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 Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter. [Fini]

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MessageSujet: Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter. [Fini]   Mer 11 Juin - 1:10



Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter.


Refermant mes bouquins, journaux et magazines, je décidai d'abandonner les recherches pour aujourd'hui. Sean semblait plus d'attaque que moi, mais je prenais le picotement dans mes yeux comme un signal envoyé par mon corps pour l'envoyer au repos. D'autant que cette nuit serait probablement courte, comme tant d'autres d'ailleurs, et mon programme était déjà tout tracé.

D'abord il fallait que je redouble d'ingéniosité pour me glisser hors du château. J'admirais le fait que malgré des années d'expérience le concierge ne soit pas capable d'empêcher les élèves récidivistes comme moi de se faufiler hors de leurs dortoirs et pire, hors des murs du château. Alors qu'il n'avait fallu que quelques jours ou semaines à Callum pour coincer la plupart d'entre nous. Mais bon, j'avais coutume de dire qu'il fallait un expert de l'évasion pour en coincer un autre, et ce brave Callum n'avait pas du être le plus sage en son temps. Et justement, j'étais sur le point de retrouver ma figure d'autorité préférée.

Armé de mon sac en bandoulière dont je ne me séparais quasi jamais, j'avais réussi à tromper la vigilance de l'équipe de garde, et je me dirigeais tranquillement vers le lac, traversant le parc à la seule lueur de ma baguette. Cela faisait longtemps que je n'avais plus peur de l'obscurité, et que j'avais presque l'impression d'en faire partie. Je ne m'arrêtai que lorsque je ne pus aller plus loin : j'étais au bord de la grande étendue d'eau.

Qui disait soirée passée en compagnie de Callum disait soirée sans alcool. Il ne supportait pas que je sois saoul, et le manifestait généralement de la façon la plus simple qu'il soit : c'était soit des grognements Callumesques, soit une manifestation physique de sa désapprobation. Parfois les deux, s'ils étaient vraiment mécontent. Malgré tout, je gardais toujours 3 petites fioles dans mon sac en bandoulière. Ne serait-ce qu'au cas où il me planterait, là, tout seul comme un con, à l'endroit où nous nous étions rencontrés pour la première fois.

Je ne doutais absolument pas de lui. Callum était probablement la personne la plus fiable que je connaissais. Non si je pensais qu'il y avait un risque qu'un mardi soir il ne pointe pas le bout de son nez, c'était parce que techniquement nous n'avions pas rendez-vous. On ne s'était jamais dit "tiens mecton, rendez vous mardi 22h au lac". Et pourtant chaque mardi depuis un sacré bout de temps maintenant, 22h arrivant, je me retrouvais au lac, et lui aussi. La première fois, c'était une rencontre du hasard. Les fois suivantes, j'avais cherché sa compagnie, sa présence rassurante, je devais l'avouer. Le rendez-vous était bien là pour moi, mais il était tacite.

Planté devant le lac, j'admirais sa noirceur fascinante par une nuit sombre comme celle-ci. Seul un lumos brillant au bout de ma baguette éclairait les alentours. Je soupirai doucement, jouant du bout des doigts avec les fioles ai fond de mon sac. Une telle noirceur le rappelait que même dans les endroits les plus familiers, les plus proches, il y avait une part d'ombre, et j'y voyais bêtement une allégorie de mon père.

La main tremblante, je m'emparai d'une des fioles. Allez, juste une avant qu'il n'arrive, ça m'aiderait à supporter la rage qui bouillonnait en moi a chaque fois que la pensée de la figure paternelle n'effleurait mon esprit. La fiole était à quelques centimètres de ma bouche lorsqu'une tape ferme, mais pas franchement violente, à l'arrière de la tête me fit sursauter et lâcher le petit contenant qui tomba et alla se vider sur l'herbe. J'aurais reconnu cette salutation muette et pourtant très parlante entre mille. Il fallait dire que je connaissais peu de personne qui exprimait leurs politesses avec leurs mains.


« Callum »

Dis-je en guise de salutation, sans me retourner tout de suite. Mes yeux tombèrent au sol, essayant de distinguer dans l'obscurité si tout le contenu de la fiole s'était vidée ou non. C'est que c'était foutrement chiant à préparer cet élixir mine de rien ! Mais ça, naturellement, il s'en fichait pas mal, puisqu'il avait décrété que je n'en avais pas besoin. Me retournant lentement vers lui, je posais mes yeux bleus plus lucides que jamais -puisque pas la moindre goutte d'elixir n'avait eu le temps d'atteindre mes lèvres- lui offrant un sourire simple.


« J'ai failli attendre »

Fis-je remarquer, ce qui était une aberration dans la mesure où on ne peut pas être en retard à un non-rendez-vous. Qu'importe, c'était mon habituel stratégie de détournement de conversation, pour ne pas s'attarder sur le fait que j'avais essayé de picoler en douce. Et pourtant, quelque chose ùe disait que je n'allais pas passer à côté d'une remarque, ou au moins un regard. L'avantage entre Callum et moi, c'était que j'avais fini par mieux comprendre ses regards, ses mimiques et ses gestes que ses mots. Ce qui faisait d'ailleurs de lui l'unique personne au monde capable de me réprimander sans même ouvrir la bouche. Quoique, Arya et son expertise en regards noirs avait un certain talent également. Maispour sur, Callum était un être assez exceptionnel.


« Je n’te ferai pas l’affront de dire que c’était de l’eau »

Lâchai-je finalement, dans un haussement d’épaules gêné. Je n’étais pas fier d’avoir été pris la main dans le sac, mais je l’étais encore moins d’avoir fait preuve de faiblesse de la sorte. Je pouvais bien lui aligner toutes les excuses du monde, je pense que pour lui, ça ne faisait pas grande différence, quelque part.

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Dernière édition par Jacob A. Jugson le Mar 16 Sep - 20:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter. [Fini]   Dim 29 Juin - 21:26


 ◈ Jacob & Callum◈
Ca me fout les nerfs de te voir ainsi
Je vais devoir hurler pour que tu réagisses ?





Qu’importe j’irai où bon te semble. J’aime tes envies j’aime ta lumière, tous les paysages te ressemblent quand tu les éclaires. J’irai où tu iras, mon pays sera toi. J’irai où tu iras qu’importe la place, qu’importe l’endroit.
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MessageSujet: Re: Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter. [Fini]   Lun 30 Juin - 19:37



Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter.





« Oublie le Archibald »

Grognai-je, grimaçant.

J’ignorais s’il l’avait fait exprès pour me faire sortir de mes gonds ou si c’était parfaitement inconscient. Techniquement, il le savait, que je détestais ce 2eme prénom. Ce n’était pas tant ce qu’il représentait –le nom de mon ancêtre, un type abominable- mais plutôt le fait que mon père s’acharnait à m’appeler par ce prénom là. Jacob n’était visiblement pas assez bien pour lui, à ses yeux seul Archibald avait de la valeur, et je savais pourquoi. Jacob, c’était le choix de ma mère. La relation entre mon géniteur et moi allant en empirant, je supportais de moins en moins mon deuxième prénom, et bizarrement, je le supportais encore moins dans la bouche de Callum. C’était comme si je le perdais aux griffes de mon père, c’était horrible, intolérable même.

Et même face à son sérieux, à son air solennel, presque grave, à son énervement palpable, je ne pouvais pas tolérer ce prénom en fermant ma gueule, c’était plus fort que moi. Ce n’était pas pour autant que l’attitude écrasante, imposante, de mon parrain de cœur, ne m’atteignait pas. Au contraire, de le voir les nerfs autant à vif, je me sentais d’un coup très mal. Ne surréagissait-il pas un peu ? Certes, j’avais déconné. Mais ce n’était pas la première fois, et il devait se douter que ce n’était pas la dernière. J’étais un maillon faible, ce n’était rien de neuf. Alors pourquoi s’énervait-il autant ? Je n’arrivais pas à savoir s’il avait passé une journée particulièrement mauvaise, si ça avait simplement été la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase, ou s’il y avait autre chose. J’avais envie de lui demander, mais il semblait tellement à vif que j’avais peur de ne parvenir qu’à le faire exploser.

Je déglutis, lentement, me sentant soudainement particulièrement vulnérable. J’avais l’impression d’être un enfant, une sensation que je n’aimais pas particulièrement. Un enfant était, à mon sens, trop fragile, trop exposé. Trop faible. Faible, c’était sans doute ainsi que Callum me voyait ce soir. J’osais à peine soutenir son regard, j’avais trop peur d’y lire de la déception. Je pouvais tout subir venant de lui : la colère, l’agacement et l’énervement, mais pas la déception. Le regard planté sur le lac, je me demandais combien de temps encore je pourrais garder le silence et fixer l’eau beaucoup trop calme. Prenant une grande inspiration, j’osai enfin relever mes yeux bleus vers lui. A la lumière faiblarde de ma baguette, ils devaient être plus sombres que d’habitude, et j’espérais qu’il n’y lirait pas toute la honte qui explosait en moi.


« Mon père »

Répondis-je finalement, la voix rauque, la gorge asséchée par le stress qui s’y était noué. Deux mots qui pour moi voulaient tout dire, pour lui probablement rien. Rien de neuf sous le soleil : mon père était une enflure, et Callum le savait. Je ne savais pas s’il saisissait à quel point je haïssais cet homme, à quel point il me dégoutait, mais il savait que notre relation était particulière. Il savait que mon père était un homme excessivement exigeant, dur, intransigeant, incapable d’amour, il savait aussi que je le soupçonnais d’être le meurtrier de ma mère sans en avoir la moindre preuve. Ce qu’il en pensait ? Je n’en savais franchement trop rien. A en croire ses positions quant à mon utilisation de l’alcool, je devinais que ce n’était, selon lui, pas une raison suffisante pour céder au soulagement facile de l’alcoolisme.

Mes poings étaient serrés et tremblaient tant je sentais l’énervement et la frustration me rongeaient. Comme à chaque fois que je pensais à mon père, mon sang entrait en ébullition, et des pulsions violentes, presque meurtrières, s’emparaient de mon cerveau. Mais au-delà de tout cela, je ne supportais pas la réaction de Callum. Car je ne la comprenais pas. Je n’arrivais pas à savoir s’il m’en voulait, s’il était déçu, s’il était en colère, s’il s’en voulait lui-même. Je ne savais rien et j’avais presqu’envie de pleurer de frustration. Je me retins néanmoins, songeant que ça n’arrangeait probablement pas mon cas. J’avais terriblement envie de sortir une nouvelle fiole et de l’avaler cul sec juste pour le pousser hors de ses limites, de le voir exploser. Peut être qu’en s’énervant encore plus, il communiquerait ? Là, je ne comprenais pas.


« T’as pas le droit de me dire ça »

Ajoutai-je, grondant plus que je ne parlais, les poings toujours serrés.


« Tu le connais pas, ce type. Tu sais pas ce que c’est de l’avoir dans sa vie. Dans sa tête. Il me rend barj. BARJ »

J’avais crié le dernier mot, ne faisant que prouver ce que je disais : dès qu’il s’insinuait dans ma tête, dans mon esprit, dans mes pensées, je déraillais. La haine m’aveuglait, le désir de vengeance étouffait mon reste de raison, et je devenais con, infiniment con, infiniment plus con que toutes ces brutes que je pouvais parfois mépriser ou prendre en pitié. Et plus je fouillais mon passé, plus je creusais cette sombre histoire, plus j’en parlais, plus la noirceur envahissait mon esprit. Etait-ce cela que voyait Callum ? Etait-ce pour cela qu’il semblait sur le point de ma refaire le portrait ? Pour me ramener à la raison ? Et lui, que se passait-il dans sa tête ? Dans son cœur ? Je voyais bien qu’il y avait plus qu’il ne voulait me montrer, et ça me tuait qu’il ne me parle pas à cœur ouvert.

Et d’un autre côté… Qui voulait ouvrir son cœur à un Barj ?
J’inspirais profondément. Une fois, deux fois, la troisième et je reprenais déjà pied dans la réalité. Le lac, le vent frais de la nuit, l’herbe un peu humide. J’avais la bouche un peu pâteuse, sans doute les vestiges de ma petite montée en émotions.


« T’as raison, je déconne sec en ce moment. »

Lâchai-je, la voix incertaine. Je n’aimais pas l’admettre, mais je n’étais pas dupe. Et j’espérais secrètement que plus vite on clôturerait mon cas, plus vite je pourrais lui demander ce qui le tracassait. Parce que quelque chose le tracassait. Dans l’obscurité ambiante, mes yeux clairs essayaient de percer ses secrets, mais Callum était en ce sens pire qu’un coffre-fort : lorsqu’on se retrouve à l’extérieur, impossible de deviner ce qui se passe à l’intérieur.


« Je crois que je perds un peu les pédales… »
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MessageSujet: Re: Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter. [Fini]   Dim 6 Juil - 18:49


 ◈ Jacob & Callum◈
Ca me fout les nerfs de te voir ainsi
Je vais devoir hurler pour que tu réagisses ?





Qu’importe j’irai où bon te semble. J’aime tes envies j’aime ta lumière, tous les paysages te ressemblent quand tu les éclaires. J’irai où tu iras, mon pays sera toi. J’irai où tu iras qu’importe la place, qu’importe l’endroit.
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MessageSujet: Re: Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter. [Fini]   Mer 9 Juil - 21:19



Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter.


Ce n'était sûrement qu'un prénom vieillot à ses yeux, mais c'était bien plus à mes yeux. Sur ce point là, Callum et moi avions des visions très différentes. Pour lui, c'était le futur qui définissait une personne, ce qu'elle voulait faire et qu'est-ce qu'elle faisait pour y arriver. Et si j'étais plutôt d'accord avec lui, je ne pouvais m'empêcher de penser que nos origines et notre histoire influençaient nécessairement ce qu'on devenait. C'était cette partie que Callum ne semblait pas vouloir considérer.

Souvent, je me demandais à quoi ressemblait son histoire. Par quoi était-il passé ? N'avait-il pas lui aussi des casseroles qu'il se trainait de ses jeunes années ? Il n’en parlait pas ou peu, et je n’avais pas réussi à amasser beaucoup d’informations sur lui. Pourtant il devait bien y avoir quelque chose dans son passé qui justifiait son avis très tranché sur le sujet. Bien conscient que je n’étais pas du tout en position pour poser les questions, je me contentai d’une petite moue peu convaincue. Inutile de rentrer dans un débat « Si »  « Non » « Si » « Non ». Callum et moi nous avions notre obstination en commun. Je préférai donc ne rien dire et laisser couler.

Je savais ceci dit qu’il ne lâcherait pas l’affaire ainsi. Je songeai que la meilleure façon d’apaiser tout le monde était de faire mon mea culpa : après tout, admettre que j’étais sur la pente descendante était la première étape nécessaire à la recherche d’une solution. Et si je préférais généralement me voiler la face par facilité, cette option n’était pas franchement envisageable avec Callum. Je l’imaginais mal gober mes jolies histoires sans rien dire, surtout pas dans l’état d’énervement dans lequel je l’avais mis.


« Comme tu y vas… »

Grognai-je, lorsqu’il me fit remarquer, avec politesse, que si j’n’étais pas content, j’n’avais qu’à aller voir ailleurs s’il y était –à peu de choses près, c’était ça. Le message était clair au moins, mais je devais dire que j’étais un peu vexé de m’être fait envoyer bouler ainsi. J’aurais du m’y attendre, il ne prenait jamais de pincettes. Si on voulait se faire passer de la pommade, pour sûr, ce n’était pas Callum qu’il fallait aller voir.

Quant à savoir si je me créais mes propres démons… Je n’étais pas certain de savoir ce qu’il voulait dire. Je n’inventais tout de même pas mes cauchemars !


« Comment ça je me créé mes démons ? »

Demandai-je, le ton calme, bien décidé à ne pas prendre la mouche et m’emporter inutilement sans lui laisser l’occasion d’expliquer le fond de sa pensée. Je commençai à la connaître, le Callum, mais je n’avais pas encore un décodeur me permettant de comprendre ses commentaires pour le moins concis. Il allait peut être se dire que je jouais au con, mais ce n’était pas le cas. Je n’étais juste pas certain de savoir là où il voulait en venir.

Sa main sur mon épaule me calme un peu plus, me rappelant qu’il n’était pas là pour me défier ou me descendre mais bien pour m’épauler, à sa façon. Il vint s’installer à côté de moi et je reportai mon attention sur le lac. La fiole par terre, je ne savais plus franchement quoi faire de mes mains, alors je finis par croiser mes bras sur mon torse, serrant mes doigts sur mes bras alors qu’il me posait une question sur les vacances d’été. Il avait une façon de m’interroger comme s’il y avait beaucoup plus qu’une simple question de routine derrière ces mots. Et il y avait beaucoup plus. Callum n’était pas un adepte du « small talk ». Discuter de la pluie ou du beau temps, très peu pour lui, il préférait le silence dans ce cas.


« Je viens de signer ma convention pour mon stage au LMRI »

Répondis-je, factuel. Je ne savais pas si Callum savait exactement ce qu’était le LMRI, après tout ce n’était pas franchement son domaine de prédilection, mais je n’étais pas certain que ça l’intéresse non plus. Après tout, ce qu’il voulait savoir, au fond, c’était si je me bougeais le cul. Le reste, j’ignorais s’il voulait des détails. Si tel était le cas, j’étais sûr qu’il ne se gênerait pas pour les demander.


« Et je cherche un appartement… enfin plutôt une chambre à Pré-au-lard. Londres c’est trop cher »

Et puis, je devais admettre que je flippais à l’idée de me retrouver mêlé à des moldus. Les quartiers sorciers de Londres coûtaient une petite fortune, alors à choisir je préférais encore m’installer à Pré-au-lard pour l’été et prendre le train tous les jours. Dans tous les cas, l’éloignement avec mon père était dans mes projets. J’étais prêt à prendre une chambre miteuse, un trou à rat s’il le fallait, pour ne pas passer l’été chez lui. Mon stage serait rémunéré, mais faiblement, et il faudrait compter sur mes économies pour payer le loyer, d’où l’idée de la chambre de bonne, mais dans tous les cas, je me débrouillerais pour ne pas avoir à passer plus de temps en la compagnie néfaste de mon géniteur. J’espérais que ce petit sevrage aurait un effet positif sur mes cauchemars et sur mon humeur en général.

Discuter ainsi de ma vie d’étudiante raviva soudainement ma curiosité à l’égard des aventures de Callum adulescent.
Ce virement de discussion -même si je savais que dans sa tête c'était lié au reste- me semblait l'occasion parfaite pour en découvrir un peu plus sur lui-même. Ce n'était pas que je cherchais à tout prix à changer de sujet, mais j'aurais aimé qu'il ne sache pas tout sur moi alors que je ne savais rien de lui. C’était frustrant.


« Tu faisais quoi toi au même âge que moi ? »

Lâchai-je, sans tourner autour du pot, tournant la tête vers lui, mes yeux tranchant l’obscurité pour essayer de capturer quelque chose sur son visage. J’avais l’impression d’avoir escaladé une barrière pour me promener sans autorisation dans le jardin de Callum, et je m’attendais presque à me faire virer de là à grands coups de pied…. Mais après tout : qui ne tente rien n’a rien !

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MessageSujet: Re: Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter. [Fini]   Jeu 28 Aoû - 22:54


 ◈ Jacob & Callum◈
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MessageSujet: Re: Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter. [Fini]   Mar 16 Sep - 20:41



Wise men don't need advice, fools won't take it. Until I'm the former, I count on you to help me not be the latter.


Est-ce que je venais d’halluciner, ou Callum venait VERITABLEMENT de me proposer de me loger cet été ? La proposition me semblait improbable… Pourtant il avait toujours été présent pour moi, toujours à m’épauler, même silencieusement ou discrètement. Ses engueulades, ses remontrances, tout ça, je savais pertinemment qu’il le faisait pour moi. Derrière ses airs d’ours grognon, Callum était quelqu’un de particulièrement altruiste. Il plaçait toujours les autres avant lui, et j’aurais voulu lui rendre ne serait-ce qu’un 1/8ème de ce qu’il m’avait donné. Je n’aimais pas le considérer comme mon père spirituel, car pour moi la notion de « père » avait toujours été entâchée par les actes de mon propre Paternel. Le terme de « parrain » était, pour moi, bien plus fort. Il y avait derrière ce concept l’idée de quelqu’un qui se porte volontaire pour veiller sur vous devant Dieu. Alors certes, je n’étais pas croyant, mais je voyais volontairement Callum comme mon parrain. D’ailleurs c’était ainsi que j’avais commencé à le définir auprès de mes amis –ça m’évitait au passage de dire qui il était et de le mettre dans une situation compliquée, car je n’étais pas certain que l’homme de main du ministère était censé babysitter les étudiants….

Cela dit, c’était peut être moi qui m’emportais, aussi. Techniquement il ne m’avait pas dit « emmenage chez moi » il m’avait dit « Viens me voir cet été », ce qui pouvait très bien vouloir dire « on se fera un barbeuc et après tu retourneras CHEZ TOI ». Mais Callum ne disait jamais rien au hasard, et son « Viens me voir cet été » tombant juste après mes projets de recherche de logement c’était… Probablement calculé.


« Avec plaisir »

Répondis-je finalement, un sourire détendu sur les lèvres. Ce n’était pas tant qu’il venait de m’ôter une épine du pied –déjà parce qu’à ce stade c’était carrément une stalactite géante qu’il venait de m’enlever- mais ça me faisait plaisir de voir que nous nous rapprochions, même si c’était à petits pas et pas toujours de manière perceptible. Disons qu’aux yeux de tous nous devions sembler assez distants, mais il fallait connaître Callum pour comprendre quand il tenait à quelqu’un ou non. Dans tous le cas, ça comptait beaucoup pour moi, surtout en ces périodes troubles où je laissais mon Géniteur gâcher mon humeur. Et puis j’avais nettement moins de pression sur les épaules en sachant que quoiqu’il arrive, j’avais un endroit où loger.

Et la suite de ses mots me mit encore plus du baume au cœur. Marlow. Sa fille. Il m’en avait déjà parlé, très brièvement ceci dit, Call n’était pas homme à s’étaler sur sa vie privée. C’était la première fois que j’entendais son nom… Mais je me sentais honoré qu’il veuille que je la rencontre. Mine de rien, ça signifiait beaucoup pour moi : cela voulait dire qu’au fond, malgré mes défauts, malgré mes erreurs, il me croyait digne de rencontrer la personne la plus chère à son cœur. Callum était un homme solitaire, laconique, et pas très démonstratif, mais je l’imaginais comme un père génial.


« J’ai hâte de la rencontrer »

Je me demandais un peu à quoi pouvait ressembler une mini-Callum. Je ne connaissais pas son ex-femme, et sa fille devait probablement tenir d’un peu des deux, je me demandais juste de quelle partie de lui elle avait pu hériter. Glissant mes mains dans mes poches, l’humeur bien plus légère qu’il y a quelques minutes à peine, j’esquissai un sourire amusé.


« Est-ce qu’elle te ressemble beaucoup ? »

Je me demandais d’ailleurs à quoi pouvait ressembler Callum à cet age là… J’avais du mal à l’imaginer en gosse bruyant et agité, lui qui était toujours si stoïque… Mais je savais aussi que les gens pouvaient changer. Beaucoup. Et je n’osais pas vraiment aborder le sujet du passé à nouveau, ça ne semblait pas lui avoir plu la dernière fois..


« Non ne me dis pas en fait… J’aurai la surprise le week-end prochain »

Ca me laisserait le temps de faire mes pronostics, mais quelque chose me disait que peu importe l’image que je m’en ferais, je serai surpris. Quoiqu’il en soit je serai vite fixé.

Inspirant doucement, je constatai que j’étais beaucoup plus calme maintenant qu’à mon arrivée. Même lorsqu’il me brusquait et haussait le ton, Callum parvenait généralement à m’amener une paix intérieure que je n’avais jamais osé espérer jusque là. Il avait cet espèce de don d’apaisement que je n’avais jamais vu chez personne d’autre. J’avais envie de partir me reposer sur cette touche positive, espérant même que, peut être, cette nuit serait calme, dénuée de cauchemars. Ces nuits là se faisaient rares cela dit…


« Je vais tenter un retour aux dortoirs… Demain la journée est longue je vais essayer de rassembler quelques forces »

Déclarai-je, continuant sur ma pensée positive. Je ne voulais pas trahir la confiance qu’il m’offrait en allant me planquer dans un coin du château pour me descendre mes fioles. Pas ce soir. Je ne savais pas exactement combien de temps cette bonne résolution allait durer, mais j’avais au moins envie d’essayer.


« Bonne nuit Callum »

Lui lançai-je, m’apprêtant à retourner vers le château. Je marquai une pause, mes yeux posés sur sa silhouette toujours tournée vers le lac. Il avait l’air pensif, et je me demandais quel genre de pensées le hantait.


« Et encore merci »

Je ne pouvais pas ne pas le remercier. Il y avait trop de sujets pour lesquels je lui étais reconnaissant : l’offre de logement, son aide, ses conseils, sa confiance, le fait qu’il n’ait pas encore lâché l’affaire avec moi-même lorsque je cédais à mes plus bas instincts. Inutile de préciser, il devait se douer du pourquoi de mes remerciements. Et sur ses paroles, je repartis vers le château, étonnamment guilleret pour quelqu’un qui broyait du noir il y a 1 heure à peine. Heureusement qu’il était là pour me maintenir à flot.

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