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 Happiness Therapy ¤ Alan & Becky

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MessageSujet: Happiness Therapy ¤ Alan & Becky   Jeu 6 Fév - 0:56




Happiness Therapy
La journée avait été longue. La semaine entière avait été longue ! En l’espace de quelques jours, j’étais passée de la simple pionne déambulant à sa guise dans le château, à la nouvelle professeur de vol de Poudlard. Je me réjouissais de cette avancée dans ma carrière autant qu’à l’idée de pouvoir remonter sur un balais, mais j’étais face à un problème de taille : je n’avais jamais préparé de cours de ma vie. Ces gamins avaient déjà du mal à rester concentrés pendant les cours donnés par des enseignants de formation, alors comment pouvais-je ne serais-ce qu’espérer capter leur attention plus de dix minutes ? J’ai passé des nuits entières à lire et relire « Le Quidditch à travers les Ages », « Techniques et outils de l’entraîneur de Quidditch » et autres ouvrages du même genre. Je prenais des notes à n’en plus finir, raturant, entourant, surlignant jusqu’à ne plus rien y comprendre. Par où devais-je commencer ? Comment m’y retrouver entre les Premières Années qui n’avaient jamais touché un balai de leur vie, et les Master en Sport Magique qui vouaient leur vie au Quidditch ? Les derniers jours avant mon premier cours furent les pires. L’angoisse, la peur de décevoir, la peur de me décevoir. Le premier cours est arrivé et j’ai finalement renoncé à mes notes. Je n’étais peut-être pas un vrai professeur, mais j’étais une joueuse de Quidditch pro. Ces jeunes avaient besoin que je leur fasse partager mon expérience, et ça j’étais capable de le faire sans avoir à me plonger dans des livres de théorie. Je ne sais pas ce que les gamins ont pensé de moi, mais en ce qui me concerne je trouve que je ne m’en suis pas trop mal tirée.
Le stress retombé, la fatigue a pris le relais et m’a laissé dans un état semi-comateux les trois soirs suivants. Je croisais mes collègues dans les couloirs et lors des repas dans la Grande Salle, mais je n’étais pas d’une compagnie des plus agréables. Je ne voyais même plus Alan dont l’appartement n’était pourtant qu’à quelques mètres du mien. J’avais encore moins eu l’occasion de lui parler de mon entretien avec Pirrhyus l’Auror, ou de la soirée alcoolisée avec Garreth qui avait suivie. Alan me manquait. Lui, et les nuits que nous passions dans le temps à discuter et à philosopher sur le sens de nos vies. Il y aurait beaucoup à en dire aujourd’hui.

Le week-end était finalement arrivé, nous donnant ainsi l’occasion de rattraper le temps perdu. Nous avions prévu de descendre ensemble à Pré-au-Lard faire le plein d’alcool, de bieraubeurre, de jus de citrouille, de chips, et de bonbons . Alan savait que j’avais un côté régressif et que j’étais totalement accro à toutes ces cochonneries d’adolescente, que je pouvais manger, et manger encore jusqu’à m’en faire exploser le ventre et m’étendre inerte sur le sol. Dissimulant nos précieuses victuailles sous le couvert de nos capes, nous sommes rentrés au château par la petite porte et sommes montés discrètement jusqu’aux appartements d’Alan. Nous nous comportions comme des gamins préparant un mauvais coup, alors que finalement, nous avions entièrement le droit de nous organiser une petite soirée privée. C’était surement la nostalgie de ces années où nous devions nous cacher de tout et de tout le monde pour vivre notre vie tous les deux. Nous avions peut-être besoin de ressentir encore un peu de cette insouciance enfantine qui nous caractérisait… Ou alors, nous sommes juste deux gros gamins lorsque nous sommes réunis. Oui, je crois que c’est plutôt ça. Nous régressons dramatiquement au contact de l’autre, et cela pour notre plus grand plaisir.

Alan ouvre la porte de son appartement, et je me précipite à l’intérieur. Les paquets de bonbons, les biscuits apéritifs, tout vole sur le lit dans un joyeux bordel.  Les lampes s’allument d’un coup de baguette, la cheminée s’embrase et fait monter la température de quelques degrés, emplissant la pièce d’une douce chaleur confortable. Je jette ma cape sur le dossier d’une chaise et étale un épais couvre-lit par terre près du feu. En deux coups de pieds, je balance mes chaussures à l’autre bout de la pièce et m’assoit en tailleur sur la couverture avec tous les encas devant moi. Je me sens comme une gosse qui s’apprête à faire sa première nuit blanche, j’ai dix ans, ma seule préoccupation est de savoir quel paquet de chips je vais ouvrir en premier. Je les ouvre tous, le problème est réglé.  Alan me regarde avec cet air qui veut dire « Bon sang, mais qu’est – ce - qu’on va faire de toi ? » et ça me fait rire.
« -  Tu nous sers à boire ? » Lui demandais-je en faisant apparaître deux verres à pied devant moi. Ce soir, j’ai envie de m’amuser, de boire, de manger, de rire, et de tout oublier. Je veux que l’alcool me fasse rire pour un rien, je veux ouvrir le bouton de mon jean d’avoir trop mangé, je veux pouvoir sombrer aux aurores dans un sommeil sans rêve, je veux passer la nuit avec mon meilleur ami à commenter tout et n’importe quoi, à nous prendre pour les rois du monde. Alan s’installe en face de moi – et avec beaucoup plus d’élégance que moi -  et me tend un verre de vin.  «  - C’est dingue ce que tu fais sérieux habillé comme ça ! » lui lançais-je en détaillant sa tenue. « - Si je ne te connaissais pas je pourrai presque te prendre pour un gentleman ! » Ajoutais-je en entrechoquant mon verre contre le sien avec un sourire taquin.



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MessageSujet: Re: Happiness Therapy ¤ Alan & Becky   Sam 15 Fév - 15:46




Happiness Therapy
Rentrée, charmante rentrée te revoici avec toujours ton même lot de soupe à la grimace et d'étudiants à moitié endormis bien plus intéressés dans la narration de leurs aventures de Noël plutôt que dans la théorie des effets sur le long terme de l'occlumans. Je n'arrive même pas à leur en vouloir, pour être tout à fait honnête, je me fais sans doute autant chier qu'eux à la différence que moi n'aie aucun récit palpitant en poche autre que mes allées venues dans des galas mondains sans saveur et dans les bureaux du ministère. Il faut dire que l'histoire de la marque, remontant désormais à presque quatre mois, a malgré tout laissé une trace indélébile. Les politiques ont convoqué leur petite assemblée, m'ont demandé des points réguliers, des rapports. Si seulement il y avait un peu d'action à se mettre sous la dent, mais non, rien. Même le renvoi d'Anarchy Selwyn s'est résolu par un « gardez le discrètement à l’œil ». Discrètement ! La bonne blague, il faudrait déjà pour ça qu'il revienne. Or, après une semaine de reprise, nul n'a vu l'héritier Selwyn, désormais totalement volatilisé dans la nature. J'enrage. Notre seule piste dont j'attendais impatiemment le retour se fait désirer, et bien que j'ai pris la peine de mettre certains de mes hommes sur le coup, je ne porte, sans grande surprise, que peu de confiance et de crédibilité à ces nouveaux aurors que l'on m'a gracieusement offert. La plupart sont des jeunes qui malgré leur bonne volonté n'ont rien connu d'autre que les bancs de l'école et les formations théoriques. Si je suis mal placé pour jouer les patriarches, j'ai cependant l'expérience du terrain et de ses conséquences. Je les regarde se démener bravement et pourtant je ne vois rien en eux qui puisse me rappeler Baltus et Ramona Stanhope, Andrew  Collins, Emmeline Vance, Elphias Doge, Garreth Hope... La liste de leurs noms est longue, défile en boucle dans ma tête comme chacun d'eux m'accompagne quand je me réveille le matin. J'ai le souvenir de leur protection, de leurs forces, de leurs espoirs. J'ai le souvenir de ceux qui comme moi sont sortis de cette guerre épuisés, de leurs excuses ou de leurs sourires lorsque  Kingsley Shacklebolt me fit « l'honneur » de m'attribuer ce rôle de désormais « godiche de la résistance ». Car je ne vois pas vraiment d'autre terme. Je ne suis pas, à l'heure actuelle, le leader de l'ancienne résistance parce que j'étais le meilleur, le plus fort, le plus courageux. Je ne le suis que parce que j'étais l'un des plus jeunes, le seul assez con pour continuer une lutte achevée, le seul ayant la gueule encore assez présentable pour nous représenter devant les assemblées mondaines. J'ai le nette souvenir du jour où je fus promu à ce rang. Andrew et moi étions alors seuls dans le salon du 12, square Grimmaurd, un verre à la main, lui fêtant sa future paternité auprès d'Alaska et moi, totalement décontenancé ne sachant plus quoi faire de mon titre.

Tu as besoin de ça, m'avait-il dit. A ses yeux, ma nomination était une thérapie, une sorte de code que m'avait imposé Kingsley. Une façon de me laissé en partie dans ce conflit même s'il était désormais révolu. Je n'avais pas compris ses propos à l'époque, mais désormais, alors que la lutte semblait tout prête à refaire surface, cela me semblait limpide. Me laisser revenir à ma vie comme l'avait fait les autres, c'était comme arracher un enfant à ses parents pour le donner à d'autres. Je pensais qu'à 16 ans, âge auquel j'avais rejoins leurs rangs, j'étais encore assez vieux pour ne pas subit de chamboulement majeur mais autant être lucide. Mon actuel comportement puérile était bien la preuve qu'il me manquait quelque chose, que tout en moi n'était pas à sa place. Loin des discours ronflants, des rappels à la mémoire, que serais-je devenu ? Certainement une menace mal canalisé pour la société qui m'entoure alors oui, c'était peut-être chiant à mourir, mais au moins cette responsabilité m'obligeait-elle à ne pas laisser éclater ce trop plein douloureux qui me tenait à la gorge depuis désormais seize longues années. Voilà. J'allais fêter mes trente ans. Rien ne bouge. Assis à la table des professeurs pour le dîner, je soupire comme un con sans même trouver l’appétit quand soudain, mon regard croise celui de Becky. Becky.  Sérieusement, depuis combien de temps toi et moi n'avons pas eu le temps de parler ? De nous voir ? Croiser ses yeux me donne envie de tout balancer pour m'en aller la retrouver. Je reste sage cependant, du moins jusqu'à la fin du repas. Nous nous retrouvons. Elle et moi sur la même longueur d'onde, comme toujours, éternellement. Alors nos projets se fondent. Demain c'est le week-end. Si j'ai à faire dans la journée, nous nous promettons de nous retrouver à Pré-au-Lard en fin d'après-midi en prévision d'une soirée qui serait pour nous l'occasion d'enfin fêter la promotion de ma merveilleuse amie. C'est qu'au stade où elle évolue, je pourrai bientôt l'appeler madame la directrice cette garce ! Enfin... Ce ne serait pas désagréable de pouvoir s’autoproclamer amant de la directrice de Poudlard, bien que je n'aimerai pas avoir un tel titre avec celle que nous avons actuellement. (Pardonnez-moi Minerva...).


Le jour J vient donc enfin. Dans le supermarché que nous avons rejoint, je m'occupe de la partie boisson de notre soirée tout en me délectant de voir revenir B' le panier plein à ras-la-gueule de saloperies en tout genre.  Comment une fille avec un corps pareil peut-elle bouffer autant sérieusement ? Je me suis toujours demandé, à la voir s'empiffrer ainsi, si elle n'utiliserait pas une potion spéciale lui permettant de ne pas garder le tout, à moins que depuis des années elle ne m'affecte avec de l'amortencia ! Je me fais rire tout seul de mes conneries. C'est peut-être étrange comme idée, mais je crois que même laide, grosse et vieille je serai toujours en mesure de vouloir la posséder jusqu'à l'extase. Enfin... Pour l'instant elle est encore jeune, belle à en mourir et dotée d'un corps de sylphide dont je ne me plaindrai pas, alors autant ne pas y penser. Planquant le tout sous nos capes, nous rejoignons directement ma chambre tout en nous comportant comme à la belle époque. Il faut dire que nous n'avions l'habitude de nous échapper à Pré-au-Lard et de revenir à l'école en nous sachant dans la légalité.

Dans note joyeuse escapade, je ne suis plus un leader d'une quelconque organisation. Je ne sais plus ce qu'est un combat, du sang, le corps d'un ami sans vie. Je ne suis plus qu'Alan Davis, le même que celui que j'étais avant que la guerre ne vienne me refaçonner dans son moule. Je ne suis plus qu'un gosse, insouciant et grande gueule qui sait plaire et en abuse. J'ouvre la porte de mon appartement en trombe, laissant Becky s'y engouffrer avant de laisser toutes nos victuailles voler sur le lit. Elle me gonfle à encombrer ce lieu sacré sur lequel il n'y a désormais plus de place pour nous, mais je la vois alors allumer la cheminée tout en nous préparant un petit coin douillet près du feu. Je roule des yeux : on se croirait à une soirée pyjama pour ados prépubères mais je crois qu'au fond c'est ça qui m'éclate le plus. Accrochant ma cape au porte-manteau, bercé par le bruit de tous les paquets qu'ouvre B', j'entends cette dernière me demander de jouer les chefs sommelier tandis que de sa baguette apparaissent deux verres à pieds. C'est qu'elle ne perd pas de temps ! Véritable servant de ses moindres caprices, je finis par m'asseoir à mon tour en face d'elle. Une minute, j'hésite à lui servir du jus de citrouille en stipulant que je ne suis pas du genre à servir de l'alcool aux mineurs, mais allez savoir pourquoi, je n'en fais rien et me contente de lui tendre son verre rempli de vin avant de me servir à mon tour. La voilà qui commente alors ma tenue à laquelle je n'avais prêté que peu d'attention. A la croire, je semblerai être un parfait gentleman vêtue de ma chemise bien boutonnée et serrée d'une cravate, tenue d'un veston. Quoi ? Je vous avez dit que j'avais à faire dans la journée et je n'allais tout de même pas repasser à Poudlard juste pour le plaisir de débrailler ma dégaine !

Posant mon verre j'arrache veston et cravate avant de déboutonner ma chemise de presque moitié et de virer mes pompes à mon tour. Lançant un regard provocateur à ma Némésis, je lui demande alors de ma voix du parfait connard :

« Rêve pas mon cœur ! Par contre, si c'est du gentleman pompeux que tu veux, la chambre de Leopold est au bout du couloir. »

Oui, bon. Je sais que me moquer de mes collègues, surtout quand ces derniers sont des amis ce n'est pas bien, mais franchement, Leo est tellement « british » à côté de moi. Je dois avouer que j'envie un peu son côté mec parfait, du style délicat mais fort à la fois, ne manquant jamais une occasion de faire voir sa bienséance mais pour ma part, sur ce terrain, je ne lui arrive pas à la cheville et n'en ai même pas l'idée. Je lève alors mon verre, l'entrechoquant contre celui de Becky.

- « A toi et à ta nouvelle carrière B' ! Et à tous ces pauvres gosses sur leur balais qui ne t'arriveront jamais à la cheville ! » Nous rions, parlons de tout, de rien. Plaisantons sur les élèves, sur les profs, les fantômes,les autres employés, le monde magique en lui-même. Tout est prétexte à se souvenir ou à se moquer tandis que dans le même temps, je me laisse gagner par la boulimie de mon amie dont la main disparaît dans tellement de paquets à la fois que je me demande si elle regarde ce qu'elle avale avant de le porter à sa bouche. (Je pense même lui tendre mon pantalon une seconde, voir si elle ferait la différence, mais admettons-le, ce geste serait des plus mal placés!)

Alors qu'elle s'apprête à piocher dans un paquet de chips saveur citrouille & épices, je lui chipe sous le nez. Ma belle s'indigne, se jette sur moi pour récupérer son bien mais n'a le temps que de me voir engloutir le reste du paquet devant ses yeux impuissant. Elle compte bien me faire payer cette affront et voilà que la bagarre commence. Cette saloperie qui me connaît trop bien attaque de front en faisant gesticuler ses doigts sur mes côtes, une partie de moi hypersensible qui m'oblige à me plier de rire en deux sur le sol tandis que Becky me domine, sans aucune envie apparente de s'arrêter. Ça a assez duré. Poussant un cri de bête enragé, je me redresse vivement pour la prendre de cour, et achève le tout dans un méli-mélo de corps en finissant assis, adossé contre le pied de mon lit, Becky adossée à moi tandis que ma main tient son bras que je lui tords dans le dos en faisant mine de ne pas entendre ses supplications ponctuées de fous rire. A chaque mouvement qu'elle fait pour se délivrer je sers un peu plus, l'attaque moi aussi aux chatouilles en visant sa taille et n'arrive même pas à me lasser de la voir gesticuler comme un poisson hors de l'eau contre moi.

« Pourquoi tu te débats? Tu sais bien que tu m'arrives pas à la cheville! Regarde-toi, tu ressembles à un asticot prêt à se faire bouffer, c'est pas très sexy tout ça »

Pourquoi j'aime autant me foutre de sa gueule au juste? Il faudra que quelqu'un me le dise un jour.




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"I feel so lonely sometimes..."
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MessageSujet: Re: Happiness Therapy ¤ Alan & Becky   Dim 16 Fév - 22:30




Happiness Therapy
Alan enlève progressivement tout ce qui pouvait faire de lui un adulte sérieux et me jette un regard si provoquant que j’en ai le sourire jusqu’aux oreilles : « Rêve pas mon cœur ! Par contre, si c’est du gentleman pompeux que tu veux, la chambre de Leopold est au bout du couloir. ». Malgré mon envie d’exploser de rire, je conserve mon air stoïque, lui renvoie le même regard de défi et adopte une voix des plus sensuelles : « Oh, je sais, j’étais chez lui hier soir ! Il  m’a fait des choses… que tu n’oserais même pas imaginer. » A nouveau, je m’efforce de ne pas mourir de rire en plongeant mes yeux d’allumeuse dans les siens, alors que j’observe avec délectation Alan se faire violence pour ne pas répliquer quelque chose de cinglant. Tel un parfait gentleman, il lève son verre et porte un toast à ma santé, toast que je m’empresse d’approuver par un tonitruant : « Amen ! » avant de boire une longue gorgée de vin. Et puis, nous parlons. Nous parlons, nous rions, nous hurlons. J’imite à merveille les mimiques de certains de mes collègues, Alan singe parfaitement les étudiants les plus irrécupérables. Nous nous lâchons, faisant fi des convenances et de ce qu’on pourrait raisonnablement attendre de deux professeurs sur leur lieu de travail. Je ris tellement que j’en ai des crampes à la mâchoire et que je dois me tenir les côtes pour ne pas qu’elles tombent à mes pieds. Et puis là, c’est le drame. Alan s’empare du paquet de chips parfum citrouille et épices, le monte au-dessus de son visage et en verse le contenu – TOUT le contenu – dans son immonde gosier. Tout se déroule au ralenti devant mes yeux exorbités. Alan sait pourtant que s’il y a bien une chose sur laquelle je ne plaisante pas : c’est les chips. Et tout autre aliment d’ailleurs. C’est très simple : je vis pour manger. C’est probablement ce que je préfère faire dans la journée, et mon humeur dépend souvent de l’état de mon estomac. Combien de fois Alan m’a-t-il calmement préparé une tartine de confiture pendant que je maudissais la terre entière et hurlais sur tout le monde comme une sauvage ? Lui seul savait qu’une fois rassasiée, je redeviendrais aussi douce qu’un agneau. Je suis une véritable harpie quand j’ai faim… ou quand on me pique mes chips. Alan le sait. Et cette immonde raclure de chiotte vient de déterrer la hache de guerre ! Je me jette sur lui comme une furie, plongeant la tête la première et tendant les bras vers son ventre à moitié découvert, et lui chope les côtes. Experte en la matière, je sais exactement où aller. Je le chatouille le long des côtes, enfonce mes doigts dans sa taille, et je lui hurle « Crache !! Crache !! Crache !! », alors qu’il se tord de rire pour de bon. Age mental : cinq ans. Maturité : proche du néant.

Mais alors que je pense avoir le dessus sur lui, le bougre renverse la situation. Il roule, se tortille comme une anguille, se contorsionnant en une série de mouvements plus bizarres et tue l’amour les uns que les autres, jusqu’à se retrouver dans mon dos et me mettre à sa merci. Je pousse un gémissement de douleur légèrement exagéré en sentant mon bras se tordre dans mon dos, et me met à hurler comme une enragée alors qu’Alan me torture au sens premier du terme ! Oui, c’est une torture ! « Pourquoi tu te débats ? Tu sais bien que tu m’arrives pas à la cheville ! Regarde-toi, tu ressembles à un asticot prêt à se faire bouffer, c’est pas très sexy tout ça. ». Je n’écoute pas, je me débats comme une lionne en lui criant : « Lâche-moi, vieille tantouse !! Lâche-moi !!! ». Mais chacun de mes hurlements est ponctué d’éclats de rire qui brisent toute ma crédibilité. Pourtant, tout comme au lit, je ne suis pas prête à laisser Alan dominer toute la partie, et je suis loin d’avoir dit mon dernier mot. Mon bras libre se lève et passe derrière la tête d’Alan. J’attrape les petits cheveux qui poussent dans le haut de sa nuque et tire violemment dessus. Aucun homme ne peut résister à un tirage de petits cheveux dans la nuque. A ça, et à un grand coup de pieds dans les burnes, mais ces dernières me sont encore trop utiles pour que je veuille leur nuire, alors que ses cheveux ! Alan crie, mais plus il crie et plus je tire, et plus je tire, plus il tord mon bras, et plus je crie. Finalement, il n’y a plus que des cris, des insultes, et deux anguilles qui gesticulent sans aucune grâce. Aucun de nous n’est prêt à lâcher prise. Pas le premier en tous cas. L’éternel problème entre Alan et moi : le premier qui cède doit une soumission entière et éternelle à l’autre. Vous comprendrez donc que je m’accroche autant à cette touffe de cheveux ! Comprenant bientôt qu’aucun de nous ne gagnera cette manche, nous finissons par nous immobiliser. « A trois, on lâche ? » Demandais-je sur le qui-vive en tournant mon visage sur le côté pour tenter de voir Alan. Il me fait une grimace mais acquiesce sans protester d’avantage. « Ok… TROIS !! ». Chacun lâche sa proie et je file me réfugier à l’autre bout de la couverture comme un animal traqué. Je me rassois, prudente, en tailleurs face à lui, et ramène les paquets de biscuits vers moi sans le quitter des yeux à la manière d’une sauvage qui protégerai ces maigres bouts de viande durement chassés. « Mes chips.». Sur ce, nous explosons de rire et je m’écroule sur la couverture, non sans lui avoir balancé un coussin dans la figure au passage. Pourquoi est-ce que ça ne peut pas être aussi facile avec tout le monde ? Essoufflée, je m’étends sur le dos et observe le plafond. Je me sens tellement bien ici. Pas ici, à Poudlard. Ici, avec lui. Je me sens chez moi. Comme si rien de grave ne pouvait m’arriver. Il est mon havre de paix.

Petit à petit, je reprends mon souffle, et ma respiration se fait plus régulière. La chaleur du feu est tellement agréable qu’elle me calme et me donne envie de me lover entre les oreillers pour m’y endormir. Je laisse tomber ma tête de côté pour observer Alan. Il est assis au pied de son lit, le regard plongé dans l’antre de la cheminée, ses vêtements complètement chiffonnés et les cheveux en pagaille. Les flammes inondent sa silhouette d’une douce lumière orangée qui lui donne un air de poète torturé. Je souris. « A quoi tu penses ? »



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MessageSujet: Re: Happiness Therapy ¤ Alan & Becky   Dim 16 Fév - 23:52




Happiness Therapy
Bon sang mais quelle gamine cette nana! Certes je ne vaux pas mieux qu'elle, mais sa témérité à vouloir me rendre fou et à ne jamais me laisser la belle part du gâteau m'étonnera sans doute  toujours. Comme lorsque cette garce se plaît à laisser supposer qu'elle s'est laissée tronchée par Leopold. J'aimerai bien voir ça tiens ! Si je sais mon amour comme ayant ses moments de tendresse, j'imagine mal une femme comme elle pouvoir se contenter de la finesse affichée de monsieur Primrose. Quoi que... si ça se trouve, ce dernier est pire que moi au lit. Ce serait le revers vicieux de sa médaille ? Brr je chasse ces images de ma tête. J'adore Léo, mais pas au point de réussir à l'imaginer se cognant celle que je considère comme ma femme tout en trouvant ça drôle. Et en parlant de cette dernière, notre lutte n'en fini plus. Je me fais allègrement traiter de vieille tantouse, ce à quoi je lui répondrai bien en évoquant un certain Kyle Lake ne serait-ce que pour le plaisir de lui rabattre son caquet, l'ennui c'est que ce genre de révélation serait très mal venue et qu'à dire vrai... Je n'ai aucune envie d'en parler là maintenant. Du coup, faute de mieux je la désigne comme étant un résidu de bite de mouche. Oui je suis un homme plein d'élégance et de poésie, un Charles Dickens dans toute sa splendeur, de quoi lui faire passer l'envie de me désigner de nouveau comme un gentleman, mais enfin, elle commence sans doute à avoir l'habitude. Tout ce que je veux désormais ? Gagner bien sûr ! La voir se tordre en suppliant d'une petite voix « Alan je t'en supplie arrête, tu es trop fort, tu vas finir par me casser le bras ! », Ouai, ça se serait cool ça ! Mais vois les choses en face mon pauvre vieux, ta meilleure amie est la parfaite symbiose d'une maîtresse SM et d'un troll ayant un trou noir à la place de l'estomac, que veux-tu faire contre ça ? La serrer davantage ? Cette grue semble plus s'étouffer de rire qu'autre chose et le pire c'est qu'elle fini même par réussir à me choper par « les petits cheveux ». Merde mais c'est qu'elle a réussi à me faire gueuler pour de bon ! Bon Dieu ce que ça fait mal ! J'ai beau faire de mon mieux pour lui détacher le bras et la dissuader de continuer sur sa lancée, rien ne l'arrête. Rien ne m'arrête non plus. Âge mental : 3 ans et demi. Maturité : a trouvé du pétrole mais creuse encore.

Finalement c'est encore elle qui se montre la plus sage en nous proposant de lâcher prise à trois. J'hésite un instant : c'est que je la connais assez pour savoir qu'elle pourrait continuer de me torturer pendant que je la lâcherais gentiment. Mais enfin, nous retrouvons un tant soit peu de dignité pour n'en rien faire et nous détachons enfin l'un de l'autre. Je me penche alors pour récupérer mon verre, miraculeusement toujours posé sur son pied malgré le tumulte, et découvre tout en me massant l'arrière du crâne une Becky de nouveau en tailleurs et me narguant ses paquets de gâteaux loin de ma portée. Je ris au travers d'un soupir faussement desespéré de son comportement, la regarde, elle et sa bouille de gosse sauvage protégeant son bien et nous voilà qui repartons dans un nouveau fou rire. Je sens que sur cette lancée, dans moins d'une heure, nous aurons reçu la visite de quelques collègues qui nous prieront avec élégance de bien vouloir la fermer, ce après quoi nous nous excuserons sûrement platement avant de repartir dans de nouveaux éclats que personne ne saurait empêcher. Je m'arrête un instant dans mes réflexions, réalisant qu'avec des « et si » je suis encore en train de refaire le monde ou de le prévoir. Mes yeux se posent dans les flammes de la cheminée et aussitôt ma douce euphorie laisse place aux affres de mes pensées plus ou moins sympathiques. Je déteste partir dans ce genre d'état quand je ne suis pas seul, mais irrésistiblement le feu m'attire, vole mon regard. Et si...

Et si je n'avais jamais quitté Poudlard, serait-je malgré tout ici à rire avec elle ? Et si... Et si j'étais mort au combat, Becky se serait-elle mariée avec Mike ? S'il était mort lui aussi, malgré tout, avec quel genre de mec aurait-elle refait sa vie ? Tiens, c'est drôle ça. Sans Mike je ne l'imagine avec personne d'autre que moi. Je sais que ce salopard de Hope, que par ailleurs je retiens, a des vues sur elle mais franchement, ce mec est vraiment trop en chien. Ses yeux hurlent à la mort qu'il la veut, qu'il souhaite la posséder, mais rien ne semble dire qu'il la respecte au plus profond. Si je suis mal placé pour jouer les mecs exemplaires en matière de relation, il n'empêche que dans ce royaume qu'est ma vie, Becky Barnes est ma reine et que si cela m'amuse de la voir profiter des autres, imaginer un autre profiter d'elle me rend complètement fou de rage. Je n'ai pourtant pas mon mot à dire, je ne le sais que trop bien, mais je me suis jurée après m'être retenu le jour de son mariage que je ne resterai plus jamais les bras ballant à la regarder faire quand cela me dérange. Cela pourrait nous brouiller que je m'en contrefout. Si je la vois au bord de céder à ce type, je l'attache à mon lit ou ailleurs. Si un jour un autre que moi fais couler des larmes sur ses joues opalines, je le tuerais de mes mains. Et si un jour elle me haïssait pour tout ça, je ne l'en aimerait que davantage. Parce que c'est ce que nous sommes, ce qui ne changera jamais. En ferait-elle de même pour moi ? Et si je me retrouvais dans une situation à chier, qui me dépasse, elle, viendrait-elle à son tour m'attacher pour m'empêcher de faire une connerie ? Perdu dans mes pensées, je sursaute légèrement en entendant sa voix me demander soudain à quoi je pense avec douceur. Je la regarde un instant, et sans besoin de dire un mot mes yeux lui crient je t'aime. Quant à ma bouche...

« J'étais en train de me demander si t'avais vraiment kiffé avec Léo »

Le regard de B' me regarde complètement interloqué puis se détend lorsque j'éclate d'un rire démentiel qu'elle vient bientôt ponctuer du sien. Quand enfin nous revoilà calmes, c'est avec douceur et bien que je ne bouge pas d'un pouce que ma main vient frôler sa joue, la taquine, la caresse du bout des doigts tandis que je me remet à  sourire tendrement et à fixer l'âtre sans pouvoir m'en détacher.

« Non, je pensais simplement à ce qu'aurait été nos vies en d'autres circonstances. Des «et si...» qui n'ont aucun sens mais je trouve ça amusant d'essayer d'imaginer certains truc, comme par exemple...» Je la regarde, continue de la caresser, frôle ses lèvres de mon pouce et prononce alors dans la vague de chaleur qui me transporte des mots qui n'étaient jamais sortis jusque lors.

« Et si j'avais ouvert ma gueule à ton mariage avec Mike, quand le prêtre a demandé si quelqu'un s'opposait, tu m'aurais cassé la gueule ou tu serais venu me remercier avant de me laisser t'emmener te cuiter dans un pub de Londres dans ta robe de mariée ? »

Mon sourire taquin laisse sous-entendre qu'il s'agit d'une plaisanterie, une parmi un milliard d'autre que j'aurai pu sortir de la même façon nonchalante et pourtant, cela fait désormais deux ans que cette question me tourmente. Oui, comment ça se serait passé si je m'étais écouté ce jour-là ? Si après tout ce temps comme étant sa fiancée, j'avais poussé Becky à plaquer Mike sur l'autel ? Je me dégoûte toujours autant de penser les choses de cette façon quand je sais dans quelles circonstances tragiques ce dernier a disparu quelques jours après ce qui aurait du être le plus beau jour de sa vie, mais enfin, je ne parviens à contrôler cette aura noire en moi qui s'est laissée mourir de jalousie ce jour-ci à l'église. Cela est resté ancré en moi comme le plus profond des regrets quand dans le même temps, je ne suis pas sûre moi-même que j'aurais pu assurer par derrière. Après tout, B' et moi sommes... Des amis. Des amants. Une seule et même entité qu'on a un jour scindé en deux, peut-être pour nous permettre de nous sentir moins seuls car après tout, où qu'elle soit et pour toujours, elle est et restera mon seul havre de paix.








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MessageSujet: Re: Happiness Therapy ¤ Alan & Becky   Mar 18 Fév - 2:07




Happiness Therapy
Si j’ai kiffé avec Leopold ? Je reste un instant à le dévisager avant d’exploser de rire. Pauvre Leo, comment réagirait-il s’il se savait le sujet de mes faux fantasmes ? D’autant plus que je ne le trouve pas du tout repoussant. Il a ce flegme, cette élégance qu’on ne trouve que chez les Anglais pures souches. Il n’est pas « beau » à proprement parler, mais il a un charme certain, il dégage quelque chose d’attirant. Je reprends mon sérieux et lève mon verre de vin à mes lèvres. « C’était… très anglais. » Répondis-je avec un petit sourire malicieux au coin des lèvres avant de descendre le reste de mon verre cul sec. Nous rions encore et je me rallonge sur le sol, les yeux fermés. Je ne les rouvre qu’en sentant la caresse d’une main d’homme sur mon visage. Alan a à nouveau le regard plongé dans les flammes, mais sa main glisse sur ma joue avec une tendresse qui me fait frémir. Je me plais à le regarder, encore et encore, ce dieu grec qui, pour ce soir, n’appartient qu’à moi. Je vois ses pensées s’égarer sous mes yeux, et je le surveille, parce qu’elles le ramènent toujours irrémédiablement sur le champ de bataille. Je lui pince légèrement l’avant-bras pour lui rappeler que je suis là. Il me sourit et reprend la conversation, sérieusement cette fois. « Non, je pensais simplement à ce qu’aurait été nos vies en d’autres circonstances. Des « et si… » qui n’ont aucun sens mais je trouve ça amusant d’essayer d’imaginer certains trucs, comme par exemple… » Alan s’arrête et plonge son regard dans le mien. Il hésite, je le vois dans ses yeux, alors au lieu de le pincer, je caresse doucement son bras, pour l’apaiser, le rassurer. « Et si j’avais ouvert ma gueule à ton mariage avec Mike, quand le prêtre a demandé si quelqu’un s’opposait, tu m’aurais cassé la gueule ou tu serais venu me remercier avant de me laisser t’emmener te cuiter dans un pub de Londres dans ta robe de mariée ? ».

Mon cerveau se met sur pause. Alan a tout lâché sans prendre sa respiration une seule fois. Il sourit, prend son air de blagueur loufoque, mais je sais bien qu’il est sérieux. Pourquoi tu parles de ça ? A quoi ça sert ? Mon cœur se sert dans ma poitrine, mais je n’en montre rien. Adoptant le même sourire enjôleur que lui, je me tourne pour m’allonger sur le ventre et le regarder dans les yeux. «  Ca dépend ! » Lançais-je légèrement comme s’il s’agissait d’un jeu d’énigme. « Pour quelles raisons serais-tu intervenu ? ». Nous sommes irrécupérables. Incapables de se dire la vérité à haute voix, mais nos yeux ne mentent pas eux, alors je souris et je me rallonge sur le dos, posant cette fois ma tête sur les genoux d'Alan et fixant le plafond d'un air rêveur, espérant qu'il ne verra pas l’étincelle dans mes yeux qui lui crie je t’aime.

Bien sûr. Bien sûr que je serais partie avec lui. Même si j’aimais Mike, même si j’aimais ma vie. Ça sera toujours lui. Mais est-ce que j’aurai eu raison de le faire ? Ne me serais-je pas à nouveau retrouvée seule après une autre nuit d’amour sans lendemain ? C’est ce qui m’a toujours retenu de passer à l’acte. Alan n’avait jamais su s’attacher à qui que ce soit plus de quelques semaines, il se lassait de tout et de tout le monde à une vitesse effarante, comment pouvais-je imaginer être différente ? Je ne peux pas nier qu’une partie de moi a longtemps espéré le faire rester. Une partie de moi a guetté un regard attristé lors de l’annonce de mes fiançailles. Une partie de moi a attendu une objection le jour de mon mariage. Le simple fait d’avoir pu penser à ça alors que je promettais fidélité à Mike est une trahison en soi, et fait de moi la plus immonde des créatures qui ait pu fouler cette terre. En épousant Mike, je pensais faire mes adieux à cette vie décousue que je menais jusque-là. C’était peut-être lâche de penser de cette manière, mais j’enviais le confort, la routine et la complicité de ces vieux couples sans histoires qui se supportent depuis trente ans. Je pensais pouvoir obtenir ça avec Mike. Une vie normale. Je me voilais peut-être la face en pensant pouvoir me contenter d’une telle vie. Je me mens peut-être toujours aujourd’hui quand je pense à Garreth. Le confort. Mais puisque nous sommes dans les « Et si... »… Et si j’étais partie à la guerre avec Alan ? Où en serais-je aujourd’hui ? Aurais-je épousé Mike ? Aurais-je seulement aimé un homme comme Mike ? J’ai l’impression de me borner à toujours opter pour l’option la plus raisonnable, et la plus sage. J’ai l’impression de toujours faire ce qu’il y a de moins dangereux, de moins risqué. Les études plutôt que la guerre, Mike au lieu d’Alan. Et si j’avais choisi Alan… ? Mais Alan est un électron libre, et j’ai repoussé l’idée d’un avenir avec lui il y a bien longtemps déjà. Et j’aime autant que ça reste comme ça. Je le perdrai en pensant différemment. Nous sommes deux enfants de cinq ans…et il ne se passe jamais rien de sérieux entre des enfants de cinq ans… Pourtant, je sens en moi, cette dépendance cruelle et insupportable qui me lie à lui. J’ai besoin de lui. Il est mon oxygène, la vie d’aventure à laquelle je refuse de céder mais qui me fait tellement envie. Il est mon éternel regret. Mon éternel amour. Et je suis à lui, pour toujours.

Me décidant à lui faire face à nouveau, je me redresse. Je ne veux pas parler de ça. Pas maintenant. Je veux qu’on continue à rire, et à se chamailler comme nous l’avons toujours fait. Une fuite en avant, c’est vrai, mais c’est tellement plus simple ainsi ! Je remplis à nouveau nos verres de vin, et chevauche Alan pour m’asseoir sur ses genoux ma coupe à la main. Je supporte mal l’alcool, j’en viens rapidement à rire pour un rien et à raconter n’importe quoi, mais peu importe, ce soir, rien n’entamera ma bonne humeur ! Assise sur Alan avec un air plus provoquant et agaçant que jamais, je lui lance : « Pourquoi tu penses à ça tout à coup ? T’as peur que j’épouse Garreth ? ». J’affiche un grand sourire insolent tout en faisant courir mes doigts sur son torse découvert. J’ai bien vu au bal qu’Alan n’appréciait pas du tout que le professeur Hope vienne empiéter sur son territoire. On aurait dit deux gosses qui se battaient pour un jouet cassé, et je dois bien avouer que ça m’a plu de voir Alan aussi jaloux, alors pourquoi ne pas en rajouter une couche ?


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MessageSujet: Re: Happiness Therapy ¤ Alan & Becky   Dim 9 Mar - 16:08




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« Très anglais ». Ça pour sûr, Leo était vraiment le parfait archétype du gentleman anglais qui faisait tant fantasmer ces demoiselles. Une particularité dont moi, Irlandais, préférais me moquer faute de m'en avouer jaloux. Mais pour l'heure je suis dans l'attente cruciale de la réponse de ma Némésis. Je ne sais même plus pourquoi je lui ai demandé tout ça, pourquoi j'ai soudainement laissé tout ces regrets m'envahir et ressortir sous cette forme. J'ai beau jouer les imbéciles à la perfection, je me claque mentalement de ce revirement qui pourrait tout faire basculer entre nous.

Mes yeux la regarde, la scinde, la scrute. Que doit-elle penser de moi à cet instant ? Et moi, pourquoi suis-je en train de penser à elle de la sorte ? Je sais depuis toujours que nous ne serons jamais « Monsieur et madame Davis », que ce genre de vie couple bien ronflante n'est faite ni pour elle, ni pour moi. Ce n'est en rien ce que je désire et pourtant certaines de mes réactions pourrait laisser entendre tout le contraire. J'ai rangé mes aventures d'un soir dans un coin reculé de mon esprit pour ne plus me focaliser que sur elle qui change alors de position pour se retrouver sur le ventre. Elle me renvoi ma propre bêtise, entre parfaitement dans mon jeu en répondant d'une question par une autre. Pourquoi serais-je intervenu ? Parce que j'en crevais d'envie. Parce que tu es à moi et à moi seul. Parce que l'idée de ne plus jamais pouvoir te toucher et pire, celle de laisser à d'autre ce droit que l'on m'aurait retiré me rend fou à lier. Parce que je déteste croiser les regards des autres sur toi. Parce que si j'écoutais la partie la plus sombre de mon inconscient, je t'enfermerai pour toujours à l’abri de la convoitise des autres pour te faire mienne encore et encore jusqu'à mourir en toi. Mais tu peux toujours te toucher pour que ces mots sortent de ma bouche !

Et la voilà qui se tourne à nouveau, sa tête posée sur mes genoux. Je penche mon visage vers elle, me retenant difficilement d'agripper son visage et de l'embrasser. C'est incroyable cet effet qu'elle me fait, passant d'une minute à l'autre de la meilleure amie, de la bonne copine à la maîtresse, seule capable d'enflammer mon désir de la sorte. Et pourtant, n'est-ce pas justement le fait de ne jamais pouvoir la posséder entièrement qui créer en moi cette envie ? Si soudain, Becky Barnes se soumettait à moi, combien de temps durerait mon désir ? Voilà. Je me rappelle enfin au pourquoi nous n'avons jamais franchi le tabou l'un et l'autre. A cause de moi. Parce que je n'ai rien de stable, que je ne serai jamais un type comme Mike. Comme Leopold. Je ne rêve pas d'aventure, je ne rêve pas de devoir constamment me battre et être en guerre, il n'empêche pourtant que le sang me suit partout. Qu'inlassablement, les attaches que je créer s'effritent et disparaissent. Cela tiens presque du miracle d'avoir pu la garder si longtemps auprès de moi, mais c'est sans doute là la cause d'un pacte silencieux entre nous qui veux que l'attache ne soit jamais complète, jamais officielle. Pourquoi ? Andrew me disait que tout venait de la peur que j'avais de perdre à nouveaux ceux que j'aime. Parents, amis, collègues. Trop sont tombés pour ou à cause de moi. Tous m'accompagnent silencieusement dans chaque pas que je fais, jour après jour, et leur absence m'est tellement insupportable. Tout comme la dernière image, toujours violence que l'on me laissa d'eux. N'est-ce vraiment que pour ça ? Est-ce vraiment une réelle raison ou une fuite ? Je n'en sais rien, et sérieusement je n'ai même pas envie de m'étendre sur le sujet. A quoi bon après tout ? Ce que nous avons construit avec B' est la construction la plus aboutie, la plus stable. Cela nous permet de nous aimer sans rien nous devoir. C'est tellement plus fort que de l'amour au fond... Pourquoi alors chercher à se prendre la tête ? Ah... ça y est. Je viens de comprendre pourquoi...
Tandis que mon affolante « amie » s’enivre, elle qui n'a jamais été foutue de boire plus de deux verres sans se prendre une cuite, la voilà qui vient s'asseoir sur moi, plus provocante que jamais, me demandant d'un air taquin si je flippe à l'idée qu'elle épouse Garreth. Garreth. Non mais t'es sérieuse ou quoi ? La simple évocation du nom de cet homme, jadis mon héros et mon mentor me fait totalement péter un câble. Et son corps. Putain mais quand est-ce que cette nana va comprendre que s'il y a bien un mec à ne pas provoquer dans ce foutu pays c'est bien moi ? Serrant les dents, je lui tend ce genre de regard qui semble lui répondre que ce qu'elle fait avec le professeur de défense contre les forces du mal m'importe peu. Je n'en mène pas large pourtant, me sentant d'ores et déjà étouffé dans mes propres fringues. Et autant dire qu'elle ne m'épargne rien. Ses mains. Ses mains vont et viennent, elle court sur ma peau tandis que je soutiens avec autant de patience que je possède ses petits airs minaud qui me nargue dans mon propre désir. Jouant les indifférents, j'esquisse un rire moqueur avant de répondre de mon air le plus nonchalant.

« Peur ? Ma pauvre, si un tel truc devait arriver tu serais bien la plus à plaindre ! »

Je joue les durs, les mecs insaisissables que rien ne touchent. Si je suis persuadé que Garreth ne pourrait rien lui apporter de bon, je crève cependant de trouille qu'elle puisse ne serait-ce que penser le contraire, mais ça, je me garde bien et de le lui faire savoir, et de lui montrer. Dans le même temps, voilà Becky Barnes qui ne cesse son manège. Je sens l'alcool qui lui monte à la tête. Elle rit de tout, ne réfléchit plus aux conséquences de ses actes. En général j'adore la voir comme ça, c'est dans ces moments-là que je traîne le plus de dossiers sur elle. Comme cette fois aux trois balais où je ne me serai pas permis de l'empêcher de monter sur le bar en entonnant le chant paillard des « Trolls de Biddelroy ». Je suis un vrai salaud, j'aime la voir s'afficher, ça me fait mourir de rire. Sauf comme dans le cas où, comme aujourd'hui, son ivresse la conduit à se jouer de moi. Enflant à mesure qu'elle se déhanche et se presse contre moi, je sens mon désir palpiter violemment dans sa prison de tissu tandis que ma respiration se saccade. Portant mon propre verra à mes lèvres, je m'apprête à en déguster les effluves quand mon adorée se prend l'envie de me murmurer de nouvelles provocations à l'oreille. S'en est trop.

« Sale garce ! » rugit ma voix prédatrice tandis que dans la seconde qui suit, mes mains tirent sur ses hanches, collant autant qu'il fut possible mon envie à son ventre. J'agis à l'instinct, rapidement, sans lui laisser une seule chance de me repousser. Plutôt que de reposer mon verre, je vide le contenu de ce dernier entre mes lèvres sans pour autant l'avaler alors que dans un puissant coup de bassin j'inverse la tendance, la renversant à son tour sur le sol, ses jambes toujours enroulées autour de moi. D'un geste vif et dont je ne cherche pas à contenir la brutalité, l'une de mes mains s'en vient trouver ses poignets que je fige au-dessus de sa tête tandis que mon autre main vient s'emparer de cette dernière pour lui imposer l'immobilité. Mon visage s'approche du sien sans aucune pudeur. Mes lèvres pincées frôlent les siennes, les effleurent jusqu'à lui tirer un gémissement me permettant d'entrevoir une ouverture à sa bouche sur laquelle je me rue, lui faisant ainsi partager le goût du vin que je conservais jusque lors. La vision que cela m'offre et dont je suis l'initiateur me rend d'autant plus fou. Si elle était à moi, je serai déjà en elle sans plus aucune cérémonie. Mais sa remarque m'ayant piqué au vif me rappelle que ce n'est pas le cas et cela m'irrite davantage encore. Alors, tandis que son gémissement étouffé m'exalte, la main qui tenait son visage fermement s'en va trouver ses poignets avant que je ne me laisse aller à glisser mes doigts dans les siens.

Ma domination en cet instant est totale et je compte bien profité de ce moment rare et précieux pour la provoquer un peu à mon tour, pour la punir de l'affront qu'elle me fait en évoquant la seule idée de pouvoir à nouveau faire de moi le pingouin qui signera son registre de témoins de mariage. Faisant mouvoir mes hanches, mimant ainsi l'acte avec une lenteur affligeante je prend le même ton moqueur que le sien pour affirmer mon emprise.

« Si tu veux de nouveau te faire passer la bague au doigt, va donc, je ne te retiens pas. T'es libre de faire ce que tu veux après tout B', mais crois moi... » Je souris d'un air aussi arrogant que satisfait, quand au fond ces paroles sont celles pitoyables d'un homme empli d’amertume. « Tu pourrais te taper tous les mecs de cette putain d'Angleterre, tu n'en trouveras jamais un qui saurais te faire trembler comme je le fais, qui te feras sentir ça ! »

Appuyant mon propos d'un mouvement de rein entre ses cuisse plus intense que les autres, je me penche un peu plus, sentant ses seins se soulever entre moi et le sol, et lui murmure avec d'autant plus de conviction.

« Jamais. »






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MessageSujet: Re: Happiness Therapy ¤ Alan & Becky   Dim 9 Mar - 22:24




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Je guette dans l’attitude de mon ami un sursaut, un tressaillement, un battement de cœur, n’importe quoi qui m’éclairerai sur ce qu’il ressent quand je parle d’un autre. Mais mon tendre amour reste aussi stoïque qu’une statue grecque. Je ravale ma fierté blessée avec le sourire, me demandant à quoi d’autre je pouvais bien m’attendre. Et quand bien même Alan m’aurait-il sorti le grand jeu, aurai-je seulement été capable de l’accepter ? Je voudrais pouvoir le croire, mais mon âme se heurte à un terrible dilemme : je désire Alan plus qu’aucun homme en ce monde, et jamais je n’en désirerai un autre autant que lui… mais je ne veux pas de lui. Je veux qu’il soit à moi, mais l’avoir me tuerai. Je voudrais être la seule dans sa vie, mais souffrirai de cette cage dorée que la vie de couple nous infligerait. Tout mon être le réclame et le repousse sans jamais se décider, cédant à la tentation certains soirs, me confortant dans les bras d’un autre homme le reste du temps. Il est à la fois celui qui me fait tenir debout, et celui qui m’empêche d’avancer. Celui sans qui je ne peux pas vivre, et celui qui me retient de vivre. Le meilleur et le pire de ma vie. Mon tout.
« Peur ? Ma pauvre, si un tel truc devait arriver tu serais bien la plus à plaindre ! ». Mes yeux n’ont pas quitté les siens un seul instant jusqu’à maintenant. Maintenant que je me mets à imaginer si vraiment, je serais à plaindre en en venant à partager la vie de Garreth Hope. Mon regard se perd dans le vide de mes pensées. Je repense à la douceur de ses caresses, à ses mots enjôleurs, à ses yeux bleus enrobés d’affection. Serais-je vraiment à plaindre avec un homme comme lui ? Intelligent, charmeur, courageux, drôle, attentionné. Jamais Garreth ne me ferait de mal ni ne me ferait souffrir, je le vois dans ses yeux. Pourrait-on vraiment dire « ma pauvre » en parlant de moi si je venais à attirer l’attention d’un tel homme ? Je ne réponds pas à Alan, me contentant de hausser mollement les épaules avec un petit sourire encore rêveur sur les lèvres. Aucun homme n’a jamais trouvé grâce à tes yeux, ai-je envie de lui dire. C’est à croire que je choisis mal mes prétendants pour le rendre toujours aussi sarcastique, mais peu importe, je veux être optimiste. Au moins ce soir, alors que le vin me chauffe le visage, croire que je trouverai à nouveau l’amour. Mais en attendant de me retrouver seule avec mes rêves de princesses et mes pensées sur Garreth, je suis face à Alan, et Dieu qu’il est beau.
A le voir ainsi, la chemise déboutonnée, assis sous moi, me dévorant du regard comme un loup savourant la vue de sa future proie, je ne peux m’empêcher de relancer notre sempiternel petit manège. Je souris et ondule du bassin à un rythme si lent que je sens sa frustration monter à chaque seconde. Mes mains glissent dans l’encolure de sa chemise et je lui susurre à l’oreille : « Qui sait, il est peut-être mieux monté que toi. » La réaction de mon amant ne se fait pas attendre. Piqué au vif, il se jette sur moi, me soulève et me projette au sol me faisant lâcher un éclat de rire. Alan plonge sur moi et j’enroule instinctivement mes jambes autour de son bassin alors qu’il appuie violemment son intimité contre la mienne. La proéminence que je sens gonfler contre moi m’arrache un nouveau rire de contentement, cette satisfaction mêlée d’orgueil que ressent toute femme qui constate le pouvoir qu’elle a sur un homme. Alan emprisonne mes poignets au-dessus de ma tête, et je dois être un peu maso parce que j’aime qu’il me force la main. Le vin, chaud et étourdissant, glisse d’entre ses lèvres jusqu’aux miennes, je rentre dans son jeu sans me faire prier et mord sans retenue sa lèvre inférieure jusqu’à l’en faire gémir. Est-on capable de passer une seule soirée en tête à tête sans que les choses dégénèrent ainsi ? Est-ce que le sexe est notre réponse à tout ? A toutes les questions que je me pose ? A notre besoin de contrôler l’autre, de posséder l’autre, de soumettre l’autre ? Est-ce que je couche avec Alan parce qu’il n’y a que comme ça que je peux le faire mien ? J’aurai du arrêter de boire après le premier verre. L’alcool ne fait pas que m’étourdir, il me rend plus honnête avec moi-même et avec le reste du monde. Au lieu d’effacer mes idées noires, il les rend plus limpides, plus logiques. Je ne veux pas être comme ça, je ne veux pas penser à tout ça. J’aurai dû arrêter de boire plus tôt. Chaque question en amène une foule d’autres, et plongée dans mes pensées, je laisse un instant Alan me dominer sans rechigner. « Si tu veux de nouveau te faire passer la bague au doigt, va donc, je ne te retiens pas. » La voix d’Alan, provoquante et cinglante, me ramène à nous avec une violence qui me fige sur place. Non, je sais bien que tu ne me retiendras pas, tout le problème est là. « T’es libre de faire ce que tu veux après tout B ‘, mais crois-moi… Tu pourrais te taper tous les mecs de cette putain d’Angleterre, tu n’en trouveras jamais un qui saurais te faire trembler comme je le fais, qui te feras sentir ça ! Jamais. » Alan accompagne ses mots d’un coup de reins plus appuyé que les autres, m’arrachant un gémissement de plaisir et me faisant me cambrer outrageusement.

Pourtant, alors que mon corps s’enflamme sous celui de mon amant, une colère sourde s’empare de mon être. J’aurai dû arrêter de boire après le premier verre. D’un violent coup de hanche, je renverse la situation. Alan se retrouve allongé sur le dos, et moi assise sur lui, mais mon regard n’a plus rien de fougueux. Il est vide. Bien sûr, il a raison. Aucun homme ne sera jamais capable de me faire vibrer comme lui me fait vibrer. Son corps me fera toujours fondre, même quand il sera flétrit et ridé par les années, sa voix et ses provocations continueront d’enflammer mon corps et mon esprit jusqu’à la fin de mes jours, même si tout me dit de l’éviter. Oui, pour ça, il a raison. Et pourtant…
A mon tour, je maintiens ses poignets levés bien au-dessus de sa tête et me penche sur lui comme pour l’embrasser. Oui, aucun homme ne sera jamais capable de me baiser comme lui me baise. M’arrêtant à vingt centimètres de son visage, je plonge mon regard dans le sien, un léger sourire ironique au bord des lèvres. « Si je n’avais besoin que d’une queue pour être heureuse, les choses seraient plus simples, pas vrai ? ».
J’observe silencieusement Alan pendant un moment. Je veux pouvoir me dire que je lui laisse le temps d’entendre ce que je viens de dire, alors que je me laisse surtout le temps d’assumer les mots qui viennent de franchir mes lèvres. C’est comme si, en m’entendant parler, je réalisais des choses sur moi-même. L’alcool m’embrume l’esprit, et je suis incapable de dire si je pense tout ça à cause de la boisson ou grâce à la boisson, mais une chose est sure, je n’ai plus la tête à faire des folies de mon corps. Rompant enfin le contact visuel avec Alan, je me redresse, toujours assise sur lui, me sentant soudain accablée par le poids des idées noires. Toutes ces questions, toutes ces pensées auxquelles j’ai refusé de m’adonner jusqu’ici, surgissent dans ma tête, manquant de la faire exploser. Pourquoi l’alcool me réussit-il si mal ce soir ? Je suis pourtant de nature joyeuse d’habitude. J’ai besoin de boire un verre d’eau, me dis-je en me remettant sur mes pieds pour aller me servir sur la table de chevet. J’en profite pour tourner le dos à Alan que je n’ose plus regarder dans les yeux. Pourquoi est-ce que je me sens si mal tout à coup ? Pourquoi est-ce que j’en veux à la terre entière ? Pourquoi suis-je soudain si en colère contre moi-même ?
Peut-être parce que, pendant un moment, j’ai vraiment cru que ça me suffirait… Je pensais que me sentir désirable et désirée, effleurée, touchée, baisée, me suffirait. Je voulais croire qu’il n’en fallait pas plus pour me sentir femme. Qu’être aimée intensément pendant une nuit était tout ce dont j’avais besoin. Oui, la vie serait plus simple si je n’avais besoin que de ça…

Mon verre d’eau à la main, je me tourne vers un Alan figé qui ne comprend probablement rien à ce qui se passe. Bon sang, je vais tellement regretter tout ça demain matin. Je devrais arrêter de parler maintenant, avant que tout ne parte en vrille. « Il faut qu’on arrête. » Lâchais-je le cœur en miette en plongeant mon regard dans celui d’Alan. « Je ne veux pas me taper tous les mecs d’Angleterre… mais je veux faire ma vie avec l’un d’entre eux. Je veux… avoir quelqu’un près de moi qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, quelqu’un qui soit là pour moi, quelqu’un qui reste pour le petit déj’, quelqu’un qui reste… Et…» Ma respiration s’est accélérée alors que je lâchais tous ces mots sans plus de retenue, me maudissant pour chacun, et que ma voix se mettait à trembler sous le coup de l’émotion. Mais le plus dur reste à dire, et je voudrais pouvoir me bâillonner avant qu’il ne soit trop tard. Je suis consciente de ce que je dis, mais c’est comme si l’alcool m’empêchait toute retenue, comme si tous les filtres de mon subconscient s’étaient envolés pour ne laisser que des paroles trop longtemps refoulées, que des pensées trop longtemps ignorées. Je devrais me taire avant de tout foutre en l’air, mais les mots s’envolent déjà dans les airs. « Et je n’arriverai jamais à trouver cet homme-là si je continue de coucher avec toi à chaque fois que je te vois. »
Les morceaux de mon coeur s'éparpillent à mes pieds, mais je me tiens droite, et la tête haute, tentant d’affronter le regard d’Alan, tentant de ne pas m’effondrer sur le sol en pleurant et en lui jurant que tout ce que j’ai dit n’est qu’un ramassis de conneries. Je me tiens droite, la tête haute, tentant d’assumer le fait que je viens de foutre un grand coup de pied dans notre façon de vivre notre amitié, tout en sachant, au fond, que je serai à lui pour toujours. Et jamais.


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MessageSujet: Re: Happiness Therapy ¤ Alan & Becky   Jeu 24 Avr - 23:18




Happiness Therapy
Mon corps est en feu, véritable brasier de désir entièrement dédié à elle, à elle dont je ne cesse de me jouer pour mieux masquer l'excès de frustration que ses paroles ont provoquées en moi. Si Garreth est mieux monté quelle importance, il n'y aura jamais qu'elle et moi. Que moi et elle. Qu'importe Kyle, qu'importe les autres. Celles d'un soir, celles d'une semaine, celles d'un mois, sans aucun doute les plus rare. Pour le temps d'une vie il n'y aura jamais qu'elle, je le sais, j'en suis certains. Et les gémissements que je parviens à lui tirer sont à mon oreille comme une réponse me glissant la réciprocité de mes sentiments. De ce fait, alors que je m’enivre dans le rôle de dominant, je prend plaisir à la laisser renverser la tendance, à la voir reproduire au millimètre près chacun des gestes que je viens d'exercer moi-même. Je deviens curieux, impatient, prêt à bondir tout en me giflant moi-même de me trouver là sous elle comme un gosse excité. Elle se penche, je me tend, près à accueillir ses lèvres. Mais rien ne doux ne vient. Rien de doux ne viendra plus ce soir car déjà la douleur se repend comme un venin.

J'ai mal. Tellement mal et putain pourquoi est-ce que ça fait si mal ? Pourquoi tu dis tout ça ? Si tu n'avais besoin que d'une queue, mais ça veux dire quoi ça... ! Je la sens qui se redresse, qui attend, qui se relève. Le silence est démesurément long et rien ne peut plus me pousser à le combler. Non. Il n'y a plus qu'elle qui parle. Il n'y a plus qu'elle, que ses mots blasphématoires qui me rejettent, que ses mots pour me dire qu'aujourd'hui encore et pour toujours je ne ferai jamais le poids et ne serai jamais à ses côtés. Je pense alors. Oui je repense à nous, à ce que l'on pourrait être. Te désirerais-je encore dans dix ans ? Dans vingt, trente, quarante ans ? Evidemment pauvre conne ! C'est évident que je ne passerai plus un jour de ma vie sans te désirer ! Sans t'aim... Mes paupières se ferment, et moi je reste là, allongé sur ce sol. Il faut qu'on arrête. Ce sont tes propres mots. Et qu'on arrête quoi au juste ? Ou plutôt, qu'est-ce qu'on devrait arrêter de faire : de coucher ensemble, de nous voir, d'être ce qu'on a toujours été l'un pour l'autre ? Tu finis ton beau discours, m'assaillant du fait que tu ne parviendras jamais à trouver ton homme idéal si tu continues de t'encanailler avec moi. Et bien parfait, puisque c'est cela que tu souhaites, je t'offrirai la plus belle preuve d'amour qu'un homme ne donnera jamais une femme. Puisque c'est vraiment cela que tu souhaites, puisque pas un instant tu ne t'es demandé si je pourrai changer pour devenir ce type, puisque ce ne sera jamais le cas, je ne mettrai pas un genou à terre pour toi. Non, j'endosse le rôle le plus amer qu'on puisse imaginer et me soumet à ta vision du bonheur. Mais n'oses pas me demander de faire cela en douceur car déjà, cela tient du miracle que la boule formée dans ma gorge et qui me coince la parole ne se soit pas transformé en un torrent de larmes qui jamais ne tomberont devant de toi. Alors, à mon oreille résonne le bruit de mon poing qui frappe violemment le parquet, de mes talons qui dans mon redressement suive le même rythme tandis que ma voix mordante et criarde s'en vient pour espérer te blesser un peu pour mieux digérer la souffrance qui me tient en tenaille.

« Oui bien sûr, la mignonne petite Becky Barnes attend toujours son prince charmant et moi je ne serai jamais que le bel enfoiré qui la retient prisonnière de sa quête de l'amour ! » Le sourire en coin qui me déforme le visage est plein d'amertume, de cynisme. Et putain de nom de dieu de merde ce que ça fait mal d'être soudain là debout devant toi, à te sortir des trucs pareils quand quelques minutes auparavant nous étions encore en train de rire et de parler de n'importe quoi. Où est-il ton magnifique sourire ? Où sont tes airs de gamine enjouée ouvrant quinze paquets de chips à la fois ? Rappelle moi comment on a pu passer de tout ça à cette situation. Une râle s'échappe de mes lèvres et mon poing rougit d'avoir rencontré le sol voit son état empirer quand c'est le mur que je cogne. Ça tremble. Le mur ou mes os, peut-être les deux. Quelle importance au fond. Je me sens à deux doigts de pleurer. De rage, de colère. De douleur. Alors je lui tourne le dos pour ne pas qu'elle puisse me voir. Je me fous bien qu'elle me voit pleurer au fond, il n'y a que devant elle que je n'en exprime aucune honte. Ce que je refuse de lui montrer par contre, c'est que loin d'être blessé par l'idée de ne plus pouvoir coucher avec elle, c'est l'idée de ne même pas pouvoir faire parti des potentiels hommes de sa vie qui est en train de me tuer de l'intérieur. Et c'est ridicule, mais j'ai peur que d'un regard elle puisse le lire sur moi comme si cela s'inscrivait sur mon front, alors je n'ai que mon dos à tourner, et au fond, tout devient plus facile tout à coup. Dire que je suis un ancien Gryffondor, adulé pour sa force et son courage à affronter le pire en face. Mais finalement le pire ce n'est ni la haine, ni la guerre. Ce n'est ni les conflits, ni même la mort. Non, le pire, c'est de devoir rester debout quand vos jambes ne vous porte plus. C'est de devoir tourner le dos à celle que l'on chéri le plus au monde. C'est d'avoir assez de tripes pour affronter des armées entières de mangemorts mais pas assez pour se ruer sur une femme et lui dire combien on l'aime. Je sursaute presque alors de cette réflexion. Alan, pauvre con que tu es... Evidemment que tu ne l'aimes pas. Pas comme elle le voudrait tout du moins. T'as rien d'un mec amoureux, t'es qu'un abruti, qu'un gosse, de ceux qui ignorent leurs jouets jusqu'à ce qu'un autre gosse arrive et le lui pique. Avec Becky c'est pareil. Tu ne l'aimes pas. Tu ne l'aimes pas. Tu ne l'aimes pas. Tu...


« Je ne t'aime pas ». Silence. Merde, j'ai parlé à voix haute... Bon tant pis, autant aller au bout. « T'as raison je ne t'aimes pas. Je ne t'aimes pas et je t'aimerais jamais comme t'as besoin d'être aimée. Si c'est plus que du sexe que tu veux, faut pas compter sur moi, mais ça tu le sais très bien non ? Je t'apprends rien, hein B' ? Alan Davis, le coureur de jupons, le Don Juan de ses dames ! C'est ce que je suis pas vrai ? Mais t'en fais pas amour, t'auras plus jamais besoin de te torturer l'esprit à propos de nous deux... On arrête »

Oui, je m'arrête. Je m'arrête de parler car sur le dernier mot prononcé, un putain de tressautement m'a fait déraillé la voix, faisant naître un sanglot que je maudit plus que le mage noir en personne. Je garde le silence le temps de me reprendre. Merlin je t'en supplie fait qu'elle me retienne. Fait qu'elle dise quelque chose elle aussi. J'ai envie de me retourner, j'ai envie de la voir. Mon Dieu suis-je en train de la faire pleurer ? Suis-je en train de la mettre en colère ? Si jamais elle pleure... Mais non, pourquoi le ferait-elle, t'es con ou quoi ? Je prend une longue inspiration, souffle bruyamment puis reprend d'un ton soudain devenu très calme.

« Je ne te toucherai plus jamais, je te le promet. Plus de baiser, plus de caresse, rien. Je ferai plus rien qui puisse te détourner de ce que tu as vraiment besoin. Après tout... C'est ce que font les vrais amis hein ? Et puis j'avoue que ce serait trop con, je veux dire toi et moi... Imagine, qui serait ton témoin dans ce cas ? » Je ris jaune. Même moi je ne crois pas un mot de ce que je dis. J'ai beau être dans ma chambre, si je reste une seconde de plus, je vais vraiment finir par craquer. Je ne sais même plus ce que je veux, ni d'elle, ni de moi. Je ne sais même pas ce que je ressens, j'en ai rien à foutre. Tout ce que je demande c'est un peu d'air, trois cachetons et me laisser assommé dans un coin pour dormir. Dormir et pourquoi pas ne plus jamais me réveiller de cet enfer qui lentement va devenir mon quotidien à ses côtés. Je la sens prête à parler. Ma main est déjà sur la poignée, je la coupe avant qu'elle ne puisse placer le moindre mot.

« En tous les cas, sois heureuse... » J'hésite, baisse les bras. « Becky. »

La porte s'est refermé sur moi. La porte s'est refermée sur nous. Et moi, en bon moins que rien que je suis, le visage déformé par les pleurs que je retiens toujours, n'ait alors qu'une seule pensée qui s'en vient achever de me percer le cœur : Ce soir, son visage ne sera pas la dernière image que je verrai avant de m'endormir.







© charney


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"I feel so lonely sometimes..."
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Happiness Therapy ¤ Alan & Becky

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