Gryffondor
Directeur : Neville Londubat
Nombre d'élèves : 6
Points collectés : 335
Serdaigle
Directeur : Garett Hope
Nombre d'élèves : 9
Points collectés : 380
Poufsouffle
Directrice : Evannah Addams
Nombre d'élèves : 11
Points collectés : 1410
Serpentard
Directrice : Vesper Leigh
Nombre d'élèves : 8
Points collectés : 774
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 Blowing in the Wind

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MessageSujet: Blowing in the Wind    Blowing in the Wind  EmptyVen 7 Fév - 0:55




Heath & Alistair


Blowing in the Wind -
25 Février 2014
Le soleil brillait par la fenêtre et le dernier rayon de la journée venait caresser doucement le tableau qui se couvrait magiquement d'inscription kabbalistique à la craie. De dos, une silhouette immense et lymphatique se mouvait à côté d'une planche en bois sombre recouverte de parchemin. Il parlait d'une voix calme, grave, qui endormait les moins passionnés et envoûtait les plus assidus de ses élèves. La craie crissa sur la surface plane d'ardoise alors qu'un bruissement de chuchotement s'élevait dans le fond de la classe. Une bande de Serpentard discutait en riant, un peu trop fort pour le respect du cours qui se déroulait sans semblait-il les déranger d'aucune mesure. Se retournant brusquement, l'immense professeur envoya avec violence le morceau de craie qu'il tenait au creux de sa paume sur un grand blond au sourire narquois. Une interjection brisa la conversation sans doute passionnante qu'il entretenait avec une rouquine de sa maison.

"Vous, vous reviendrez en retenu jeudi. Je commence à en avoir assez de votre manque d'attention. Je vous rappelle que ce cours est une option, elle doit dont être logiquement un choix de votre part ! Un peu de maturité ne vous ferait pas de mal. Bon, continuons ! Les équations suivantes sont donc extrêmement utiles pour calculer ..."


Et le monologue se poursuivit dans un silence relatif mais nettement plus agréable que la précédente agitation provoquée par le vert et argent. Après de longues minutes durant lesquelles Heath déclinait plusieurs théorèmes de prédiction assez complexes, la sonnerie stridente signalant la fin du cours retentit, et la plupart des élèves ne se privèrent pas de bondir de leur chaise sans la moindre considération. Heath soupira lourdement et se retourna avec une lenteur étudiée avant d'attirer à lui une pile de copies posées sur son bureau. Un devoir de préparation pour la licence, d'une difficulté conséquente selon le professeur, trônait là, des notes fort peu folichonnes marquant la couverture de la plupart.

"Avant que vous ne vous jetiez hors de la salle, permettez moi de vous rendre vos interrogations. Et laissez moi ajouter que ce n'est pas brillant, vraiment. Je vous rappelle que dans un peu plus d'une année, vous validerez un diplôme d'état en art de la magie ! Rappelez vous également qu'il vous faut la moyenne dans ma matière, ce qui, ne sera pas atteint si vous continuez sur cette voie. Monsieur Carrow, vous resterez à la fin de l'heure, j'ai à m'entretenir avec vous en privé. Merci de votre -relative- attention. A jeudi !"


Heath entendit une vague de protestation lorsque chacun des élèves ou presque reçu sa copie. Effectivement, ce n'était pas brillant, et pourtant le professeur n'était pas particulièrement stricte. Il soupira à nouveau quand la flopée d'étudiants sortit à pas précipités. Plus le temps passait avec cette classe, plus il avait l'impression de pédaler dans le vide. Aucune attention, aucun attrait, semblait-il. Et pourtant pour des étudiants en art de la magie, l'arithmancie devrait être une priorité ! C'était incompréhensible. Le professeur s'assit de façon gracile à son bureau et attendit en maugréant que le garçon à la chevelure bouclée anarchique et à l'uniforme impeccable se leva. C'était le fils Carrow, une Mangemort qui, avec son frère, avaient lutter aux côtés de ses pères avec le Seigneur des Ténèbres. Pas que ça lui procure une quelconque joie de s'associer à la cause du mage noire, mais ça lui faisait un point commun avec le garçon.

En outre, il était particulièrement renfermé et renfrogné. Si ça n'avait été que dans son caractère ... Mais cela en pâtissait à présent sur ses notes, et la moyenne du garçon Carrow baissait indubitablement depuis la rentrée où ce n'était déjà pas fulgurant par rapport à l'année précédente. Professeur attentif, Heath avait à coeur les progrès de ses élèves, et ne supportait pas bien l'échec de ces derniers, surtout s'il pensait pouvoir les aider. Il rehaussa sa veste de cuir noir, déboutonna sa chemise sombre pour respirer et ouvrit la fenêtre d'un sort informulé en agitant sa baguette. Pour la plupart des élèves, le professeur Wilkes-Rosier avait une image négative. Pas qu'il soit particulièrement sévère malgré son exigence et son perfectionnisme, mais plutôt que sa grande silhouette longiforme et pâle, son allure sombre et inquiétante accentué par des tenues toujours foncées, des immenses chaussures à plateforme et son éternelle paire de lunette de soleil qu'il portait en permanence pour protéger ses rétines, amenait aux élèves une sorte d'aura très malsaine dont Heath se serait bien passé.

Enfin, Alistair Carrow approcha du bureau, traînant néanmoins quelque peu les pieds, son parchemin d'interrogation portant la note de deux sur vingt fermement serré dans sa main. Sans chercher à deviner son ressenti par un sortilège ou la légilimencie, Heath comprit sans effort qu'il était contrarié. Par la note ou par autre chose ? Il ne saurait le dire. Peut être qu'une discussion l'amènerait à se confier, et ainsi le professeur sombre mais pourtant très gentil, pourrait aider son élève à s'améliorer. En signe de confiance et pour l'enjoindre à discuter calmement, Heath retira ses lunettes de soleil pour croiser le regard d'Alistair de son regard bleu azur très clair, presque surréaliste. Il fronça le nez car la luminosité était trop forte et lui brûlait les cornées, aussi, malgré tout, il tira sa baguette de charme pour fermer les rideaux et atténuer les rayons de l'astre du jour qui le tourmentait. Cela n'arrangerait pas sa réputation de vampire mort-vivant, mais il prenait le risque. Heath soupira à nouveau.

"Monsieur Carrow. Je suis navré de vous retenir sur votre temps de récréation mais j'ai à éclaircir -si je puis dire dans cette obscurité- quelques points avec vous. J'imagine que la note que vous voyez sur ce parchemin est assez équivoque. J'aimerais néanmoins comprendre la cause de cette chute de vos résultats, car je m'inquiète vraiment pour vous et votre avenir. Vous pensez que vous pouvez m'en parler ?"


Heath fixa longuement le jeune Carrow avec un regard désabusé et profondément inquiet. Il espérait que son élève éprouve suffisamment de confiance pour lui parler, malgré son apparence, malgré ce qu'il représentait, malgré ce qu'on pouvait dire de lui. Il soupira à nouveau et croisa les bras sur la poitrine en se tenant en arrière sur son siège. Comme disait son père, surtout, ne pas acculer son interlocuteur. Eviter de lui mettre la pression semblait effectivement une bonne idée à cet instant.




Dernière édition par Heath G. Wilkes-Rosier le Jeu 6 Mar - 2:26, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Blowing in the Wind    Blowing in the Wind  EmptyDim 9 Fév - 21:42

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Heath G. Wilkes-Rosier & Alistair Carrow

Le cours d’Arithmancie. Des chiffres, des équations, des diagrammes compliqués, un tableau remplis de craie que je n’arrivais même pas à déchiffrer. Avant ma première année de Licence en Art de la Magie, je n’avais jamais fait d’Arithmancie. Ce n’était pas le seul cours que j’avais découvert à mon entrée en études supérieures, mais à vrai dire, la Stimulation de l’imagination et l’Histoire et pratique des instruments magiques, ça n’avait rien de bien compliqué. J’étais plus un lettreux qu’un matheux, les chiffres n’avaient jamais rien représentés pour moi, je ne comprenais que les calculs de bases, au-delà je pataugeais dans ma médiocrité.
Depuis ma sixième année c’était ça de toute façon, je me tenais juste au-dessus de la moyenne pour pouvoir continuer, et si j’avais suivi mes études ce n’était pas par choix, mais parce que mes parents adoptifs me l’avaient demandé, et si j’avais su que je devrais faire de l’Arithmancie, cours que j’avais soigneusement écarté en choisissant mes options en 3e année, j’aurais sûrement choisi une autre filière. Ou alors, au contraire, si en 3e année j’avais su que je devrais faire de l’Arithmancie je l’aurais pris en option, histoire de ne pas me retrouver complètement à la ramasse, malgré mes efforts.
Ouais, parce que malgré tout, je faisais des efforts. Et, encore une fois, c’était bien le seul cours qui avait ce privilège de me voir sortir mes livres dans mon dortoir ou à la bibliothèque en dehors des heures prévues pour l’étude, et ça n’avait que peu avoir avec le fait que, si mes notes continuaient à être aussi misérables, j’allais vraiment foirer mon année, non c’était… un peu plus compliqué que ça.

Je relevai les yeux, sortant de mes pensées, quand l’abruti blond à la table d’à côté se prit un morceau de craie en pleine tête, il ravala aussitôt son sourire arrogant alors que le professeur lui annonçait des heures de retenue avant de reprendre son cours. J’appuyai ma tête sur ma main gauche en soupirant alors que mon autre main recopiait ces suites de chiffres et de signes que ni elle ni moi ne comprenions. Après quelques instants de cette recopie inepte, mon regard s’éloigna du tableau pour se poser sur le professeur, complètement pris par la déclamation de son cours qui, pour moi, ressemblait à une langue inconnue. Mais ce n’était pas tant ce qu’il disait que j’écoutais, en réalité, c’était sa voix. Sa voix sombre, grave, qui laissait encore transparaître son agacement, et qui me troublait.
Parce que, oui, le professeur Wilkes-Rosier était la véritable raison de mes efforts dans cette matière qui me semblait venue d’une autre planète. Un peu comme celui qui l’enseignait d’ailleurs. Oh je n’essayais pas de me détacher du groupe par des notes presque parfaites – en fait je me détachais déjà du groupe par mes notes –, j’essayais au contraire de remonter mes notes pour les avoir, ne serait-ce, qu’au même niveau que l’élève qui me précédait, pour ne pas être remarqué, mais même ça j’étais trop nul pour le faire… alors je me traînais en bon dernier de la classe, en réussissant tout juste à ne pas couler trop bas.

Finalement, la cloche annonça la fin du cours et, de nouveau, je soupirai. De soulagement. J’avais encore une fois réussi à rester invisible durant le cours. Mais mon soulagement fut de courte durée, le professeur nous rendait les copies de notre dernier devoir et il me demanda de rester. Avant même de recevoir ma note, mon cœur se serra et puis s’accéléra démesurément. Je baissai la tête sur mon pupitre, cachant le rougissement embarrassant de mes joues, alors que j’entendais mes chers camarades faire des messes basses sur mon compte. Je n’avais pas besoin de les entendre pour savoir qu’ils prenaient plaisir à se moquer de moi encore une fois, en temps normal j’aurais réagi, mais pour le moment j’essayais de me calmer.
Ma copie se posa finalement sur mon bureau, je la pris, et un coup de massue avec. C’était probablement la pire note que j’aie jamais eu, même en Arithmancie. Même si j’étais en dessous de la moyenne, ce n’était jamais à ce point. Enfin, peut-être que, pour une fois, cela ferait bondir mes parents.

Je rangeai lentement mes affaires, rassemblai mes livres pendant que les autres sortaient, puis je me levai pour m’approcher du bureau, et du professeur. J’avais pour habitude de rester au fond de la classe, de rester à bonne distance de cet homme qui me perturbait à ce point. Ce n’était pas la première fois que j’éprouvais une attirance pour un homme, j’avais même plusieurs fois satisfait cette curiosité, mais ça n’avait jamais ressemblé à ça. Jusque là je n’avais été attiré que par des garçons de mon âge ou un peu plus jeune, des garçons discrets qui ne dégageaient rien de très viril… les hommes plus âgés me laissaient, d’habitude, plutôt indifférent quand bien même je pouvais reconnaître que certains professeurs de cette école étaient séduisants. Mais le professeur Wilkes-Rosier, c’était différent. Je me souvenais parfaitement de la première fois où je l’avais vu. Les yeux cachés derrière des lunettes noires, comme presque tout le temps, vêtu de noir, il ne passait pas inaperçu, et j’étais à peu près certain qu’il devait avoir bien plus de soupirantes que ces demoiselles ne voudraient bien l’admettre. Lui, il dégageait quelque chose de peu commun, je ne saurais l’expliquer, mais cela me fascinait. J’avais tenté d’ignorer cette attirance jusqu’à ce qu’elle se mette à me poursuivre dans mon sommeil, je me mis alors à rêver que je me perdais dans ses bras, sa voix susurrant à mon oreille, ses longs doigts fins effleurant ma peau. Rien que d’y repenser, j’en frissonnais. Je ne savais pas si on pouvait appeler ça de l’amour, mais c’était plus fort que tout ce que j’avais pu ressentir auparavant, y compris les sentiments qui ne m’appartenaient pas.

Voilà pourquoi je faisais tout pour qu’il ne remarque pas ma présence, j’avais trop peur que cela finisse par se lire sur mon visage. Alors, pour faire bonne mesure, tandis que je m’approchais, je gardai l’expression la plus impassible possible, tenant cette fichue copie entre mes doigts, et je priai pour que la conversation ne s’éternise pas. Je levai les yeux vers lui, essayant de paraître arrogant, et soutins son regard. C’est là que je m’en rendis compte. Il venait d’enlever ses lunettes noires, c’était la première fois que je voyais ses yeux de si près. On pourrait croire que puisque mes yeux étaient bleus, cette couleur ne me faisait ni chaud ni froid, mais c’était loin d’être le cas. Ses yeux étaient si clairs, ils me firent frémir mais je pus me reprendre car il détourna le regard afin de fermer les rideaux. Puis, enfin, il parla.

"Monsieur Carrow. Je suis navré de vous retenir sur votre temps de récréation mais j'ai à éclaircir – si je puis dire dans cette obscurité – quelques points avec vous. J'imagine que la note que vous voyez sur ce parchemin est assez équivoque. J'aimerais néanmoins comprendre la cause de cette chute de vos résultats, car je m'inquiète vraiment pour vous et votre avenir. Vous pensez que vous pouvez m'en parler ?"

J’arquai un sourcil et détournai la tête, affichant un air irrité. Que voulait-il que je lui dise ? J’étais nul, je n’y pouvais rien. Et puis, certes, cette note était la pire, non seulement de mon carnet, mais également de la classe, mais elle suivait juste la continuité depuis ce début d’année. Avec tout ce qui s’était passé dans l’école ces derniers mois, les élèves étaient tous agités, ce n’était pas facile de se concentrer dans ces conditions, surtout lorsque mes propres sentiments s’y mettaient pour me rendre la tâche encore plus ardue. Mais ça, bien sûr, personne ne le savait. Je pourrais lui dire que cette note m’étonnait vu à quel point je révisais mes cours pour ne pas flancher, mais avec ça, il allait me prendre pour un débile congénital, trop stupide de comprendre des calculs que lui doit trouver tellement évidents. Autant faire celui qui s’en fichait.

« Il n’y a pas grand-chose à dire, lâchai-je finalement avec un petit rire désabusé, le regard toujours fixé loin de M. Wilkes-Rosier. Je comprendrais que vous soyez inquiet si mes notes, par le passé, avait dépassé la moyenne, mais ce n’est pas le cas alors je ne vois pas ce que cette note a de surprenant. »

Je serrai un peu plus mes livres contre mon torse. Le pire était peut-être de sentir à quel point il était sincère. Il s’inquiétait vraiment de mes notes, ça aurait été tellement plus simple s’il ne m’en parlait que par pseudo-conscience professionnelle. Les autres profs non plus ne laissaient pas de côté les élèves qui essuyaient une baisse de régime, cependant il y avait longtemps qu’ils ne me faisaient plus la morale parce que je ne travaillais que juste ce qu’il fallait pour me tenir à un certain niveau, contrairement à mes premières années où j’avais passé tant de temps à travailler et à obtenir des notes excellentes en espérant faire comprendre à tout le monde que je n’étais pas un de ces foutus sangs-purs qui se sentaient supérieurs sans raison, j’avais toujours travaillé dur pour qu’on me voie tel que j’étais avant de me rendre compte que j’étais fatigué de ces efforts qui ne payaient même pas… et encore une fois, ça ne payait pas.
Réprimant un soupir, je pris sur moi pour relever les yeux sur mon professeur sans ciller, mais mon cœur s’affola de nouveau.

« Pour être honnête, je n’aime pas les chiffres, les équations, tout ça. Vous devriez plutôt essayer d’aider ceux qui s’en soucient et, croyez-moi, il y en a plus que vous ne le pensez… mais moi, ça ne m’empêche pas de dormir. Alors, si vous le permettez… »

Sans attendre qu’il m’y autorise, je savais qu’il ne le ferait probablement pas, je tournai les talons. Il fallait que je quitte cette pièce, j’étais trop près de lui et ça me mettait mal à l’aise. Je n’aimais déjà pas ressentir les amourettes des jeunes filles que je croisais dans tous les couloirs de l’école, j’avais encore plus de mal à le supporter alors que c’était mes propres sentiments, et que l’homme même qui en était à l’origine se trouvait devant moi.


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MessageSujet: Re: Blowing in the Wind    Blowing in the Wind  EmptyDim 9 Fév - 23:53




Heath & Alistair


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25 Février 2014

Heath vit approcher en douceur le jeune Carrow qui semblait emprunt à un millier d’émotions confuses qui lui donnait envie de venir plus prêt et d’autre qui le poussait à reculer. Mais il ne pouvait faire machine en arrière pour l’instant car le professeur avait posé ses yeux sur lui, ce qui était tout à lafois assez envoutant et troublant pour l’empêcher de briser le contact visuel. Il y avait quelque chose chez ce garçon, chez ce jeune homme même, que Heath ne parvenait à comprendre. Il restait à ces yeux une énigme dense et sans solution qu’il ne savait comment prendre pour parvenir à la résoudre. Carrow avait la détermination et l’arrogance dans le regard mais un tout autre sentiment dans le cœur et le professeur pouvait le sentir aisément. Il attendit à nouveau qu’il s’approche mais il ne franchit pas une sorte de limite qui mettait entre eux une distance ambiguë, et pas très satisfaisante pour un contact proche comme le souhaitait le professeur, l’idée d’une conversation à cœur ouvert en tête.

Mais rapidement, Heath sentit la situation lui échapper. Il sentait dans le ton voulu glacial et sec de Carrow qu’il cherchait à s’en aller, à prétendre qu’il n’était de toute façon pas intéressé par la matière et que Heath pouvait bien aller chercher ailleurs de quoi satisfaire ces besoins d’altruisme. Heath grogna aux dernières paroles de son élève, mais ne répondit rien. Il resta coi, la bouche close bien qu’un filet d’air brûlant en sortait. Rien de tout ce qui se produisait à présent n’aurait du se produire. Il sentait qu’il perdrait son sang-froid face à cet élève, et il n’aurait pas du se mettre dans une telle situation, sachant les conséquences que cela pouvait provoquer. Mais peu importe. Oui, Poudlard était bien différent de Durmstrang, mais Heath aussi était bien différence de ce que l’on pouvait croire.

Alors que Carrow tournait les talons pour sortir, ses livres et sa copie sur son ventre entre ses bras croisés, Heath se leva lentement, retira sa cape, retira un bouton à son veston car il ne respirait plus à son aise et se retrouva presque immédiatement face au dos de son élève qui ne déguerpissait pas assez vite pour vouloir vraiment lui échapper. Heath passa un main recouverte de cuir dans ses cheveux et en écarta les mèches ébènes volubiles avant de poser calmement sa main sur l’épaule de Carrow. Le souffle court, et percevant le pouls de son élève s’emballer, Heath ne bougea pas pendant un moment. Puis il articula presque dans un murmure :

« Alistair … Je me préoccupe de toi. »


Il appuya alors sur l’épaule du garçon pour qu’il se retourne et lui face face. Il plongea son regard abimé dans le sien et essaya de lui faire percevoir sa profonde et réelle inquiétude, son sincère intérêt pour lui … La bouche entre ouverte, les joues rouges, Carrow semblait mal à l’aise. Tant pis pour les braves leçons de convenance de son père, Heath écoutait son instinct à présent. Il posa son autre paume sur son bras et enserra les biceps du jeune homme avec force en ne décrochant pas de son regard.

« Je me préoccupe de toi. …Bien plus que concernant une stupide interrogation ou une stupide matière ou une stupide suite de chiffres. »


Pourquoi ne comprenait-il pas ? Pourquoi ne comprenaient-ils jamais ? Les autres. Était-ce si surprenant qu’Heath veuille seulement bien faire son travail, accompagner ses élèves, prendre soin de ses étudiants ? Pourquoi cette apparence qu’il avait choisi ne faisait que le faire passer pour une sorte de monstre sans cœur tellement éloigné de ce qu’il était. Carrow était comme les autres, il n’osait pas l’approcher seulement parce qu’il avait peur, ou alors qu’il se méfiait. Ou pire parce qu’il s’en foutait réellement comme il l’avait dit auparavant. Mais Heath refusait ça, il refusait de toujours prendre le rôle du méchant diabolisateur alors qu’il ne cherchait qu’à prouver combien il pouvait aimer les gens !

Conscient de la pression qui acculait l’étudiant, Heath lâcha alors brusquement son étreinte et fit volte-face. Il avait perdu, il avait perdu le contact visuel, et il l’avait embarrassé. Rien dans son attitude ne pourrait avoir donner envie au jeune homme de rester pour se confier, d’adulte à adulte. Heath avait encore tout foirer. Le regard froncé, il attrapa rageusement sa baguette magique et ses lunettes qu’il remit rapidement sur ses yeux. Il pointa sa baguette droit sur la poitrine de Carrow et le regarda à présent avec défi. C’était du quitte au double, son dernier coup, sinon, la partie serait définitivement perdue.

« Alistair sort ta baguette et pointe la sur moi. Jette moi le sort de Légilimencie tout de suite, sinon, c’est moi qui le ferait ! Je te prouverais ce que j’avance ou je cherchais moi-même ce que je cherche en toi ! »


Ca sonnait comme une menace. S’en était une …


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MessageSujet: Re: Blowing in the Wind    Blowing in the Wind  EmptyLun 10 Fév - 1:07

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Heath G. Wilkes-Rosier & Alistair Carrow

Personne ne saurait jamais à quel point c’était difficile d’opposer un caractère aussi buté à une sincérité aussi absolue. Voilà pourquoi je fuyais. Oui, c’était ça, je fuyais, un peu lâchement je l’avoue… mais c’était plus que nécessaire. Je n’avais pas d’autre solution, si ce n’était continuer de lui parler sèchement et finir par être détesté de lui aussi. Je voulais au moins son indifférence. L’indifférence était bien mieux que tout… mieux qu’un espoir complètement chimérique, et mieux qu’une douleur incurable. Je ne comprenais pas ces filles qui s’entêtaient dans des histoires vaines, à s’accrocher à des sentiments qui ne donneraient jamais rien pour des mecs qui avaient à peine conscience de leur existence. Ces filles qui amplifiaient le moindre coup d’œil comme un signe d’une idylle à venir… Mais les mecs n’étaient pas mieux, à se croire irrésistible, à croire que leurs interpellations lourdes et dénuées de poésie rendaient les filles complètement folles d’eux. J’avais beau ressentir toutes les amours de cette école, je n’y comprenais rien de plus que les autres. Mais j’y comprenais au moins que je préférais m’en protéger, c’était tellement facile d’imaginer des choses.

Et voilà que, alors que je fuyais si lâchement et, surtout, si résolument, je sentis sa présence derrière moi, et avant que je puisse faire un pas de plus, il posa sa main sur moi. Sur mon épaule. Et je m’arrêtai net. Je dus serrer plus fort mes livres pour ne pas me dégager brusquement. Pourquoi avais-je espéré qu’il me laisserait filer ? Il murmura mon prénom et je dus me mordre la lèvre pour ne pas me mettre à trembler. Il se préoccupait de moi. Bien sûr qu’il se préoccupait de moi, mais est-ce qu’il ne pouvait pas comprendre que je ne le souhaitais pas ? Il ne pouvait pas me laisser partir, sérieux ? Je n’avais tué personne quand même…
Il me retourna vers lui et plongea son regard dans le mien. Il était trop près de moi… trop près pour mes émotions et les siennes. Depuis combien de temps n’avais-je pas laissé quelqu’un poser une main sur moi ? Je sentais mes joues me brûler, c’était tellement embarrassant, et pourtant je n’arrivais pas à bouger. Il attrapa mon bras avec son autre main et insista. Je fronçai légèrement les sourcils, j’aurais voulu lui crier de se taire. Pourquoi s’emportait-il comme ça ? Il était en colère, en colère contre moi. Mais qu’est-ce que j’avais fait ? Tout ce que je voulais c’était partir, et tant pis si ça lui enlevait sa BA de la journée ! Je me fichais bien de son envie de m’aider, je voulais partir !! Et voilà qu’à cause de lui j’étais en colère aussi…

J’allais me dégager, le repousser, mais il me lâcha le premier, et d’instinct je reculai d’un pas. Il était dos à moi, j’aurais pu partir à cet instant, mais mes pieds étaient cloués au sol. Il n’essayait même pas de réprimer ce qu’il ressentait, de se contrôler, ça me ravageait comme les vagues d’un océan déchaîné. Les gens n’avaient aucune retenue, s’ils savaient à quel point c’était fatigant.
Il se retourna de nouveau vers moi, le regard de nouveau caché derrière ses lunettes noires, et il braqua sa baguette vers moi. La surprise que son geste venait de provoquer me fit reculer d’un autre pas.

« Alistair sors ta baguette et pointe-la sur moi. Jette-moi le sort de Légilimancie tout de suite, sinon, c’est moi qui le ferai ! Je te prouverai ce que j’avance ou je chercherai moi-même ce que je cherche en toi ! »

Horrifié par sa menace, je le fixai d’un regard abasourdi, coupé de ses émotions l’espace de quelques instants. Tiens, je n’aurais jamais imaginé que le choc de mes propres émotions pouvait contrer les émotions parasites. Cela me laissa un peu de temps pour réfléchir et prendre la mesure de ce qu’il disait. Il voulait que je lui lance un Legilimens, c’était un sort que je ne maitrisais même pas… et puis pourquoi le maitriser alors que sans ça je connaissais ce que les gens ressentaient. Je savais toujours quoi, et à vrai dire, jamais il ne m’était venu à l’esprit de vouloir savoir pourquoi. Et là encore, je ne voulais pas savoir, je voulais juste qu’il me laisse tranquille… mais il ne le ferait pas.

C’était lui ou moi.

Je ne voulais pas qu’il connaisse mes pensées, lui moins que n’importe qui d’autre ! S’il me lançait ce sort, il saurait ce que je ressentais… pire, s’il lançait ce sort il verrait tout ce que j’avais dans la tête. Les rêves dont je me rappelais, les souvenirs que je gardais précieusement… et aussi ces horribles cauchemars qu’on avait gravé dans ma mémoire durant ma petite enfance. Mon empathie. Mon animagie. Tout ce que je cachais. Et je cachais tout…
Je secouai frénétiquement la tête en reculant de nouveau.

« Non, vous n’avez pas le droit ! »

Ma voix se fêla et je me raclai doucement la gorge. J’avais rarement été aussi paniqué, je serrai mes livres contre moi comme un bouclier avant de me rappeler que ce n’était pas ça qui me protègerait. D’une main tremblante, je sortis ma baguette, bien que je n’eusse aucune intention de lui lancer le moindre sort. Je la serrais si fort que les jointures de mes doigts en étaient blanches.

« Ce que j’ai dans la tête ne vous regarde pas, et je me fiche de ce que vous avez dans la vôtre ! C’est quoi votre problème !? »

Voilà que sa colère me parasitait à nouveau. Non seulement je me fichais de ce qu’il pensait, mais en réalité ça me faisait peur. Personne ne devrait savoir ce qui se cache dans les pensées des autres, personne ne devrait connaître les sentiments des autres aussi clairement que moi, on n’était pas fait pour ça, c’était… c’était anormal, même si beaucoup de gens désiraient avoir ce « don » ou étudiaient dur pour maîtriser ce sortilège.

« Vous n'avez pas le droit… »


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MessageSujet: Re: Blowing in the Wind    Blowing in the Wind  EmptyLun 10 Fév - 21:57




Heath & Alistair


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25 Février 2014
La colère était montée toute seule sans qu'il ne la sente venir ni qu'il ne la contrôle en aucune façon. Son coeur battait dans ses tempes alors qu'il fulminait, les narines ouvertes, les veines dilatées rougeoyant ses joues. Ses yeux scintillaient d'une lueur un peu folle alors que son poing crispé autour de sa baguette pointée sur la silhouette floue à travers ses pupilles voilées de larme de rage. Ses jointures blanchissaient et ses dents crissaient sur sa langue. Ce n'était pas une réaction normale, mais en avaient-ils encore aujourd'hui ?

Entre sa rencontre avec Miss Bogart qui lui rappelait inlassablement, à le hanter dans ses cauchemars, sa douce et belle Daria, son ange, la femme de sa vie, celle qu'il voulait et qu'il n'aura plus jamais, ce qui s'était produit quelques semaines auparavant en retrouvant Selwyn ... Heath partait à la dérive. Le professeur à la stature impeccable, cherchant une réputation aussi épurée que possible, commençait à se laisser entraîner à droite et à gauche par les étudiants qui l'entouraient.

Oui il était faible, oui il rêvait d'enlacer l'angle blond, féminine et gracile, à la courbure de rein prononcée et au galbe voluptueux, oui il s'était vendu au démon pour effleurer la barbe drue du Serpentard du plat de sa langue et oui il succombait littéralement à la colère que lui inspirait la négligence d'Alistair. Ce garçon était une perle, contrairement à Selwyn qui avançait à son souvenir le côté obscur tapit depuis toujours au fond de lui, le professeur voyait en Carrow ce qu'il aurait pu être s'il n'avait pas été aussi tourmenté, aussi faible. C'était un gâchis inouï.

Il était outré dans un sens, révolté ! C'était honteux qu'un gamin avec autant de potentiel ne croit pas en lui et se dénigre à ce point. Ca l'énervait, et il n'avait envie que de le prendre et le secouer pour le faire réagir. Mais il s'était trompé encore, car l'approche frontale n'était pas la bonne avec Alistair. Sauf qu'Heath n'était pas doué pour le relationnel, pas du tout. C'était le problème qu'il avait eu toute sa maigre vie. Mais cette fois il n'avait pas le choix. Il avait la main.

Car Carrow lui avait rétorqué presque avec défi qu'il n'avait pas le droit de lancer ce sortilège. Or ce n'était pas exacte. Et un sourire carnassier proche du sadisme malgré la situation délicate ne put être retenu et fendit son visage. Bien sur qu'il en avait le droit. Il n'avait pas à se laisser dicter sa conduite, encore moins par un gosse. Cette fois la fierté s'imposait à son envie d'aider le brun en face de lui. Il voulait le mettre à l'épreuve ? Il voulait qu'il lui prouve de quoi il était capable pour lui, il allait le faire.

"Legilimens !"


Il agita sa baguette et le sortilège à lueur mauve percuta de plein fouet la poitrine du garçon. Heath se sentit porter, puis attirer à Alistair comme par une force magnétique. Le paysage autour de lui commençait à changer, à jaunir et à se flouter. Carrow disparaissait peu à peu et se dessinait à sa place un endroit qu'il ne connaissait pas. Par analogie avec les tapisseries aux murs et les tapis aux couleurs verte et argent, Heath supposa qu'il se trouvait dans le dortoir des Serpentard. Il avança dans le souvenir qu'il décryptait à travers la pensée de l'esprit de Carrow.

Sur un lit à baldaquin, se trouvait le corps étendu du brun dans un pyjama de soie, l'air paisible, il dormait. Alors qu'il rejoignait le bord du lit, il posa la main sur le couvre-lit et se sentit de nouveau aspirer. Il était dans un rêve à présent, un rêve de son élève. Et n'eut-il pas la surprise de se voir face à lui-même. C'était plutôt déroutant, et il eut le réflexe de s'approcher pour effleurer de sa main substantielle, celle de son homologue de songe. Impressionnant. Délirant même !

Heath déglutit et s'attarda sur l'atmosphère. Il reconnut vaguement une classe qui n'était autre que la sienne, la porte du fond ouverte sur ses appartements. Le songe était muet, mais les paroles étaient largement compensées par les bruits. Le Heath du rêve portait l'un de ses uniformes de cuirs les plus moulant et les plus aguichant. Un débardeur de cuir qui découpait ses pectoraux, une cravate nouée large, fine, effleurant le haut d'une boucle de ceinture en bronze. Le pantalon en peau était déboutonné et une paume était glissée lascivement dans son caleçon.

Le professeur du rêve remuait de manière langoureuse, ondulait derrière son bureau en attirant le Carrow du rêve, rougissant dans son uniforme froissé bien plus ajusté que le réel vêtement du château. Quand le Alistair du rêve arriva à la hauteur du Heath du rêve, le professeur qui flottait dans l'esprit de son élève eut l'impression de subir un choc électrique. L'immense brun attrapa la nuque du plus jeune brusquement, et fourra rageusement sa langue dans sa bouche pour lui arracher un baiser violent, montrant son désir de possession.

Le professeur des songes glissa son bras autour de la taille de son élève, le serra contre son torse et l'attira longuement à pas lent, reculant vers son appartement, et bientôt son lit où les deux hommes tombèrent sur un matelas plus moelleux et large que l'original ... La suite n'avait pas besoin d'être décrite et la lubricité de Heath l'emporta quelques instants sur son éthique avant qu'il ne décide de rompre le sortilège.

Alors qu'il fouillait dans les pensées d'Alistair, il s'était imperceptiblement rapproché de lui, et une bouffée de chaleur s'engouffra sous sa chemise alors qu'il reprenait esprits. Les yeux plantés avec stupeur dans ceux de son élève, il fut incapable de prononcer un mot. Simplement, il laissa tomber ses bras le long de son corps, et il lâcha même sa baguette alors qu'il était impossible pour lui de s'extirper du regard intense du brun. Mais qu'avait-il fait, encore ?


"Par Merlin ... Alistair ..."



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MessageSujet: Re: Blowing in the Wind    Blowing in the Wind  EmptyMar 11 Fév - 0:30

blowing in the wind

Heath G. Wilkes-Rosier & Alistair Carrow

J’avais espéré que le ton de ma voix, involontairement implorant, lui ôterait cette envie stupide de me lancer ce sort, mais l’espoir ne dura pas plus d’une seconde. Parce que je n’eus besoin que d’une seconde pour me rendre compte que mes paroles n’avaient fait qu’intensifier sa colère. Quoi, il me menaçait et je n’avais même pas le droit de protester ? Les seuls choix qui s’imposaient à moi étaient attaquer ou être attaqué ? Je n’avais sans doute pas l’air très pacifique, j’avouais facilement m’être battu plus d’une fois dans cette école mais… jamais contre un prof, jamais dans ces circonstances.

Quand un sourire se dessina sur ses lèvres, mes yeux s’écarquillèrent d’effroi. Je n’avais plus aucune issue possible, m’enfuir ne m’aiderait pas, je ne serais pas assez rapide et, même de ma part, cela serait extrêmement lâche. Je n’avais plus qu’à rester là et à subir… je connaissais bien ça, de toute façon. Il lança le sortilège. Dans une tentative désespérée néanmoins, je tentai de lancer un Occlumens mais la formule s’étouffa dans ma bouche alors que le sort de mon professeur me frappait sans même se soucier de mes faibles défenses. Je fermai les yeux en priant pour que cette journée ne soit qu’un cauchemar et que je me réveille, mais les réminiscences de mon esprit se formaient déjà sans que je puisse les en empêcher. Il était dans ma tête, je le sentais, et je n’avais aucun moyen de contrôler ce qu’il allait y voir… et il y avait tellement de choses que je voulais qu’il ne sache pas que je n’arrivais pas à savoir ce qui serait le moins désastreux… mais une chose était certaine, ce n’était pas certainement pas ce qu’il venait de trouver, et les images défilaient dans ma tête, irréelles et pourtant elles faisaient bel et bien partie de mes souvenirs… souvenirs de ces rêves que je n’arrivais pas à oublier, que je ne voulais pas oublier… ces rêves honteux dont jamais personne n’aurait dû avoir connaissance, et encore moins lui.
Ma tête allait exploser, et mon corps entier tremblait… de peur, de rage, d’horreur. Et je me revoyais là, haletant, gémissant au creux des bras de mon professeur. Je revivais ce rêve au détail près, si lent, si langoureux… si évocateur et, surtout, si évident. Je tentai de me reprendre pour le repousser, le faire sortir de ma tête, arrêter cette vision parfaitement honteuse entièrement créée par mon subconscient, mais ça m’était impossible. Je n’y arrivais pas, et cette douloureuse situation continua encore quelques minutes puis il me libéra enfin de son joug.

Je rouvris les yeux pour les relever vers les siens… et cette fois, la rage qui faisait bouillir mon sang dans mes veines ne m’était en rien étrangère. J’espérais bien qu’elle allait tenir assez pour que je déverse mon fiel sur cet homme qui venait de profaner la dernière chose qui était inaccessible à mon empathie, l’unique chose qui était totalement à moi, l’unique chose qui était moi. Mais alors que sa main retombait, alors que j’entendais sa baguette heurter le sol, ma colère se vit rongée par sa stupeur, par son incompréhension, alors qu’il semblait prendre un peu conscience de ce qu’il venait de faire. Et quand sa voix retentit, mes nerfs lâchèrent, net, comme des cordes de guitare qu’on a trop tendues.
Je détournai brusquement les yeux, mes tremblements reprenant de plus belle. J’aurais voulu disparaitre, prendre feu spontanément comme un phénix, m’évanouir, me frapper la tête contre le sol en tombant et perdre les souvenirs de ces dernières minutes… avec un peu de chance, il essaierait d’oublier lui aussi. Il me laisserait tranquille, et malgré mon don jamais je n’imaginerais que le dégoût que je lui inspirerais alors soit dû à cette vision puisque jamais je ne pourrais imaginer qu’il oserait m’attaquer de façon aussi lâcher, seulement parce que je lui fermais mon esprit, seulement parce que je refusais d’être franc avec lui.
Au lieu de ça, je reculai une énième fois, mais mes tremblements me firent lâcher ma baguette et, quand je voulus la rattraper, mes livres la suivirent. Serrant les dents pour retenir les larmes qui menaçaient de venir brûler mes joues à présent livides, je m’agenouillai sur le sol pour tout ramasser, et maintenant que mon visage était invisible à son regard perçant, je réussis à m’accrocher aux derniers lambeaux de dignité blessée qu’il me restait. En réalité, la prise était difficile, il ne restait pas grand-chose.

« Cela a été assez divertissant pour vous ? Vous avez trouvé ce que vous cherchiez en moi ? »

Ma gorge était nouée. Là où j’aurais voulu que ma voix soit cinglante au possible, elle ne faisait que laisser transparaître avec une aisance folle mes sanglots encore contenus. Les derniers lambeaux venaient de se déchirer. Mais il était bien hors de question qu’il se rende compte à quel point je me sentais humilié, il ne devait pas savoir à quel point, maintenant, j’avais peur de sa réaction. Passée la surprise de cette découverte, qu’allait-il faire ? M’ignorer avec indifférence ? Me dédaigner ? Me lancer des regards glaciaux accompagnés d’une expression dégoûtée ? Est-ce qu’il allait se moquer de moi ? Me traiter de dégénéré ? De pervers ? Est-ce qu’il allait me frapper pour oser avoir de telles pensées ? Je ne serais étonné de rien… la seule chose qui m’étonnait, c’était que nous en soyons arrivés là. Et j’avais beau essayer de comprendre ce qui s’était passé, le déroulement des derniers évènements semblait échapper à toute logique.
Je me mordis finalement la lèvre, dans l’espoir de dévier la douleur qui lancinait mon esprit vers ma bouche, même si ça voulait dire déchirer la chair jusqu’au sang. Je rangeai fébrilement ma baguette avant de me relever, cachant du mieux que je pus le fait que mes jambes avaient du mal à me porter. Je ne relevai à peine les yeux qu’un court instant pour essayer de percevoir l’expression de son visage, mais dès que j’eus rencontré ses yeux, je rebaissai les miens. De quoi avais-je l’air à présent ?

« Est-ce que je peux partir, maintenant ? »

Oui, avais-je le droit de partir avant de m’effondrer lamentable sur le sol froid ? Avais-je le droit d’avoir le temps d’aller me cacher derrière les rideaux qui entouraient mon lit pour tomber en catatonie ?

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MessageSujet: Re: Blowing in the Wind    Blowing in the Wind  EmptyMar 11 Fév - 13:02




Heath & Alistair


Blowing in the Wind -
25 Février 2014
Heath était trop stupéfait pour réagir d'une quelconque façon à ce qu'il venait de se passer. Les images du rêves de Alistair repassait en boucle dans sa tête, et même si la première réaction venue en son corps fut celle que l'on attendait face à une telle situation, surtout vue de l'extérieure avec tous les détails que comprenaient son point de vue externe, il était maintenant plus catatonique que réellement émoustillé. Il ne comprenait rien à ce qui venait de se produire. D'abord il invitait un élève en difficulté, discret et renfermé à lui confier ses difficultés pour l'aider, et quelques minutes ensuite, le voila à plonger dans son esprit contre sa volonté pour y voir que le garçon rêve secrètement de partie de sexe endiablé avec lui.

Il y avait de quoi remettre en doute ses certitudes et se sentir totalement déboussolé. En plus d'être passé pour un vieux con réactionnaire au lieu du prof' cool qui cherche juste à aider son élève, il avait à présent l'impression d'être un abominable connard qui venait en quelques sortes de violer l'intimité de Carrow. La réaction mit un moment à s'insinuer en lui, mais le dégoût envers lui même arriva comme une vague violente qui emporte tout. D'un geste brusque alors que Carrow se penchait pour ramasser ses livres, Heath fit volte-face, remit d'un mouvement rapide ses lunettes et se glissa comme une anguille derrière son bureau.

Il fallait mettre de la distance entre eux. Une immense et incommensurable distance que personne n'irait chercher à combler. Oui il fuyait, comme toujours dans sa vie lorsqu'il ne se sentait pas la force de faire face. C'était exactement le genre de situation où il ne savait absolument pas comment réagir. La dernière fois que les choses s'étaient compliqués avec l'un de ses élèves -enfin ex-élève, comme il était important de le préciser- il avait aussi perdu pied et s'était comporté sans la moindre classe. Là c'était différent. Il s'était comporter comme un con, ni plus ni moins.

Alistair levait à peine les yeux vers lui et cherchait à fuir aussi quand il lui demanda s'il pouvait enfin partir. Heath ne savait que répondre. Il resta fixement attardé sur sa pile de copie et l'une de ses plumes dont il dessinait mentalement les contours pour se concentrer. Partir ? Bien sur qu'il pouvait partir ... Il devait partir même, c'était vital qu'il s'en aille tout de suite. Mais Heath se borna à ne pas répondre. Il déglutit à nouveau et lutta intérieurement pour ne pas diriger ses pupilles vers Alistair qui l'attirait avec force.

Il l'entendait bouger et cette dernière réplique restée en suspent attendait une réponse. Indubitablement. Il fallait qu'il sorte de son mutisme, Heath devait lui dire de s'en aller et tout faire pour ne plus jamais se mettre dans une telle situation. La colère menaçait de remplacer le dégoût qu'il avait pour lui même à cet instant et sa mâchoire se crispa à nouveau. Sans lever la tête, avec un timbre enroué et guttural, il réussit à articuler :

"Oui ... oui Carrow vous pouvez disposer !"



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MessageSujet: Re: Blowing in the Wind    Blowing in the Wind  EmptyMar 11 Fév - 20:18

blowing in the wind

Heath G. Wilkes-Rosier & Alistair Carrow

Cela faisait des années que je me demandais comment mon empathie fonctionnait. Lorsque j’étais enfant je pensais qu’elle se contenait bien sagement dans la pièce où moi-même je me trouvais, voilà pourquoi je ne sortais que rarement à l’orphelinat. Voilà pourquoi, une fois adopté, je ne protestais pas quand ma mère ou ma grand-mère me demandaient de ne pas aller jouer dehors pour ne pas salir mes vêtements. En grandissant, en arrivant à Poudlard en fait, je m’étais rendu compte que ce n’était malheureusement pas aussi simple… mais je pensais au moins avoir compris que lorsque je m’éloignais d’une personne, même de quelques mètres, ma faculté s’émoussait. Aussi, quand je vis que mon professeur venait de battre en retraite derrière son bureau, je crus que ses émotions me laisseraient en paix le temps que je parte. Mais comme toujours, je me trompai.

Le silence me sembla s’éterniser plus que nécessaire suite à ma question pourtant on ne peut plus simple. Et durant ce silence je pus remarquer une chose. Le dégoût. J’étais en colère contre moi-même et contre lui, je me sentais honteux qu’il ait pu voir ce qu’il avait vu, mais s’il y avait une chose que je ne ressentais pas, c’était du dégoût. Ce n’était pas comme si je fantasmais à longueur de temps sur lui, comme si ce n’était qu’une attirance vide et sale… je ressentais pour lui ce que j’aurais dû ressentir pour une fille, d’accord, et d’ailleurs je me demandais parfois l’impression d’être aussi idiot que ces petites collégiennes amoureuses qu’on voit dans les films moldus, mais ça n’avait rien de répréhensible, et puis je savais que je devais rapidement oublier ça. C’était bête, c’était insensé, et ça ne servirait à rien de plus qu’à me briser un peu plus que je l’étais déjà.
Non, ce dégoût… il ne venait pas de moi, mais de mon professeur qui s’évertuait à ne pas me regarder alors que son silence m’avait fait relever les yeux, de crainte de le trouver en train de me lancer un regard meurtrier… en matière de regard meurtrier, il ne saurait jamais atteindre le niveau de ma mère biologique, mais ce n’était quand même pas très agréable. Mais il m’évitait, et quelque part c’était sans doute pas plus mal mais pourquoi ne me congédiait-il pas ? J’avais peur de bouger le premier… peur qu’il me refasse le même coup qu’un peu plus tôt et essaie de m’empêcher de partir.

J’accueillis son autorisation avec un certain soulagement. Je fermai les yeux un instant, chassant une larme qui avait réussi à former à la base de mes cils, et je hochai la tête sans un mot de plus. Ma voix ne serait pas sortie, ou elle m’aurait trahi, et l’un ou l’autre serait humiliant. De toute façon, qu’aurais-je bien pu lui dire ? Le remercier de me laisser partir après le sort qu’il venait de me lancer ? Ouais, tellement gentil de sa part.
Je tournai donc les talons et partis vers la porte de la classe que les autres élèves n’avaient pas pris la peine de refermer derrière eux. Mon pas était hésitant, mal assuré et je commençais vraiment à avoir peur de m’écrouler lamentablement sur le sol avant même d’avoir réussi à sortir de cette pièce et du champ de vision de cet homme. Retenant mes livres fermement d’un bras, je tendis ma main libre pour tirer la porte puis, une fois dehors, je la refermai brusquement. J’accélérai le pas pour pouvoir aller me terrer dans mon nid tel le serpent apeuré que j’étais. Pour la première fois, je m’accrochai à chaque sensation que j’éprouvai en passant à côté des autres habitants de ce château, luttant pour ne pas avoir à faire face à ce qui venait de se passer et aux conséquences que cela allait inévitablement engendrer. Je ne voulais même pas penser à tout ça, je voulais juste oublier, quelques instants, essayer de me calmer, même si l’ouragan finirait par me rattraper.

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