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 Ma haine face à la tienne. [Terminé]

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MessageSujet: Ma haine face à la tienne. [Terminé]   Mer 4 Juin - 23:32




My sweetheart,  
J'ai dessiné sur ta peau il y a de cela trois mois. J'ai arraché sa peau il y a trois jours.
Trois misérables jours. Tu ne peux pas imaginer à quel point j'aurais aimé entendre ses gémissements de douleur… Il était aussi faible que toi : son corps convulsait sous les vagues de souffrance qui coulait le long de son pauvre corps. Je me suis contenté de son regard aveuglé, le reflet de son tourment dégoulinant sur son visage. De ses larmes, de son souffle chaotique et des mouvements brisé de ses membres que j'aurais tant préféré mort… Tu m'entends ? J'aurais préféré voir ton cher adorable petit et méprisable Guillem mort. J'ai tant aimé sentir sa vie se distiller entre mes doigts. Mourir. J'ai contemplé longuement mon véritable chef d'œuvre : il ne méritait presque pas cet honneur. La seule chose qu'il méritait c'était cette douleur. Le mal que j'ai gravé dans son corps à jamais. Autant que je vivrais. Et crois-moi, ma douce petite traînée, je vivrais longtemps… Pour te rendre un peu plus dingue chaque jour. Tu crèvera de folie dans mes bras, Serena.
Je les ai observé ces mots que j'ai gravé à jamais sur sa peau. J'ai regardé. Mais je ne voyais rien. Non. Seule la colère grondait en moi. Une véritable bête qui déchirait mon être entier. Elle était à l'intérieur, elle se débattait. La colère… L'envie de vengeance. Le besoin personnel. Et son faciès des plus écœurant. J'ai frappé. Mon poing s'est heurté à son visage. J'ai sentis mes muscles se contracter. J'ai sentis l'effort rouler le long de ma musculature. Et j'ai sentis ce liquide chaud contre mes doigts. Je devenais fou. Ivre de sang.

Et puis je suis parti, débordant d'amour.

Serena, ma douce Serena, ma petite idiote. Je t'ai mis en garde plus d'une fois. J'ai besoin de toi et de ton nom. Tu te détournes de moi ? Je resserre le nœud. Tu oublies bien trop souvent, mon amour, que j'ai glissé un nœud coulant autour de ta gorge. Souhaites-tu crever ici, si loin de ton but ? Continues tes jeux d'amour, tes jeux futiles qui te pourrissent jour après jour. Je pensais t'avoir montrer la réalité et ce qui sert réellement la vie : le pouvoir. Ton ambition s'effiloche, comme ma confiance en toi. D'alliée, tu t'es fracassé pour te transformer en jouet. Crois-tu seulement, que cette simple idée me plaise, très chère ? Tu m'abandonnes, toi et tes jolies jambes. Tu me laisses derrière, pour aller jouer avec d'autres. Comme si il y avait plus intéressant que moi…  Comme si il y avait plus important que ton avenir, le mien, le notre, celui de notre monde entier. Oui. Visiblement, tu t'étais découvert une bien dégoulinante passion pour les verges esseulées. Très intéressant à inscrire sur ton curriculum, ma belle. J'espère que tu as bien pris ton pied lors de ta dernière nuit avec ton cher et tendre Guillem… Parce que je l'ai détruis. J'ai glissé dans son âme une noirceur morbide, avide de colère et de pouvoir.

Regarde-moi, Serena.

Voilà plus de trois mois que je ne t'ai pas approché. J'espère que j'ai laissé coulé contre ta peau, la cire chauffée d'une rancœur déroutante. Je n'étais pas là, ni derrière toi, encore moins à tes côtés. Pas un regard pour te reprendre à l'ordre, rien. Je t'ai abandonné, chaton. C'est triste, n'est-ce pas ? Tu es seule, désespérément seule. J'ai écarté de ton chemin toutes ces personnes qui faisaient battre ton cœur - ou plutôt humidifier certaines de tes muqueuses si je puis dire. Et à moins que tu ais abandonné toute matière grise à force de fréquenter des anencéphales, tu t'es éloignée toi-même. Tu sais, la stupide culpabilité de savoir que tu es responsable de tout… Oh oui, Serena, d'absolument tout. Même de mes crimes les plus beaux.

Et tu sais ce qui est le plus magnifique dans tout ca ?

C'est que ce soir, ma tristesse, elle coule contre ta peau. Cette marque gravée à ton bras, celle qui fait de toi un ange déchu, transpire dans ton être une détresse inconnue. Lentement elle se glisse dans ton sang, et se déverse dans tes rivières pourpres. Lentement, cette détresse devient tienne. Crois-tu, méprisable catin, que je suis dénué de sentiment ? J'ai été doux. J'ai été bon. Tu n'as toujours vu que ce que tu voulais voir au travers de mes masques. Tu associais des fragments qui n'avaient aucune cohérence, si ce n'est ta peur grandissante. Je ne veux pas que tu t'éloignes.

Méprisable fille de joie abandonne la Lune.
Je t'offrirais le monde, et je colorai le Soleil du sang de ces monstres qui ont fait coulés tes larmes lorsque tu étais jeune. Tous, sauf le mien.

J'étais là, les mains dans les poches, perdu dans mes pensées. Le vent glacé léchait mon corps, donnant vie à mes mèches brunes. Je fixais la Lune. Combien de fois, avions nous passés nos nuits aux fenêtres à regarder les étoiles et cette astre nocturne, lorsque tu n'arrivais pas à dormir.. ? J'ai mal bordel. Tu ne peux pas me faire ca, Serena. Tu ne peux pas faire ça. Abandonner tous nos projets. Cracher sur tous mes plans. Tu ne veux plus être celle que j'ai tant désiré ? Je ne t'ai pas transformé, Serena. Je ne t'ai pas changé. Je t'ai aidé. Je t'ai guidé. Je n'ai fais qu'exacerbé ce qu'il y avait en toi. Mais aujourd'hui, tu me tournes le dos. Aujourd'hui, je me sens pris à la gorge par mes erreurs. J'étais bien stupide de nourrir tant de chose pour toi. Pour nous. J'ai cru, bordel, que j'avais trouvé quelqu'un qui me comprenait… Mais tu n'étais qu'une chimère, Serena. Une putain de chimère.

Tu n'es qu'une enfant capricieuse… Je t'ai protégé, j'ai tellement sacrifié pour toi. Tu ne vois rien, tu es aveugle, tu ne vois que toi et le reste.

Mais as-tu seulement conscience que cette marque affreuse sur ton bras repends douceur et confiance lorsque tu te rapproches de moi ? As-tu remarqué que lorsque nous avions cours ensemble, ces heures-là étaient les plus savoureuses de ta journée ?

Je sais que tu ne m'oublies pas, Serena.
Mais j'ai besoin de toi.
J'ai une promesse à accomplir, moi aussi.
Nos promesses.

Mes larmes contre ton coeur,
Mes baisers contre ta peine,
Ma haine face à la tienne.
Créateur de douceur, fausse candeur.

© charney



Dernière édition par Audric A. Saddler le Mar 8 Juil - 23:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ma haine face à la tienne. [Terminé]   Sam 7 Juin - 14:56

Ma haine face à la tienne


« Close enough to fall inside, close enough to kill »

Quand avons-nous commencé à nous défaire ainsi l'un de l'autre ? Je plonge dans la multitude de mes souvenirs, les trie, les chasse, mais rien ne vient répondre à cette question. Je ne sais pas. Ou plutôt, ai-je l'impression que trop de réponses sont probables pour que je puisse sincèrement poser le doigt sur l'une d'elle et affirmer que celle-ci est la bonne. Mon ange. Mon adoré. Je n'avais qu'un monde alors et il tournait tout entier autour de toi. Si j'ai toujours été indifférente aux projets que sont les tiens, je me souviens d'un temps idyllique durant lequel tes rêves étaient les miens. Je n'ai jamais voulu d'un monde dans lequel la pureté du sang prônerai mais puisque toi tu le désirais ainsi alors je m'agenouillais avec grand plaisir pour servir ta cause. Oui, je n'avais alors en te regardant que des étoiles dans les yeux et une chaleur latente dans le cœur. Te souviens-tu mon adoré, de ces nuits que nous passions ensemble, à nous complaire dans la seule étreinte de l'autre ? Te rappelles-tu de tes promesses ? Moi, je me souviens parfaitement de ces mots que tu glissais à mon oreille, de ceux qui me promettait le bonheur, de ceux dans lesquels tu jurais que jamais tu ne pourrais me faire de mal tant tu m'aimais. Tant je t'aimais. Quand alors a-t-il disparu notre amour ?

Mille possibilités, mais je crois à raison, que l'engrenage s'est mit en marche le jour où tu as cessé de me traiter comme ton égal. Le jour où tu as fais de moi un pantin. Notre serment avait tant de valeur, était si beau, comment imaginer que tu détournerais ce dernier pour me contraindre à ce que je ne voulais pas ? Peux-tu seulement imaginer la souffrance que l'on ressent à ne pouvoir agir selon son libre arbitre, le couteau de ta volonté menaçant ma gorge à chacun de mes pas qui te déplaisait ? Oh non tu ne sais rien. Ne sens rien. De tes belles paroles ne reste que des menaces, de tes beaux regards ne reste que la perfidie. J'aimais un homme, mais d'homme il n'y a plus rien en toi. Espèce de monstre, déchet de haine, aveugle et imbécile tu t'imagines sans doute que cette colère et ces tourments que tu infliges me rappelleront à toi ? Pour toi qui aime tant à dire qu'ils ont oublié leur histoire, tu n'as pas un regard sur le passé. Que crois-tu que font les peuples qu'on opprime quand en réponse à leurs rancœurs la main du roi se fait plus ferme ? Et quel intérêt peux-tu bien trouver dans tout ce que tu m'infliges ? Non, il ne te suffisait pas de m'ignorer, de me forcer, de m'impliquer dans les pires abominations qui soit, non toi mon amour, il a fallu que tu t'attaques à lui. Au seul cœur pur qui n'ait encore jamais été souillé ! Ai-je eu si tort de croire que je pourrais un jour me défaire de toi en ayant un seul ami qui ne te sois pas affilié ? Ne te suffisait-il pas de me punir moi pour que tu le punisses lui ? J'ai vu son visage aujourd'hui, pour la première fois depuis ton crime. Et tu as de quoi être fier. Les ecchymoses sur son visage ne sont rien en comparaison de ce qui se lit désormais dans ses yeux. Et de ses paroles toujours bienveillantes et caressantes ne reste que de l'amertume. Du garçon tendre et naïf que je connaissais ne reste plus qu'un homme grignoté lentement par la rage, le même qui chassa ses amis de ses côtés. Le voilà seul. Me voilà seule. Te voilà seul. Est-ce là la situation que tu voulais, es-tu enfin satisfait ? Non... C'est ainsi que tout commence n'est-ce pas ? Il y'a déjà un nouveau nom sur ta liste, j'en ai la certitude. J'ose presque prier pour qu'il s'agisse du mien tant la fatigue m'accable à présent. Ni allié, ni ami, dans un château où tous pourtant connaissent mon nom, quelle belle ironie. Je te déteste. Par tous les dieux ce que je te déteste, toi et ton insatiable folie de sang, je vous hais ! Merlin, je revois son regard glaçant et sais-tu de quoi je rêve alors ? De mes mains autour de ta gorge, de mes mains dans ta chair. Adieu le temps béni où mes gestes n'étaient pour toi que caresses, c'est la guerre que je te veux. Te rendre ne serait-ce qu'un infime centième de la douleur qu'est aujourd'hui la mienne, dont tu es la source ? Et dans le même temps, je garde enfoui en moi ce douloureux mais inévitable amour qui me fait verser des larmes dès lors que je pense à t'infliger au pire. Non, je ne suis pas comme toi. Je ne suis pas capable de verser le sang, de te faire souffrir par simple vengeance. Je ne serais jamais capable moi, même rongée dans les plus hauts tréfonds de ma haine, de t'immobiliser, de te priver de tes sens et de te mutiler soigneusement. Je ne pourrai jamais moi, venger mon amertume sur ce que tu as de plus cher. Je le devrai pourtant. Oh oui j'aurai tant de raisons d'agir ainsi, ce ne serait que justice. C'est ce que nous adulons l'un et l'autre n'est-ce pas, la justice ? La mienne me donne raison et te condamne au pire, mais il me reste encore mes souvenirs. Prie le ciel que ces derniers jamais ne me quitte car alors ce qui nous lie aurait vraiment disparu pour de bon.

Lentement, je grimpe les marches menant à la tour d'astronomie. J'ai le cœur lourd, plein de regrets, de culpabilité. Cette voix dans ma tête refuse de se taire et me crie haut et fort que je n'aurai jamais du m'approcher de Guillem. Que rejeter Danyell a été une bonne chose, que je lui épargne bien du mal ainsi. Aujourd'hui mon meilleur ami se trouve dans un lit d'hôpital. Aujourd'hui mon meilleur ami n'existe peut-être même plus. A cause de toi. A cause de moi. Quelle différence au fond ?
Revenir dans cet endroit qui était un peu le nôtre ne me le ramènera pas, m'asseoir offerte la brise en me remémorant tous les bons moments passés ici n'en amèneront pas d'autres. C'est un peu comme venir se recueillir sur une tombe, à la différence que Guillem n'est pas mort. Du moins physiquement. Je pousse la porte, me sent de suite envahie par la fraîcheur de la température au dehors et dès lors mon cœur s'arrête. Ou peut-être bat-il soudain plus fort alors qu'une envie de pleurer vient menacer mes yeux.

Toi. Ici.

Quelle plus douloureuse surprise que celle-ci ? Ne m'as-tu pas déjà assez pris comme ça pour te trouver maintenant sur le chemin de mon deuil ? Je te déteste. Toi, tout ce que tu es, tout ce que tu fais. Je te déteste ; m'avance vers ta silhouette me tournant le dos. Depuis combien de temps n'ai-je pas entendu ta voix ? Depuis ce jour où par ta présence j'ai rejeté encore une fois l'homme que j'aimais. Ou peut-être que je l'ai aperçu au club de potions... Va savoir. Elle ne me manque pas. Je voudrais ne plus jamais l'entendre, ne plus jamais avoir à faire à elle. Ne plus jamais ni te voir, ni te parler, ni te toucher. Pourtant mes bras doucement viennent s'enrouler autour de ta taille, mon menton reposant sur ton épaule. La lune que tu contemple, nous la dévisagions ensemble autrefois.

Oui, nous la dévisagions. Ensemble. Autrefois.



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MessageSujet: Re: Ma haine face à la tienne. [Terminé]   Sam 7 Juin - 19:07




I'm sorry.  



J'aimerai pouvoir y croire quelques secondes. Un frisson diabolique me prend, sursaut de peur. J'aimerai pouvoir fermer les yeux et me dire que rien de tout cela ne s'est jamais produit. Le vent souffle. Tes longues mèches sombres dansent. Ton parfum m'effleure et ton aura m'assassine. J'aimerai pouvoir avoir confiance à cette étreinte. J'aimerai pouvoir y croire, sincèrement. Juste une seconde. Mais il n'y a que la tristesse qui s'imbibe dans ma chaire. Cette même détresse qui coule de ta peau gravée et vient s'unir à la tienne.

J'aimerai pouvoir te montrer à quel point je t'aime, Serena. Te montrer à quel point tu es importante à mes yeux. A quel point je me sens mourir, toujours un peu plus, lorsque tu es loin de moi. Depuis ce jour où j'ai laissé ma colère parler. Depuis ce jour où ma jalousie m'a fait perdre la tête. Mon cœur a tremblé et j'ai tué ce qui nous liait. J'ai glissé dans les tréfonds de ma propre horreur. J'étais ma propre victime, enchaîné à mes propres jeux diaboliques, condamné à souffrir en paix.

Mais la seule chose que j'arrive à te montrer… Te faire goûter, là, qui coule contre tes lèvres… c'est la profondeur de ma fureur. Lorsque tu éloignes, j'hurle si bas. Etouffé par la fierté et mon avenir. Je laisse danser la couleur de ma haine lorsque tes sourires si sincères me déchire plus fort encore. Tes si beaux sourires qui sont destinés aux autres. Ton adorable et profonde rancune qui n'est que pour moi…

J'essai de bien faire, tu sais. J'ai voulu être un exemple. J'ai voulu tout être pour toi. Ton frère. Ton père. Ton confident. Ton ami. Ton amour. Tous, sauf ton amant. Je ne voulais te souiller. Petit ange que j'ai fracassé. Je frôle ton amour, je cajole ta colère et l'instant d'après je tremble de frustration. J'ai envie de t'arracher le cœur, Serena. J'ai envie de te tuer, te massacrer, te refaire toute entière. Tu es la preuve vivante que je suis faible. Faible face à toi et la courbe de tes cils. Faible et perdu face à tes émotions et ta vie, celle qui brille au fond de tes prunelles.

Tu n'es pas mon peuple. Tu n'en ferras jamais parti, Serena.

« Je suis désolé. »

Tu es ma Reine.

J'ai baissé mon regard, observant le vide. C'est ca que tu désirais ? M'étreinte pour mieux me précipiter dans cette noirceur ? Je pourrais souffler n'importe quoi, tu ne me croirais pas. Ton adoré s'est transformé en monstre. De mes pensées et de mon être n'émergent que l'horreur et la folie. Mais c'est faux. Je n'ai jamais voulu lui faire du mal. Ni à lui, ni à toi. Tu t'es perdu dans les illusions que nous t'avons créés. Tu t'es perdue, tu t'es éloignée, tu m'as abandonné. Pourquoi serais-je seul, et toi si entourée ? Je souffre, tu souffres avec moi. A la vie, à la mort, Serena. Je te crèverai de mes propres mains, de mon amour que tu rejettes, de mon amour destructeur.

Tu n'as jamais rien vu, par delà les masques. Tu ne m'as jamais apprécié. J'ai toujours été otage de cette perfection que je me devais d'avoir pour être là, à tes côtés. Tu ne voyais pas que je peignais sur toi, toute ma vie. La tienne. La notre. J'ai laissé dans ton être les traces de tes mensonges. J'ai fais couler sur ta peau ton sang et la puissance de ma colère. La couleur de ma haine.

Rouge.

Rouge, comme la violence de mon amour. Rouge, comme la couleur de tes lippes tâchées par mon sang. Rouge, comme la couleur de ta robe que j'aurais souillé. Tu ne comprends rien, Serena. Jamais.

Lentement, mes doigts ont effleuré tes poignets. Ce simple contact m'achevait. Lentement, je me suis défais de cette étreinte si désirée. Lentement, je t'ai fais face. Mes yeux vinrent écorcher ton merveilleux visage. Une douceur maladroite, un amour catatonique.
Je t'observais. Je me sentais tellement faible à tes côtés, lorsque tu me rejetais. Tu étais là, sans l'être. Je n'ignorais pas ce qui se passais dans ton esprit… Mais tu créais la même chose en moi, monstrueuse sorcière.

Délicatement, j'ai effleuré ta joue de mes doigts. Mes pupilles cajolaient ton faciès d'ange perdu. Mon pouce appuya légèrement contre ta mâchoire. Je me penchais vers toi. L'envie de cueillir tes lèvres grondait en moi. Une véritable furie qui m'égorgeait. Pourtant mon souffle se retint et mes lippes baisèrent ton front, tes mèches sombres. Un nouveau murmure étranglé s'envola dans l'air violent : « Je suis désolé… »  

Tu n'as jamais su faire la différence entre mes mensonges et mes vérités. Tu n'as jamais su voir, que ma vie n'était qu'une toile de tout ça. Tout était étroitement lié. J'étais enchaîné à mes propres tromperies, à la vie, à la mort.

Esclave de mon agonie, je t'ai serré contre moi. Lentement, doucement, sûrement. Un contact protecteur, véritable promesse de nos douleurs. J'ai fermé les yeux si fort, incapable d'oublier. La gorge serrée, le cœur mort, je me redressais. Je n'ai jamais autant aimé la noirceur de la nuit et ta petite taille. Discrètement, mes doigts vinrent essuyer cette larme orpheline.

Créateur de l'horreur, Prince des Ténèbres.  
Laisse-toi plonger dans ma trompeur,
Apprends à aimer nos noces funèbres.

Je te redonnais ta liberté, incapable de te faire subir plus longtemps ma présence et mon égoïsme. Et je me suis éloigné, parce que je savais que je n'avais rien à faire ici. Je n'avais plus ma place à tes côtés, ni là sur cette tour et encore moins au fond de ton cœur.

Fermes les yeux Serena, je disparais.



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MessageSujet: Re: Ma haine face à la tienne. [Terminé]   Mar 10 Juin - 18:56

Ma haine face à la tienne


« Close enough to fall inside, close enough to kill »

Nous pensions-nous au-dessus du monde par la seule pureté de notre sang ? Paire inséparable que nous sommes, merveilleux imbéciles incapables de choisir. Se déchirer ou s'unir, avons-nous jamais  su faire correctement l'une de ces deux choses ? J'ai bien peur que non. Tout ce que nous savons faire, toi et moi, c'est nous opposer l'un à l'autre. Ainsi quand tes mains se tendent vers moi je m'éloigne. Ainsi quand j'enroule mes bras autour de ton corps au prix d'un effort démentiel que tu ne devines sans doute pas, te voici qui m'écarte, me glissant des mots m'écorchant vive. Désolé. Se peut-il que toi tu saches seulement ce que signifie demander le pardon ? Je me plaît à le croire. Je t'ai aimé. Je t'aime encore. T'aimerai sans doute toujours d'une manière ou d'une autre, perfide et monstrueux. Mais désolé ? Toi, désolé...

Jamais à mon oreille deux mots n'ont si mal sonné que ces deux là. Et de quoi au juste es-tu en train de t'excuser ? T'excuses-tu de briser notre étreinte, ou prie-tu un peu pour un pardon que je ne pourrai jamais te donner ? Un pardon, pour les souffrances, pour l'oppression, pour les blessures. La liste de tes péchés est tellement longue. Je me maudis en songeant que la mienne s'étend dans l'ombre de la tienne depuis de si longues années. Etions-nous destinés l'un à l'autre mon adoré ? Que seraient nos vies aujourd'hui si tu n'avais jamais pris ma main pour me guider vers toi, pour mêler mes pas aux tiens ? Je me demande oui, si cela aurait pu changer la moindre chose entre nous. Mais ton regard, le plus beau de tous, entre ciel et terre aura beau me scruter toute une vie comme tu le fais à présent, il n'y aura pas de réponse. Je ne suis, tu n'es pas. Nous sommes. Pas d'autre chemin possible, il faut juste s'y résoudre. Pourtant te voilà qui t'éloigne, qui me quitte. Et toujours ces mêmes mots. Je suis désolé. Et désolé de quoi misérable faquin que tu es ! Nous allons et venons, nous croisant toujours. Sais-tu seulement combien la vie est douloureuse quand elle se mêle à la tienne, et tu n'as que ces mots en bouche ! Je suis désolé. Moi je ne le suis pas. Je suis désolé pour les amours que j'ai abandonné. Désolée, pour les amis blessés par ma faute. Désolée, pour ceux que je pourrai sauver et que je laisse en proie à tes griffes. Mais désolée, je ne le suis jamais pour toi. Je n'accepterai rien de si lâche venant de toi. Tu as tâché notre route de sang, du leur, du mien. Il n'y aura jamais de pardon pour cela. Je te veux droit et fort, fier et implacable. Je hais l'homme qui m'a tant infligé mais le méprise bien moins que celui qui s'excuse. Tu n'as pas le droit mon amour, d'infliger tant de peine et de courber la tête. Dans cet état d'esprit, stoppant tes pas s'apprêtant à me quitter, c'est d'une voix teintée d'amertume que je m'étend enfin sur l'objet de ma rancœur présente.

« Je ne te pardonnerai pas. »


Mes propres mots me blessent. Dans un monde idyllique où les règles du jeu seraient simplifiées pour nous, j'aurai pu te courir après et te serrer à nouveau contre moi. Sans doute cette fois m'aurais-tu serrer contre toi. Aurions-nous pleurer ? Non, les larmes sont artifices. Nous nous serions tenus là dans la lumière du soir, comme nous l'avons toujours fait, ta main dans la mienne. Sans doute nous serions-nous promis que désormais toute la peine serait derrière nous et que plus aucun nuage ne viendrait menacer nos horizons. Quel beau tableau cela ferait. Nous l'aurions intitulé le pardon, mais cette vie n'existe pas. Elle n'a sa place nulle part, pas même dans les rêves.

« Si tu t'excuses à nouveau, je ne pourrai jamais te pardonner, tu entends ?» Le silence pour seule réponse, mais je sais que tu es toujours là. « Non tu n'entends pas. Tu me fuis encore... »
Un murmure.« ...Mon amour »

Mes pas résonnent sur le bois craquant de la pièce, m'éloignant un peu plus encore de toi. Lentement mes poumons s'emplissent de la fraîcheur de l'air qui vient faire danser mes cheveux libérés, les faisant me fouetter le visage. Cet endroit était mon refuge. Le mien et celui de Guillem. Même cela tu te l'es accaparé à présent, volontairement ou non. Mais penser me quitter maintenant que tout cela est fait, comme abandonner un chiot après l'avoir sauvé, nourri, aimé et lui avoir donné un nom. N'est-ce pas là ce qu'il y a de plus cruel au fond ? Plus cruel encore que tes caprices. Plus cruel encore que tes colères, que tes crimes. Si tu m'abandonnes Audric ce sera fini ce soir. Le sens-tu mon adoré comme nos cœurs semblent lourds ? Je regarde le vide qui s'étend devant moi. Les jours sombres arrivent. Un an que nous travaillons, l'un avec l'autre. L'un contre l'autre. Le vent va tourner, la terre déjà tremble du courroux prêt à s'abattre sur elle. Par notre faute des gens vont mourir. Pour tes rêves, pour les miens. Ne quitte pas cette tour mon prince. A présent que tu m'as tout prit, pars maintenant et je n'aurais plus rien. Plus rien d'autre que toi. Je te déteste tellement pour ça, je te haïrai toute ma vie pour ça mais faute d'avoir le choix je te donnerai tout, ne demandant qu'une chose en retour.

« Reste. Je t'en prie.»




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MessageSujet: Re: Ma haine face à la tienne. [Terminé]   Mer 11 Juin - 0:50




You are mine.  


Mon amour. Mensonge et foutaise. Dédain et mépris. Tu étais aussi affreuse que moi, mon amour. Manipulatrice à souhait. Je devrais être fier de ce que j'ai provoqué, mais ce n'est guère le cas. Mon amour. Mon refuge tu me l'as arraché. Tu t'es détournée et de tes bras je n'ai plus qu'un vague souvenir. Ta présence n'est qu'une chimère enflammée qui consume ma peau. J'aimerai tant l'arracher, me défaire de cette douleur lancinante qui est devenue mon amante. Mais elle est là, liquéfiée, dégoulinante et fétide incendiant ma chair et mon esprit, s'infiltrant dans mes failles béantes et sans fond.

Mon amour de toujours, toi qui d'un sourire pourrait irradier ma journée. Toi, qui d'un sourire pourrait exploser mon cœur et ma raison. Toi, qui d'un geste pourrait créer la plus belle des symphonies au sein de ma poitrine. Toi qui d'un geste pourrait libérer la bête. Oh mon amour, que tu es belle lorsque la tristesse dévore ton cœur d'une lassitude alarmante. Que tu es adorable lorsque la colère tente de s'extirper de ta douce personne…

Je te fuis lorsque tu es là. Tu me fuis lorsque je suis là. Nous fuyons tour à tour nos faiblesses, incapable de contempler les crimes que nous déposons sur l'autre. Mais avouons-le, je suis plus doué que toi à ce jeu là. Le cœur lourd et la conscience agitée, plane dans l'air comme une odeur mortuaire. Ici, ce soir, quelque chose se brisera…  Toi, moi, ou quelque chose entre nous. Encore. Bientôt, il ne resterai plus rien à détruire, si ce n'est chaque jour de ta vie. Ce n'est point une passion que j'ai là, seulement une habitude quotidienne. Mon regard est toujours là, sur toi mon amour. Comment pourrais-je regarder ailleurs, lorsque la seule chose que je désire au monde se pavane ? C'est bien. Tu joues ton rôle. Mais tu t'es perdue dans ce masque que j'ai glissé sur ton visage… Tu n'es plus dans mon monde. Non. Pourtant je gravite toujours autour de toi. Et je te déteste pour ça.

Je me suis arrêté. Je pourrais m'excuser pour des centaines de choses, tu sais… Les mêmes qui martèlent mon cœur et ma raison. Elles sont carnivores et avides. Elles dépècent ma patience, tu sais. Tic, tac.

Le vent vint heurter mon corps, soulever mes mèches, les pans de ma robe de sorcier. L'argent brille sous la Lune et mon regard est au sol, revenant lentement vers toi. Faible. Dieu que j'étais faible, même face à ces jolis mots des plus assassins. Comme si j'ignorais… Le jeu auquel tu jouais. Tu le fais tout le temps. Tout le temps, tu m'entends ! Tu reviens, avec tes jolis yeux ! Tu reviens et tu souffles quelques mots, quelques douceurs. Et j'abdique tel un vulgaire chien, un méprisable insecte qui ne fait que grouiller à tes pieds. Oh Serena, que je te déteste. Tu es là, pour te faire pardonner de m'avoir abandonné pour quelques temps. Tu seras là pour me rassurer quelques jours, caresser mon visage et embaumer mon cœur. Tu seras là… Là, où je t'ai toujours désiré. A mes côtés. Tu seras là et j'y croirais. J'y croirais dur comme fer, parce que j'en rêve chaque nuit, j'en rêve et je le désire plus que tout. Comme à chaque fois… Et puis tu partiras encore. Tu te détourneras dans un sursaut de conscience, un éclair de génie, et tu me laisseras seul. Encore. Danyel aura franchit une muraille de glace. Guillem…  Non pardon, Guillem ne fera plus rien pour toi. Seule satisfaction de la soirée. Bien trop peu.

Mon regard se pose sur toi, mais ne croise pas le tiens. J'ai l'un de ces visages figé, qui retient une tristesse ardente. La mâchoire crispée, j'ai fini par soupirer. Faible. Pourquoi tentais-je encore à résister ? Je ne faisais que culpabiliser. Pourquoi diable étais-je incapable d'être comme tous les autres ? Pourquoi ne pourrais-je tout simplement pas te faire sourire et te souffler que je t'aime de tout mon être Serena ?

Tic Tac.

Lentement, je suis revenu vers toi. Je me suis glissé dans ton dos à mon tour et j'ai enserré ta taille. Mon corps contre le tien, mon visage dans ta crinière je respirai ton odeur. Ma main était délicatement posé contre le haut de son ventre, proche de tes côtes. Trop de respect pour toi, mais pas assez pour respecter une proximité descente. J'ai besoin de toi, Serena. De ton contact aussi. J'inspire et je me noie dans ton parfum, étouffant une vague de détresse. Je me penche vers toi et mes lèvres effleurent l'arrière de ta mâchoire.

J'ai la sensation que mon cœur reprends vie. C'est étrange. Sadique. J'ai besoin de reprendre mon souffle, tout de suite. Ca va pas. Non, ca ne va pas du tout. J'ai l'impression de crever de l'intérieur. Chaque pulsation, ca me détruit. Chaque battement est un supplice. Putain. Tues-moi. C'est trop. Qu'est-ce que tu me fais, Serena ? Quoique tu fasses, cesses-ca. Je préfère crever que sentir ca plus longtemps. Arrêtes !

Tic Tac.

Qu'est-ce qui m'empêche de te jeter à bout de bras ? Qu'est-ce qui m'empêche de t'observer chuter dans la noirceur des ténèbres, entendre ta vie se rompre à tout jamais ? Je fais un pas avec toi. Deux. Peut-être même trois, qui sait. Nous voilà victime du vent à moins d'un mètre du vide. Tes os, tas de poussière, ton corps, vulgaire tas de chair. Qu'est-ce qui m'empêche de te tuer ce soir, Serena ?

Certainement pas mon amour.
Il n'y a que lui pour me dicter des horreurs pareilles, mon cœur.

J'ai besoin de toi, ma toute douce. Tu mourras entre mes doigts, lorsque je l'aurais décidé.
Le vent qui emporte tes cheveux et les pans de ta robe mortuaire. La vie claque contre ton corps et détruit tes espoirs. C'est fini, mon cœur.

J'ai déposé un baiser contre ta peau et mes lèvres restèrent là. Un murmure au creux de ton oreille, ma peau contre la sienne, mon corps contre le tien.

« Oh non… »  

Ma haine contre la tienne.

« Je suis désolé que tu sois si faible. »  

Et je ne bougeais pas. Mon cœur me pétait les côtes. Mais mon bras restait là. Ma main aussi. Prisonnière.

« Désolé que tu ne sois qu'une pauvre idiote qui se ment à elle-même… »  

Reprendre son souffle vite. Je crois que je suis moi-même en train de me tuer.

« Désolé que tu sois incapable de me faire te détester. »  

Un souffle. Un murmure. Pourtant cette voix tremble. Mes doigts se crispèrent. Ma mâchoire aussi.
Tic Tac.

« Désolé de t'aimer à tel point que je ne désire que ton malheur lorsque tu me fuis… »  

Une grimace. Une douleur lancinante. J'ai l'impression que j'ai trouvé mon cœur. Il est au bord de mes lèvres. Moi qui pensait que tu me l'avais arraché, vile garce.

« Tu pourrais mourir ce soir… Personne ne te pleurerai plus que moi. »  

Soit réaliste. C'est la vérité. Tu meurs, je meurs. J'hurlerai de chagrin. De douleur. Je deviendrai fou. Mes masques se briseront. Dévasté. Te rends-tu compte à quel point je suis moi aussi enchaîné à toi ?

Tic Tac.

« Je ferais n'importe quoi pour toi. »  

Mes lèvres effleurèrent ta nuque. Cette pression malsaine contre ta peau. En cet instant précis, je me déteste. Mais un sourire dévore mes lèvres. Lentement mon étreinte se desserre. Captive à jamais. Ma main rejoint la tienne et je te fais pivoter. Aucun sourire sur le visage.

Viens à moi, Serena.
Mes prunelles plongés dans les tiennes, toi face à moi, ma main effleura ta joue. Il n'y a plus que douceur. La fascination brillait au creux de mes yeux.

Boom.

« Je tuerai pour toi, mon amour. »  

Tu la sens, la menace qui coule sur mes lèvres ? Elle longe ta gorge, mon cœur. Pauvre enfant. Une menace. Une promesse. Encore. J'adore les promesses, surtout les tiennes.
Et pourtant, il suffit d'un pas et ton corps rencontre le mur de la bâtisse, avec une délicatesse étrange. Il suffit d'un mouvement et mes lèvres se posèrent sur les tiennes.


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MessageSujet: Re: Ma haine face à la tienne. [Terminé]   Mer 11 Juin - 2:58

Ma haine face à la tienne


« Close enough to fall inside, close enough to kill »

Qui de nous deux manipule le plus l'autre au fond ? A l'entente de mes mots dansant dans l'écho de cette pièce vide je réalise que la chanson se répète, nous entraînant constamment au rythme de ce même, de cet inlassable refrain. Allant et venant, chacun transperce l'autre sans que jamais le moindre vainqueur ne se démarque de ce duel. Je ne puis supporter l'idée que tu m'abandonnes ce soir, pourtant alors que le soleil était encore là, je ne désirais rien de plus que ton trépas. Et j'ai tant rêvé alors... de ma main transperçant ta poitrine, de ton sang glissant hors de ton corps. Quelle magnifique expression se peindrait sur ton visage, dernier masque, celui-ci mortuaire. Oh mon adoré, tu n'as pas idée des ténèbres que tu as su immiscer en moi. Est-ce par cette marque que tu m'as infligée ou par ces années passées auprès de toi que m'est finalement venu ce sentiment violent et dévastateur incapable de dissocier l'adoration de la haine la plus ardente ? Je ne saurai le dire, mais le tout est bien là. Vivant. Palpable. Et quand enfin tes pas te ramènent vers moi, la satisfaction que je tire de cet acte ne connaît pas d'égal, comme si, malgré tous les maux, malgré toutes les Plaies j'avais encore la moindre influence sur toi. Non, cela, impossible, je ne le sais que trop bien. Je sens venir l'acidité de paroles acerbes, m'attend dores et déjà à la douleur. C'est là ce que nous faisons toujours n'est-ce pas ? Pour nous qui ne trouvons notre lot que dans la souffrance, dis-moi Audric, que vas-tu faire ? Est-ce parce que ta colère est explosive que la marque à mon bras me brûle désormais si fort ? Je crispe mon bras, serre le poing pour contenir autant que faire se peux l'affliction se déchaînant dans ma chair.

Tu es perturbé je le sens. C'est en moi. C'est en nous. Comme ne faire qu'un avec un être au point de pouvoir ressentir la moindre de ses palpitation dans sa propre poitrine. Je pensais m'être habituée à cette sensation, à cette chaîne qui pour toujours me liera à toi, mais sa dureté et sa froideur ce soir m'ébranle et déjà me voilà qui regrette de ne pas t'avoir laissé partir. Ton courroux va s'abattre, je le sens à ta main tremblant sur mon ventre. Peut-être sommes nous désormais liés au point que mon envie de te transpercer de part en part t'a inspiré le même dessein. Peut-être vais-je bientôt contempler ma fin du haut de cette tour. Je suis lasse, fatiguée, indifférente, presque reconnaissante à ce qu'un tel sort me soit offert. Tant de sacrifices et d'efforts pour rien, mais ce n'est pas ma faute si aujourd'hui mes jambes ne me portent plus. C'est de la tienne. Tu me fais si mal. Tu me fais si peur. Il n'y ait rien de bon que je puisse tirer de toi et pourtant je ne me sens jamais mieux à ma place que dans ton étreinte. Finissons-en je t'en supplie. Achève-moi. Pousses-moi par dessus cette rampe et ce vide. Aie pitié mon amour pour toute cette hargne qui me dévore, pour cette rage infinie qui s'entremêle au chagrin. J'ai désiré une vie qui n'est pas la mienne, l'ait frôlé du bout des doigts mais me voilà de nouveau à bon port. Goûter à l'oisiveté était trop bon, je deviendrai folle à retourner avec toi dans le noir, dans le silence de ce lit dans lequel tu m'as si souvent bercé. Et ta voix chantant à mon oreille, my pretty little one, elle tournera en boucle elle aussi jusqu'à m'aliéner pour de bon. Je ne veux pas de tout ça. Je déteste tout ça et me cambre pourtant contre la chaleur de ton corps accueillant dans un frisson non contenu la sensation de tes lèvres sur ma peau. Et dans cette position nous approchons du vide. Ce dernier me tend les bras tandis qu'au même moment mes mains viennent s'accrocher à ton dos. Je te détestes. Je te détestes Audric ! Pour tout ça, pour ce que tu me fais ! Comment oses-tu seulement me toucher ainsi après tout ce que tu as déjà fait !? Et je ne veux mettre sur rien d'autre que sur le compte des fils que tu as tissé autour de moi ce besoin de te sentir si proche. Plus proche. Tout comme ta voix qui soudain devient mon monde en un murmure soufflé à l'oreille. Tu es désolé, pour ma faiblesse. J'avais deviné, je savais ton venin tout proche. Ma faiblesse. Mes faiblesses, les seules preuves qu'il me reste de mon humanité, si tu les hais je les adore. Si tu les bannis, je les accepte. Si tu les accuse, je leur pardonne. Une pauvre idiote qui se ment à elle-même. Sans aucun doute, le tout est de préciser la nature du mensonge. Est-ce Serena Pendragon ou Serena Bogart la plus menteuse, la plus idiote ? Divisée depuis trop longtemps, je ne saurai répondre. Incapable de te pousser à me détester.


Mes pensées s'épuisent, meurent en silence dans ce qu'il reste de tes dernières paroles. Evidemment que tu me détestes, cela n'a jamais été autrement. Quelle est cette accalmie qui soudain souille tes paroles ? L'incompréhension me gagne, s'infiltre dans chaque parcelle de mon corps. Que dis-tu là mon amour ? Tes mots n'ont aucun sens. C'est de la haine que nous avons. Ça et seulement ça. Quel autre mal pourrait nous maintenir ensemble si ce n'est celui-ci ? Un vertige me prend d'assaut, me fait frissonner moi qui déjà meurt de chaud dans tes bras. Ma respiration se coupe, s'accélère. De la haine. De la haine. De la haine.

Désolé de t'aimer...

De m'aimer. C'est donc cela ton amour ? C'est m'ignorer, m'abandonner, me priver de la plus petite étincelle de bonheur que je suis parvenue à trouver à tes dépens. ?Non ce n'est pas ça l'amour. Je le connais, je l'ai ressentis. Autrefois et toujours. Il est en moi et s'anime. J'ai aimé et aime encore. Mais toi... Non toi tu n'aimes pas. Tu es bien trop avide pour cela, et me voilà qui tremble à mon tour et panique. La terre tremble. Le vent tourne. Ce soit quelque chose va changer, mais sans doute pas ce auquel je m'attendais. Non, tu ne peux aimer. Ton cœur mon adoré n'est pas fait pour ces choses-là. Pourtant tu l'affirmes, personne ne me pleurerai plus que toi. Et je comprend. Je te comprend alors dans une infinie clarté. Mon adoré enfin de la raison et nos pas glissant à la même allure. Que serais-je moi sans toi ? Souhaiter te voir disparaître, vouloir ta fin ne changerait rien à ma détresse si telle chose devait arriver pour de bon. Je ne suis et tu n'es pas. Nous sommes. La voilà notre vérité, sans doute loin de l'amour mais tellement proche de nous. Indissociables, indéfectibles. Ils ne tueront jamais l'un sans l'autre. Je jouis à l'idée de scènes macabres sonnant ta fin mais une fois le rideau tombé que se passe-t-il ? Seulement moi dans mes larmes, et une douleur plus lourde, plus franche, plus effroyable que toutes celles que nous ne pourrions jamais nous infliger. Seulement moi et des cris qui effraieront et feront taire toutes les voix de cette génération et de la suivante. J'ai besoin de toi, de ton air, de ta vie. Te repousserai toujours et avec ardeur sans jamais pouvoir vivre sans toi.

Je ferais n'importe quoi pour toi.

N'importe quoi. C'est déjà ce que je fais pour et à cause de toi. Regarde. Vois comme je t'ai appelé alors même que je devrai m'enfuir. Vois comme je suis dépendante malgré les reproches que tu me fais. Je fais toujours n'importe quoi. Ça a commencé du jour où dans l'ombre de mon innocence j'ai accepté cette promesse dont tu sais si bien te servir à ton avantage. Ça a continué chaque fois que j'ai fermé les yeux pour toi. Chaque fois que j'ai parlé en ton nom, sali le mien pour tes rêves. Et bien que j'ai aimé, bien que d'autre ait su toucher à mon cœur et à mes bons sentiments, n'as-tu jamais compris sombre imbécile que tu es, qu'il n'existe personne en ce monde qui soit capable de me faire accepter comme tu le fais ce que je fais et ferai. Ta bouche encore traverse ma gorge. Cela me dégoûte, me donne envie de pleurer. Arrête ça. Arrête avant qu'il ne soit trop tard. Nous nous sommes toujours touché de près, respectant silencieusement la frontière de la décence que tu passes et outrepasse dans la caresse humide de tes lèvres sur moi. Je me cambre et me tord. Soupire et gémit silencieusement. Arrête ça, je t'interdis d'aller plus loin.

Nous passerons notre vie ensemble, mais ça jamais. Je ne t'ai pas encore pardonné. J'ai encore bien trop mal, dans mon cœur et dans ma chair.

« Arrête... » Un murmure. Un soupir. Voilà tout ce qui se tire de ma gorge que tu embrases sans plus aucune pudeur. Tes yeux se redressent, se plantent avec force dans les miens. Qu'ils sont beaux tes yeux. Entre ciel et terre. Par pitié chasse-les des miens, chasse ces étincelles qui les rendent si fabuleux.

« Arrête... »

Et tu n'entends rien. Ainsi donc tu tuerais pour moi ? Te tuerais-tu ? Me tuerais-tu ? Oui c'est bien là ce que tu fais. Tu me tues. Me détruis. M'embrase et me hante. Me brûle et me torture. Me dévore. Infernal que tu es, voilà la chaleur de mon dos qui rencontre le froid d'un mur, et la fraîcheur de mes lèvres que tu capture entre les tiennes. Je crois hurler et me débattre. Je crois pleurer et supplier pour qu'on m'achève, mais dans l'instant qui balaie tous les autres avant lui je n'ai que le temps de voir mes mains se soulever vers ta nuque que j'entoure, enlace et enserre, te pressant toujours  plus vers moi. Mon bras s'enflamme là où tu l'as marqué, mais rien ne m'a jamais tant brûlée que cette rencontre nouvelle que nous faisons. Respirons-nous encore dans cette spirale délirante ? Je n'ai plus conscience de rien, ni du monde, ni de moi. Toi pour seul univers, comme cela a toujours été le cas. Que nous l'ayons voulu ou non. Le brasier s'étend entre nous sans que je ne parvienne à deviner lequel de nous deux touche l'autre. Du moins est-ce le cas jusqu'à ce que mes bras s'étendent et t'écartent. L'oxygène m'a manqué. Tellement manqué, menaçant de me tuer sur tes lèvres.

Je crois sombrer, réalise alors que ce qui voile mes yeux n'est ni la fatigue ni la fougue mais des larmes. Je tressaute, m'empêche de laisser rouler ne serait-ce que le moindre sanglot. Lentement je quitte tes yeux, comme assommée, anéantis de fatigue. Mon front retombe sur ta poitrine. Mes yeux se ferment.

Mon Dieu, que viens-tu de faire ? Que venons-nous de faire ?
J'ai mal. Mes mains se détachent de ta nuque,
glissent de tes épaules à ton torse.
J'ai mal. Elles s'agrippent à ta chemise.
J'ai mal et glisse. Glisse contre toi.
Glisse sans pouvoir me rattraper à rien, tout comme ma vie.

Elle me glisse entre les doigts depuis toujours. Depuis toi.
Oh mon amour, tu ne pouvais faire pire que cela.
Je te déteste. Je te déteste.
Souffle ma voix, presque inaudible.
Même pour moi.

«Encore... »



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MessageSujet: Re: Ma haine face à la tienne. [Terminé]   Mar 17 Juin - 14:53




I love you.  


Tais-toi. Je t'en prie, tais-toi. Tu me manques, Serena. Incapable de pouvoir te toucher sans voir ta tristesse brûler au fond de tes prunelles. Incapable de pouvoir être à tes côtés sans te voir me repousser. Non, tais-toi. J'en ai marre de sentir cet espoir se réduire en miette, à chaque fois que j'entends ton prénom, Serena. J'ai l'impression de mourir, à chaque fois que tu es là, un si beau sourire aux lèvres, lorsque tu es si loin de moi. Ailleurs. Avec les autres. Loin de moi.
Et puis il y a ton parfum, si léger, qui fait trembler mon être. Le nombre de fois que je m'éveille en espérant pouvoir voir ton corps à mes côtés. L'odeur de ta crinière, la chaleur de ton corps et juste ce contact, innocent contre ta joue. Je te crachais toute ma haine au visage et pourtant je m'en voulais déjà. Je ne peux pas juste avancer et oublier. J'aurais pu me contenter de ça, tu sais. D'être juste ton grand frère, te protégeant et essuyant tes larmes, te soufflant des promesses que je tiendrais.
Je m'en étais toujours contenté.

Mais je ne veux pas devenir un étranger.
Je n'ai pas voulu être un fantôme. Alors je me suis transformé. J'ai abandonné nos habitudes. Je pensais que cela serait le plus dur, tu sais. Mais ce sont les souvenirs qui sont là, qui explosent mon cœur, qui me pourrissent de plus en plus. Ma raison pour avancer et mon cœur de pierre pour me rappeler. Il n'y a qu'à toi, Princesse, que j'ai pu réellement sourire. Il n'y avait que toi… Qui me faisait ressentir autre chose que cette haine. Il n'y a toujours eût que ca en moi… Un torrent, une cascade gluante et putride. J'étais prisonnier de ces souvenirs, de cette colère insatiable. Tu ne comprends pas, Serena, je n'ai jamais eût le choix… J'ai besoin de la laisser s'extirper de mon être, j'ai besoin de me libérer. Juste moi. Il faut que je l'arrache de mon être, ce monstre hideux qui ne désire que déposer sur le monde une vengeance infinie. Elle est là, elle murmure au creux de mon oreille. Elle est là, je la sens déposer contre ma chair ces envies violentes que d'être quelqu'un. Autre chose. Je dois le faire.

Tes jolies prunelles brillantes, ce visage de craie si froide et cette colère qui grondait en toi. Tu n'étais qu'une enfant et moi aussi. Je suis désolée, mon ange, pour tout le mal que j'ai pu te faire… Celui que je te fais encore et celui que je te ferrai. Je suis désolé d'avoir vu en toi tant de chose. Je suis désolé d'être différent des autres, d'avoir cette peine qui m'enchaîne, ces chaînes incandescentes qui me traînent et me lient à jamais à mon sombre destin. La morsure du métal autour de la gorge, il n'y avait qu'à tes côtés que je l'ai délaissée, parfois.  Je suis désolé d'avoir oublié comment te faire sourire. Désolé d'avoir éclater cette douceur en toi, que j'avais tant admiré. Désolé pour tout, désolé de t'avoir approché.

J'aimerai tant te dire ces choses là, mais le monstre ne le veut pas. Il enserre mon cœur et ma gorge et il n'y a plus que lui qui parle. Il t'aime aussi tu sais, mais il te déteste aussi. A cause de moi. Il ne veut pas que tu le rejettes encore, parce qu'il le sait. Alors je me tais. Je deviendrai ce parfait Prince Noir à tes yeux, s'il le faut, pour t'y faire croire encore et encore. J'ai envie que tu m'aimes, mais cela serait si étrange. Mon cœur bat au rythme de ma rage, noyée dans ma haine.

Tais-toi, putain de chimère. Tais-toi. Ou tues-moi, je ne sais pas. Fais quelque chose ! Me rejeter encore !  Evidemment, quelle idée ! Je ne sens plus que ma mâchoire se crisper, pour faire disparaître un tremblement. Pourquoi dois-je me sentir si faible en cet instant ? Mes doigts relâchent ton corps, s'éloignent de ce mur, prêt à partir. Encore. Te fuir. Je n'ai qu'une seule envie : laisser ma cruauté apaiser mes peines. Alors il faut que je m'éloigne, pour ne pas blesser ton âme, encore. Mais c'est trop tard. Ce baiser avait été humide.

Sur tes joues, coulaient les éclats de cette pureté que j'ai détruis. Je t'ai tout volé, Serena. Mais ce soir, j'ai envie de tout te rendre, d'effacer tout. Apaiser ta colère et tes douleurs. Elles me dévorent le cœur, elles me fatiguent de plus en plus. Je ne veux pas me battre contre toi, mon amour. Je veux être derrière toi, une ombre protectrice. Je veux me battre avec toi.

Mais je ne bouge plus en te voyant baisser la tête.  Ce cœur de pierre se contracte et je reste immobile. Je laissais ton corps revenir contre le mien, je laissais ton désespoir éveiller le mien. Ma Princesse, je suis désolé… Je suis faible. J'ai eût envie de respirer ton odeur, ressentir la chaleur de tes lèvres contre les miennes. Je suis désolé. C'était comme une lame qui s'enfonçait, défonçait ma chair. Je ne voulais pas te blesser, excuse-moi. C'était égoïste, je ne le referais plus, bordel ! Arrêtes-ca ! Tu le refais encore, marteler mon cœur et le prendre en otage ! Arrêtes de pleurer, bordel ! Je sais c'est affreux, j'ai encore tout briser ! Je fais saigner ta raison, toucher ce monstre que tu méprises tant !

Lentement j'ai fermé les yeux et déposer un baiser contre le haut de ton crâne. Mes doigts vinrent effleurer ta nuque et lentement, mes mains vinrent se poser contre ton visage, tes joues. Essuyer ces abysses sur ta peau, essuyer ces larmes destructrices. Juste un dernier effort. Je ne voulais pas te blesser… Je voulais juste me souvenir, encore.

Je te déchire et je m'en veux déjà.
Je te cajole et je t'en veux déjà.

Essuyer ton visage, sans réellement te regarder. Laisser mes doigts essuyer ces crimes de douleur, profond attentat à ta pudeur. Mon pouce effleura ta lèvre, mon regard croisa le tien. Lentement, je vins me pendre à tes lèvres…
C'était plus qu'un baiser. Mes lèvres effleuraient les tiennes. Plus qu'un banal baiser. Je respirais ton essence. Mon souffle se mêlait au tien. Ce chaste baiser contre tes lèvres, doux et sensuel qui se tentait de luxure dans une lentement mélancolique. Délicatement, ce bout de chair effleurait tes lèvres salées. Ma langue vint se lier à la tienne. Doux ballet, noyé dans l'amour désespéré que je ne saurai mieux exprimer.

Je le sens. Il est en train de te faire du mal, de déchirer ta chair encore. Ma tristesse, liée à mon désespoir. Cette haine qui dévore cette marque dans ta peau. Elle souffle dans ton corps beaucoup trop de chose. Te détruire à feu doux. Elle est là, presque à blanc. Mes doigts ont effleuré ton poignet douloureux. Puis j'ai serré mes doigts autour de ta marque.

Mes lèvres relâchèrent les  tiennes, me redressant lentement.

Lentement, lentement, tout s'enfuit de ton être. Lentement, tout me revient. Adieu cette emprise diabolique. Juste une nouvelle douceur, juste un calme apaisant et paisible. Juste un éclat de bonheur, un éclat d'amour. Plus rien de malsain. De toi à moi, cela glissait. Si un sang devait couler, c'était peut-être le mien contre ta peau et le long de mes doigts, étouffant la brûlure de ta chair. Si quelqu'un devait se brûler, c'était sûrement ma paume contre ta marque dont je prenais le contrôle.

« Ne pleures pas, Princesse…  »

Ce regard perdu dans le vague, un autre univers, j'eu un léger hoquet, un léger tremblement. Le visage pâle et toujours ailleurs, lentement ma poigne se desserra. Libérée de mes doigts, libérée de mes maux, il n'y avait plus que la caresse aimante de mon amour qui ne faisait que couler dans ta chair blessée. Une sensation familière, mais pourtant si nouvelle par tant de pureté. Elle était seule à toucher ta peau. Seule et perdue.

De mes doigts je touchais l'abîme, dans cette noirceur où les échos hurlent. Du bord du gouffre je me précipite dans un monde de faiblesse où il n'y a plus que des ombres et des images troublent. Mais c'était ton visage que je voyais, c'était ton visage qui me fit sourire lentement, malgré cette larme de douleur qui perlait sur ma peau. Il y avait en toi à présent, un vide étrange mais certainement appréciable, mais trônait encore cette auréole bienfaisante, t'embaumant de douceur. Il n'y avait en moi que tout le reste, me pourrissant toujours un peu plus.

Nouveau tremblement, je repris soudainement ma respiration. Murmure fantomatique, erreur monumentale, j'allais sûrement regretter mon geste lorsque tu retournerais contre moi cette faiblesse infinie.

Mais il n'y a qu'à tes pieds que je m'autorisais de mourir.

Lentement, mes doigts vinrent remettre une mèche derrière ton oreille, doux et silencieux.

Avoues.. Tu ne me croirais toujours pas, si je te disais qu'il n'y a que toi, si je te disais que je t'aime, Serena.  


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MessageSujet: Re: Ma haine face à la tienne. [Terminé]   Dim 22 Juin - 15:13

Ma haine face à la tienne


« Close enough to fall inside, close enough to kill »

Je ne sais plus à présent mon adoré, qui je déteste le plus de toi ou de moi. De celui qui me fait souffrir ou de celle que je suis, faible et dépendante. Par notre serment, par cette marque, je me sais ton entière esclave mais ne suis sans doute jamais plus mise à genoux que par cet amour de toi qui me ronge. Comme si quelque part dans ma chaire se trouvait un point pour toujours lié à toi, un point indélébile qui m'obligerait à te pleurer si tu venais à disparaître, qui me pousse à te réclamer encore et encore quand toute ma raison me crie de te repousser. A la vérité je ne sais pas plus aimer que toi Audric. Si le rôle que je joue a le cœur au bord des lèvres, le sang des Bogart dans mes veines me dicte une toute autre conduite. Et cela me brûle. Cela me tue. Tout comme la chaleur de tes mains chassant mes larmes, celle de tes lèvres sur mon front. Si seulement tu pouvais n'être que ça, que cet être tendre que tu sais parfois montrer, tout serait si simple alors... Mais non. Ce n'est pas là ce que je veux. Sans ta folie, sans ta grandeur, jamais ma vie ne se serait si désespérément raccrochée à la tienne. Je ne te supporterai pas autrement, tout en étant incapable de supporter ce que tu es. Peut-être par colère, peut-être par rancœur. Mais tu le sais bien mon amour que la vengeance est tout ce que j'ai. Tu n'es qu'un imbécile. Un sombre imbécile. Quelle idée d'agir de sorte que je veuille te rendre la pareille pour toutes les souffrances infligés ! C'est pourtant bien parce que tu as vu la haine brûler dans mes yeux que les tiens ce sont un jour posés sur moi. Pourquoi alors vouloir ressentir sur ta personne une haine si démentielle, pour toi qui sait bien combien je suis incapable de poser des limites à la mienne ? Je ne te comprend décidément pas. N'en ai plus la force, alors même que tes lèvres me commande de cesser de pleurer. Princesse.

Je frémis sur l'instant. Princesse. Combien de temps s'est écoulé depuis la dernière fois que tu m'as appelé comme ça ? Il me semble une vie entière. Je me revois alors, portée en arrière par la mémoire, dans l'étreinte chaude de tes bras à l'époque si frêle. Ton visage encore marqué par l'enfance, ton corps dénué de la moindre marque adulte, et tes mots si doux alors qui me promettaient un monde à feu et à sang dans lequel tous nous craindraient. Dans lequel tous se plieraient à nos seules volontés. Je rêvais alors, de voir le patriarche Bogart à genoux devant moi, le visage encore humides des larmes versées par la tête de Faust détachée de son corps. Je le rêvais suppliant et agonisant dans sa propre douleur, quémandant un pardon que j'aurai évidemment refusé. Comme elle était féroce la haine alors, mais je la sens bien moins présente qu'en ces jours passés aujourd'hui. Je ne rêve plus mon amour, ni de feu, ni de sang. La seule chose qui me tende les bras sans que je ne parvienne à l'atteindre désormais, c'est la liberté. Pouvoir me lever en étant seule maîtresse de mon corps et de mes actes, ne plus jamais craindre d'adresser la parole à qui que ce soit de peur de voir ce dernier crucifié par ton courroux dans l'heure. Comme elle serait douce cette vie, celle que je veux désormais. Pour autant devons-nous nous faire la guerre ? Je t'en supplie concède moi ce seul cadeau. Pour moi qui ne serait jamais en mesure d'accepter que tu partes, pour moi qui ne puis supporter une vie dans laquelle la tienne ne serait pas mêlée à la mienne, renonce à ces chaînes que tu as savamment placées autour de ma gorge. Brise-les et je serai à toi toute entière. Renforce leur prise et je mordrai. Non comme la lionne, radicale et destructrice, mais comme la vipère heurtante, mordant et admirant sa proie se cambrer dans la douleur jusqu'à son dernier souffle. Mes propres pensées me glacent, me force à serrer mon emprise sur le tissu de ta chemise que j'enserre. Déchirée entre ce désir de te faire du mal et celui de te céder le moindre désir qui pourra bien te frôler, je viens glisser une main dans la tienne, entremêle tes doigts aux miens et les portes à ma bouche. Lentement, mes lèvres effleurent, embrassent puis guident ta main à l'endroit où mon cœur tremble et se tort. Mes yeux se redressent, croisent les tiens et contemplent. Es-tu seulement prêt pour les mots qui me viennent ? Toi qui m'appelle encore aujourd'hui Princesse., un doux nom pour la petite fille que j'étais à tes yeux, suis-je sur le point de te décevoir. Je me mord doucement la lèvre, inspire en une même lenteur avant que de te faire entendre le son de ma voix.

« Je ne veux plus être ta princesse, Amour... »

Et ma main gardée contre toi serre plus fort encore, te pressant toujours plus à mon corps qui te cherche, te réclame. Pour moi qui ait ressenti tant de colère à ton égard quelques heures plus tôt, me voilà qui me retrouve à bon port, recouvrant dans la couleur lascive de tes yeux d'un bleu sans pareil  les anciens desseins qui furent un tant les miens et dont il m'a semblé que je m'étais détachée.

«... Je veux être une reine. »

Ai-je jamais mis tant de détermination et de sérieux dans si peu de mots ? Il me semble bien que pour la première fois de ma vie, je sais quel est le chemin qu'il faut prendre et ne m'interroge plus désormais que sur un seul et si primordial détail : Marcherais-je sur cette route seule ou à tes côtés ? Toi seul alors pourra être en mesure de me donner une réponse. Si nous sommes aux yeux des autres des égaux, je sais bien que nous ne le sommes pas encore. Si nous l'étions, mon bras ne me ferait pas si mal. Je n'aurais nulle besoin de le cacher. Si nous étions égaux, mon ami ne serait pas dans un lit d'hôpital. Oui, cette égalité que l'on nous prête est une chimère, une créature que je veux voir morte. Et cette bête mon amour, ce sera de ta main qu'elle recevra le coup fatal, si seulement tu acceptes. Et pour preuve de ma bonne fois, en un murmure que je laisse mourir d'un souffle sur ta peau, je te tend les prémisses d'un tout nouveau serment entre nous.

«  Ta reine. »


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MessageSujet: Re: Ma haine face à la tienne. [Terminé]   Mer 25 Juin - 22:22




Don't leave me, I need you. 

Véritable pantin noyé dans une douleur dévorante, je me laissais faire. Ta peau frôla la mienne, tes doigts s'entrelacèrent aux miens. Une douceur envoûtante. Une douceur irrésistible. A mes yeux, il n'y avait plus que ces sensuelles lèvres qui apposaient leurs notes contre ma peau. Frappé par les eaux des hallucinations ou de ma raison, je ne savais plus où j'étais. Morfondu, je ne voyais plus qu'un univers trouble. Toi, et les caresses de tes lippes contre ma peau. Mon souffle n'était plus, mort à cet instant même contre tes lèvres. Je suis ton prisonnier.
Ce ne fut que lorsque mes doigts frôlèrent ta poitrine que mon regard revint s'accrocher à tes prunelles. A quoi jouais-tu encore, sombre manipulatrice ? As-tu envie de m'abaisser plus bas encore et de voir mes larmes glisser contre mes pommettes ? Vampire qui embrasse mon esprit. Cela serait-il assez jouissif pour toi ? Est-ce que mes putains de larmes combleraient-elles cette haine qui t'habite, mon amour ? Suceuse psychique.  Aurais-tu envie de plonger tes doigts au creux de ma détresse et jouer avec les filaments de ma haine ? Aurais-tu envie de tirer la chair qui anime ce corps défoncé par son passé ? Dis-moi, mon amour, as-tu déjà rêvé de la mort léchant mon être ? Est-ce qu'un sourire de satisfaction humiliante à tordue ta bouche ? Dis-moi, Princesse, as-tu hurlé ? Cela serait si beau de voir qu'au final, tu n'es qu'une menteuse qui se ment. Embrasse les ténèbres, mon ange déchu.

Au fond de tes prunelles brille une menace. Une promesse de douleur : un véritable soleil en fusion. Cette légère moue, cette hésitation qui transpire dans ta gestuelle. Tais-toi, je ne suis pas prêt pour ce que tu as à me dire. Laisse-moi le temps de glisser sur mon visage les éclats de ce que tu veux voir, les couleurs de ton jeu de cruauté.

« Je ne veux plus être ta princesse, Amour »

Tes paroles éclatent. Elles me transpercent comme des lames. De part en part. Encore et encore. Je sens leur morsure vicieuse contre mon corps, apposant des plaies béantes. Elles dégueulent mon sang pourri, cet amour viscéral, cette colère gutturale. Elles sont là, ces morceaux d'acier qui empalent encore et encore mon corps. Commandés par la saveur de ta voix, frappant avec rythme tes mots, contre mon cœur. Je suis prisonnier de cet acier qui se pose contre ma peau. Cette vipère ferreuse qui coule de sa bouche et enserre mon corps. Sorcière. Tu vomis ta haine dans la mienne.

Je sens tout s'écrouler. Mes doigts se crispent contre ta peau, l'ombre d'une colère, d'une haine coulent sur mon visage le temps d'un éclair. Vif. Rapide. Violent. Comment pouvais-tu dire cela… Alors c'était un baiser d'adieu ? Le premier et le dernier que je pourrais goûter contre tes lèvres ? Crèves-moi, Serena. Ou tais-toi. J'en ai marre de tes stupidités. Marre de ta lâcheté. Tu ne peux pas tout abandonner comme ça… Tu ne peux pas… Tout balancer comme ca ! Ne viens pas me faire croire que tout ceci ne voulait rien dire pour toi. Je t'ai sentis trembler. Je t'ai senti perdre ton souffle. Oses me dire que c'était du dégoût… Veux-tu que je redevienne le marchand de tes cauchemars ? Continue comme ca, mon amour de toujours et tu pleureras ta folie sur mes genoux.

Pantin. J'étais ce pantin que tu serrais plus fort. Je sentais tes doigts se crisper contre ma chemise. Dis-moi la vérité. Dis-moi à quel jeu tu veux jouer, laisses-moi découvrir tes règles, là, tout contre tes lèvres.

« …Je veux être une reine. »

Tes autres paroles me perdent. Silencieux, méfiant, je t'observais. Qu'est-ce que tu étais en train de dire ? Princesse Serena veut devenir une Reine ? Une Reine… La Reine de quoi ? De la folie ? Des mensonges ? De la peur ? De la comédie ? De la manipulation ?

Ma Reine.

Un rictus d'incompréhension passa sur mon visage. Je te fixais. Et lentement glissa sur mon visage, ce sourire si provocateur, si amusé. Etais-tu seulement sincère ? Ou cherchais-tu seulement un moyen d'effleurer cette liberté que tu n'auras jamais ?
C'est mon regard qui cajole ton visage, c'est mon sourire qui reste figé sur mes lèvres et c'est de ma gorge que coule un léger rire fou, désespéré. Alors quoi ? Cela serait si simple ? Après tant d'attente, par dépit tu choisis de baisser les armes ? Ce soir je t'ai laissé entendre mon amour, le sentir amour et la seule chose que tu décidais… C'était de plonger dans cette faiblesse pour mieux me manipuler ? Ne t'inquiètes pas, je la sens ta lame contre ma gorge. Cet acier, là, sage qui attend son heure.
Combien de temps serais-tu capable de porter un masque que tu ne désires pas ? Combien de temps te faudra-t-il pour donner l'illusion de vie à cette chose que je désires tant ? Penses-tu que je m'en rendrais compte, une fois plongé dedans ? Crois-tu que j'arriverai à y croire, ce tissu de mensonge que tu m'étales devant moi ? Mais j'ai tellement envie d'y croire...

« Non.  »

Je m'arrache soudainement à tes mains, ton contact, cette chaleur que j'aimais tant. La caresse de tes lèvres et celle de ton souffle, adieu. Je me sentais vide. Si faible. Je ne pouvais tout simplement pas y croire. Mais c'était beau. Très beau. Je devrais être fier de toi. Je le suis.
Je me redressais, t'observant, me redressant. Mes doigts abandonnaient ta poitrine,  remontèrent contre ta gorge que je caressais lentement. Mon pouce appuyait lentement contre ta jugulaire. C'était presque malsain. Ce regard chauffé à blanc que j'apposais sur ton être.

« Dis les.  »

Mon pouce effleura ta lèvre inférieure. Je serrai légèrement mes doigts contre ta gorge. Juste une présence. Aucune douleur. Peut-être une menace. Mon corps frôla le tien. Et puis cette main relâcha ton corps revenant jouer dans ta crinière d'ombre. Mon regard était perdu ailleurs, perdu dans un autre monde. Le mien. Celui que j'ai construis pour nous.
J'étais pensif.  

« Les véritables mots.  »

Une mèche corbeau s'enlaçait le long de mon doigt. Je revins poser mes éclats de glace en fusion dans tes yeux. Mon cœur n'était plus là. Il a arrêté de battre à tes mensonges. Il n'y a plus rien sur mon visage, si ce n'est la douceur de ma tristesse, enlacé à ma peur, cette douce déception qui faisait mouvoir mes traits.

Je soufflais tout bas :

« Tu ne seras jamais Reine… D'une chose que tu ne désire pas.  »

J'aimerai pouvoir te croire, mon amour. J'aimerai pouvoir te prendre dans mes bras et t'embrasser encore. Mais mon cœur de pierre se noie dans ses larmes de sang.

« La conquête est un long chemin.  »»

Je suis tien. J'attends simplement que tu viennes prendre ce que t'es du.

Prouve-le moi. Prouve-moi ce soir, demain, les mois à venir que tu es de mon côté. Prouve-moi que tu ne m'abandonneras pas. Fais hurler mon amour qui se crève en moi. Fais-le. Montre-moi ce que je veux voir. Non, mieux encore ! Surprends-moi. Et ta liberté tu l'auras. Mais elle ne sera que factice. Même libérée de tes chaînes, je trouverai un moyen. Sans tes chaînes, tu ne feras que te précipiter vers la mort, lorsque tu te détourneras. Sans tes chaînes, je n'aurais plus rien pour me faire croire à cet amour que je désire voir consumer tes lèvres.

Mais mille fois oui.
Je te transformerai en Reine.
Je croquerai dans ce fruit,
Ce cœur de véritable haine.

Sur ton corps j'apposerai les dorures de mon obsession.
Sur tes lèvres je déposerai le venin de mon amour.

Enchaîne mes pensées aux tiennes,
Détruis ces idées qui sont miennes.
Et de ta gorge tombera,
Ton fléau qui avec fracas,
Sonnera ta liberté,
Signe de ma cruauté.


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MessageSujet: Re: Ma haine face à la tienne. [Terminé]   Jeu 3 Juil - 0:50

Ma haine face à la tienne


« Faut-il faire la guerre pour se plaire ? Faut-il faire l'amour et se taire ?
Se trahir sans s'avouer nos différences... »


J'attends de toi un mot, un souffle. Mais quelle expression farde alors ton visage ! Je vois sur tes traits de roi se dessiner tour à tour l'incompréhension et le refus. La méfiance et le rejet. Je veux tout  de toi amour, et crois bien que si tu ne veux pas de mon pardon, je te donnerai tout le reste, mais rien ne semble te venir, et ta réponse peine à venir. J'aurai espéré de toi que mes mots te combleraient, qu'ils te rassureraient. Si j'ai l'égoïste désir de me vouloir du bien, je suis désireuse cependant de t'en léguer une part à mon tour. Mais rien ne viens, et mes belles espérances de nous doucement se parjurent dans ce que tu me laisses entrevoir de tes réactions. Viens alors un sourire, mais pas de ceux que j'aurais aimé voir. Non là n'est pas le sourire de l'homme heureux. Celui-ci est plein de mépris, de gouailleries abjectes qui se ressentent dans ton rire, me faisant froncer les sourcils et entrouvrir la bouche. Ô amour, c'est donc la guerre encore que tu me veux ? Après m'avoir tant fait subir, après m'avoir tant fait de mal, je parviens encore à me projeter dans tes bras et voilà ta réponse. Tranchante. Nette. Me faisant revivre le passage de ta baguette sur mon bras ce grand soir de bal, achevé pour moi dans une apothéose de douleur dont tu es la source. Non. Non. C'est donc ça ta réponse. Non, nous ne marcherons jamais l'un avec l'autre. Non, je ne serai jamais ton égal. Non, je ne serai jamais libre. Ni de vivre, ni de t'aimer. L'étau que tu as su si merveilleusement bien placer autour de ma gorge se serre et se resserre me donnant alors la nausée.

Je te repousse et tu t'éloignes. Ou est-ce toi alors, qui t'es défait de moi. Je n'ai que faire de ces détails. Mais te revoilà à la charge, tes doigts sur ma gorge, tes doigts sur mes lèvres. Prend garde amour, c'est la haine qui s'infiltre alors. C'est la guerre qui te menace. Mes dents finiront par rencontrer ta chaire et la mordre si tu te pourfend à vouloir jouer de moi comme tu le fais. Non je n'accepterais plus, je n'admettrais plus jamais ce regard méfiant, cette aura que tu me tends. Que ne t'ai-je pas déjà donné de moi !? Que te faut-il encore pour me croire !? Il n'y a rien, rien que je ne puisse te donner de plus, pour toi qui a déjà tout mais n'en est jamais satisfait. Faudrait-il pour ta grâce, que tu me dévores le cœur, et que telle Prométhée, m'en pousse chaque jour un autre que je t'offrirai toujours ? Homme grotesque. Monstre de convoitise, cesse donc de porter sur moi ce regard si triste. Cesse donc de me toucher. Tu as toujours été ainsi, pourquoi ne suis-je pas capable d'apprendre !? Non tu n'aimes pas toi amour, pas assez pour me vouloir, pas assez pour me croire. Il n'existe aucune place pour moi à tes côtés. Tu t'entoures de tous mais reste seul. Là est notre lot, là est ce que nous sommes. Des parias de ce monde, connus et adulés, mais seuls pour toujours, sans même assez de force en nous pour tendre la main vers l'autre. Mais je l'ai fait pourtant. Je viens de le faire mon Prince, ce pas vers toi que je n'aurai jamais du faire. A ma place, que ferais-tu ? Tu aurais fuis. M'aurais égorgé dans mon sommeil. Mais toi qui m'écorche et me traîne, toi qui me blesse et me tue, toi qui a fait de moi une esclave j'étais pourtant prête à t'accorder mon être. Comme j'en veux alors à ma nature de femme d'être si faible pour toi. Tout comme ces mères qui se refusent à voir leurs fils comme de mauvais homme même quand tout les accuses des plus terribles crimes, je pensais pouvoir toujours chasser le mal que tu fais pleuvoir sur moi pour t'aimer. Mais je ne suis ni ta mère, ni ta sœur. Ne suis ni ta femme, ni ton amante. Et si je ne suis pas ton alliée, si même cela tu me le refuses, que suis-je alors moi pour toi ? Quelle autre place peut-il me rester, qui soit assez digne du malheur que je porte ? Aucune autre que celle que tu viens de me refuser. Et tes mots caressent alors à mesure que ta main me serre. Les véritables mots.

Le couperet tombe, la voilà la sentence. Pas de confiance. Neuf longues années à être pour toi, à vivre pour toi, à n'agir que pour toi. Neuf longues années pendue aux fils de tes doigts, pendue aux fils de tes mots et pour quoi au final ? Reine d'une chose que je ne désire pas. Je secoue la tête lentement sans plus pouvoir quitter ton regard. Le miens déjà se voile à nouveau. J'ai l'impression de te dire adieu, et comme ça fait mal. J'ai si mal, mais tu es indifférent. Tu dis m'aimer mais me repousse. Tu me nommes Amour sans même savoir ce que cela signifie. Tout ce que tu es alors soudain fait gronder l'indignation en moi. Jamais mon Prince, ô non tu n'auras jamais à tes côtés, d'homme ou de femme, qui sauront t'aimer plus que je t'aime. Tu ne trouveras jamais, même parmi ces faquins et ces sous-fifres écœurants qui te suivent aveuglément dans tes ambitions, d'homme ou de femme, qui te connaîtront mieux que moi. Qui te serviront mieux que moi. Tu n'es qu'un enfant gâté mon amour. Oui, voilà tout ce que tu es. Tu as toujours tout eu tout ce que tu désirais dans l'instant, et ne peut admettre ne pas avoir dès lors que tu l'as décidé. C'est bien pour cela que les autres aujourd'hui trouvent plus de grâce à tes yeux. T'es-tu lassé de moi ? Ai-je moins de valeurs qu'eux ? Mais à moi qui t'ai donné ma vie, qu'as-tu offert en retour ? Rien. Je n'ai rien eu de toi qui ne puisse me retenir plus longtemps. Et Dieu que j'ai aimé le goût de tes lèvres. Que Merlin m'en soit témoin, je jure à ses genoux que je n'oublierai jamais, ni la saveur de ta bouche sur la mienne, ni la force de ta poigne sur ma peau, ni l'amertume acide et ignoble qu'ils laisseront pour toujours en moi de n'avoir su les garder. Alors avant que d'éclater pour de bon en sanglot, je fasse violemment ta main de moi et m'écarte. Sans jamais me défaire de tes yeux. Je m'écarte et recule, sur le visage toujours cette même expression blessée, comme si ta main avait su se loger en moi pour me défaire de mes entrailles, les sortant de leur écrin pour mieux m'arracher le peu de moi qui ne t'appartenais pas encore. Et je souffle pour te faire mentir, souffle pour rétablir la vérité que tu n'as su voir, répétant comme si tu avais pu te moquer les mots que furent les tiens.

« D'une chose que je ne désire pas ? »

Un sourire hautain, déçu, blessé, vient naître sur ma bouche tremblante et meurt aussi vite, tandis que ma respiration se saccade pour mieux m'empêcher d'éclater pour de bon. Non, je ne te laisserai pas croire, ne te laisserai pas affirmer toutes ces fabulations qui ne sont que calomnies. Tu pourras me reprocher mille fois de ne pas partager tes idéaux, tu ne pourras jamais reprocher de ne pas avoir su ni t'aimer, ni te servir. Écoute-moi Amour, même si ça doit être la dernière fois.

« Non tu as raison. Je ne désire pas leur mort. Comme toi je les méprise. Comme toi leur vue me révulse puisqu'on a inscrit cette haine dans ma chaire, mais je crois également en leur droit d'exister et de vivre. »

Mon expression change alors, glisse doucement à l'entente de mes mots, non plus de l'exaspération mais du chagrin. Un chagrin pur et terrible que je ne sais plus masquer, moi qui ait pourtant toujours été si bonne actrice... Mais peut-on être actrice devant le metteur en scène ? J'en doute fort, mais je dois être excellente après tout, puisque même dans mes élans de plus sincère franchise, tu ne sais que me repousser.

« Et pourtant Amour, je t'ai offert ma vie, ait renié mes croyances pour toi. Suis devenue ce que tu as voulu que je sois. Ait subi plus que tes victimes ne subiront jamais pour toi. Ait parfois trahis ceux que j'aimais... pour toi... » Le silence tombe, mon regard et ma voix suivent le pas. « Reine d'une chose que je ne désire pas ? Puisque c'est ainsi que tu me vois, je m'humilierai une dernière fois pour te le faire entendre... »

Doucement, je sens rouler sur ma joue cette perle de déchirement, comme l'on rompt un barrage, témoin d'une douleur qui n'aura finalement servi à rien puisque tu me refuses la seule chose pour laquelle je continuais à vivre pour toi. Que vais-je devenir moi, si tu me refuses pour ta reine ? Si tu me refuses comme ton égal ? Si les choses sont ainsi je ne veux plus être à toi. Je souffrirais de mille maux de me séparer de toi, à quoi bon t'offrir une vie pour laquelle tu n'as aucune estime.

« Moi je ne désirais que toi. »

Adieu ce rêve de me tenir à tes côtés.
Adieu cette vie gâchée que j'ai mené.
Adieu à l'homme qui était tout ma vie. Voici mes larmes qui doucement redoublent, cessent et recommencent. Puisqu'à ton contact je ne sais donc que souffrir, et puisque tout ce temps passé près de toi n'aura pas suffi à me rendre digne de ton règne, j'aime mieux laisser à une autre cette place qui était mon seul rêve.

Adieu mon amour.
Bonsoir Audric.



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Ma haine face à la tienne. [Terminé]

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