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 HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya

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MessageSujet: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Jeu 15 Mai - 14:36

How to save a life


Callum Hodgson & Aryanedëlle McMillan

Quand était-ce déjà ? Je ne m'en souviens plus exactement. C'était il y a quelques mois, quand les choses avaient déjà commencé à tourner mal mais pas assez encore pour que l'on s'en inquiète vraiment. Quand une marque avait déjà été posée et qu'on n'imaginait pas que cela puisse recommencer. Oui, c'était à peu près durant cette période de l'année que par un beau matin, tandis que je m'apprêtais à regagner ma salle commune, ma route avait croisé celle de Philleas Henddington et de ses troupes.

Cela avait commencé par des insultes, des provocations. Autant de traitements qui avaient toujours formés mon quotidien et auxquels j'avais toujours tenté de n'adresser qu'une profonde indifférence. Cependant ce jour-ci, aux paroles s'étaient mêlés les gestes. J'avais en horreur qu'on me touche. Le contact des mains de personnes que je n'aime pas sur moi me donne la nausée, me font tourner la tête. Cela m’écœure. Néron me disait que j'étais bizarre pour ça. Que ce n'était pas normal de refuser avec autant de vigueur le contact avec un autre être humain, mais que pouvait-il comprendre à mon mal au fond ? A mon bon souvenir, je n'avais jamais été touchée que pour recevoir des coups, des punitions. Consciemment ou non, j'associais le contact à la douleur et malgré les apparences, la douleur était une notion à laquelle je rêvais d'échapper définitivement. Si quelqu'un me faisait un jour la promesse qu'il chasserait à jamais mes maux, je crois bien que je serai prête à suivre cette personne au bout du monde pour peu que ses paroles puissent avoir un fond de véracité. Mais j'en reviens à mon bourreau duquel je m'étais soustraite en le frappant de toute mes forces au creux de la partie la plus sensible de son corps. J'avais détalé en sachant parfaitement que viendrai l'heure des représailles pour ce geste, puis, doucement, ne voyant plus rien venir, j'avais finalement oublié. J'avais oublié la poigne de ces types sur mes bras, celle de Philleas enserrant ma chevelure, menaçant de l'arracher de mon crâne de ses mains. J'avais oublié les injures et ses petits cris pestant lorsque sans trop savoir comment, j'avais fini par prendre la fuite jusqu'à gagner l'infirmerie du docteur Lewis. Le temps avait passé. J'avais fini par oublier. Lui non.

Ainsi donc ce soir-là, le dîner achevé, j'avais suivi le mouvement d'un groupe auquel je n'appartenais pas et auquel, finalement, je n'avais même pas adressé un mot. Nous n'étions pas amis, il s'agissait juste de donner l'impression de ne pas être totalement seule. Puis, passé le troisième étage, j'avais quitté leur route. Je voulais gagner la salle d'étude, y rester un moment pour pouvoir réviser les examens approchant. Peut-être également pour pouvoir enfin réfléchir à tout ce qui s'était passé ces derniers temps, simplement pour être au calme. Et je n'avais rien vu. Rien, jusqu'à ce des bruits de pas derrière moi sonne l'alerte en mon for. Je glissais un coup d’œil sur le côté. Un type. Celui-là même qui m'avait maintenu le bras gauche. Il était seul, mais le temps que je remette les yeux devant moi, son acolyte l'avait rejoint. J'avais haussé le pas, comprenant le guets-apens. A chaque seconde qui suivit je m'attendais à retrouver la silhouette frêle et ridicule de ce blondinet à l'air délavé qu'était Philleas Henddington, lequel se manifesta tout d'abord par un cri.

« choppez là ! »

Comme l'on sonne le cor de chasse, son ordre avait sonné le départ de ma course. Il n'était plus question de marcher mais de courir. Plus question de jouer les vaillantes, simplement de m'en sortir. En neuf ans, j'avais cru naïvement pouvoir prétendre connaître ce château par cœur, il n'en était rien. Sans doute l'angoisse et l'empressement avaient-ils aveuglés mon raisonnement, toujours était-il qu'après seulement ce que j'évaluais comme cinq, peut-être dix minutes de ce manège, je me retrouvais dans un cul de sac. Il y avait bien là une porte, mais cette dernière était verrouillée et je n'eus pas le temps de prendre mon sac pour en sortir ma baguette que les trois vert et argent me faisaient face. Tout se répéta. Les plus balèzes me tenaient, chacun par un bras. Philleas quant à lui, m'attrapa au visage, enfonçant ses doigts boudinés dans mes joues tout en me racontant de son petit air véreux combien il m'en voulait pour la dernière fois. Il voulait des excuses. incline-toi et demande pardon. Tenue comme je l'étais je ne pouvais pas parler, je lui crachais alors au visage pour toute réponse. De là, j'oubliais. Encore. Qui frappait où, lequel me lançait telle injure. Aucune idée. Je ne distinguais plus rien. Tout me faisait mal, chacun de mes membres, et la douleur générale se ravivaient en un point quand un nouveau coup était porté. Dans leurs paroles insultantes, j'entendis que je n'étais qu'un déchet, que je n'avais de pur que mon sang, que le reste était à jeter. Tu te crois forte ? me cracha-t-on. J'aurais aimé pouvoir l'affirmer, mais le visage caché dans mes bras, recroquevillée maladroitement sur moi-même comme un escargot cherchant à rentrer dans sa coquille, je n'étais ni forte, ni quoi que ce soit d'autre.

Tout s'arrêta quand un nouveau cri, d'une voix nouvelle dans la scène fit fuir mes assaillants. Je ne prêtais pas garde, me sentis seulement soulagée d'enfin pouvoir cracher convenablement le sang que j'avais dans la bouche. Levant un bras vers la paroi du mur, je me hissais mollement, l'épaule appuyé contre la pierre afin de ne pas me retrouver complètement étalée par terre devant l'inconnu. J'avais mal. Partout, et le bourdonnement dans ma tête était si violent à présent que je ne me donnais même pas la peine de rouvrir les yeux pour découvrir qui avait bien pu mettre en fuite ces trois pauvres types. Pauvres types... Cela m'allait bien de dire ça... Qui était le plus pauvre dans cette affaire ? Qui avait eu le plus peur ? Sans doute pas eux. Sans doute avaient-ils seulement été surpris. Moi, je tremblais désormais comme une feuille, ne sachant même pas évaluer si ce qui me clouait au sol était l'état physique de mes jambes ou bien le choc que ce règlement de compte m'avait infligé. Ce n'était pas la première fois que je me battais, loin de là, mais c'était la première fois que je me faisais tabasser de la sorte. La première fois que je sentais chez mes opposants une réelle intention de me faire du mal, peut-être pire... J'ai envie de pleurer mais n'y arrive pas. J'ai envie de me lever mais n'y arrive pas. J'ai envie de disparaître... Mais suis toujours là. Par ailleurs, quand je parviens enfin à ouvrir les yeux, je découvre, sourcils froncés, un visage rude en face du mien. Il est penché vers moi comme l'on se penche au-dessus d'un chien errant qu'on croit avoir renversé. Il n'a pas l'air touché le moins du monde par mon état malgré son expression de mécontentement. On dirait bien que me voir la gueule en sang ne lui fait ni chaud ni froid, au point où j'en viens à me demander si je suis vraiment si amochée que mon état me le laisse bien croire. Pourtant, je n'ai pas rêvé le poing d'Aloisius sur ma mâchoire. Je m'en suis mordue la lèvre sur le coup, oui, cela je m'en souviens bien. C'est ça qui a ouvert le bal. Alors tant pis, je met l'indifférence de ce type sur le compte de son impressionnante masse musculaire, ne me fait même pas tout de suite la réflexion que je ne l'ai jamais vu dans cette école. Je m'en contre-fiche tellement. Il les a fait partir, c'est le principal. Alors, plantant mon regard dans le sien, je tente de lui adresser le seul mot qui me vient, « merci », mais n'arrive finalement à rien de plus qu'un murmure incompréhensible. Je laisse tomber.



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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Jeu 15 Mai - 21:13


 ◈ Arya & Callum ◈
Tes agresseurs sont des p'tits cons

Relève toi gamine, soit plus forte que ça






P
atrouiller. Vérifier que tout se passe bien. Que rien n'arrive sous ses ordres. Callum Hodgson marchait de long en large entre les murs de Poudlard, le regard à l’affût de tout sans y paraître, les bras lâchés le long du corps et le pas lourd qui résonnait. Sa présence silencieuse en imposait sans qu'il ne marqua les esprits, un inconnu qui ne s'était pas présenté, un homme du Ministère dont le métier restait ambiguë. Homme de main, clamaient les enseignants bien au courant, Auror ? Non, c'était autre chose, s'interrogeaient les élèves. Un visage qu'on n'osait regarder, une carrure qu'on ne voulait approcher, sauf quelques fous s’intéressaient à lui, les autres s'en foutaient, fuyaient l'Inquisiteur. Callum se fichait bien qu'on sache qui il était, il n'était pas ici pour se rapprocher des élèves ou des enseignants. Il avait un job à faire, une mission. Les empêcher d'être attaqué, les protéger d'eux-même... il était ici pour vérifier que Poudlard redeviendrait un endroit sécurisé et, même s'il voyait la douleur, l'incertitude, la colère, il ne pouvait s'arrêter devant chaque malheureux. Ce n'était ni de l'égoïsme, ni de l'indifférence, il n'avait tout simplement pas le temps, son travail ne pouvait être compromis par ce qu'il se passait dans la tête, dans la vie, des gamins.

Errant une énième fois dans les murs de l'école, il ne pensait à rien si ce n'était qu'il devrait vérifier que le chaton de Marlowe ne s'était pas enfuit. Une pensée bien simple, bien incongru, dans le corps de cet homme stoïque et rustre. Il avait passé la journée à observer, à répondre aux ordres de son Patron et, pour une fois, rien d'étrange n'avait brisé ses rondes quotidiennes. Son nouveau quotidien s'installait, se rodait et cela lui allait parfaitement. Tout n'était pas parfait, il y avait quelques détails à refaire, des rencontres à modifier, mais une routine sans tâche n'existait pas, une vie parfaite était un rêve. Sans s'encombrer de philosophie ou de plainte, Callum poursuivait sa route dans ce Poudlard qu'il avait déserté. Marchant, encore et toujours, il continuera jusqu'au couvre-feu et plus encore, pour être certain qu'ils seront tous couchés. Alors, seulement quand il aura la certitude que rien de grave n'arrivera, il ira à son tour se coucher. Ce n'était pas de la compassion ou de l'inquiétude, c'était son boulot d'assurer la sécurité.

Il entendit les insultes qui masquaient difficilement le bruit des coups. Finalement, Poudlard restait fidèle à lui-même, ce n'était pas une journée de calme, ils avaient simplement pris leur temps pour attaquer. Trois hommes, la victime était à terre, hors de son regard mais cela n'avait pas d'importance. Sans un bruit, sans prendre le temps d'évaluer la situation qu'il comprenait d'un regard, Callum attrapa un des types par l'arrière du col. Un coup sec qui le fit couiner, un cri étrange, une voix nouvelle d'homme qui s'étrangle. Les deux autres, dont un qu'il devina être le chef aux coups d’œil répété de l'autre gamin, s'arrêtèrent net. Serpentard. Blond. Frêle. Il fixait le leader pour retenir son visage, levant la main plus haut jusqu'à ce que le dernier de la bande n'ait que le bout des pieds pour s'empêcher d'agoniser. Il n'allait pas s'étrangler mais la sensation est là, la pression de la cravate trop nouée pressait sa gorge, il s'effraie, panique et avec lui les deux autres. Aux cachots. Deux mots, un ordre. Il lâcha le Serpentard qui s'enfuit en courant, suivit des deux autres. Le chef s'arrêta, le jugea du regard, s'interrogeant sur l'identité de l'homme. Sale gamin qui se prend pour un roi, le regard de l'homme de main suffit à le faire fuir. Probablement aura t-il l'idée de se venger, de le dénoncer, de raconter qu'il a étranglé son camarade, déformer la vérité pour justifier sa peur. Qu'il essaie, qu'il échoue, que ça lui mette du plomb dans la tête.

La victime était une jeune femme, le sang perlait de son menton, salissant ses vêtements alors qu'une tâche au sol informa Callum qu'elle a craché. Elle avait des bleus sur tout le corps, tremblait car ses os devaient lui brûler la peau mais elle se relèva. Tant bien que mal, branlante, elle se relevait avec difficulté et il la laissait faire. A moitié redressée, presque à s'écraser, elle tenait bon. Ne pas l'effrayer, la brusquer, la laisser encaisser les coups, l'humiliation. Ne pas intervenir immédiatement, se faire passer à tabac est un long processus. L'agression, la douleur, la colère et l'après. S'en sortir seul rendait l'acte moins fort, les agresseurs avaient moins d'emprise sur leurs victimes si elle se relevait indemne. Allez petite, encaisse, tu vaux plus qu'eux. Il se rapprocha, l'observant, attendant un signe de vie derrière ce corps immobile aux yeux fermés.

Enfin elle ouvrit les yeux, qu'elle darda dans les siens et, dans un murmure, elle souffla un merci. Un remerciement du bout des lèvres, extirpés de ce visage tuméfié, de ce corps abîmé, un mot qui le fait hocher la tête en guise d'acquiescement mais si inutile. Pas besoin de me remercier, je suis là pour ça. S'en prendre à une fille, à trois en plus, ce sont vraiment que des ptits cons. Elle le regarde, y a de la colère, de la lassitude mais elle était toujours là, branlante, mais toujours là. Bien. C'est très bien gamine. D'une main ferme il lui prit les bras pour la relever avec une douceur étonnante pour un homme de cette carrure, puis il la poussa légèrement contre le mur afin qu'elle ne retombe pas. Il avait un bras, si elle avait besoin mais le mur, c'était aussi bien.

Il lui laissait le temps d'encaisser ce qui venait de se passer, d'accepter. Son corps va se refroidir, la chaleur des coups va l'abandonner, la fatigue va tomber, alors il enleva la veste de son costard pour lui mettre sur l'épaule. Maladroitement, à moitié dans le vide, merde ça sert à rien. Tant pis, elle pouvait la remettre toute seule. Tu veux aller à l'infirmerie ? Dit-il de sa voix grave dénuée de compassion, mais rude et caverneuse. Il ne demanda pas comment elle allait car forcément ça n'allait pas, il ne la brusqua pas en l'obligeant à s'y rendre. Oh, elle va y aller, mais déjà fallait qu'elle reprenne ses esprits. Ensuite, quand il la sentira mieux, il lui demandera le noms de ces p'tits cons, de ces trois lâches qui s'en prenaient à une femme au détour d'un couloir, peut-être qu'il donnera leurs noms au Patron. Peut-être qu'il ira leur rendre visite. Serpentard, c'était bien toujours dans les cachots ?
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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Jeu 15 Mai - 23:22

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Je n'ai jamais cru à ses histoires de bonne étoile et d'ange gardien, n'ai jamais songé qu'il existait une force sur terre qui puisse venir vers nous et nous protéger dans les pires moments. Non je n'y avais jamais cru. Quelle raison aurais-je eu d'y croire ? Bien sûr que je n'étais pas la fille la plus malheureuse sur terre, bien sûr que nous avions tous notre lot à porter, mais en ce qui me concernait, je n'avais jamais connu auprès de mes proches que du mépris. De leurs propres proches des injures. Et dans les moments comme ce soir, la violence. Alors comment vous expliquer ce que je ressentais en regardant ce visage cabossé... Je ne prêtais aucune attention à l'ensemble. Non, ce qui attrapait mon regard alors, c'était la forme ronde et pleine de sa bouche, la barbe naissante sur ses joues, l'entaille qui divisait l'un de ses sourcils. La seule chose que je voyais, c'était ces tâches dorées dans ses yeux, de celles qui vous trompent et vous pousse à vous demander si ses yeux sont verts ou bleus et le dessin ressorti de sa pomme d'Adam. Oui, tout ce que je percevais n'était qu'un enchaînement de plein de petits détails qui avaient soudain une importance capitale puisqu'à mesure que mes yeux retrouvaient leurs pleines facultés, je découvrais là le visage de l'homme qui venait de me sauver la vie.

C'était idiot. Sans doute Philleas n'était-il ni assez abruti, ni sans doute assez cruelle pour me faire battre à mort, mais tout mon corps me faisait si mal que l'idée ne me semblait alors pas si risible que cela, et donnait à l'homme qui m'avait secouru plus d'importance que je ne l'aurai cru possible. Bien qu'il me sembla que mes remerciements furent inaudibles, je le vis hocher la tête et arquait un sourcil faute de pouvoir encore sourire. Il avait comprit le message. J'étais contente. Salement appuyé contre un mur et la mâchoire à l'état de coton mais contente. Enfin, je sentis son bras se poser sur le mien. Je grimaçais de douleur. Qui qu'il soit, cet homme avait de la chance que ma bouche me fasse aussi mal, faute de quoi, j'aurai jurer comme un diable, et sans doute aurait-il trouvé ma panoplie de demoiselle en détresse bien moins crédible. Mais qu'est-ce qu'on en avait à foutre au fond, il n'allait sans doute pas traîner bien longtemps de toute façon...
D'ailleurs, tout doucement, tandis que le souvenir des agresseurs s'estompait par sa présence, j'en vins à me demander qui il était. De tout évidence, il n'avait rien d'un élève, ni par l'âge, ni par la carrure. Il n'était pas prof non plus alors d'où sortait-il ? Je pensais un instant à ce monsieur du ministère qui était arrivé à Poudlard il y a quelques jours suite à l'agression du type de Poufsouffle, mais si je me souvenais de son visage et de l'allumette prenant des notes constamment derrière lui, rien à faire, l'homme qui se tenait en face de moi ne semblait pas venir de là non plus. En d'autres circonstances, j'aurai jugé sérieux de comprendre qui était cet homme avant de lui adresser un mot de plus, mais de cela aussi je me fichais à présent. Qu'il porta un pyjama rayé, un uniforme ou un costume quelle importance. Et par ailleurs, en parlant de costume, je sentis mon visage s'empourprer quand ce dernier posa la veste de ce dernier sur moi. J'avais le menton badigeonné et les lèvres pleine d'un sang que j'avais essuyé d'un revers de main, me salissant finalement un peu plus de ce fait, et lui, me mettait sa veste à je ne sais combien de galions sur l'épaule. J'allais finir par lui saloper en plus de lui avoir gâché sa soirée, pas vraiment la meilleure façon de témoigner sa reconnaissance à quelqu'un... Mais enfin, sa voix me parut, me demandant si je souhaitais aller à l'infirmerie.

Vous avez déjà vu, ces types qui se mettent à pleurer devant la beauté d'un chant, d'un opéra. Je les ai toujours trouvé ridicules, et me voilà qui ressens la même chose qu'eux. J'ai le cœur qui déborde quand cette voix rauque et dure qui ferait flipper n'importe qui simplement en disant bonjour, moi la première en règle générale, me demande si je veux aller à l'infirmerie. Je voudrais lui dire que non, que Cédric n'est pas là pour le moment, qu'il a quitté le château quand la dernière victime l'a quitté à son tour afin d'assister à je ne sais quel séminaire. Que tout ce que je souhaite, c'est pouvoir me doucher, me décrasser de la sensation de leurs coups et de mon fluide, de la peur qui me tire le ventre et des tremblements qui refusent de cesser, mais je n'arrive qu'à entrouvrir légèrement les lèvres et à secouer la tête avec lenteur. Pourquoi ? Parce que j'ai une boule dans la gorge. Je refuse de pleurer devant lui, mais ça finit par couler tout seul. Je lève le bras, chasse ces satanées larmes en me maudissant de n'avoir sur les retenir. Sa veste glisse de mon épaule, j'ai juste le temps de la rattraper de ma main encore propre, me tordant en une bien drôle de gymnastique. Le parfum embaume l'instant et à présent que le trop plein lacrymale s'en est allé, c'est d'une voix devenue bien lointaine et me surprend que je tente de formuler une réponse cohérente à sa question.

« Y'a personne... Là-bas... »

Personne, mais il y a des lits, un cabinet de toilette, de quoi se soigner. Pourquoi je refuse d'y aller alors ? Une petite voix m'interdit de jouer les faibles devant l'homme se tenant près de moi. C'est tout bonnement stupide, il m'a vu me faire tabasser, a chassé mes assaillants. A quoi bon vouloir jouer les fortes quand la seule chose qui soit encore en mesure de me porter est ce foutu mur qui me porte plus que ne le font ces satanées cannes qui me servent de jambes... J'ai l'impression d'être la pire des connes. Je vais passer pour une idiote, pire, pour une fille capricieuse, mais maintenant que j'ai répondu non, ce serait encore pire de me contredire. De toute façon, il va bientôt partir me dis-je, sauf que cette idée me cloue encore plus sur place. Alors, n'ayant jamais quitté ses yeux, je finis par demander comme s'il s'agissait là d'un truc normal en pareil moment.

« Comment tu t'appelles ? »

Aurais-je dû le vouvoyer ? Je n'ai même pas pensé à ça, espère qu'il n'en tiendra pas compte, et réalise alors que je porte un intérêt sans doute bien trop grand à chacune des impressions que je pourrais lui laisser. Dans quelques minutes, ma voix arrêtera de résonner en écho dans ma tête quand je parlerai. Dans quelques minutes, mes jambes me porteront peut-être. Dans quelques minutes, il reprendra sa veste et me conseillera sans doute d'aller me coucher. Ce que je ferai. Ce que j'essaierai de faire en tout cas, et ce sera fini. Complètement fini.



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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Jeu 22 Mai - 11:28


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E
lle ne veut pas y aller. Pas maintenant en tout cas. Faut soigner ça, vérifier, il savait quelques trucs, les bases qu'on apprenait quand t'avais pas les moyens ou la possibilité d'aller voir un médecin. Il s'était fait tuméfier comme elle autant qu'il avait explosé des gueules, il n'était pour autant pas aller voir un médecin qu'il n'aurait pas pu payer. Les urgences ? Quelle idée absurde, meilleure moyen pour que les flics rappliquent, pour que les vieux soient prévenus. Elle ne voulait pas y aller et il respectait son choix, du moins pour le moment, ne pas la brusquer mais inévitablement elle y passera la nuit. On ne savait jamais, y avait peut-être des cotes brisées, quelque chose qu'elle ne sentait pas encore. Elle a le regard accroché à ses yeux, solide la gamine, elle a la niaque. Elle lance même une conversation alors qu'elle vient de se faire humilier, alors que du sang finit de couler de son menton, branlante, elle lance une conversation comme s'il s'agissait de la rencontre la plus normale qui soit. Rien d'étonnant, rien de bizarre en cet instant, j'ai juste envie de te parler. Incroyable. Elle est plus forte qu'elle n'y paraît, son corps maigre, ses longs cheveux qui lui mangent le visage, elle semble si frêle et pourtant, alors que beaucoup aurait plié sous la douleur, elle l'affrontait avec un orgueil, une rage, un désir de supplanter ce qui venait d'arriver. Ce n'était pas ça, ce n'était pas eux, qui allait la mettre à terre. Elle avait mal, ça se voyait, y avait de la timidité dans sa voix et pourtant elle parlait. Pas une fille qui se la joue, juste une gosse plus solide que les autres.

Hodgson.

Sa question avait été étrangement polie pour un tutoiement qui ne l'avait pas choqué mais un brin surpris. Impassible, elle ne put se douter que ce microscopique détail l'avait, le temps de l'entendre, plus touché que le merci. Je ne l'effraie pas, je ne l'impressionne pas vraiment non plus, il ne se flattait pas qu'elle soit indifférente à son charisme froid, il se foutait bien de l'effet qu'il pouvait donner. Non, s'il avait été touché par ce tutoiement incongru c'était parce qu'elle, si frêle, si gauche, n'avait pas peur. Parce qu'elle ne se contentait plus de vouloir se relever, de converser, elle créait une familiarité, osait ce que peu tentait. T'es une étrange gosse, tu le sais ça ? Allait-elle lui donner son nom ? Maintenant, plus tard, il finira par le savoir pour informer le Patron des événements de la soirée. Callum ne se justifiait que lorsqu'il sentait que cela était indispensable, que ses explications relevaient d'une nécessité absolue. En faite, il ne parlait que lorsque les mots devenaient indispensable. Lui présenter son emploi, lui donner son titre, était superflu. Elle finira par le savoir, elle n'avait demandé qu'un nom, si elle en voulait plus qu'elle l'interroge et peut-être dira t-il qu'il est l'homme de main du Patron. Qu'il est plutôt un surveillant très zélé. Là, tout ce qu'il voyait, c'était qu'elle avait pleuré mais qu'elle avait effacé ses larmes, comme si elles n'avaient jamais existé.

T'es solide.

L'évidence est prononcée, ce sera ses paroles réconfortantes. Elle n'en avait pas besoin mais elle ne semblait pas le savoir. Une gosse. Il ne devrait pas dire ça, elle a quoi ? La vingtaine ? Une gosse quand même. Probable qu'avoir une fille changeait son regard sur l'adolescente, que sa propre histoire le rendait également plus sensible à sa force. Il avait toujours eu plus de sympathie pour ceux qui souffraient, à ceux qui ne se relevaient pas il avait envie de donner le goût du combat et à ceux qui, comme elle, se relevait malgré tout, il louait leur force. Mais quand il tombait sur une femme de cette trempe, quand il percevait la hargne sous la délicatesse, il y était encore plus sensible. Ce n'était pas du désir, ce n'était pas de l'affection, c'était simplement la reconnaissance d'une personne particulière. Son instinct lui criait que dans ce Poudlard sombre et insalubre il venait de tomber sur une forme de trésor.

Debout, lui somma t-il, désireux qu'elle s'assoie sur sa force au lieu de la laisser se tapir en elle. Lâche le mur, il ne sert plus à rien. Misait-il trop sur la gamine ? Faisait-il fausse route ? Non, pas un moment il ne le pensa, il le sentait qu'il y avait quelque chose de différent, qu'elle n'était pas aussi frêle qu'elle semblait l'être. Voyait-il quelque chose qu'elle-même ne devinait pas ? Probable. Le Patron l'avait engagé en partit pour son instinct, un instinct qu'il avait développé au fil des missions, ce nez, ce flair, qu'il lui permettait de repérer ceux que la vie avait écorchée. De discerner parmi tous ces malheureux ceux qui avait un véritable potentiel. Il ne voyait rien chez un premier de la classe, il ne cernait pas une ingénue mais ça, ce qu'il avait devant les yeux, il le comprenait. S'il était de ceux qui cogite sur leurs missions, il se serait étonné que son flair allait en premier lieu servir à bouleverser la vie d'une jeune Gryffondor.
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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Sam 24 Mai - 0:48

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Hodgson. C'est pas un prénom ça, sûrement un nom de famille. Quelle importance au fond ? Hodgson. L'homme qui vient de me sauver la vie et au regard duquel je m'accroche s'appelle Hodgson. Un nom. Ce n'est qu'un nom, mais déjà je sens ce dernier qui se grave en moi comme une marque indélébile, comme une cicatrice. Le genre de marque qui vous rappelle un moment douloureux et que vous êtes pourtant fier de porter. C'est là tout ce que je ressens lorsque sa voix grave me répond, me laissant pour ainsi dire bête dans ma douleur. Je ne sais pas ce qui me prend de lui demander ça, de le tutoyer. Il n'a pas l'air bien vieux, pourtant il est écrit sur son visage que c'est un adulte, un homme, de ceux qui ont vécu assez pour toute une vie. Je ne m'en veux que plus d'avoir osé me montrer si familière à son égard, puis, tout s'efface. A nouveau mes mauvaises habitudes sont chassées par sa présence, par sa voix. Solide qu'il a dit. Je le dévisage un instant comme s'il se moquait de moi. Courage, force et loyauté. Ce sont là les valeurs de ma maison. Autant de belles qualités que la fille lâche et peureuse que je suis n'a jamais trahie. Non je n'ai rien de fort. Si je lève tout le temps les poings, ces derniers me servent plus souvent à me protéger le visage qu'à frapper pour de bon, et si je ne suis pas déjà avachie sur le sol dans la plus parfaite inconscience, c'est bien parce que je suis trop fière et que je veux tenter de garder contenance pour lui. Solide. Le mot passe et repasse dans ma tête, siffle fort comme si je m'étais attendu à tous les mots du monde hormis celui-ci. Je me demande ce qui peut bien lui faire penser ça de moi. Je viens de me faire honteusement déglinguée par trois pauvres types que lui a chassé avec une telle aisance, et n'est pour surmonté ça que ses yeux et un mur. Je ne vois pas franchement ce qu'il y a de solide là-dedans, mais c'est la première fois de ma vie que l'on me dit ce genre de chose, et j'ai la certitude qu'aucun compliment ne m'a jamais fait tant plaisir que celui-ci.

Alors pour ça, je voudrais lui dire merci, mais la formulation paraît trop bête. Merci, pour quoi ? Pour m'avoir raviver avec deux mots ? C'est tellement ridicule qu'il regretterait sur le champs de me les avoir dit. Alors à la place, je tente d'étirer mes lèvres en un sourire, mais j'ai à peine esquissé un geste que ce dernier se transforme en un rictus douloureux. Défaite sur toute la ligne. Encore une fois. Je baisse la tête, puis, sans réfléchir, avoue sur un ton que j'ai calqué au sien.

« T'es fort ».

Deux mots, et tellement de mal pour les prononcer. Tellement étrange à prononcer. Répondre à ses paroles par l'évidence, c'est là ce que j'ai trouvé de mieux à faire, et ne m'en sens que plus pitoyable alors. Et de cette mince interaction m'apparaît ce fait : J'ai la mâchoire réduite à l'état de sable, du moins est-ce l'impression que ça me donne. Une sensation humide me gêne à la commissure des lèvres, au menton. J'essuie ce dernier d'un revers de main, pensant qu'il s'agirait là de bile. Ce n'est qu'un reste de sang. La vue du liquide rouge me rappelle à chaque point douloureux et c'est au même moment qu'il me demande l'impossible. Debout. Moi qui m'étais enfin détaché de son regard, m'y revoici à nouveau plongée. Debout. Est-il bien sérieux là ? C'est ce qu'il attend de moi ? Que je me détache de ce mur et que je me relève, comme ça ? Le but me semble tellement difficile à atteindre que je balaierai volontiers ses fausses impressions à mon égard pour lui demander d'ouvrir un peu les yeux, pour lui balancer que mes jambes ne me portent plus depuis un bout de temps et que je n'y arriverai pas. Je n'y arriverai pas. Je n'y arriverai pas. Pourquoi suis-je en train de me mouvoir alors ? J'ai la certitude d'aller droit à l'échec. Mes jambes tremblent trop, pas tant à cause des coups, à ce niveau là j'ai été semble-t-il épargnée, mais plutôt à cause du choc. De la peur. Du froid qui petit à petit m’envahis. Et toi, tu voudrais que je me relève ? Je ne suis pas solide. Je n'ai pas ta force. Je n'ai rien de ce que je lis dans ton regard et sur les bosses de ton visage. Pourquoi me forcer quand toi et moi savons que je n'en suis pas capable ? A quoi bon me reculer du mur quand la chute me tend les bras ? Je n'en sais foutrement rien, mais très vite réalise que je m'appuie bien plus au regard qu'il me porte qu'au mur. Alors, doucement, je repousse le mur pour en décoller mon épaule. La pierre irrite ma peau mais je n'en ai plus cure désormais, il faut se mettre debout. Parce qu'il me l'a demandé ? Non. Parce que c'est ce qu'il veut voir. Parce que c'est ce que je veux lui montrer. Cette occasion sera sans doute la seule de ma vie qui me permettra de prouver à quelqu'un que je ne suis pas une enfant de Goddric Gryffondor à tort. La seule occasion, pour lui. Quel meilleur public pourrais-je avoir ? Garde tes yeux dans les miens et sans doute y arriverais-je. Oui, me voilà déjà bien écarté du mur. Plus que quelques centimètres et j'aurais atteint mon but. Je vacille comme une équilibriste sur un fil, mais tant que ce dernier est maintenu, c'est bien là l'essentiel. Se mouvoir ne m'a jamais semblé si difficile, si douloureux et dans le même temps, je n'ai jamais accordé autant d'importance à un geste si simple. Voilà. Je suis debout. Debout devant toi. Je peine seulement à réaliser que j'y suis parvenue mais je ne ressens plus la sensation rugueuse et froide du mur sur moi, n'ait plus aucun appui. C'est bel et bien que j'ai réussi, mais la victoire est de courte durée. La chute plus amère encore, car après une exclamation de surprise c'est portée non plus par un mur mais par un bras que je me sens déliée. Je jure, ne m'attarde même pas sur l'image négative que cela pourrait donner. Je me déteste d'être si faible. Me déteste de ne même pas réussir à faire ça. Et cette fois-ci, j'ai beau pousser son bras pour me redresser à nouveau je n'arrive plus à rien. J'ai de nouveau envie de pleurer, non plus de douleur mais de rage. Les larmes ne sortent pas pourtant. Je m'épargne au moins ça et réessaie. Encore. Encore. Sans succès. Encore. Encore. Et rien ne vient, je m'acharne à tort. Ça y est, je ne serai plus jamais solide à tes yeux.





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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Mar 27 Mai - 14:36


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E
trange sourire mais ses mots, plus encore, l'étonnèrent. Évidemment qu'il était fort. Il resta interdit, elle parlait comme lui, l'évidence calquée dans la sobriété, ce n'était pas une moquerie, ce n'était pas un compliment. Était-ce une forme de reconnaissance ? Perturbé, intrigué par le trésor qui se déployait devant ses yeux, il la poussa à ouvrir ses ailes en quittant le mur froid. Se détournant sans difficulté de ses propres émotions, Callum la poussait dans ses retranchements, à puiser en elle cette force qu'elle ignorait, il fallait qu'elle réussisse par elle-même. Se concentrer sur elle, s'oublier, voilà ce qu'il devait faire. Pourtant, alors qu'il la regardait hésiter, essayer, il sentait au fond de lui la chaleur de ses mots. T'es fort. C'était vrai, il n'avait pas besoin qu'on le lui dise pour le savoir, il n'avait pas la confiance écorchée, ce n'était pas ça, c'était cette reconnaissance qu'il sentait qui faisait vaciller l’impassibilité de son être. Ses talents avaient été reconnu dans la rue mais jamais, jusqu'à ce que le Patron entre dans sa vie, il ne s'était véritablement sentit considéré. L'homme l'avait valorisé, il avait confiance en ses capacités et, par là, lui avait fait comprendre que son gabarie, sa façon de penser, d'agir, pouvait être mis au service du bien de tous. Callum s'était alors démené, avait fait passer son travail avant tout le reste, sa famille, sa fille, rien n'était plus important que son emploi tant et si bien qu'il avait parfois reçu quelques remarques plaisantes, qu'il avait obtenu le respect de son collègue Theobald. Mais c'était la première fois qu'une personne externe au ministère le reconnaissait.

Son regard dans le sien, il l'invitait à essayer, à quitter sa béquille. Comme un père tendant les mains vers sa fille, il la poussait à le rejoindre, allez petite, tu peux y arriver. Lentement mais sûrement elle se détacha du mur et il sentit bien qu'il ne devrait pas être aussi fier d'elle. Puis vint la chute mais il s'en foutait, détendant son bras auquel elle se rattrapa, il la vit essayer de se relever. Continuer, encore et encore, quelle obstinée. Il la trouvait courageuse, têtue et terriblement solide, pourtant elle saignait, grelottait, pourtant elle ne tenait plus sur ses jambes mais ça ne voulait rien dire. Ça, quelle s'acharne à se relever malgré tout, ça voulait tout dire. Elle ne s'arrêtait donc jamais ? Son énergie était à ce point inépuisable ? Arrête. Elle n'a plus rien à prouver et puis, ça allait devenir dangereux. Son corps se refroidissait, les blessures internes risquaient de s'agrandir si elle forçait trop, elle avait tenté, réussi, c'était amplement suffisant. Usant de sa main libre, il la poussa un peu à l'épaule pour la faire pivoter vers lui, attention, puis, attendant un peu qu'elle se prépare, il tourna le bras qu'elle tenait de façon à ce qu'elle le lâche, sans attendre il passa une main sous le haut de son dos et glissa l'autre sous ses jambes. Une étrange position qui évoquait plus une princesse et son prince, qu'une malheureuse et un homme de main. Ses blessures invisibles l'empêchaient de la porter différemment, il craignait trop de les rouvrir en la serrant contre lui et c'est donc ainsi qu'il prit le chemin de l'infirmerie.

Heureusement qu'il avait potassé les plans du château, il n'eut pas à s'embarrasser à lui poser des questions sur le trajet, elle devait aussi un peu se reposer. Il lui en avait peut-être un peu trop demandé ? Non, c'était nécessaire. Callum sentait qu'il misait beaucoup sur elle, que cette rencontre commençait à prendre une importance qu'il ne pouvait se permettre. Il savait qu'elle était particulière mais devait-il autant s'attarder ? Elle l'avait reconnu et ça avait fait basculer son envie de l'aider en un besoin de l'aider. Une nuance qui changeait tout. Le trajet se fit en silence, pas un instant il ne la regarda, tout au trajet et, aussi, à essayer de ne pas la brusquer. Une fois arrivé, il la cala contre lui, quitte à lui faire un peu mal en l'appuyant contre son torse et, libérant sa main qui tenait ses jambes, ouvrit la porte. Fermée à clef. Forcément. Il ne pouvait pas chercher sa baguette dans sa poche intérieur sans la perturber... un coup de pied et c'était bon mais il doutait que le Patron apprécie qu'il abîme le château. Doucement il la posa contre le mur, elle était tellement légère, c'était comme avoir une poupée de chiffon dans les mains. Un dernier regard pour s'assurer qu'elle tenait debout et il sortait sa baguette sans enthousiasme. Au moins, ce sort, il le connaissait bien. Quand tu veux cambrioler quelqu'un, c'est un peu la base... Le sortilège fut efficace, même s'il dû le prononcer ce qui pour un employé du ministère en disait long sur sa mauvaise maîtrise de la magie, mais bon, au moins ils pouvaient entrer. Une nouvelle fois il la prit dans ses bras et alla la poser sur un lit, proche de la fenêtre car, à son réveil, elle aura ainsi une jolie vue.

Les médicaments étaient des potions. Foutus sorciers. Il prit les bandages, l'alcool pour désinfecter mais le reste ne lui parlait pas. Tu t'y connais en potion ? Tourné vers elle, il avait prit un ton plus rude qu'il ne l'aurait voulu. Presque agressif. Réaliser que s'il avait été un meilleur élève, s'il avait fait des efforts, il aurait pu la soigner mais parce qu'il avait tout lâché il ne pouvait rien faire, ça l'énervait. Il devrait appeler quelqu'un d'autre pour qu'il vérifie qu'elle n'avait rien de plus grave mais qui ? Qui dans cette école à part l'infirmier était doué en médecine ? Qui enseignait dans la filière médico-magie ? Agacé, il attendait qu'elle lui réponde et, encore plus agacé de s'être montré dur avec elle alors que depuis le début elle n'avait fait qu'être gentille avec lui, Callum finit par lâcher un très rude : C'était bien tout à l'heure.
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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Ven 30 Mai - 19:07

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Quand cela m'est-il devenu si insupportable, d'être touchée ? D'être prise ? Est-ce les gifles rares mais brutales de mon père qui en sont la cause ? Ou bien cela vient-il des assauts répétés toute une vie durant de la part de ma sœur, puis de ses sbires ? A dire vrai, je ne m'étais jamais trop interrogée sur le pourquoi et le comment, ma seule conviction étant que j'avais toujours eu en horreur de sentir la peau d'un autre contre la mienne. Et te voilà, Hodgson, qui à nouveau brise toutes mes certitudes. Là, dans la sécurité de son bras me soutenant, je suis là à me démener, à tenter d'être... Solide. Un mot et un bras pour seul salut, voilà à quel point je suis devenue pitoyable. Sa voix me vient, me dit d'arrêter, mais déjà je n'en ai plus envie. Je voudrais être à sa hauteur tout en sachant bien qu'il est ridicule de porter autant d'importance à celui qui finalement n'est rien de plus qu'un étranger de plus venu s'immiscer dans ma vie. Oui, ridicule. Ça l'est sans nul doute, et malgré tout une voix me vient et me souffle qu'un changement est en train de se produire. En somme, je ne m'étais jamais tant battue qu'en ce jour, même si le combat à un arrière-goût de défaite. Vient alors un contact plus soutenu, ton avertissement soufflé contre moi et voici que dans l'instant qui suit, mes jambes ont quitté le sol en même temps que mon cœur perdait son air.

Il me faut une seconde, peut-être deux pour comprendre où je suis, ce qu'il fait. Mon cerveau tournant comme au ralentit, je sais ce que je dois dire mais n'en fait rien. Je devrais m'extirper d'une position si gênante, crier à son adresse que je n'aime pas qu'on me touche, encore moins que l'on me porte. Et si quelqu'un nous voyait... Quelle honte découlerait d'un pareil épisode. Je pourrai dire adieu à tous les efforts que j'ai fait pour qu'au moins à Gryffondor on cesse de m'appeler princesse avec ironie. Oui, c'est là le moment où je devrais l'arrêter, sauf qu'au bout du compte, le voici déjà arrivé au deuxième étage lorsque je réalise combien agréable est la chaleur de ses mains et combien mon corps me fait soudain moins mal. La cadence de ses pas lourds choquant le sol de l'école me berce indubitablement, me fait fermer les yeux. Si l'infirmerie n'était pas déjà si proche, sans doute me serais-je endormie ainsi, dans ce cocon de chaleur et de sécurité qu'ont formé ses bras autour de moi. Je ne sens même pas les habituelles flammes de l'embarras me rougir le visage, comme si la place qu'était à présent la mienne était la plus naturelle du monde. Comme si, pour la première fois de ma vie, j'avais finalement trouvé où était ma place.

Je chasse ces pensées absurdes d'un revers inconscient et déjà nous voici devant les portes closes de l'infirmerie. Je l'avais pourtant prévenu que cette dernière était vide mais il n'en a cure. Je prend une inspiration plus longues que les autres en prévoyant déjà le chemin qu'il me faudrait faire en sens inverse pour regagner mon dortoir. Y'a pas à dire, j'ai beau savoir que Poudlard a été aménagé pour des sorciers, non pour des éclopés, je trouve malgré tout qu'il y a beaucoup trop de marches dans ce foutu château. La chaleur de sa peau se détache de la mienne et me voici comme de retour à la case départ contre un mur. Ce doit être le moment où je le remercie cordialement avant que l'on se quitte mais non, mon protecteur n'en démord pas. D'un œil attentif au moindre de ses gestes je le regarde sortir sa baguette et prononcer avec assurance la formule permettant de délier les verrous de l'infirmerie. Un petit sourire vient naître au coin de mes lèvres meurtris : pas tout à fait le genre de trucs que font les types bien sous tout rapport, mais après tout ce sont ceux-là que je méprise le plus. Les types un peu comme Jake qui vous passe devant même quand ils sont à quatre contre toi et qui vous salut le lendemain comme si de rien n'était. Les types bien refusent de se salir, tant physiquement que dans leur réputation. Non, sans doute qu'Hodgson n'est pas un type bien, mais lui au moins est un homme. Une différence qui peut paraître moindre en terme de langage et qui prouve cependant l'existence d'un fossé gigantesque entre deux personnalités. C'est sur cette constatation que je retrouve ses bras. La porte claque sur nous, son bruit résonne en écho dans ma tête. L'instant qui suit me voilà sur un lit, et je ne sais si ce qu'on appelle destin existe, mais toujours est-il que celui sur lequel il m'a déposé est celui sur lequel je finis toujours. Celui près de la fenêtre.

Soudain, sa voix,rude et brutale me tire de mes songes. Je le dévisage un instant, un peu choquée, sans doute avait-il parlé plus bas qu'à l'accoutumée jusqu'à présent pour ne pas faire enrager mon mal de crâne mais tout de même... Un lion m'aurait adressé la parole qu'il ne l'aurait pas fait d'une autre voix. Je ne m'en formalise pas. Si je suis douée en potion ? Monsieur Sinclair rirait sûrement de l'entendre me poser la question car à dire vrai, je suis une catastrophe ambulante dans cette matière. Cependant, j'ai beau m'y prendre comme un manche avec un chaudron et trois ingrédients à touiller dedans, je passe assez de temps ici pour pouvoir servir d'assistante à Cédric. J'entrouvre la bouche. La referme. Tout à l'heure ? Ma mine se ferme, cherchant ce qui pouvait être si bien pour qu'il m'en fasse la remarque. C'était bien genre... De m'avoir portée dans les couloirs ou de m'avoir extirpé d'une bien mauvaise posture ? Ou alors... Peut-être que je me trompe mais...

« C'était grâce à toi. »

Si je me suis relevée, si j'ai quitté mon mur, si je n'ai pas abandonné, c'est parce qu'il me regardait. Tout simplement. C'est terrible une déclaration si niaise, que va-t-il s'imaginer de moi après ça ? J'ai déjà tout d'une Messaline et ne fait rien pour m'aider à m'extirper de pareille image. Mise mal à l'aise par mes propres propos, je repousse mes cheveux derrière mon oreille et tente de me rattraper tant bien que mal, tout en sachant qu'au vue de ma prédilection pour les gaffes, je vais sans doute aggraver plus qu'autre chose... « Parce que tu me regardais... » Et voilà, une de plus à ajouter à la collection. Si je n'étais pas assez bien amochée je m'en serait presque giflée moi-même tiens !

Ça m'énerve. Je m'énerve. Dire des trucs aussi con à un gars que je connais pas et qui me vient en aide me fout les nerfs en pelote, à moi pour qui il en fait déjà si peu. A l'allure où vont les choses, il va finir par se tirer sans dire un mot et me laisser là dans l'infirmerie complètement vide. Vite, changeons de sujet...

« Pour les potions euh... En général quand je, on prend un coup c'est la verte sur la quatrième étagère du placard de droite. Quand c'est plus grave c'est la même bouteille mais avec l'étiquette rouge, et... les trucs, pour dormir, sont dans le premier tiroir du bureau mais en général c'est fermé à clé. »

Ou comment lui dire en deux phrases que je suis une moitié de délinquante pas très douée et insomniaque. Beau travail Arya McMillan, le moins que l'on puisse dire, c'est que tu sais comment t'introduire.



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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Mar 10 Juin - 11:32


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G
râce à lui ? Son visage s'était retourné vers les potions, aussi, à l'ombre de sa cachette, il put esquisser un quasi invisible sourire. Elle ne voyait rien, ne comprenait rien, reprenant la parole, elle s'enfonçait dans des propos qui aurait pu sembler ambiguë pour un autre homme. Fort heureusement pour elle, Callum n'était pas de ceux qui avait le flirt ou la séduction ancrée en eux, il n'avait jamais saisi les œillades lors de sa scolarité, avait mis des mois à comprendre que la jeune journaliste qui le harcelait au ministère voulait plus qu'une interview. Aveugle à ce genre de chose, bien trop terre à terre pour les subtilités, il n'entendit dans les propos de la gamine qu'une reconnaissance qu'il ne méritait pas tant que ça. Il n'avait fait qu'exposer ce qu'il y avait en elle. Comme plus tôt, ses mots le touchèrent plus qu'il ne l'aurait voulu et lui tirèrent un minuscule sourire. Agacé de réagir de la sorte, frustré de ne pouvoir l'aider convenablement, il lui fut gré d'un hochement de tête d'être plus utile que lui, elle, au moins, elle savait comment se soigner. Néanmoins... « je » avait-elle dit avant de se reprendre, les coups étaient coutumiers, pas vraiment une surprise. Tiroir « fermé à clef », elle avait essayé de l'ouvrir en douce.. et bien, la gamine n'était définitivement pas aussi douce et inoffensive que son physique le laissait entendre. Il aurait dû la sermonner, lui en faire la remarque mais au lieu de ça il trouva ça encore plus intéressant. Elle gagnait des points alors qu'elle aurait dû en perdre. Il devrait lui parler d'acceptation, d'un peu de tolérance pour ces idiots ou de s'enquérir si elle avait fait part de sa situation à ses enseignants, pour « qu'ils règlent le problème ». Ca ne lui vint même pas à l'esprit. Il n'aimait pas ça, qu'elle soit brisée encore et encore alors que, clairement, elle avait plus à offrir. Les coups revenaient, inlassablement, il entendait leurs bruits, devinaient leurs odeurs, encore et encore jusqu'à ce que toute force en elle soit annihilée. Hors de question que cela se reproduise et, sans même le penser, il sut qu'il allait bloquer la machine dans lequel elle était enfermée.

Il posa les deux flacons sur la table de nuit et d'une petite poussée, avait avancée vers elle celui à l'étiquette rouge. Sans plus attendre, il se rendit au tiroir et, sortant à nouveau sa baguette, débloqua la serrure sans mal. Ça aurait été tellement plus simple de la forcer mais passons sur ce détail. Il y avait plusieurs petits sachets mais pour une fois l'infirmier avait fait les choses bien en étiquetant l'ensemble correctement, il trouva ce qui lui fallait et les posa sur la table de nuit. Pour cette fois. Toujours le même ton rude, un peu braque et même réprobateur mais moins hargneux car elle avait trouvé comment se soigner. Il trouva une serviette propre bien rangée qu'il déplia. Il mit un peu de temps à trouver de l'eau mais, une fois chose faite, en imbiba un peu la serviette qu'il alla poser à côté des médicaments, faut bien laver tout ce sang. Il n'aimait pas les somnifères, cela abrutissait, engourdissait, l'esprit. Il était persuadé que faire le vide dans son esprit, régler ses conflits, étaient bien plus efficace que n'importe laquelle de ces petites pilules. Il en avait connu des accros aux somnifères, il avait en connu des accros à autres choses... Passer de l'un à l'autre était d'une facilité évidente, un jour les somnifères fonctionnent et, quand ils étaient usés, que le système les toléraient, on passait à une autre forme d'addiction. Finalement, ça ne lui plaisait pas qu'elle se lance là-dedans, elle les prenait peut-être pour supporter le quotidien ? Car ses journées étaient intenses alors, elle s'enfilait deux trois pilules pour dormir et ça y ai, la nuit était rose à défaut que la journée le soit. Sans réfléchir d'où naissait son inquiétude et au fait qu'il n'aurait jamais dû s'en faire pour elle, il récupéra les pilules qu'il fourra dans sa poche. Ça abrutie. Il se tut, peu enclin à justifier son geste qu'il n'avait pas prémédité, sa main était partie, avait choppé le sachet car c'était ce qu'il lui semblait à faire, voilà tout. Faudrait pas qu'elle aille les lui voler. Si t'es emmerdes t'empêchent de dormir, faut les compartimenter et pas y penser. Un nouveau silence avant qu'il ne lâche à voix haute une pensée récurrente, la nuit, gaspille pas ton temps à penser, ça sert à rien. Il se trouvait un peu trop moralisateur, ce qui le rendait un peu bougon mais c'était nécessaire, ou du moins cela lui semblait indispensable, elle avait besoin d'énergie, elle avait besoin de continuer à reprendre le dessus et ça commençait par prendre un peu plus soin d'elle. Putain, il pensait comme lorsqu'il s'occupait de sa gosse.

Pourquoi ils s'en prennent à toi ?

Il aurait dû partir, son travail était terminé et pourtant, il lui semblait qu'il ne faisait que commencer.  Son ton ne changeait pas, toujours rude, toujours aussi haché, pourtant pour qui le connaissait, on pouvait remarquer qu'il prenait une tessiture plus attentive. Il parlait plus que d'ordinaire, s'intéressait, lui qui passait devant tellement de gens sans s'arrêter. Lui qui ne se mêlait pas aux autres, qui était comme un fantôme dans vos existences.

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Qu’importe j’irai où bon te semble. J’aime tes envies j’aime ta lumière, tous les paysages te ressemblent quand tu les éclaires. J’irai où tu iras, mon pays sera toi. J’irai où tu iras qu’importe la place, qu’importe l’endroit.
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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Mar 10 Juin - 15:42

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Callum Hodgson & Aryanedëlle McMillan

A quand remonte mon dernier vrai sommeil, de ceux qui sont réparateurs, de ceux dont vous vous éveillez l'esprit tranquille et la mine reposée ? Impossible de m'en souvenir. Impossible de savoir. Depuis des années, depuis toujours des songes, des cauchemars, des terreurs nocturnes. Enfant je n'en parlais jamais, n'ait rien fait de plus à l'aube de l'adolescence mais je me souviendrai toujours de ma cinquième année. De ce rêve. De ces choses que je voyais d'abord dans mes songes puis devant mes yeux, en guise d'actes réels. Cela avait toujours concerné des choses anodines comme Mélissandre Rochanna  faisant exploser son chaudron en cours de potion ou Jake Jugson s'endormant à la bibliothèque, mais lors de ma cinquième année cela s'était mue en des visions plus terribles, rarement claires mais toujours effrayantes. Aux images vinrent se calquer des murmures inquiétants, des messes basses, des bruits sifflants. Qu'importait que ce fut le soir ou le jour, fermer les yeux était devenu ma hantise, au point qu'un matin, c'est presque sans surprise que je m'effondrais sur le chemin du cours de métamorphose. Placée à l'infirmerie, j'avais tout dit, tout raconté à monsieur Lewis. C'était la première fois que je parlais de tout ça, de chaque détail. J'avais besoin d'aide, besoin que l'on m'explique pour quelle raison ça n'allait pas. Ce sont des choses qui arrive m'avait-il dit, mais sa mine renfrognée traduisait un net mensonge bien mal dissimulé. Tu ne dois pas intervenir même si ça te semble indispensable. Plus facile à dire qu'à faire mais je l'écoutais. Il ne voulait rien me dire, mais j'en étais certaine, Cédric savait ce que j'avais. Et Cédric me donna dès lors de quoi dormir. De quoi dormir sans rêve. Ils étaient toujours là mais moins nets, plus lointains, presque comme un soupir dans le creux de l'oreille, de ceux que l'on entend mais qui ne suffisent pas à nous réveiller. Je me fis de l'infirmier un ami, un confident. Lui n'avait pas peur et savait toujours comment chasser douleur et blessures. J'entrais en ces lieux comme un enfant rentre de l'école, simplement pour le voir, simplement pour être près de lui. Je fis longtemps mes devoirs en tailleur sur un lit d'infirmerie jusqu'à ce que lors de ma septième année, je ne fasse réprimander par le professeur Von Hammerschmidt qui semble-t-il était agacé de me voir toujours traîner dans un lieu dans lequel je n'avais rien à faire.

Pour autant, Cédric ne me priva jamais de mon traitement. Fort heureusement. De ce fait, mes yeux plantés dans ceux d'Hodgson, je fus sur le point de le remercier pour sa gentillesse l'ayant poussé à faire mes courses de soin mais me renfrognait sitôt qu'il m'ôta le plus précieux des breuvages. ça abrutie confia-t-il. Je fronçais doucement les sourcils. Evidemment puisque c'était fait pour dormir. Le silence s'installa, traînant entre deux bourrasques quelques paroles formées par cette voix rauque et brutale me conseillant sur de meilleures méthodes pour dormir. Cela sonnait presque comme des réprimandes un peu trop paternalistes, je n'aimais pas ça. Pour autant, loin de me sentir en colère et capricieuse, je ramenais mes genoux à moi, les entourant de mes bras pour mieux les fixer. Je n'avais pas envie de lui dire. Pas envie de lui parler de ça. Tout ce qu'il avait déjà eu l'occasion de voir de moi transpirait assez la misère sociale pour ne pas avoir envie d'en rajouter une couche avec des histoires que finalement même Flynn n'avait pas osé croire. Oui, c'était comme ça à chaque fois. Même pour Jake. Même pour Jo. Même pour ma mère. On me toisait toujours avec cet air entre désolation et sympathie, me rassurant, me caressant pour mieux m'apaiser. Seul Cédric qui pourtant n'avait jamais rien voulu m'en dire avait au moins eu la délicatesse de ne pas me prendre en pitié en me disant que ce n'était pas ce que je croyais, que cela était fortuit et rare. Ça ne l'était pas. C'était là depuis toujours sauf que personne n'y croyait. Même Miss Trelawney du temps où elle enseignait encore la divination au château disait que les songes étaient les esclaves du travail que nous fournissions dans son cours, alors quoi ? Comment lui dire, lui expliquer la situation ? Mieux valait encore laisser entendre que j'étais une camée, ça au moins c'était quelque chose de concret. De toute façon, il allait bientôt partir. Bientôt. Encore quelques leçons de morales, quelques conseils bien avisés et il partirait en me souhaitant bonne nuit. Comme un père. Cette idée me dégoûta. Non, mieux valait encore qu'il parte sans rien dire, ou mieux... Qu'il reste en silence. Mais le silence, de manière générale, les gens trouvaient ça gênant. Sans doute était-ce également son cas, aussi peu bavard fut-il. Je finis par répondre, les yeux dans le vague et la voix soudain devenue bien sombre.

« C'est pas mes emmerdes qui m'empêchent de dormir... penser c'est pas trop ma spécialité non plus d'ailleurs. »

Parler sans rien dire. Une spécialité que j'avais fatalement construit à mesure que la nécessité s'était faite sentir. Avais-je capté son attention juste avec cela ? Peu importait au fond. La question que je me posais sans arrêt tomba soudain, me faisant aussitôt redresser la tête. Je le fixais, tentant de juger à sa mine s'il me fallait inventer un bobard détourné ou si je pouvais sincèrement faire confiance à ce type sortit de nulle part. Me revint alors en tête la façon dont il chassa Phineas, ses mots, la chaleur de ses bras. T'es solide. Pour ça au moins méritait-il un tant soit peu d'honnêteté. Le strict minimum sans nulle doute.

« Tu connais l'histoire du vilain petit canard ? Ba c'est un peu ça, sauf qu'à la fin le canard découvre pas qu'il est en fait un cygne qui avait perdu sa famille. Juste qu'il est un... » Je levais les yeux au ciel, saoulée de ma propre répondre. « Juste un crétin de canard qu'est pas né comme les autres.»

Je me mordis la lèvre, la mine totalement déconfite. Super, voilà que je lui parlais volaille maintenant. Si cet homme arrivait à comprendre quelque chose à ce que je lui racontais, j'aurai presque était prête à ériger une statut en son honneur dans le parc du château. A chaque minute qui passa dans le silence, un nouveau tic venait m'agiter. Nous restions là, sur cette foutue histoire sans aucun sens à nous fixer en chien de faïence sans plus rien nous dire. Insupportable cette situation. Je pris sur moi d'y mettre fin, me surprenant à avoir soudain une voix bien plus faible que je ne l'aurais souhaité. Sans doute parce que ma mâchoire se réveillait à nouveau pour me rappeler la droite que j'avais durement encaissée.

« Paraît que j'ai le sang pur. Selon toute logique j'aurai dû être...blonde, pulpeuse et particulièrement hautaine comme mes sœurs sauf que moi...  Je suis rien de tout ça et que ça me va très bien. Rien de ce que je fais ne correspond à ce qu'on attend de moi et... C'est un peu... Comme quand on essaye de forcer un gamin à marcher droit et qu'il se débat. Il se fait corriger jusqu'à rentrer dans le moule sauf que.. » Un sorte de spasme déguisé sous la forme d'un léger sourire vint trouver sa place sur ma bouche, me faisant prononcer des mots bien douloureux malgré eux. « Je suis un cas desespéré en fait.»

Le menton reposant désormais sur mes bras croisés soutenus par mes genoux je le regarde. Voilà de quoi alimenter sa réserve d'infos à mon sujet. Pour ma part je ne sais rien de lui et ça me convient très bien. Inutile de s'impliquer. Je réalise cependant que malgré tout ce qui se passe et se dit depuis tout à l'heure, je ne sais que son nom, lui ne sait rien du mien. C'est rassurant au fond, un peu comme une promesse qu'après ce soir il n'y aura rien d'autre. Mon corps a beau me faire souffrir de toute part, mon esprit a rarement été si reposé qu'en ce moment et mon mal-être aussi bas. Je le regarde, le contemple, le dévisage. Un type baraqué qui parle pas beaucoup et ouvre des verrous aussi facilement qu'on dit bonjour. Une cicatrice à l'arcade. Un homme qui écoute. L'impression de découvrir une histoire dans le seul dessin de ses traits et me voilà qui m'interroge plus sur lui que sur mon propre sort. C'est assez rare pour moi. Passer mon temps à me protéger tant bien que mal me fait souvent oublier la présence des autres. En général ces derniers m’intéressent guère, mais lui... Lui est différent. Hodgson est différent. C'est ainsi que je finis par lui souffler sans trop réfléchir, presque plus comme un constat qu'une véritable question.

« Toi aussi tu continues à te battre, hein... ?»






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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Lun 16 Juin - 1:11


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I
l attendait la suite, si c'était pas ses emmerdes c'étaient quoi ? A des années lumières d'imaginer qu'elle puisse avoir des dons de voyances, il ne voyait pas ce qui pouvait plus lui rendre la vie difficile que les coups. Elle parlait avec plus de naturel, moins d'hésitation et il en était étrangement satisfait. Son histoire de canard le laissa dubitatif, elle voulait en venir où ? Il avait lu le conte une seule fois à Marlow et ça lui avait suffit, un ramassis de connerie, une morale idiote qui apprend à l'enfant que seul le physique compte si on veut être accepté. Pas faux mais ce n'était pas pour autant qu'il fallait en faire une morale... Elle essayait de lui dire qu'elle se trouvait moche, à moins qu'elle ne voulait expliquer qu'elle avait été adopté ? Compliqué tout ça. Il attendait, le silence ne le gênait pas, au contraire et rester stoïque face à une personne, il l'avait fait des centaines de fois. Prêt à parier qu'elle craquerait avant lui, ne pouvant sûrement pas s'empêcher de s'expliquer quand elle comprendrait que son histoire n'avait pas eu l'effet escomptée, y avait juste à attendre. Bingo. Il retint les caractéristiques physiques de sa famille, nota qu'elle y avait ajouté un trait de caractère qui relevait plus du ressentiment que de la génétique et, la suite, ne fut que la preuve qu'elle ne supportait pas son environnement familiale. Sentiment de ne pas être à sa place dans sa famille, qu'elle lui imposait des codes, oui il voyait le lien avec le conte. Il ne connaissait que par ce qu'on lui avait dit les méthodes et coutumes des sangs-purs, à chaque fois le mot « tradition » était revenue, « rigueur » aussi. Elle ne voulait pas cadrer alors on la rejetait et jusque dans ces murs semblait-il. Poudlard n'avait pas changé, si tu n'étais pas comme le monde sorcier l'attendait, on t'épinglait. Comme lorsqu'il était arrivé, qu'il avait été bousculé pour ne pas avoir le bon sang. Un nouveau point commun, comme s'il avait besoin de ça, il devrait y aller, couper court en cet instant avant que cela n'aille trop loin. Pourtant l'attachement avait déjà prit forme, l'entendre dire qu'elle se sentait mal dans sa famille ne faisait qu'ajouter une pierre qui colmatait l'ensemble. C'était différent, très différent de ce qu'il avait vécu, de même que ce n'était pas comparable avec ce qu'il faisait subir à sa fille mais les histoires de familles difficiles, il en avait trop vécu pour y être insensible. Il avait envie d'attiser la force qu'il voyait en elle, l'entendre dire qu'elle prenait racine jusque dans sa propre maison familiale ne faisait que renforcer son désir.

Cela allait trop loin, il sortait du cadre de Poudlard, il ne pouvait s'insinuer jusqu'à changer son attitude au sein du cercle familiale. Mais en changeant l'un, il allait bouleverser l'autre... Inévitable et il savait ce que cela risquait de donner, il l'avait fait et le résultat aurait été sombre, sanglant, si le Patron ne lui avait pas tiré de son trou. Part, lui souffla son instinct, part car ce trésor que tu viens de découvrir est en train de prendre trop d'importance, tu as une mission à effectuer. Elle relance la conversation et il sent qu'il va répondre, lui si peu bavard s'exprime beaucoup trop. Une nouvelle preuve qu'il ne devrait plus être là, mais il ne peut la laisser comme ça. Il ne peut fermer les yeux sur ce qu'il voit, même s'il échoue, même si elle lui demande de partir, il ne peut se résoudre à le faire de lui-même et, parce qu'il a toujours réussi à compartimenter les différents éléments de sa vie, Callum se dit qu'il réussira à ranger « la demoiselle du couloir » dans un coin de sa tête, que cela n’empiétera pas sur son travail. Un brin d'orgueil dans ce grand corps qui le fit rester à son chevet alors qu'elle osait l'interroger. Il n'avait même pas eu le temps de lui répondre, tant mieux, il n'était pas doué pour réconforter et puis, quoi qu'il aurait dit, ça n'aurait pas été apprécié des géniteurs.

Il ne parle pas de lui, c'est un homme secret car les gens profite toujours des confidences. Callum ne s'était jamais confié, enfant il avait vite apprit que les balances étaient pour les ordures, que les plaintes étaient pour les faibles et les confidences se retournaient toujours contre vous. Depuis qu'il était au ministère, sa nature secrète n'avait fait que se renforcer et il était hors de question que cela change. Le minimum pour satisfaire sa curiosité, pas plus et détourner la conversation. Il était néanmoins assez interloqué par sa question. Contre quoi s'imaginait-elle qu'il se bat ? Il avait fait fuir le groupe d'abrutis mais ne les avait pas vraiment frappé, effrayé plutôt et puis, pourquoi « continuer » ? Pour un homme peu bavard, Callum ne pouvait s'empêcher de s'arrêter sur le choix des mots, avare en parole il accordait de l'importance au bavardage sans pour autant s'improviser psychologue. Il n'analysait pas, sauf quand on le lui demandait, mais il s'arrêtait dessus, s'interrogeait un peu quand même, surtout quand comme en cet instant s'était aussi incongru.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Il avait froncé un peu les sourcils mais si sa voix marquait sa réticence, une certaine méfiance même, elle était un peu plus clair également. Elle s'imaginait quoi la gamine ? Que parce qu'il avait effrayé le troupeau il aimait frapper à s'en éclater le poings ? C'était pas faux mais avait-elle saisit tout ce qu'il y avait derrière ? Le taulard, le délinquant, le gosse qui avait fuit Poudlard. Impossible, pourtant il était sur la défensive. Comme lorsqu'il avait à faire à un journaliste trop insistant, qui commence à lui balancer quelques informations qu'il n'aurait pas dû avoir si bien qu'il finit par le menacer. Un poings qui craque, quelques menaces bien sentit et le tour était joué, ça améliorait même sa réputation de garde du corps. Il se refusait à sombrer dans la paranoïa mais néanmoins, en un pure réflexe, il plaça son poings gauche dans sa main droite. Il ne voulait ni la menacer, ni l'effrayer, juste comprendre. Ses questions sur sa famille, lui demander son nom, tout ce qui lui serait venu si elle n'avait pas fait cet étrange constat aurait été posé. L'envie de la protéger n'était pas loin et pourtant, alors qu'il attendait réticent et impatient l'explication, il ne pouvait détourner la conversation.


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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Lun 16 Juin - 3:08

Spoiler:
 

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Depuis toujours, je me farde d'avoir un bon instinct, une bonne perspicacité. Je n'ai jamais cherché à comprendre les autres, quel intérêt cela aurait-il eu de le faire ? Comprendre pourquoi je faisais mieux de lever la tête plutôt que de baisser le regard, comprendre comment je devais fonctionner avec les autres pour mon propre bien-être avait été suffisamment long à faire pour que je ne me mêle pas du comment fonctionnent les autres. Et pourtant, il me suffit d'un regard. Un regard pour percer les gens, le problème, la douleur. Ça avait été le cas avec Jake. Au premier regard que nous avions échangés, lui marchait droit devant lui. Moi,  me faisais malmener par Mélissandre Wellington. Il avait vu. Tout vu, mais n'avait rien fait. Passant devant moi comme s'il n'avait rien vu des menaces de la Serpentard à mon encontre, rien vu ni de sa baguette pointant ma gorge, ni de sa main me tenant la tête contre le mur par les cheveux. Un regard avait suffi pourtant pour que je ne lui en veuille pas. Toi t'as déjà ta dose d'ennuis. Voilà tout ce qui m'étais venu en tête malgré mon ressentiment à son égard. Je ne contrôle pas ces choses là, c'est instinctif. Finalement c'est un peu le même principe que pour Lux sauf que je n'ai rien d'un fléreur. Pourtant cette fois, j'aurai aimé tenir ma langue. Tu continues de te battre. Savoir ? Non, je n'en avais pas forcément envie. Ce n'était même pas une question qui aurait du être posée à voix-haute, cette voix au plus profond de moi m'assurant que la réponse était oui. Hodgson se battait. Pas forcément physiquement, bien qu'il aurait été étonnant au vue de son imposante musculature qu'il n'ait jamais joué des poings. Non, le combat que je devinais en lui, était quelque chose de très semblable au mien. Cette impression que l'on a lorsque l'on rencontre quelqu'un qui nous ressemble. Le maintien de sa baguette, cet air perdu devant les potions de Cédric. Tu n'es pas à ta place dans cette école de magie. Pas plus que moi. Cette cicatrice à ton front, et celle-là plus fine que l'on devine à ton menton, sont-elles la preuve que tes combats furent  bien plus rude encore que ce que je n'oserai jamais imaginé ? La voix me souffle encore. Oui. Mais tu n'en parleras pas. Ce n'est pas le genre de chose dont tu parles toi. Et plus ça a fait mal, moins on est apte. Pour toi qui porte tant de marques, pour toi dont les yeux sont si strictes, as-tu jamais parlé de ça à quelqu'un, as-tu jamais raconté tes combats ? Non. Toi tu ne parles pas. Tu écoutes rarement aussi, mais tu te tiens pourtant face à moi depuis bien plus de temps que je n'en ai mérité de ta part. Tes poings se placent l'un dans l'autre, ta mine se ferme, se recroqueville sur elle-même.

La preuve que tu es blessé. Fort sans doute, mais blessé. Après tout, seuls ceux qui n'ont pas de plaies béantes ne ressentent pas le besoin de s'armer d'un bouclier pour se protéger. Mais comment oser te dire tout ça, moi qui ne sais rien de plus de toi au fond que ces malheureuses déductions qui sont peut-être totalement erronées ? Moi à qui tu ne diras jamais rien. Moi que tu oublieras sans doute dès lors que tes pas auront passé cette porte. Pourquoi le ferais-tu d'ailleurs ? Nous ne sommes que des inconnus l'un pour l'autre. Le silence a fait sa place encore une fois. Je sais que tu attends une réponse mais n'ose rien dire. Je ne veux pas de tes secrets, encore moins de tes confessions. Ton nom seul me suffit, le reste je le lirai moi-même. Alors, prête à rebrousser chemin, je murmure un je... qui se laisse aspirer dans un souffle résigné. Que signifiaient mes paroles ? Voilà tout ce que je me permet de te répondre, mes yeux plantés dans les tiens sans aucun mensonge ni envie de te tirer du mutisme.

« Que toi tu ne me regardes pas avec pitié. »

Voilà. C'est à peu près ça l'idée, ma façon à moi de te dire Nos regards sont semblables alors il est inutiles de m'affirmer le contraire. Tu te bats. Contre qui et pourquoi cela n'a pas d'importance. Mais de la même façon que tu m'as permit de me relever, de désirer me tenir debout, toi, tu continues à te battre. D'une façon ou d'une autre sans que je ne sache comment. Simplement parce ce que toi tu sais ce que c'est. D'une façon ou d'une autre. Et que c'est grâce à ça que tu peux me regarder droit dans les yeux sans gêne, sans peur, sans désapprobation. Pour la première fois de ma vie, alors que j'ai les os en miettes, la bouche  en sang et le corps comme une seule et vive douleur qui me lance sans en finir, la personne que j'ai en face de moi n'a pas l'air de vouloir me tendre une pièce ou de me cracher à la figure. Pas de pitié. Pas de peur. Pas de mépris. Juste ton regard sur moi, droit et indéfectible. De ceux qui pousse une fille cassée à se relever malgré tout. De ceux qui me laisse espérer que peut-être quelque part, sans même en avoir conscience mais puisque toi tu l'as affirmé, je suis solide. Et je constate alors tristement, les yeux se baissant une dernière fois...

« Les autres le font. A chaque fois. »

Mais ce n'est pas une fatalité.
Non, ce n'en est plus une, puisque toi tu es là.

« Pas toi. »

Un silence. Encore et toujours, je ne suis plus gênée pourtant. Je n'ai jamais su regarder quelqu'un droit dans les yeux avant toi. Ne me suis jamais sentie à ma place avant que mes yeux ne s'en viennent trouver les tiens. Cette sensation disparaîtra-t-elle en même temps que tu franchiras la sortie ? Peut-être. Sans doute suis-je en train d'idéaliser celui qui vient de me sauver la mise, mais mon instinct me hurle que nom, et ce dernier se trompe rarement. Il ne m'a pas trompé pour Jake. Pour Flynn. Pour Jo. Non je n'ai pas la science infuse mais je sais interpréter ce que j'ai sous les yeux. Et ce je crois voir en toi Hodgson est la plus belle chose qui soit. Une adversité qui me seras toujours inconnu malgré mes tracas, mais contre laquelle tu lutteras toujours. Je ne ressens pas le besoin d'en dire plus. Pas besoin de parler. Les mots en masse sont inutiles. Trop nombreux, partout, tout le temps. Je préfère encore me taire. De toute façon, tu n'aurais pas envie d'entendre. De toute façon, ma mâchoire me fait trop mal. De toute façon, mes joues désormais me brûlent, et pas à cause des coups.







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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Mar 17 Juin - 1:15


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I
l ne s'était pas attendu à ça, sans avoir imaginé les réponses, il avait cru entendre à l'avance les interrogations, les évidences tirées de son attitude. Tu lances les sorts à haute voix, tu dois pas être bien doué en magie alors, en bonne brute, tu uses des poings. Pour vivre, pour t'imposer, en moldu, tu uses des poings. Tu es l'homme de main de l'Inquisiteur, le gars de l'ombre, celui que, faute de mieux, les journalistes qualifient de garde du corps etc. et là dessus ton imagination s'emballe. Oui, il s'était attendu à autre chose qu'à cette réponse évasive. Un silence, il attend et elle précise. Un nouveau silence, elle affine sa pensée. Il se prend cette évidence en plein dans la poitrine, elle le trouvait solide, lui vaut de s'être relevée et maintenant, maintenant elle lui raconte qu'il a un regard différent. Qu'est-ce qu'il peut faire face à ça, s'enfuir n'était plus envisageable alors que son instinct lui hurlait plus que jamais d'aller claquer cette porte pour ne pas y revenir. Qu'il y avait d'autres gamins dans les couloirs qui l'attendaient. Qu'une enquête sollicitait son entière implication. Il n'avait plus aucune raison d'être là, elle commence à s'attacher, il le voyait seulement maintenant. Elle commençait à s'attacher, à moins que ce ne soit lui qui ne veuille plus la lâcher ?

Aussi doué avec les mots qu'avec ce genre de situation, Callum s'emmurait dans un silence sans la quitter des yeux. Lentement il bougea, déliant ses mains qui retournèrent pendre autour de son corps et, d'un pas un peu rude, s'assit au bout du lit. Tout était dit, il n'allait pas partir, il ne pouvait plus et il n'en avait pas l'envie. Il restait toujours debout, parce qu'il savait qu'il avait plus d'autorité ainsi, que se mettre au niveau de son interlocuteur s'était le considérer comme son égal. Toujours regarder l'autre de haut, ça faisait passer le message qu'il n'était rien, un petit mot subliminal qui lui avait évité bien des bagarres. Il s'assit au bout du lit, droit comme un i et, enfin, la quitta des yeux pour englober du regard la pièce. Il l'avait enveloppé en arrivant, réflexe entretenu de remarquer les différentes issues, les objets utiles, à chaque fois qu'il entrait dans un lieu. Son regard se promenait, il tournait la tête sans curiosité, il se laissait simplement porter.

Ton nom ?

Son aura pesante s'était adoucit, pourtant il avait toujours l'air aussi renfrogné et son ton n'avait rien perdu de sa rudesse. Il était pourtant assit et avait cessé sa surveillance, satisfait de ce qu'elle avait dit, bien tout simplement et cela se sentait, pour qui était observateur ou empathique. Pourtant, elle avait parlé de « se battre » et ça résonnait encore en lui, la méfiance était toujours là, palpitante dans ses veines et peut-être avait-elle mentit, peut-être avait-elle évincé la question car, au fond, elle ne lui avait pas répondu. Il n'avait pas pitié d'elle, comment le pourrait-il ? C'était ridicule, impensable, il fallait avoir grandi dans un cocon pour ne pas comprendre qu'elle était au-dessus de la pitié. La pitié... ça ne sauvait personne, ça n'aidait pas à avancer. Un peu de baume sur les blessures, voilà tout au plus ce que ça faisait mais à l'enfermer dans un cocon, dans un petit nid affectueux, ils la privaient de sa force. La confronter à sa douleur, la surmonter, la battre à plate couture, étrangler sa propre peur voilà ce qui pouvait l'aider. Et voilà qu'il recommençait, s'emballait, s'impliquait, et voilà qu'il se disait que ce n'était pas bon. Son regard inexpressif revint à elle, elle devait être épuisée. Sa présence la gênait peut-être mais il n'était pas décidé à la laisser seule, qu'elle s'endorme, il allait veiller jusqu'au bout à ce qu'elle n'ait rien. Pour l'instant, elle était stoïque, muette et lui, il attendait qu'elle casse sa belle image. Parle moi du ministère, lance les éternelles questions sur le département des mystères ou harcèle moi comme les autres sur ce que le Patron a prévu. Elle ne pouvait manquer de curiosité, se satisfaire simplement de sa modeste présence. Pourtant... le silence s'éternise, il se détend, un peu plus étonné à chaque seconde qui passait. Rien. Elle n'ajoutait rien. Une gamine vraiment étonnante. A tout ce qu'il avait éprouvé en cette rencontre, elle lui offrait la cerise sur la pile des belles émotions. Sa curiosité était peut-être remise à plus tard, sa méfiance l'avertissant que rare était les êtres désintéressés, mais il en fut gré. Reconnaissant de ne pas le harceler comme les autres, de ne pas profiter du tête à tête pour décrocher une informations croustillantes. Merci.

Repose toi.


Le ton était un brin autoritaire pourtant, alors que sa voix gardait sa rudesse, que ses yeux n'invitaient à aucune complicité, il eut un léger sourire. Un très léger sourire qui lui releva les coins des yeux, découpant ses cicatrices pour en faire d'innocentes marques. Un sourire doux, chaleureux, si inattendue et si rare qu'il offrait plus d'éclat. Aussi vite qu'il était apparu, il disparut sous le masque d'impassibilité. Repose toi, gamine. On se voit demain. Il savait qu'il allait revenir à la charge, la pousser encore et toujours à se dépasser jusqu'à ce qu'elle reconnaisse qu'il n'avait rien à voir dans sa réussite, qu'elle seule s'était relevée. Qu'elle se voit comme lui la voyait. Oui, il allait garder un œil sur elle, s'interroger, s'étonner peut-être encore, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus de secret pour que la méfiance qu'il éprouvait puisse disparaître. Interrogatoire, observation, provocation, les méthodes étaient douteuses mais ce soir, elle lui avait offert de la tranquillité. Elle restait silencieuse et, accessoirement, c'était rare, même précieux, ceux qui savaient aimer le silence. Lui rendant la pareil pour son geste, il n'allait plus l'embêter, simplement attendre jusqu'à ce qu'elle s'endorme.


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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Mar 17 Juin - 19:02

How to save a life


Callum Hodgson & Aryanedëlle McMillan

Ma poitrine lentement se serre, me fait mal. Incapable de me défaire de ses yeux, je cherche pourtant dans le flot de mes souvenirs le moment où l'on a pu me frapper à l'endroit où la douleur se forme. Les bras. Les jambes. La mâchoire. La joue. J'ai pris ce soir la correction la plus sévère et la plus effrayante de toute ma vie, mais j'ai beau retourner la scène dans mon esprit dix, cent, mille fois, je n'ai aucun souvenir d'avoir été frappée à ce niveau-là. Il faudrait alors regarder la vérité en face. Admettre que pour la première fois un homme ne me révulse pas, tout au contraire. Admettre que ses silences, ses airs bourrus et ses yeux seuls ont suffit en ce court laps de temps passé ensemble à me faire me sentir bien. Les gens posent toujours tellement de questions, veulent tout savoir. Pourquoi s'en sont-ils prit à toi ? Combien étaient-ils ? Tu peux marcher ? Ça va ? Tu es certaine de n'avoir rien fait pour finir dans ce lit d'infirmerie ? C'est étonnant. Oui, ces questions et ce genre de beaux discours je les connais maintenant par cœur, j'y réponds parfois avant même que l'on ne m'ait posé la question. Mais je ne peux pourtant admettre une telle chose. Comment le pourrais-je ? Sans doute, si je t'avais croisé en d'autres circonstances, me serais-je écartée d'un pareil personnage. Pourtant tu es là ce soir, te tenant simplement à mes côtés, ta mine brutale posée sur moi avec plus de douceur que ne saurait le faire la plus tendre des caresses. Tu es là, complètement stoïque. Entends-tu seulement ce que je dis ? J'en viens à en douter jusqu'à ce que ta silhouette s'affaisse et ne me rejoigne au bord du lit sur lequel je repose.  

Ma poitrine à nouveau se serre, me fait mal. Tes yeux ont quitté les miens, contemplant je ne sais quel pan de la pièce tout en me ramenant à la réalité. Attrapant la serviette humide près de moi, j'essuie tour à tour à l'aveuglette mon arcade sourcilière, ma joue, le bord de mes lèvres. Quand le tissu touche ces dernières la douleur se ranime en même temps que le rouge s'en vint le tinter. Bon sang, je n'ose même pas imaginer comment l'on va me regarder demain. Ou après-demain...
Ta voix me vient soudain, quémandant l'information la plus évidente qu'il te manquait pourtant. J'hésite un instant. Qu'en feras-tu de ce nom ? En as-tu besoin pour me connaître comme ce fut mon cas ou n'est-ce là que le bout manquant au rapport que tu feras sans doute à d'autres ? J'ai tellement honte d'avoir été prise dans pareille histoire, t'imaginer vendant tout cela à d'autres, fusse pour mon bien, serait une terrible trahison que j'anticipe à travers toute la méfiance qui me caractérise. Je ne peux rien te refuser pourtant. Comment le pourrais-je ? Je n'ai jamais dû autant à qui que ce soit. N'ait jamais tant dépendu d'un regard, d'une présence, que depuis que tes bras m'ont levés contre toi et menée ici. Non, peut-importe s'il faut un jour que je t'en veuille, je ne saurai jamais rien te refuser. Encore moins cela.

« Aryanedëlle »

Je me gifle mentalement. Le prénom stupide, bien trop long, imprononçable, celui par lequel personne ne m'appelle jamais, il a fallu que je le lui dise. Je m’éclaircis la gorge, reprend d'une voix que je tente un peu plus ferme que ce malheureux soupir mimant la voix ayant précédé.

« Mais Arya c'est plus simple. »

Un sentiment brûlant et étrange me vient, comme mise à nue devant lui par le simple fait de lui donner mon nom. C'est stupide. Tellement stupide. Un nom, c'est ce que l'on donne en premier selon tout bon sens, mais ce dernier ne m'a jamais vraiment été fidèle et la liste de mes absurdités n'est pas prêtes de se réduire. Alors je reprend en silence la tâche qu'est celle de me défaire des restes de sang ayant séché sur ma peau. Si elle pique et brûle sur l'instant, la sensation tiède de l'eau finit enfin par me ranimer et par mettre de côté ce teint trop blafard témoignage de défaite qui ornait jusque lors mon visage. La rudesse de ta voix s'en vient alors à nouveau. Bienveillante, je ne sais si elle conseille ou ordonne que je me repose, mais n'en ai cure à présent, subjugué par un tout autre détail. Il me semblait l'avoir déjà entraperçu, discret et éphémère, mais celui que je vois à présent est bien plus beau encore. Ton sourire. Un si fin sourire qu'il se devine à peine. Un sourire qui comme une vague vient se dessiner sur l'écume du visage et s'en va l'instant d'après sans avoir laissé de trace.

L'appréhension me gagne, me saisi à la gorge. Peut-être que pour d'autre cela serait normal, ou anodin, mais pour moi qui me détache avec une telle force des autres, d'où peux bien provenir cette fascination, cet attachement ? Me reposer. Oui, il le faudrait. De même je devrais te remercier, me glisser sous les draps, entamer toute la procédure visant à te dire silencieusement que je vais bien à présent et qu'il faut que tu partes. Mais à la seule idée que tu quittes la pièce je sens l'angoisse revenir, alors tant pis pour ma peur. Elle est bien moindre comparée à l'autre. Lentement, après un nouvel instant passé dans le silence, je finis par me laisser retomber doucement contre le matelas. D'abord sur le dos, puis sur le côté. Je n'ai jamais été bordée, je crois même que je détesterai ça, mais te savoir là près de moi, la chaleur de ta silhouette caressant mes jambes désormais étendues est vraiment rassurante. Je commence à fermer les yeux, puis les rouvrent aussitôt.

Je ne peux pas. Vraiment, je ne peux pas m'endormir comme ça à ta vue, c'est indécent, bien trop étrange. Et que penseras-tu de moi quand naîtrons les gémissements, les tremblements et les cris ? Je ne sais pas dormir, ne sait que rêver, et ce que je vois est toujours si terrible que mon sommeil s'agite. Il faut que tu partes maintenant, que tu me laisses. Non. Non, je t'en prie ne pars pas. Il suffit de garder les yeux ouverts. Ainsi je te verrais. Ainsi les cauchemars seront loin. Si j'ai longuement fixé un point perdu de la pièce, mes yeux se baissent à nouveau vers toi. Tu m'as demandé de me reposer, pas de dormir. Je me repose alors, respirant sereinement désormais. Ainsi étendue je peux sentir chacun des vacillements du matelas que provoque ta silhouette assise. Ton maintien jusque lors droit comme un pic se détend lentement elle aussi, tout doucement, par petite touche jusqu'à ce qu'un sursaut ne nous prenne. Nos doigts se sont frôlés, et c'est étrange de voir combien un infime contact peut prendre tant d'importance quand tout à l'heure encore tu me soulevais sans honte d'un étage à l'autre de l'école. Plus étonnant encore est le comportement de la fille qui détestait qu'on la touche, et qui soudain rattrape ta main avant que tu ne l'éloigne pour de bon. Je ne me reconnais plus. Peut-être bien que Philleas a cogné trop fort et qu'à défaut d'avoir gagné ou perdu en intelligence, c'est la parti du cerveau gérant toutes mes émotions qu'il a chamboulé. Sans m'en rendre compte je fronce quelque peu les sourcils sans jamais quitter ta main. Ou plutôt, le bord de tes doigts d'homme que j'ai réussi à maintenir dans ma faible poigne tremblante. Tu ne bouges pas. Moi non plus. Le mutisme qui nous entoure me frôle et bientôt la position qu'est la mienne fait doucement battre mes paupières. Je lutte pour ne pas m'endormir. Mais qu'y puis-je ? Au moment où ma faible prise disparaît dans la sensation de ta main tenant fermement la mienne, sa chaleur me fait lâcher prise et mes yeux se ferment sur le dessin de ton visage que je quitte pour ce soir à contrecœur.







© Yuki Shuhime & Aloysia


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- DIS QUE TU ME RETIENDRAS -
Et juste au moment ou j'étais bien toute seule, tu m'arrive comme un coup de poings sur la gueule. L'autoroute de ma vie filait tout droit devant, notre rencontre est un accident.
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MessageSujet: Re: HOW TO SAVE A LIFE | Callum & Arya   Mar 17 Juin - 22:54


 ◈ Arya & Callum ◈
Tes agresseurs sont des p'tits cons

Relève toi gamine, soit plus forte que ça






L
'originalité du nom lui plut, c'était étonnant, décalé et imprononçable. D'où cela venait-il ? Il avait le goût des histoires et des êtres en marge de la société, le prénom n'étant que la marque de la différence. Par chance, il avait eu une compagne tolérante qui l'avait laissé prénommer leur fille « Marlow » alors qu'elle se satisfaisait du second prénom, un très poétique et délicat Flora. En s'y arrêtant, il n'avait pas pris la peine d'expliquer à sa fille d'où ça venait. Il avait choisi ce prénom parce qu'il en aimait l'histoire et la sonorité, ce n'était pas tous les gamins qui pouvaient se vanter d'avoir non par un bête prénom à la signification vague, mais de porter une belle anecdote. Une histoire d'amitié entres deux ermites qui fondèrent leur propre ville... Il aurait peut-être dû lui dire, elle serait moins tout feu tout flamme, elle serait peut-être plus posée. Amusé par cette pensée, Callum entendit le surnom mais le rejeta, lui préférant le prénom. C'était ainsi qu'elle se nommait, laissons les surnoms aux amis, lui, il préférait l'incongrue. Le silence revint mais c'était sans importance, le temps passa doucement alors qu'il attendait qu'elle s'endorme. Voilà, il lui en fait la demande, elle hésite, pour obéir... un sursaut de rébellion, elle rouvre les yeux. Dors. Un frisson le parcourt alors que ses doigts effleure les siens. Il ne s'y était pas attendu, sa main se recroqueville, effrayée par se contact qu'il lui fait froncer les sourcils. Elle s'en fiche, elle le rattrape. Elle agrippe quelques doigts, serre fort, que sa prise s'évade pas. Je ne pars pas. La surprise s'efface, si elle veut, il peut lui tenir la main jusqu'à ce qu'elle dorme. Il est prêt à rester des heures si ça lui valait de se réveiller reposée. Il la voit froncer les yeux, comme si le geste la perturbait, c'est pourtant elle qui lui a prit la main. Il ne comprend mais ce n'est pas important. Ses yeux papillonnent, elle lutte, encore un peu, preuve définitive que jusqu'au bout elle se bat. Contre tout, même contre elle-même, elle veut gagner et, une nouvelle fois, cela lui donne des envies de sourire.

Son visage reposé, lavé de la souillure du sang, elle semble sereine malgré les ecchymoses. Son regard s'attarda, s'attendant à ce qu'elle darde ses yeux noirs sur lui à nouveau mais le rythme profond de sa respiration se fit entendre. Régulière, quelques souffles, elle s'est endormie. Bien. Très bien. Il n'ose bouger, ses doigts toujours emprisonnés dans la petite main qui finit tout de même par se détendre. Combien de temps resta t-il ainsi, sans bouger, à simplement s'assurer qu'elle n'allait pas s'éveiller en sursaut ? Il fallait qu'il aille lui-même se coucher, sa ronde n'était pas terminée et puis, il avait Boo à nourrir, un rapport à écrire car malgré tout, malgré ce lien naissant, il allait tout de même en parler au Patron. Demain, il allait apprendre les noms des agresseurs, les ajouter au rapport avant de le rendre, où il aura exposé brièvement la situation et, sobrement, y racontera qu'une certaine Aryanedëlle a subit des coups mais qu'il s'en était occupé. Sans s'attarder dans les détails, il présentera les faits pour conclure qu'il fallait garder un œil sur les Serpentards. Il ne racontera pas leurs échanges, ses impressions, tout au plus dira t-il qu'il l'avait conduite à l'infirmerie et, au passage, blâmera l'absence de l'infirmier. C'était amplement suffisant.

Callum enleva avec douceur sa main de la sienne et, avec minutie, se releva. Ne pas la brusquer, éviter de la réveiller. Attentif, il resta à ses côtés, debout, à s'assurer que ses mouvements ne l'avaient pas perturbé. Bien. Tu vois que tu n'as pas besoin de somnifères. Il roula des épaules et eut l'envie de remettre convenablement sa veste sur ses épaules, elle devait s'être déplacée après qu'il se soit assit. Sa main rencontra sa chemise blanche, elle ne la lui avait pas rendu, pire, elle était emmitouflée dedans. Un crime que la réveiller pour ça, tant pis, il allait la lui laisser, il en avait d'autre. Il avait dû mal à partir, peut-être allait-elle souffrir pendant son sommeil ? Appeler à l'aide mais personne ne lui répondrait. Silencieusement Callum remit bien en place la serviette un peu ensanglantée sur la table de nuit, alla faire couler un peu d'eau dans un verre si elle avait soif et mit en avant les potions. Elle n'allait pas être à l'aise longtemps à dormir avec sa veste. Dans une des poches, elle allait se confronter aux bouts pointues du maigre livre qu'il était en train de lire. Si elle avait besoin de se détendre, si les blessures la réveillaient elle trouvera de quoi se changer les idées... Tout racornit d'avoir été transporté partout dans l'école, à moitié plié pour tenir dans sa poche faute d'avoir pensé à utiliser un sortilège pour le rétrécir, Aryanedëlle avait pour compagnie un polar sombre, sanglant, d'un auteur peu connu. Pas la meilleure des lectures pour se changer les idées, mais la seule qu'il appréciait vraiment.

Sans plus s'appesantir, Callum sortit de la pièce sans faire de bruit. Avec précaution il ferma la porte de l'infirmerie et, jusqu'au bout du couloir, ses pas furent silencieux. La suite de sa soirée fut d'une routine exemplaire, il trouva quelques élèves dans les couloirs, en calma deux ou trois et, une fois son travail terminé, une fois que le couvre-feu fut bien dépassé et que tout Poudlard dormait sur ses deux oreilles, il s'en rentra à son appartement. Modeste, sans décoration si ce n'était un panier et des jouets pour chats en trop grand nombre pour la petite bête qu'il hébergeait. Un cadeau pour qu'il ne se sente pas seul à Poudlard. Il nourrit Boo puis se mit à écrire son rapport, les ronronnements de l'animal pour seule compagnie.


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Qu’importe j’irai où bon te semble. J’aime tes envies j’aime ta lumière, tous les paysages te ressemblent quand tu les éclaires. J’irai où tu iras, mon pays sera toi. J’irai où tu iras qu’importe la place, qu’importe l’endroit.
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