaciaux dans les cachots délabrés.


« La plus intéressante à l’heure actuelle semble être le contrôle ou du moins l’influence des gens en fonction des odeurs. Vous savez, les philtres d’amours s’adaptent en fonction de nos goûts pour avoir une odeur spéciale. Je pense qu’il est possible d’influencer le comportement des gens en fonction des odeurs. Une série de potion dont on distillerait l’odeur dans une pièce. Je veux voir ce que ça donne. »

Elle se passa les mains dans les cheveux avant de s’avancer vers ses notes sur les différents ingrédients et sorti de sa sacoche deux carnet en piteux état à force d’être manipulé, retourné et réécrit, de coller des notes manuscrites extensibles à la Proust*. Elle ouvrit les carnets pour y glisser des notes, comme pour comparer. La texture de chaque page de parchemin abîmée. Le grain de chaque mot qui plonge son encre dans l’abîme de ses pensées.

« J’aimerais isoler les principes de la chance liquide, et faire des dérivé de cette « intuition » qu’elle nous apporte pour la concentrer sur la concentration, ou même les réflexes. Améliorer les capacités physiques temporairement, comme la vision, la puissance musculaire… Autrement je devrais partir sur d’autres pistes, mais dans ce cas je veux vraiment comprendre ce qu’apport chaque élément à la chance liquide. »

Tout en parlant, elle semblait compter quelque chose avec ses doigts, sur une main pendant que l’autre parcourrait les lignes. Monte l’auriculaire, monte l’annulaire, monte le majeur, descend le majeur, descend l’auriculaire, monte l’index, descend l’index, remonte, redescend, remonte redescend…. Et ainsi de suite, très rapidement, comme si elle prenait et rejetais les idées au fur et à mesure qu’elle les lisait ou y pensait. Tic-tac les boules de métal sur le bureau, tac, tac, tac, tac. Musicalement en duo silencieux, les boules, les doigts, les gestes, l’impact…

« Il y a aussi tout ce qui est réparation cellulaire accélérée… Les pommades et les pâtes m’ont l’air pour l’instant plus efficaces. Sinon je pensais bien à des produits qui pourraient changer des prothèses en membres. Il y a aussi le cas du polynectar, j’aimerais en améliorer les capacités, et ça prend énormément de temps à faire. J’aimerai aussi étudier un peu mieux le Philtre de Mort Vivante, je n’ai pas bien compris à partir de quelle dose elle était létale pour quelles espèces, et je suppose que le meilleur moyen de savoir est de tester. Même si à priori, c’est un bête somnifère… »

Puis elle referma ses notes semblant à moitié satisfaite malgré son sourire. Elle se tourna vers le professeur dont la vision seule lui donnait des tremblements, puis lui offrit la plus sincère des expressions ; une joie naturelle pour tout ce qui pouvait arriver ici-bas. Le goût du souvenir d’un coin de ciel ensoleillé, d’une fleur sur le point de faner, d’un insecte tué par les pesticides, des flacons e l’infirmerie pleins de secrets à craquer.

« Je crois que je vais devoir utiliser des principes de fermentation. En deux mois je pourrais y arriver. Si je n’y arrive, pas tant mieux, ça voudra dire qu’il y aura encore beaucoup de chose à explorer. »

Elle croise ses bras derrière le dos, emmêlant un peu plus ses longs cheveux presque blancs. Quand on la connait mieux, son sourire parait creux, alors que ses yeux sont deux feux, allumés dans la nuit qui parait infinie, allumées dans la nuit, un brasier qui sourit.

Il y en a encore pleins d'autres... Tant d'autre...

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MessageSujet: Re: Qui de nous deux est un voleur ?   Jeu 26 Juin - 12:34


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Assis sur le bureau, il ne quittait des yeux les cheveux presque blancs qui flottaient dans le dos de la Serdaigle. Elle semblait gonflée d'une passion envoûtante et l'intérêt qu'elle même portait pour ce que allait dire laissait songer à Harlow qu'effectivement, il ne s'ennuierait pas. Elle parla d'abord du contrôle des hommes par les odeurs qui serait possible par une potion capable de créer magiquement une fragrance précise. Harlow ne dit rien, n'ouvrit même pas la bouche et n'écarquilla pas les yeux alors qu'il était réellement surpris qu'une élève si jeune s'intéresse à ce genre de problème. Il laissa une bille se mettre à tourner autour d'elle à présent, signe qu'il redoublait d'attention.

Elle se mit ensuite à fouiner dans son sac pour en extirper deux carnets en piteuse état, racornis et pliés à force d'être tordus dans tous les sens. Ils dégueulaient de morceaux de parchemin annotés et de différents papiers de toutes sortes. Harlow eut du mal à ne montrer toujours aucun intérêt et surtout à ne pas fortement tiquer en la voyant manipuler les carnets, somme toute à la recherche de quelque chose. Ce procédé déplaisait fortement au sorcier et il ne manquerait pas de lui signaler, plus tard ! D'abord, elle parvint à retrouver ce qu'elle cherchait et annonça vouloir isoler les principes de la chance liquide en fonction des ingrédients pour pouvoir booster la chance dans certains cas de figure uniquement. Somme toute isoler les différents ingrédients et comprendre comment la potion fonctionnait.

Les idées de la jeune fille semblaient continuer à l'envahir car elle comptait maintenant frénétiquement sur ses doigts, les yeux perdus dans le vide. Harlow haussa un sourcil quand le rythme des mouvements de ses mains se cala avec le tic-tac du système sur son bureau. Une seconde bille vint entourée la jeune femme alors qu'elle évoquait des sujets plus pointus et plus proches de ce qu'Harlow avait passé sa vie à travailler : la médicomagie, la régénération, le Polynectar et finalement le somnifère. Tout cela commençait à réellement intriguer le professeur, surtout parce qu'il cherchait à savoir pour quelle raison une fille si jeune pouvait bien s'intéresser à tous les sujets.

Elle précisa vouloir utiliser des capacités de fermentation pour parvenir à ses objectifs pendant l'été et ferma ses carnets de note avant de relever la tête vers lui. Elle semblait irradier d'une joie peu commune ce qui poussa le sourcil de Harlow à se hausser davantage encore. Pour le coup, cette fille était vraiment atypique il n'y avait rien d'autre à en dire. Mais la curiosité du vieux sorcier était en quelque sorte piqué au vif.

Alors que la jeune Serdaigle croisait les bras dans le dos avec une mine espiègle, Harlow laissa une troisième bille en rotation autour d'elle. Il n'avait rien dis pendant plusieurs minutes et à présent il sentait qu'il devait intervenir. Mais l'idée de prêter ses ingrédients, même si l'élève demandeuse semblait très ambitieuse, ne lui assurait pas qu'elle avait le niveau que sous entendait de tels projets. Il fallait qu'il la teste. Pas seulement pour lui donner ce quelle voulait, mais aussi parce que sa propre curiosité demandait d'être satisfaite. Mais avant tout plusieurs questions car le professeur était intrigué.

"Tout ceci me semble très ambitieux, surtout à votre niveau théorique supposé en fin de troisième année. J'aimerais bien connaître vos motivations à mener de telles expériences, surtout sur les sujets assez précis que vous avez cité. Quoi qu'il en soit avant que je ne décide de vous accordez quoi que ce soit, j'exige de voir comment vous travailler. Il y a déjà un détail ..."


Il s'approcha et attrapa les carnets de la jeune femme. Il ne les ouvrit pas mais les mit sous le nez de la bleue et bronze avec un regard courroucé. Des pages manquèrent de tomber et il n'y posa pas les yeux malgré la curiosité, et les tendit avec une mine remontée.

"Miss Grave, savez-vous dans quel monde nous vivons ? Savez-vous ce qu'il se passe dans ce château depuis des mois ? Vous croyez que vous déplacez avec sur vous des calepins remplis des choses interdites que vous projetez de faire est intelligent ? Vous croyez vraiment que si vous tomber sur n'importe qui dans un couloir qui se rende compte que vous volez fréquemment des ingrédients interdits, pour faire des potions interdites, dans un but plutôt louche et le tout sans la moindre autorisation ? Si vous voulez finir à Azkhaban il me semble que vous êtes sur la bonne voie. Vous saurez, Miss Grave, que la principale qualité d'un potioniste de talent, est la discrétion. Apprenez donc à en faire preuve."


Les trois billes s'écartèrent de la jeune fille et Harlow posa le carnet sur un pupitre. Il avait une idée en tête car si son rôle devait le pousser à se méfier des élèves suspects -ce qu'avait présenté Miss Grave l'étant évidemment à tout point de vue- il restait qu'au fond, il cherchait des alliés. Et cette sorcière avait tout le potentiel pour être une alliée redoutable. A voir comment s'assurer sa loyauté, Harlow avait sa propre idée.

"A présent je vous propose un arrangement. Je vous donne trois heures pour créer une potion qui pourra me surprendre et me montrer votre niveau. Ce que vous voulez, vous avez tout le matériel de la salle ainsi que les ingrédients que vous souhaitez. A la fin de ses trois heures, si je juge votre production digne d'intérêt, je vous donnerais une autorisation officielle pour la consommation d'ingrédient interdit et l'occasion de venir vous approvisionnez chaque semaine dans l'été. Et je pourrais même vous proposez de venir et d'apprendre de quelques unes de mes propres ... créations. Marché conclu ?"


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MessageSujet: Re: Qui de nous deux est un voleur ?   Sam 28 Juin - 2:05

Jertho la réprimandais comme si elle était une enfant, et son visage devint soudain vide. Elle si le souffle de l’homme l’avait pétrifié et vidé de toute vie. Puis son air vide est remplacé par un regard d’adulte blasé, puis par un sourire triste.

« C’est pour éviter d’avoir mal à la tête. Vous pourriez m’enseigner comment les faire sortir ? »

Faire sortir les oiseux qui piaillent dans ma tête, qui chantent à tue-tête, ils me tuent, ils me tuent, à force de crier la symphonie pour prendre la place de leur voisin. Mais ma tête est trop petite, pas assez d’arbre dans la forêt pour mettre les oiseaux en sourdine. Si je ne les couche pas sur la papier, si je ne les épingle pas à des tableaux, si je ne les entrave pas d’une ligne d’encre sur le parchemin, comment puis-je faire pour que ma tête n’explose pas ? Je ne peux pas tuer les idées, je ne peux pas… Quelles autres cages, muettes et invisible, existe-t-il pour que les oiseaux se taisent ?

« Je ne sais pas comment les faire taire autrement. »

Elle lui sourit avec des yeux vides. Les billent tournoient. Le poids d’une mort imminente et fatale, sur un pas de chance, l’achèverait-il ? Il n’y a rien de plus ridicule qu’un cadavre. Elle ne se souciait pas d’être ridicule. Mais incapable d’apprendre, encore…

Puis ses yeux s’illuminent de vie. Lentement. Le discourt la ramène à la vie. Euphemia n’était pas très différente de n’importe qui. Elle avait juste une mémoire envahissante, et des sens qu'elle ne peut contrôler. Ni plus ni moins. Elle n’avait pas de capacités exceptionnelles.

Mais elle travaillait. Avec une précision chirurgicale. Avec obsession. Avec démence parfois.

Elle sourit franchement au professeur, presque sur le point d’effectuer une révérence. Mais elle resta droite à scruter ses yeux, et, sans lui répondre, ferma les siens.

Elle ouvrit les portes de son Palais mental. Le sourire sur son corps terrestre s’agrandit à mesure que la vitesse augmente, alors qu’elle vole dans l’espace de son esprit. Toutes ces choses enfouies, déjà écrites, parfois brûlées, parfois mémorisées, parfois simplement évoquée, par des sons, par des voix…

Potions. Quelque chose de réalisable. Non. Quelque chose d’exceptionnel.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, son sourire était confiant et elle fixait encore Jertho avec une malice déplacée. Sans un mot elle prit sa baguette et fit plusieurs grands cercles en pointant des objets dans la pièce, qui tout naturellement s’envolèrent pour prendre une autre place. Concert volent et anarchique de deux chaudrons, quatre fioles de verre, plusieurs dansent, aucune ne se cassèrent, et dans un mouvement harmonieux tout pris place, sur les paillasses, ou resta dans les airs.

Euphy, pourquoi tu utile toujours Windgardium leviosa avec tellement d’objets autour de toi ? C’est naturel pour toi ?
Pas vraiment… c’est juste pas pratique de n’avoir que deux bras. Avant je ne le faisais pas sur beaucoup d’objet. C’est juste qu’un jour, je me suis rendue compte que j’en faisais voler beaucoup plus que d’habitude. Je ne sais pas, ça doit être à fore, à force de ne pas avoir assez de bras pour tout porter…


Les ingrédients volent. Ils tournoient, pour se poser en ligne sur les paillasses. Elle range sa baguette le temps de prendre des outils et de préparer à la main les ingrédients, les uns après les autres. Elle oscilles, dix minute,s vingt minutes durant à osciller entre travail de précision et voyage aérien des ustensiles et des mixtures.

Une chose réalisable en une heure ou moins. Une chose qu’elle était capable de faire aujourd’hui. Une chose pour laquelle elle avait tous les ingrédients, et de quoi générer les ustensiles manquants. Une chose exceptionnelle.

Un chaudron plein d’un liquide doré comme l’ambroisie se soulève, partageant son contenu avec un autre. Puis ils se mettent l’un à l’opposé de l’autre. Euphemia continue, sans une seconde de repos. Elle manipule, manipule, et lorsque un seul grain semble abimé, elle fronce les sourcils et le met le côté. L’anarchie apparente est une organisation maladive. Parce que l’ordre n’est pas naturel, chez Euphemia Grave.

Les ingrédients, après de lentes transformations par étapes, après des passages dans les fioles, se partagent d’un chaudron à l’autre. Les deux mixtures prennent une couleur différente. L’une devient verte, l’autre violette. Elles ont l’air parfaitement liquide, et parfaitement homogène l’une comme l’autre au bout de 40 minutes. Pendant dix minutes encore, la jeune muette ajoute des ingrédients en poudre. Après 50 minutes, tous les outils passent sous les éviers pour être nettoyés et retournent à leur place comme si de rien n’était, à l’exception des deux petits chaudrons. Elle pose sa baguette et va chercher deux verres pour les poser sur les paillasses, puis sert à la louche les liquides pour qu’ils remplissent chacun un verre.

Elle les prend et vient faire face à Jertho à qui elle tient le verre contentant le liquide vert.


« Dans le pire des cas vous aurez d’une vison trouble et des sensations qui ne sont pas les vôtres. Mais je m’en suis tenue à ce qui était prévu alors, il ne devrait pas y avoir de problème. »

Et tout en gardant le bras tendu en fixant son professeur, elle porte son propre verre à ses lèvres pour avaler le liquide violet.

« Mh. À peine amère. Moins de consistance qu’un jus de citrouille. C’est la première fois que je fais celle-ci, donc je ne peux pas vous dire que vous ne risquez rien. Mais ce ne serait pas intéressant, si vous vous sentiez en sécurité. En tout cas à votre place ça ne m’intéresserait pas. »
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MessageSujet: Re: Qui de nous deux est un voleur ?   Jeu 3 Juil - 10:52


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Il était très intéressant de voir qu'elle lui répondit comme une petite fille réprimandée, cherchant à justifier, comme si elle se sentait coupable de son jugement sur elle. Harlow lui lança un regard dur pour accompagner ses paroles. Il fallait qu'il le soit s'il voulait faire de ses élèves de bons potionistes, bien que l'enseignement soit loin d'être sa priorité au château. C'était sa couverture, il était obligé d'être convaincant dans son rôle s'il voulait pouvoir continuer à rester là. Le nouveau directeur ayant été nommé, avec ses recommandations du ministère et la réputation de Jethro, il partait avec déjà un fort potentiel, mais à lui de confirmer qu'il était compétent pour le poste.

Au final la rencontre avec Miss Grave était déjà un test sur ses capacités de professeur, bien qu'il avait tendance à se comporter avec elle comme un mentor avec son disciple. Difficile de ne pas être intéressé par certaines personnes et bien qu'il tienne à rester discret, Harlow ne voulait pas passer une chance de se lier avec de futures très bons sorciers. Son sourire se fit bien plus vide et l'intensité de la jovialité auparavant présente s'atténua. Une grimace barra le visage d'Harlow qui pensait comprendre le problème de la jeune fille. Il avait déjà entendu parler de ce genre de personnes à la mémoire si envahissante et si performante, qu'il fallait la purger, en quelque sorte pour parvenir à y voir clair. Si c'était le cas de la sorcière, effectivement, Harlow pourrait sans doute l'aider.

"Vous parlez de vos ... pensées ? Vos idées ? Ce sont elles qui refusent de sortir de votre tête ? Si c'est ce dont vous me parlez, je crois connaître un moyen pour vous aidez à parvenir à mieux gérer votre esprit et votre mémoire ... Mais ça demande beaucoup de travail et d'efforts. Voyons déjà de quoi vous êtes capable !"


Quoiqu'il en soit elle se mit à travailler avec une sorte d'énergie démentielle qui la possédait. Harlow observa sans rien dire, sa technique, son organisation, avec les deux chaudrons et la plupart des objets en lévitation. Ce style ressemblait beaucoup au sien et il eut un petit rictus en la voyant nettoyer soigneusement son plan de travail au fur et à mesure. Il ne disait mot mais parfois notait des petits défauts dans l'agencement des ingrédients mais se gardait bien de faire une quelconque remarque. Au bout d'une heure, finalement, Miss Grave s'avança avec une potion à double couleur et deux gobelets. Elle lui en tendit un et but l'autre d'une traite en commentant elle même la consistance de sa potion. Harlow respira un instant la potion verte.

"Qu'est ce qui pourrait vous faire croire que je vais boire cette potion Miss Grave ? Je ne suis pas un cobaye pour vos expériences. Cela dit, si votre potion provoque un effet qui ne me sied pas, vous perdez toutes vos chances, je ne pense pas que ce soit votre objectif, mais estimez vous heureuse, et particulièrement privilégiée !"


Harlow fit un petit clin d'oeil à peine perceptible et descendit d'une gorgée la potion verte. Il sentit le liquide -il était vrai à peine plus épais qu'un jus de citrouille- couler dans sa gorge. Il ferma les yeux quelques secondes et se mit parfaitement à l'écoute de son corps. Il avait l'habitude de connaître des sensations qui ne lui appartenait pas, il vivait en permanence dans un corps qui ne lui appartenait pas. Il n'avait pas peur. Aucune potion aussi simple et rapide à faire ne pouvait couper les effets du Polynectar, il n'y avait donc pas à s'inquiéter. Pourtant le rythme du système à billes sur son bureau se mit à accélérer.

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MessageSujet: Re: Qui de nous deux est un voleur ?   Ven 4 Juil - 18:17

Le monde s’éclaire, comme superposant la lumière présente à elle-même.
Cette lumière n'est pas seulement visuelle. Elle est sonore, et faîte de sensation. La première lueur, les premières douleurs, les premiers sons, le premier équilibre interne se dissipe lentement.

Jertho voyait Jertho, en face de lui, au dessus de lui, si grand... Non, c'était celui qui voyait qui était petit. Il entendait des sons de l'intérieur de la pièce comme de l'extérieur, pensait aux billes qui s'entrechoquaient follement comme à des étrangères. Il eu des souvenirs de jeunes filles, des perceptions de petite fille.

Le visage d'une rouquine à tâche de rousseur qui lui parlait français et qu'il comprenait parfaitement. Qu'il aimait. Des mots dans des lettres écrits dans le même langage. Des pensées informulables. Des millions d'images sur lesquelles on ne pouvait poser des mots. Un paysage étoilé, des illustrations des sombrales, la forêt interdite vide alors qu'il entendait distinctement des bruissements de l'air et voyait des traces sur le sol.

Des souvenirs d'avoir versé tel ou tel ingrédients dans une potions, des milliers de potions, une chambre salies par un accident, et sa sœur défigurée entrant en trombe dans la pièce. Les souvenirs s'embrouillent, s'embrouillent, des listes de potions, des recettes, modifiées, des sons, encore, le sens de l'équilibre sans dessus dessous. Il sent son corps s’asseyant sur un siège de bois dur. Et soudain, après une nouvelle apparition du visage de la rouquine souriante, il est seul dans la salle des potions, à trier des ingrédients et à noter les informations, à redessiner la moindre graine et toutes ses imperfections pour y annoter la structure, avec les effets en marges. Il entend derrière-lui les pas d'une vieille personne. Il le sait parce que dans son esprit, le poids des pas et leur rythme y correspondent. Il décide de l'ignorer, et continue, puis se retourne lorsque la personne entre. Il est surpris. Il voit Jertho. Jertho est jeune. Il a du se tromper. Il ouvre la bouche et de sa gorge d'enfant dont la croissance s'attarde lance un vague écho qui s’amplifie, se résorbe et redeviens clair : "Faîtes comme si je n'étais pas là."

Une voix de jeune fille. Puis il s'en retourne à sa besogne avant que Jertho ne s'approche et l'arrête d'une voix menaçante. La peur l'envahi. Le souvenir se brouille, et laisse place à l'image d'une immense bibliothèque. Il connait chaque feuillet de cette bibliothèque. Il le sait, parce que c'est "sa bibliothèque". Il est triste. Il sait que des tas de livres de la bibliothèque sont parti en poussières, à force de ne pas les visiter assez souvent.

Tout se dissipe complètement. Jertho voit Euphemia Grave sur une chaise qui se tient la tête, avec l'air d'avoir envie de vomir. Elle se redresse face à lui et lui sourit, ravalant au mieux son air malade.


« Désolée pour les problèmes d’équilibres. C’est encore un incomplet. »

Elle se tient le crâne comme prise d’un violent mal de tête, mais tend une main devant elle pour signifier que tout va bien.

« Ça a… Plutôt bien fonctionné. C’est… Mh ! »

Elle inspire et souffle, puis se remet à sourire, comme si elle venait d’ouvrir un cadeau de Noël excitant. Elle ne tenait certainement en place qu’à cause de la douleur qui lui assaillait le crâne.

« Ce n’est pas de la Légilimencie. La potion verte « manque » de quelque chose, que la violette a « en trop ». Ce quelque chose, pour faire simple, c’est toute l’activité cérébrale immédiate et perceptible de quelqu’un, au niveau des sensations. Je crois. Ach… »

Elle se remet droite comme pour se persuader que tout va bien. Elle inspire de l’air, sachant que plus l’oxygène circulera, mieux sa tête retrouvera des fonctions normales rapidement. Mais la migraine la coupait dans son explication, et peut-être même dans son raisonnement. Elle pose son verre en tremblant.

« Vous venez de vivre ce que j’étais censé vivre, pendant… Quelques secondes ? Il faut que je trouve un moyen d’augmenter la puissance pour que ce soit utile à d’autres personnes que les amoureux transits qui veulent se prouver l’un à l’autre qu’ils s’aiment, mais en gros, tout ce que je pensais et tout ce que je ressentais, vous l’avez perçu. Je suis d’ailleurs... Mh… Désolée que vous ayez eu à ressentir ma perception, il parait qu’elle est un peu violente. »

Elle prend les feuillets pour lesquelles avait été réprimandée sans même les regarder et les agite à côté de son oreille, comme si c’était une explication suffisante. Sa migraine lui déformait légèrement le visage. Des ridules sur ce visage si lisse lui donnaient l’air d’une toute autre personne. Un peu plus humaine, un peu plus vulnérable.

« Je me suis forcée à vous faire voir un souvenir précis, mais je doute que j’ai réussi à éliminer toutes les informations. Je ne me souviens pas très bien de ce que j’ai pensé, d’ailleurs. Vous avez certainement dû voir des choses un peu embarrassante, et pour cela encore je vous… Haa. Aaaah. Ah…, demande pardon. »

Son visage s’éclaire d’un léger soulagement après qu’elle ait appuyée comme une furieuse sur son front. Elle souffle, semblant supporter un résidu de migraine. Elle se racle la gorge et se redresse pour remettre sa cravate en place, et tente de se relever.

« Ça devrait aller… Normalement, vous ne devriez ressentir qu’une légère perte d’équilibre, dû au changement de perception de l’oreille interne. Enfin je crois. Comment vous sentez-vous ? »

Même si elle espérait sincèrement qu’il aille bien, il était visible qu’elle ne se préoccupait déjà plus de rien d’autre que des résultats de son expérience. Elle avait déjà attrapé une feuille et une plume qui s’encre toute seule pour marquer en gros « Antalgique » dans une marge. Puis elle posa la plume pour rester appuyée sur la paillasse.

Sensation de vide et de tournis, comparable au vertige voir au mal des transports. Aucun souvenir des quatre à cinq dernières secondes. N’a pas souvenir de s’être assise. Aucune bribe de ressenti de Jertho. Processus de souvenirs en invention en court. Elle était en train de reconstituer les dernières secondes comme si c’était un souvenir, par déduction. Elle sourit, maintenant complètement incertaine d’avoir ou non vécu le moment que Jertho avait vécu à sa place.


« Je ne pense pas avoir envie de tester aujourd’hui, mais je crois qu’en mélangeant les deux potions et en laissant plusieurs personnes en boire, leurs perceptions pourraient s’entremêler… Je ne pense pas qu’ils s’échangeraient, je suis quasi sûre que le nouveau mélange va avoir des effets aléatoires supplémentaires. À hauteur de 40 à 80%. Certains ingrédients me semblent avoir des effets secondaires une fois ensemble. »

Elle se force à rester debout et se redresse en prenant quelques inspirations pour faire face à son professeur. Elle lui lance un grand sourire d’enfant comblée pour Noël.

« Merci beaucoup. C’était une des choses que j’étais persuadée de ne pas pouvoir faire avant quelques années, à cause des critères de sélections des ingrédients. Ce fût instructif. »

Il faut que les graines où les viscères proviennent des mêmes individus, que les poussières de pierres soient de régions très éloignées, que les troisièmes yeux viennent d’une même portée de reptiles. Il faut que chaque ingrédient ait un jumeau et un frère, pour que les deux préparations se complètent parfaitement. Tout cela était possible parce que Poudlard se procurait ses ingrédients en grandes quantités, provenant certainement d’élevages ou de cultures. Les probabilités pour avoir des organes, des grains ou des éléments identiques étaient plus fortes, et il suffisait de les regarder à la loupe pour avoir le plus de chance de tomber sur des ingrédients  frères et sœurs. Chose impossible lorsqu’on achète les éléments en petite quantité.

Elle avait trié autant qu’elle avait pu, mais son malaise, ainsi que le manque de clarté des perceptions de Jertho, provenait probablement d’éléments qui n’avaient pas de lien d’une potion à l’autre. Du moins c’était sa théorie.


« Vous pensez qu’il y a quelque chose à faire ? »

Elle désignait les deux chaudrons et sa sacoche, ses papiers et sa plume qui séchait tout en même temps. Comme si elle demandait s’il y avait quelque chose à faire d’elle, finalement. Mais elle ne pouvait réprimer son sourire. Elle avait eu de la chance. Enormément de chose. Et même en appelant la chance à soi, on ne l’avait pas toujours.
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MessageSujet: Re: Qui de nous deux est un voleur ?   Lun 7 Juil - 12:11


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Harlow laissa couler la potion dans sa gorge et quelques secondes après avoir senti le breuvage pénétrer dans son organisme, il fut pris d'une sensation extrêmement désagréable. Sa tête fut comme enserrée dans un étau, sa trachée semblait se refermer. Il porta les mains à sa gorge et expira fortement l'air dans son abdomen comme s'il avait pu se débarrasser de la sensation en rejetant l'air hors de ses poumons. Puis vinrent les flash. C'était flou, pas très bien organisé, comme une projection d'un film endommagé qui saute et recommence plus loin. Une lumière éclatante comme un flash l'ébloui à l'intérieur même de son esprit et il commença à percevoir des images.

Il ne percevait plus son corps et entendait seulement son coeur battre à tout rompre, les pulsations raisonnant en lui comme s'il n'était qu'une coquille vide où l'on collait son oreille pour entendre le flux et le reflux de la mer. Il ne trouvait aucun familiarité dans cette situation, il avait l'impression d'être dépossédé de son propre corps et de transiter dans celui d'un autre, beaucoup plus petit, beaucoup plus frêle. Comme si son esprit était venu parasité le siège d'une autre conscience pour l'explorer. Bientôt, il parvint à ouvrir les yeux et bien que sa tête lui fasse mal, percevoir ce qui l'entourait. Ce qu'il venait de voir aurait pu le bouleverser mais ne reconnaissant pas le corps de Jethro comme le sien, Harlow ne voyait que son fils qui s'agitait devant lui, avant de comprendre. Avant de comprendre qu'il se voyait lui même depuis l'esprit de Miss Grave dans lequel il avait été en quelques sortes transféré.

Il comprit ensuite que la jeune femme l'envoyait avec elle dans des souvenirs où se mêlait petite fille rousse qui parlait français, lettre enflammée dans la langue de Molière, beaucoup de paysages et d'animaux, des lieux et des créatures que le professeur ne reconnaissait pas toujours, une autre fillette qui ressemblait beaucoup à Miss Grave, avec le visage abîmé. Il aurait voulu s'arrêter dans le brouhaha ambiant, le chaos de pensées et de souvenirs qui s'entrechoquaient, faire une pause pour avoir l'impression de contrôler au moins quelque chose. Avec une grosse dose de concentration mentale, Harlow parvint à ralentir la rotation infernale du contenu de l'esprit de Miss Grave. Finalement, il eut l'impression de ne plus être balancé à droite et à gauche selon une spirale infinie mais de se diriger lui même.

Il arpenta plusieurs pensées, plusieurs souvenirs, voyant le fouillis abominable qui régnait là. Puis enfin il arriva à un souvenir qui l'intrigua. Entre les flashs, il aperçut le visage d'Audric, dur et ferme, la détermination des Saddler dans ce regard pourtant hérité de sa mère Bogart. Il se trouvait devant un échiquier et la suite intéressa beaucoup. Harlow le voyait parler alors qu'il jouait contre quelqu'un, sans doute Miss Grave d'ailleurs, mais il n'entendait rien. Apparemment, il tourmentait la jeune fille de questions jusqu'à ce qu'elle en vienne à briser l'échiquier entre eux. Tout ce que Harlow garda en mémoire de ce souvenir, ce fut le rictus satisfait d'Audric et la position de ses pièces qui mettaient son adversaire en échec et mat !

Tout fini par reculer et Harlow se sentit aspirer hors de l'esprit de Miss Grave. Le reste du chemin dans son esprit fut parcourut vite, très vite, jusqu'à revivre les dernières minutes de leur rencontre et conversation dans la peau de la Serdaigle. Harlow fut ensuite projeter dans son propre corps avec une violence qui gagnerait à être amorti et fut prit d'un immense vertige qui se calma bien vite. La pratique de la Légilimencie permettait de retrouver un certain équilibre après ce genre d'expérience qui était plutôt semblable sur certains points. Harlow mit quelques secondes à reprendre ses esprits et à croiser le regard de Miss Grave qui se tenait devant lui, assise, la tête entre les mains. Elle semblait souffrir beaucoup. Sans doute le manque d'habitude, car elle ne devait pas avoir souvent utilisé cette potion. Elle avait clairement tenté le tout pour le tout, pour chercher à l'impressionner. Disons que c'était plutôt réussi.

Harlow avança et pointa sa baguette sur elle. Un léger sortilège informulé de soin devrait la soulager, ainsi qu'un second, utilisé pour rendre l'esprit après avoir subi les effets d'un maléfice ou d'un filtre de confusion. Ca devrait lui permettre d'être soulagée un peu alors qu'ils discuteraient de la situation. Car même si Harlow avait capté un souvenir intéressant, il avait surtout ressenti pour quelques instants, l'immense perception de la jeune femme et le chaos à l'intérieur de son esprit. Il voyait parfaitement son problème. Il fallait de l'ordre. Mais le vieux sorcier pensait sans doute à raison que la jeune femme tenait tellement à tout conserver de ses pensées, de ses idées, qu'elle n'arrivait pas à les laisser partir et à les oublier.

"Ne vous inquiétez pas pour cela, je crois que vous pouvez être plutôt fière de vous, Miss Grave. Je comprends fort bien le principe mais je pense que vous êtes partis sur un mécanisme beaucoup plus complexe qu'il n'y faudrait pour arriver au même résultat. Lorsque l'on veut créer une potion, il faut établir un plan de ce que l'on veut faire. Dans votre cas, vous voulez parvenir à un esprit de pénétrer dans un autre. Il faut s'inspirer comme vous l'avez mentionné, de la Légilimencie pour parvenir à préparer un breuvage qui comporterait les mêmes effets. Le problème est que votre potion a beaucoup d'effets secondaires car votre processus de développement est trop brouillon. J'ai pu percevoir des souvenirs précis au début, comme si votre esprit guidait le mien dans le votre, mais au bout d'un moment, votre esprit n'étant pas protégé, j'ai pu me promener où bon me semblait. Il me paraît nécessaire d'empêcher cela dans votre idée. Quand au mélange, si vous voulez un partage de perception, Miss Grave, il faut partir sur une toute autre préparation car je crains que le mélange des deux solutions s'annulent."


Harlow garda un moment le silence. Il se sentait bien, plutôt habitué à subir des expériences sur lui même il se remettait très vite. Son sortilège semblait avoir allégé la souffrance de Miss Grave aussi, il s'approcha de ses chaudrons et examina attentivement le contenu. Beaucoup de travail et beaucoup d'intelligence, mais elle partait dans la mauvaise direction. Les ingrédients étaient plutôt pas mal choisi mais il manquait des choses indispensables. Après avoir faire le tour de son plan de travail, Harlow leva la tête vers la bleue et bronze et croisa son regard.

"Je crois que vous avez amplement mérité ce que vous vouliez. Mais j'appose une condition. Je veux pouvoir devenir votre instructeur. Pour l'instant, je ne vous prêterais mes ingrédients qu'à condition que vous preniez mon enseignement pour vous améliorer. Votre esprit foisonnant est un atout mais il peut aussi se transformer en calvaire. Il faut vous apprendre à canaliser ça sans quoi vous pourriez devenir dangereuse pour les autres ... et pour vous même. Il me semble que l'expérience de ce soir prouve vos indéniables capacités mais aussi à quel point vous avez besoin d'aide. Et je pense que mon aide serait plutôt appropriée. Qu'en pensez-vous ?"


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MessageSujet: https://www.youtube.com/watch?v=sf6LD2B_kDQ   Lun 7 Juil - 20:38

Par-delà mes étoiles dans les yeux, que vois-tu ?
Ce sourire amolli par le soulagement qui se diffuse, se diffuse, dans ma tête, dans mon corps entier, anesthésiant...
À travers la Voie Lactée qui fait briller mes yeux, tu peux le lire, je pense.
Le soulagement.

Quelqu'un allait pouvoir me sortir de mes merveilles... me sortir de mon immense monde... Libérer cette tête trop pleine accro aux bruits et aux images, qui ressasse, ressasse, ressasse, chaque détail de ma vie, en l'espace de quelques secondes, l'infernal brouhaha de mon cerveau malmené.

Quelqu’un savait… Quelqu’un sait, comment me sortir de ce merveilleux et addictif Enfer.

Cette potion n’était pas une potion de légilimencie. Sur une personne normale, on ne pouvait pas percevoir tant de chose de l’esprit d’une personne, en si peu de secondes. Le moment présent, le sens de la conversation en cours, nos sentiments à ce propos… C’était la parfaite potion d’espionnage. Mais pas contre elle. Quiconque essaie de vivre cinq seconde de sa vie aurait dû tomber à la renverse, presque épileptique, malgré la rallonge du temps proposée par la potion.

Quelqu’un sait comment me faire avancer. J’aime le désordre, le chaos, l’infinitude, la liberté, mais comment refuser d’enfin avancer ?

Avoir treize ans pour toujours, c’est cool. Mais ça commence à faire un bout de temps, là, non ?

Un peu groggy et les nerfs complètement relâchés de leur tension habituelle, mon corps choit sur la chaise et la paillasse. J’ai du mal à garder les yeux ouvert mais je tiens à me redresser. Je me relève, comme un peu plus légère, plus légère dans ma tête. Le mal à quasiment disparu. Je m’incline devant toi, devant vous ? Je ne sais pas. Ce sera vous, sans doute. Mon plus beau et mon plus sombre sourire est pour toi, ce sourire qui pour la première fois, pour la seule fois de ma vie, montre à quel point je suis fatiguée d’être perdue, fatiguée d’être ballotée par mes idées et mes pensées, par les pensées des autres, plutôt que pouvoir me tenir debout, contre vents et marrées, à prendre ce qui me plait, à laisser partir ce qui m’ennuie.


« Je ne manquerais ça pour rien au monde, professeur. »

Le sourire d’une adolescente plutôt qu’une enfant émerveillée. Peut-être que c’est toi qui va me faire grandir, enfin. Je resterai la même, toujours heureuse de vivre, toujours heureuse de ma liberté, toujours heureuse d’apprendre… Heureuse de n’être rien qu’une poussière dans l’Univers.

Mais avec toi, professeur, peut-être que je pourrais montrer à ce monde que j’aime tant que j’en ai le droit, le choix, d’être une poussière, un simple témoin de cette réalité. Car si tu m’apprends je leur montrerai que je peux être des Grands. Que je pourrais les tenir dans ma main et les plier à ma volonté.

Mais je n’ai pas de volonté. Je veux juste être libre. Apprends-moi à leur dire que je suis libre. Apprends-moi à leur prouver que je n’ai rien à prouver.

Peut-être qu’avec toi, je vais enfin devenir l’adulte que je rêve de devenir. Enfin sereine. Enfin maître de cette trace d’égo qui sommeille en moi. Enfin maître de ce silence auquel j’aime appartenir, dans la cacophonie de mes Merveilles.

Mes merveilles, mes merveilles, ce monde que tu habites, dont tu es ingrédient constituant. Jertho Forth, toi aussi ; je veux témoigner de ce que tu es, avec les bons mots, la sémantique exacte, la méthode pour ne rien manquer, la minutie qui ne m’est pas naturelle pour te disséquer. Quel esprit se cacher derrière ton crâne ? Dis-moi. Sortiras-tu de mes Merveilles ou t’y engloutirai-je, dis-moi.


To Be Continued.
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Qui de nous deux est un voleur ?

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